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La Littérature Jeunesse

Qu'est-ce que la lecture Jeunesse ?

Si autrefois, lorsque les premiers romans pour enfants ont été publiés, cette nouvelle littérature avait pour but d’être destinée à la jeunesse, on peut comprendre aujourd’hui que cette définition du genre n’est plus toute à fait exacte. À travers le temps, le portrait des auteurs d’aujourd’hui et de leurs romans, découvrons ce qu’est vraiment la littérature jeunesse.

Naissance d'une littérature

L’origine même de la Fantasy pour la jeunesse tient du merveilleux, défini comme étant le genre de la féerie, des légendes et des contes. Si pendant longtemps ce genre de récits se transmettait à l’oral, l’enfant pouvant donc les écouter, ce n’est qu’à partir du XIVe siècle que les contes écrits apparurent en Occident avec le Décaméron de Boccace et Les Contes de Cantorbéry de Geoffrey Chaucer. Mais c’est bien plus tard que ces contes écrits connurent un renouveau littéraire, entre le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle, avec notamment la découverte des Mille et une nuits par Antoine Galland, contes qu’il traduisit en enlevant certains éléments qu’il jugeait trop osés et non essentiels à l’histoire.

Autrefois, les contes n’étaient pas pour les enfants.

Pendant longtemps, le public a cru que Charles Perrault avait écrit des contes pour les enfants alors que lui-même ne destinait pas à l’époque ses écrits pour la jeunesse. Il faut dire que le caractère cruel et difficile de certains de ses contes, aujourd’hui édulcorés par de nombreuses réécritures et éditions différentes, n’étaient pas accessibles pour les plus jeunes. Son premier recueil de contes, publié en 1695 sans son nom d’auteur, et son second, Les Contes de ma mère l’Oye, publié en 1697 (La Belle au bois dormant, Le petit chaperon rouge, La barbe Bleue, Le Maître Chat ou le chat Botté, Les fées, Cendrillon ou la petite pantoufle de verre, Riquet à la Houppe, Le petit poucet), étaient alors plus largement destinés aux adultes. Et pourtant, les contes de Charles Perrault ont une part importante dans la naissance de la littérature Jeunesse en Fantasy.

Il faut attendre le XIXe siècle pour qu’une grande partie des contes de Charles Perrault aient une deuxième naissance, grâce au travail des non moins célèbres Jacob et Wilhelm Grimm. Les frères allemands, tout en suivant des études de droit et se passionnant pour leur langue natale, commençaient déjà à collecter de vieux contes populaires. Quelques années plus tard, après plusieurs déboires avec un éditeur qui ralentissait leur projet, les deux frères décidèrent de publier eux-mêmes les contes. C’est en 1812 et en 1815 qu’apparurent successivement les deux premiers recueils des Contes de l’enfance et du foyer dans lesquels on retrouve notamment des contes de Charles Perrault, réécrits et adaptés. Grâce à leur travail et l’atténuation des cruautés inscrites dans les contes de Perrault, les frères Grimm ont réussi à rendre ces petites histoires plus accessibles.

Quelques années plus tard, un autre conteur célèbre, Hans Christian Andersen, écrivait à son tour de nombreux contes, s’inspirant de quelques travaux des frères Grimm. De son premier recueil, paru en 1835, jusqu’en 1872, Andersen a enrichi de ses histoires le domaine des contes. On peut citer quelques uns de ses contes les plus célèbres, comme La petite sirène, La princesse au petit pois, Les habits neufs de l’empereur ou encore La reine des neiges.

© Editions Auzou

Si l’apparition des contes publiés apportait l’accessibilité aux histoires pour les enfants, de nombreux motifs empêchaient encore la création même de cette littérature Jeunesse. D’une part, l’accès à l’apprentissage de la lecture n’était encore réservé qu’à certaines élites, d’autre part l’enfant qui, à l’époque, était moins considéré qu’aujourd’hui. Avant que n’apparaissent les premiers livres pour enfants de l’histoire, quelques livres bien éloignés de la Fantasy furent publiés pour apporter une certaine éducation aux enfants. Ces livres étaient donc adaptés pour un public jeune, mais dans un but plus didactique que divertissant.

C’est à la fin du XIXe siècle en Angleterre qu’apparaîtra l’un des premiers romans à succès pour la jeunesse, connu sous le nom d’ Alice au pays des merveilles écrit par Lewis Carroll. Paru avec les illustrations de John Tenniel en 1865, Alice au pays des merveilles, était un roman qui, à l’époque, sortait des cadres d’écriture et de structure du récit habituel pour la jeunesse. Il apportait une véritable vision de l’enfance à travers le personnage d’Alice et des adultes grâce à l’humour de Lewis Carroll. Jouant avec les limites du possible et de la logique, l’auteur offre un monde absurde à parcourir, accompagné de personnages étranges et hauts en couleur.

De l’autre côté du miroir, le second roman des aventures d’ Alice, fut publié en 1872, et l’on peut désormais compter ces deux histoires comme piliers de la Fantasy Jeunesse, tant ils sont universels et connus de tous. On peut même avancer que grâce à eux, les lectures pour enfants sont devenues une véritable littérature.

Illustration de John Tenniel

C’est au tout début du XXe siècle, plus connu sous forme de roman en Amérique, que la grande série du Magicien d’Oz de Lyman Frank Baum apparaît dans le panorama des lectures classiques du genre.

Chaque soir, L. Frank Baum raconte des histoires qu’il a lui-même inventées à ses enfants avant de les coucher. Il faudra pourtant attendre quelques années avant que son imagination ne le pousse à écrire. Après divers travaux dans l’édition et grâce à une rencontre avec l’illustrateur W. W. Denslow, il publie son premier roman illustré en 1900. Le Magicien d’Oz était né. Si après quelques mésaventures et désaccords, l’écrivain s’est séparé de son illustrateur, il finit par accorder à son public très demandeur une suite des aventures de Dorothée en 1904.

Tout au long de sa vie, L. Frank Baum alterne son travail sur Oz avec d’autres récits, mais réussit néanmoins à publier un autre roman et de nombreuses nouvelles autour des personnages rencontrés dans la série. Les publications s’enchaînent jusqu’en 1920, à titre posthume. Ses derniers mots seront liés à son œuvre : « Now we can cross the shifting sands. » : Maintenant, nous pouvons traverser les sables mouvants. Ceux-là même que nous pouvons retrouver dans le pays d’Oz.

Illustration de W.W Denslow

Dans cette même période, peu après la publication du Magicien d’Oz, un écossais du nom de James Barrie créait alors sous forme de pièce de théâtre l’histoire d’un garçon qui ne voulait pas grandir. Si aujourd’hui nous connaissons cette histoire à travers le roman ou ses nombreuses adaptations au cinéma, c’est bien sur les planches que Peter Pan a fait son apparition.

D’abord représenté pour la première fois dans le roman Le petit oiseau blanc du même auteur, c’est au théâtre que cette fameuse histoire a connu le succès. Personnage iconique de la Fantasy Jeunesse, Peter Pan n’aurait pas existé sans la présence de cinq enfants dans la vie de James Barrie. Rencontrés dans un parc, il ne les a plus quittés et s’amusait à leur inventer des histoires. C’est probablement leur présence qui a donné le courage à l’auteur d’amener sa création au théâtre en 1904. Il doutait d’un quelconque succès pour une telle histoire, mais dès le premier soir, le public fut conquis.

Les premières histoires pour la jeunesse, à l’image des contes de Charles Perrault, n’étaient pas toutes merveilleuses…

Le roman adapté de la pièce fut publié quelques années plus tard, en 1911, et connut le même succès. Aujourd’hui, il nous est difficile de connaître la véritable histoire de Peter Pan, celle écrite par James Barrie, tant les réécritures et les adaptations sont nombreuses, sans avoir lu le roman lui-même. Si certaines histoires jeunesses permettaient aux enfants du XXe siècle de rêver, le merveilleux Peter Pan de Disney est loin de ressembler au personnage de James Barrie qui tuait et remplaçait les garçons perdus lorsque ceux-ci grandissaient.

De nombreux écrivains de Fantasy Jeunesse partagent une passion commune : ils aiment inventer des histoires pour leurs enfants.
Illustration de F.D. Bedford

J.R.R Tolkien, le fameux auteur du Seigneur des Anneaux avait l’habitude d’écrire Les lettres du Père Noël pour ses enfants chaque année. Pourtant, malgré cette coutume, Le Hobbit n’était pas destiné aux enfants. J.R.R. Tolkien avait pourtant déjà publié un roman pour la jeunesse, Roverandom en 1927, mais il faut croire que Le Hobbit n’était pas naturellement pour lui une histoire pour enfants. Nous savons comment l’idée de ce premier roman lui est venue. En été, alors qu’il corrigeait les copies de ses élèves, il griffonna les mots : « Dans un trou vivait un hobbit… ». Philologue, il associa le début de ce roman aux langues qu’il aimait inventer : le monde de la Terre du Milieu prenait déjà forme.

Sans penser à la publication, J.R.R. Tolkien contait les prémices de cette grande histoire à ses enfants, seulement dans l’objectif de les divertir. C’est à force de partager son histoire avec ses amis que l’idée de la publication fut amenée à J.R.R. Tolkien. Grâce aux encouragements de ses proches, il finit par envoyer son récit à la maison d’éditions Allen & Uwin.

C’est par ailleurs un enfant qui a permis la publication du Hobbit. Stanley Uwin, fondateur de la maison d’édition, donne le roman à son fils pour qu’il juge lui-même de l’histoire qu’il pense être du ressort de la littérature Jeunesse. Rayner Unwin, le garçon alors âgé de dix ans, est captivé et plus qu’enthousiasmé par cette histoire. Grâce à son avis positif, son père publie Le Hobbit en 1937.

La façon dont J.R.R Tolkien a écrit le Hobbit était spéciale, par rapport à tous les autres auteurs de Jeunesse de l’époque. Il avait beaucoup de considération pour l’intelligence des enfants et ne cherchait en rien à diminuer les propos de son écriture, car il assurait que « Nous avons tous besoin d'une littérature qui dépasse notre mesure. On n'acquiert pas un vocabulaire convenable en lisant des livres écrits en fonction de l'idée préconçue du vocabulaire que doit posséder telle classe d'âge. Il vient en lisant des livres qui dépassent celui-ci. »1 Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer le paysage de la Fantasy sans cette œuvre de Tolkien, tant elle a inspiré les auteurs même de Fantasy Jeunesse.

On remarque une forte présence d’auteurs anglo-saxons dans la naissance de la littérature Jeunesse et ce n’est pas le prochain écrivain qui va démentir cette idée. Un an après la publication du Hobbit paraissait l’ouvrage Excalibur, l’épée dans la pierre de Terence Handbury White. Bien qu’il soit né à Bombay en 1906, loin des terres anglaises, et ait des origines indiennes par son père, ce sont les légendes de l’Angleterre qui vont lui inspirer son premier ouvrage. Son cycle La Quête du Roi Arthur met en scène les légendes arthuriennes en les rendant accessible aux enfants en commençant son histoire avec la jeunesse d’Arthur pendant qu’il se prépare à devenir Roi, alors qu’il a le grand Merlin à ses côtés en tant que mentor.

Le cycle se compose de cinq romans publiés de 1938 jusqu’à 1958, puis d’un dernier roman sortit en 1977 (écrit en 1941) à titre posthume. Si le succès fut grand en Angleterre, il n’est connu en France que par son adaptation réalisée par Walt Disney sous le titre Merlin, l’enchanteur (1963). On peut croire que ce cycle a inspiré plus d’un auteur, comme le prouve J.K Rowling en avouant que White était « l’ancêtre spirituel d’ Harry Potter. »1 Mais il en aurait également influencé de nombreux autres comme Neil Gaiman, Michael John Moorcock ou encore Lloyd Chudley Alexander.

Un auteur trop peu connu en France, mais une si grande inspiration pour ceux qui le lisent.

Un autre écrivain a beaucoup inspiré le monde de la Fantasy Jeunesse et l’a enrichi par la création d’un univers, c’est C.S Lewis. Proche de J.R.R. Tolkien, ami pendant un temps, il a lui-même pu suivre l’évolution de l’écriture du Hobbit de près, tout en partageant ses propres écrits sur Le Monde de Narnia.

Si l’œuvre est aujourd’hui connue grâce aux adaptations produites par Walt Disney, on a tendance à oublier que les romans dont sont adaptés les films datent des années 50. Situé lors de la période de la seconde guerre mondiale, le roman raconte l’histoire de quatre frères et sœurs : Peter, Susan, Edmond et Lucy qui, obligés de quitter Londres à cause des bombardements, rejoignent la maison d’un oncle qu’ils n’ont jamais rencontré. Ils découvrent alors par hasard une armoire qui les mène au Monde de Narnia, un univers rempli d’animaux parlants, de magie et de dangers.

Riche de sept tomes, Le Monde de Narnia a rencontré un très grand succès vers ses débuts en Angleterre et aujourd’hui à travers le monde. C.S Lewis donne accès à la porte de l’armoire vers Narnia à tous les enfants du monde, comme s’il leur était aussi possible de vivre une telle aventure.

Même si certaines histoires pour les enfants ont été publiées peu après ces romans à succès, on constate un creux dans la production de la littérature Jeunesse jusqu’aux années 60 à 80 où une nouvelle génération d’auteurs apparaît avec notamment Roald Dahl. Ses récits James à la pêche géante, Charlie et la chocolaterie ou encore Le bon gros géant ont fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques. Mort en 1990, l’auteur a enrichi la bibliothèque des littératures jeunesses avec plus d’une dizaine de romans Fantasy.

Mais un autre auteur a particulièrement fait rêver les enfants des années 80 à 90. Il s’agit de Michael Ende. Si son nom peut encore être méconnu, c’est l’un de ses romans, publié en 1979, qui lui vole la vedette. Un roman au nom de L’Histoire sans fin. Racontant la découverte d’un livre étrange faite par un jeune garçon, cette grande histoire nous plonge, autant que le personnage de Bastien, à travers le monde du Pays Fantastique, dans une quête pour sauver la Petite Impératrice.

Si cette histoire a connu autant de succès, c’est aussi par la façon dont Michael Ende introduit le lecteur à son histoire (et à toutes les autres histoires). Son roman est une porte ouverte au voyage à travers les récits, comme si nous pouvions plonger dans chacun des romans que nous lisions, être une part même du monde que nous découvrons et l’influencer par nos choix.

L’histoire aujourd’hui est aussi connue par sa première adaptation en 1984, suivie de deux autres films inspirés de l’univers de L’histoire sans fin et de deux séries. On en oublie que l’auteur allemand a pourtant écrit de nombreux autres récits pour la jeunesse, tout autant pour les adultes, tant ce roman est présent pour toute une génération de lecteurs.

Alors même que nous venons de voyager à travers le temps, à la découverte de la littérature Jeunesse Fantasy, on peut voir que les deux littératures de genre sont nées (presque) au même moment et avec les mêmes romans.

Si la fresque de la naissance de cette littérature est grande, les auteurs de Jeunesse d’aujourd’hui sont tout aussi nombreux. Nous verrons un peu plus loin qui sont ces nouveaux auteurs qui remplissent encore aujourd’hui les bibliothèques des enfants.

Les auteurs s’inspirent les uns les autres et ceux qui avaient autrefois les premiers livres pour enfants sur leur table de chevet sont devenus de grands auteurs de Jeunesse à leur tour, ce cycle rappelant alors une certaine histoire sans fin.

La Fantasy Animalière

Alors que la littérature Jeunesse est en plein essor au début du XXe siècle, un sous-genre de la Fantasy, très utilisé dans les romans pour la jeunesse, connaît lui aussi un beau succès : la Fantasy Animalière.

Si la Fantasy s’inspire des contes, du merveilleux, des mythes et des légendes, la Fantasy Animalière semble avoir pour origine les fables. Depuis l’Antiquité, grâce à Ésope, Phèdre, Avianus, jusqu’au XVIIe siècle avec le célèbre Jean de la Fontaine, la fable met en scène les animaux, leur donne la parole pour accompagner une morale. On commence donc à entrevoir la base de la Fantasy animalière qui n’est rien d’autre que de l’anthropomorphisme. C’est à dire donner certaines caractéristiques du comportement ou de la morphologie humaine à des animaux, des objets ou même parfois à des dieux. On peut donc observer dans ce genre de romans des animaux se tenir sur leurs deux pattes, porter des vêtements, avoir un travail, une maison…

Avant que ce genre ne trouve sa place dans les romans, on trouve déjà des textes reprenant les bases de la Fantasy Animalière à l’époque médiévale avec le Roman de Renart au XIIe siècle, un ensemble de récits animaliers écrits en ancien français. Les auteurs de ces récits sont si nombreux qu’il est difficile de pouvoir tous les connaître, mais on prête à Pierre de Saint-Cloud les textes les plus anciens. D’autres récits comme Les fables de Marie de France, Le roman d’Isengrin ou encore Le roman de Fauvel font aussi partie intégrante des origines du genre.

C’est au début du XXe siècle avec l’auteur et illustratrice anglaise Beatrix Potter que le genre de la Fantasy Animalière se fait connaître et apprécier. Son premier roman illustré Le Conte de Pierre Lapin est publié en 1902 et son succès est tel que vingt-deux contes suivront celui-ci, ajoutant de nouveaux personnages animaliers à ces histoires et ce jusqu’en 1944, à titre posthume.

Peu de temps après la première parution de Béatrix Potter, une auteure suédoise s’essaye, après de nombreux autres romans déjà publiés, à la Fantasy Animalière avec le roman Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède publié en 1906. Écrit pour les enfants afin de leur faire découvrir la Suède, Selma Lagerlöf connaît un succès tel qu’aujourd’hui le nom du héros est celui d’un prix suédois pour la littérature Jeunesse et que son visage apparaît sur les billets suédois de vingt couronnes.

Si ces femmes sont des auteures reconnues du genre de la Fantasy Animalière, un autre auteur a lui aussi séduit l’Angleterre puis le monde avec son Vent dans les Saules. Comme de nombreux écrivains pour la jeunesse, l’écossais Kenneth Grahame avait écrit ce roman à l’origine pour son fils. L’œuvre du Vent dans les Saules a parcouru le monde, même si elle est plus connue dans les pays anglophones. Plus tard, le roman a fait l’objet de plusieurs suites écrites par d’autres auteurs. Si ces nouvelles aventures ne plaisent pas à tout le monde, se détachant de l’écriture de Kenneth Grahame, on peut dire que cette histoire de Fantasy Animalière a inspiré plus d’une personne.

Par la suite, ce genre de récits fut largement délaissé sur une longue période entre 1930 et 1970. La Fantasy Animalière connaîtra un nouveau tournant grâce à de nouveaux récits comme Fantastique Maitre Renard de Roald Dahl en 1970, Madame Brisby et le secret de NIMH de Robert O.C. Brien en 1971, ou encore Les Garennes de Watership Down de Richard George Adams en 1972.

C’est dans les années 1980 que deux grandes séries de Fantasy Animalière apparaissent. En 1980, le roman Le Bois Duncton de William Horwood raconte l’histoire de taupes. Si seul le premier tome de cette série fût traduit en français, l’histoire a reçu un bon accueil des critiques et se voit parfois décrite comme un roman pour adultes, par certains événements tragiques et la taille massive des volumes. Quelques années plus tard, c’est Rougemuraille qui paraît en 1986. Bien plus qu’un roman, c’est une véritable saga de Fantasy Animalière que nous offre Brian Jacques avec plus d’une vingtaine de romans. Relatant des histoires autour d’une abbaye, on retrouve plusieurs clans avec d’un côté les souris, les taupes, les hérissons, les lièvres, les loutres et les blaireaux et de l’autre les rats, les fouines, les furets, les renards, les reptiles et les corbeaux, incarnant la plupart du temps l’ennemi.

Paru plus récemment, on peut citer deux autres grandes séries de Fantasy Animalière. Les Gardiens de Ga’hoole, de Kathryn Lasky paru en 2003, se situe dans un monde imaginaire peuplé de chouettes et de hiboux, tandis que La Guerre des Clans, dont le premier tome fut publié en 2005, raconte les histoires de clans de chats. Cette dernière série est racontée par Erin Hunter qui est un pseudonyme désignant un regroupement d’auteurs.

Malgré le succès d’un certain Winnie L’ourson, connu de tous depuis 1926 et créé par Alan Alexander Milne, la Fantasy Animalière reste un sous-genre de littérature encore méconnu en France et de nombreux récits, parfois même parmi les plus connus dans les pays anglophones, restent encore non traduits en français.

Le public des lectures jeunesses

Quand on pose la question : à qui est adressée la littérature Jeunesse ? On répond que c’est une littérature pour les enfants et les jeunes. Si cette réponse était une vérité au commencement de cette littérature au XXe siècle, aujourd’hui et surtout en Fantasy, on découvre que ce n’est qu’une partie de la réponse à cette question.

À ce jour, beaucoup d’adultes et de jeunes adultes s’intéressent aux lectures jeunesses. D’après Isabelle Nières-Chevrel, « un tiers des lecteurs de la littérature Jeunesse sont des adultes. » Mais alors comment une littérature qui à la base ne s’adresse qu’aux enfants arrive petit à petit à intriguer d’autres personnes ?

On peut d’abord affirmer que les adultes, en tant que parents, ont toujours été impliqués dans les lectures pour enfants. À travers les lectures faites à voix haute le soir avant d’aller se coucher, les adultes sont présents pour la découverte d’une histoire. Hans Christian Andersen, le célèbre conteur, avait une idée précise à ce sujet : « Je saisis une idée pour les moins jeunes, mais je m’adresse aux petits, tout en me souvenant que leur père et leur mère écoutent souvent, et qu’il faut leur donner un peu à réfléchir. »

Mais à côté de cette considération qu’ont les écrivains pour les parents, un autre fait ouvre la littérature Jeunesse à un public plus large que les enfants : les auteurs eux-mêmes sont des adultes. Si certains adaptent leur écriture pour l’enfant, les écrivains créent des histoires qui les passionnent eux aussi, comme l’affirme J.K. Rowling : « J’écris avant tout pour moi-même, ce qui se voit probablement dans les livres. L’humour excentrique est vraiment le mien. »

Si les lectures jeunesses sont adaptées pour les enfants, cela ne veut en aucun cas dire que ces lectures sont « enfantines ». C’est en partie là que porte la confusion sur cette littérature, ce n’est pas parce qu’une lecture est accessible à un public qu’elle l’est seulement pour eux. En cela, la littérature Jeunesse n’est qu’une étiquette sur un roman qui permet de savoir que l’enfant peut le lire sans souci. La littérature Jeunesse a autrefois été créée parce que les enfants n’avaient aucune lecture qui leur était accessible, mais cela ne veut pas dire que ces récits sont sans réflexion, enfantin, comme les préjugés peuvent le laisser penser. La littérature Jeunesse, c’est une façon d’aborder certains thèmes, qui peuvent parfois être tragiques ou difficiles, en changeant seulement le point de vue.

Par ailleurs, les préjugés sur la littérature Jeunesse sont nombreux, mais la diversité des lectures proposées aux jeunes est si grande aujourd’hui qu’il suffit d’un exemple pour que les préjugés tombent.

Des textes courts ?
Aujourd’hui, les séries en Jeunesse sont nombreuses, comme la saga Peggy Sue de Serge Brussolo ou encore Les Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire de Lemony Snickett comptant toutes deux plus d’une dizaine de romans.
Des personnages principaux de l’âge des lecteurs, pour une meilleure identification ?
Parlons alors d’un certain Bilbo dans Le Hobbit de J.R.R. Tolkien qui a plus de cinquante ans. Ou bien encore les trois personnages principaux du Puits des mémoires de Gabriel Katz qui ont autour de la trentaine.
Une écriture contrôlée, sans drame ou horreur ?
Deux séries de plus d’une dizaine de livres prouvent le contraire. L’Épouvanteur de Joseph Delaney laisse parfois peu de place pour la tranquillité des petites histoires que l’on croit lire en Jeunesse, tandis que la collection Chair de Poule de R.L. Stine a permis aux enfants de découvrir le plaisir des récits horrifiques.

Plus le temps passe et plus les lectures jeunesses évoluent. Nous sommes à présent loin de livres contenant une morale dans le but d’éduquer les enfants. Si certaines lois concernant la littérature Jeunesse interdisent à l’auteur de glorifier des actes répréhensibles et punis par la loi, les restrictions sont finalement peu nombreuses et tout auteur de Jeunesse peut se permettre d’aborder le thème qu’il désire. C’est en cela également que la littérature Jeunesse n’est plus seulement adressée aux jeunes, car il y a très peu de limites. En Fantasy, particulièrement, on peut même avancer que les limites de l’originalité sont repoussées, les auteurs de Fantasy Jeunesse se permettent plus de choses, ils osent.

Aujourd’hui, les maisons d’édition se rendent compte de cette nouvelle vision sur ces lectures et comprennent que certains romans qui ont été autrefois publiés en section Jeunesse plaisent même à un autre public. Un nouveau marché s’ouvre sur les rééditions des livres jeunesses pour les adultes. À l’image d’ Harry Potter qui s’offre deux couvertures pour deux publics différents, alors que le contenu reste le même.

Les recherches autour du développement de la littérature Jeunesse sont de plus en plus nombreuses. Aujourd’hui, les maisons d’édition créent des collections Young Adult, à mi-chemin entre la Jeunesse et les lectures adultes, permettant l’accès à des livres destinés à ce nouveau public plus adolescent. À côté de cela, les lectures jeunesses restent un marché florissant, où les lecteurs sont à la fois jeunes et moins jeunes, et les histoires évoluent avec le temps et les nouvelles générations d’enfants.

Les grands noms de littérature Jeunesse

Si Lewis Carroll, L. Frank Baum, James Barrie, J.R.R. Tolkien ou encore C.S Lewis sont les précurseurs de la littérature Jeunesse en Fantasy, aujourd’hui le paysage des auteurs de ce genre est large. Mais qui sont les grandes figures de la Fantasy Jeunesse moderne ? Qui sont les auteurs qui se cachent derrière les héros ?

Lyra Belacqua & Phillip Pullman
 
Phillip Pullman est l’un des premiers auteurs à relancer la littérature jeunesse en publiant les Royaumes du Nord en 1995. Il se décrit lui-même comme un conteur, plutôt que comme écrivain en tant que tel. Il dit privilégier le contenu au lieu de la forme de ses romans et c’est probablement ce choix qui a permis à cette saga d’avoir autant de succès.
Harry Potter & J.K. Rowling
 
Si de nombreuses maisons d’édition ont refusé à J.K. Rowling le célèbre roman de Harry Potter, aujourd’hui, le succès dépasse largement ce que les éditeurs s’étaient imaginé. Le premier tome de cette saga de sept livres fut publié en 1997 par les éditions Bloomsbury, les premiers et les seuls à avoir accepté le roman.
Nobody Owens & Neil Gaiman
 
Avec L’étrange vie de Nobody Owens et Coraline, entre autres, Neil Gaiman ne se spécialise pourtant pas dans le registre Jeunesse. Il explore de nombreux genres : Fantasy, SF, comics... mais les rares romans qu’il a écrits pour la jeunesse marquent les esprits à travers leur ambiance particulière et leurs personnages forts.
Kira & Anne Robillard
 
Malgré les nombreux refus par les maisons d’édition, Anne Robillard n’a jamais cessé d’écrire. C’est en 2002 que son premier roman est publié, s’ensuivra une suite de plus d’une dizaine de romans qui composent aujourd’hui la saga de Fantasy Les Chevaliers d’Emeraude.
Meggie & Cornelia Funke
 
L’Allemagne n’a rien à envier aux autres pays. Après Michael Ende, c’est au tour de Cornelia Funke, avec la trilogie Cœur d’Encre publiée en 2003 de ravir le cœur des jeunes. Explorant les thèmes de la lecture et des livres, le roman aborde une autre manière de lire des histoires. Le premier tome fut même adapté au cinéma.
Tom Ward & Joseph Delaney
 
C’est avec la saga de l’Epouvanteur que Joseph Delaney ose poser son nom sur un roman, après avoir écrit sous le pseudonyme de J. K. Haderack. Avec une dizaine de tomes, l’Épouvanteur est une grande saga de Fantasy Jeunesse dont chaque tome explore de sombres et mystérieuses histoires à travers la vie du jeune Tom Ward, combattant le mal.
Percy Jackson & Rick Riordan
   
Si la première série que l’auteur Rick Riordan a abordé se trouve être à destination des adultes, il offre la seconde à la jeunesse. La série Percy Jackson explore la mythologie grecque et ses nombreux dieux. Le premier tome fut publié en 2005 et les tomes de cette saga ont commencé à être adaptés au cinéma en 2010.

Mais ces auteurs sont loin de représenter à eux seuls les nombreux écrivains de la Fantasy Jeunesse moderne. On peut également citer Diana Wynne Jones. Si ses premiers romans furent écrits pour les adultes, c’est à partir de 1977 que l’auteur se consacre à la jeunesse avec La Conspiration de Merlin, Le Château de Hurle ou encore Ma sœur est une sorcière, série dont le dernier roman fut publié en 2005.

Notons aussi Jonathan Stroud avec la Trilogie de Bartimeus sortie entre 2003 et 2011, Christopher Paolini avec la série Eragon dont le premier tome fut publié en 2004 ou encore Holly Black pour les Chroniques de Spiderwick (2003) et Magisterium (2015) coécrit avec l’auteur jeunesse Cassandra Clare. À travers l’univers du Disque-monde, Terry Pratchett essaye la littérature jeunesse avec Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants en 2003. Angie Sage fait également partie du paysage des auteurs de ce genre avec la grande série Magyk, publié en 2005.

Les auteurs francophones

Les auteurs de Fantasy Jeunesse sont tout aussi nombreux, ce genre de littérature se propage et devient plus accessible qu’avant. On retrouve autant de diversité dans ces lectures et même les héros deviennent célèbres. Si la naissance de la Fantasy Jeunesse a laissé de côté la France, les auteurs d’aujourd’hui s’emparent de ce genre !

Cléo & Charlotte Bousquet
 
C’est à travers de nombreux genres que Charlotte Bousquet aime écrire, passant par le polar, les nouvelles et créant même sa propre maison d’édition, mais elle semble revenir toujours à la Fantasy et au genre de l’imaginaire. Avec La peau des rêves, série publiée en 2011, l’auteur signe une pentalogie sombre et romantique.
Peggy Sue & Serge Brussolo
   
On ne compte plus le nombre de série que Serge Brussolo a écrit pour la jeunesse, mais la plus fameuse restera probablement Peggy Sue avec plus d’une dizaine de tomes parus suivant les aventures de l’adolescente. Auteur de thriller et de SF, Serge Brussolo a reçu de nombreux prix dont le Grand Prix de l’Imaginaire en 1981.
Jasper & Erik Lhomme
   
Depuis 2001, Erik Lhomme réinvente la Fantasy pour la jeunesse. Après avoir écrit quelques romans indépendants et trois trilogies, c’est en 2010 qu’est publié le fruit d’un projet cocréé avec Pierre Bottero. Si la série d’A comme association connut un bon démarrage, Erik Lhomme dut terminer seul la série après le décès de son coauteur.
Ewilan & Pierre Bottero
 
Pierre Bottero a publié ses premiers livres chez Flammarion, mais c’est chez Rageot et à travers la série du Monde d’Ewilan que l’auteur connaît le succès. Offrant deux trilogies à sa communauté de lecteurs et partageant avec Erik Lhomme le monde d’A comme Association, l’auteur part trop tôt, dans un accident de moto en 2009.
Tara Duncan & Sophie Audoin-Mamikonian
 
Elle commence à écrire cette histoire en 1997, mais Sophie Audoin-Mamikonian devra attendre 2003 pour se faire publier chez Seuil. Le premier cycle de Tara Duncan compte plus d’une dizaine de romans et l’auteur a publié, en plus d’une série nommée Indiana Teller en 2011, une suite à l’histoire avec d’autres personnages.
Roland & Oliver Peru
  Olivier Peru
C’est en coécrivant la série des Hauts-conteurs avec Patrick Mcspare, que l’auteur Oliver Peru s’essaye aux romans de Fantasy Jeunesse. Avec cinq tomes et le prix Elbakin.net en 2011 du meilleur roman français de fantasy jeunesse en poche, on peut dire que ce nouveau genre lui porte chance.

Encore une fois, les auteurs de genre sont nombreux et il serait bien difficile de détailler chacun leur parcours. On retrouve en 2006 Timothée de Fombelle qui crée son personnage Tobbie Lolness dont il explorera les aventures en deux tomes, avant de créer l’histoire de Vango en 2010. Fabien Clavel, quant à lui, après avoir visité de nombreux genres, s’essaye aux romans Jeunesse en 2007 avec La Dernière Odyssée. L’apprentie de Merlin, sa deuxième série Jeunesse, revisite les légendes arthuriennes en donnant un rôle féminin à l’apprenti de Merlin et fut publié en 2010.

Deux auteurs, deux séries. À la suite de Fabien Clavel, on retrouve Eric Tasset en 2008 avec le premier tome de la série Thomas Passe-monde, composée à ce jour de huit romans publiés chez Alice Jeunesse. Peu de temps après, en 2011, Christophe Mauri publie lui aussi le premier roman d’une longue série : Le premier défi de Mathieu Hildaf.

En 2013, Christelle Dabos gagne un concours organisé par Gallimard Jeunesse, proposant le tout premier texte de La Passe-Miroir. Aujourd’hui, la maison d’édition a publié deux de ses romans pour une série prévue en quatre tomes. Enfin, nous pouvons citer Estelle Faye avec La voie des oracles, sorti en 2014, qui a gagné le Prix Elbakin du meilleur roman français pour la jeunesse en 2015. La série se compose actuellement de trois tomes.

Des livres à l’écran : les adaptations de romans jeunesses

Curieusement, la première adaptation faite pour les enfants se trouve être un conte de Charles Perrault. Un conte qui n’était pas du tout destiné à la jeunesse. Walt Disney a adapté de nombreux récits jeunesses et était, à l’époque, l’un des rares à s’occuper de cette littérature. Suite au visionnage de Blanche-neige dans sa version muette en noir et blanc, il décide de revisiter l’histoire en film d’animation pour enfants.

Mais si l’adaptation de contes fut très courante pendant une période chez Disney (allant de Blanche-neige en 1934 à Cendrillon en 1950, parmi quelques créations originales), on peut affirmer que la première adaptation d’un roman Jeunesse fut celle du Magicien d’Oz par Victor Flemming. Sous forme de film musical, le célèbre roman de L.F. Baum fut transposé sur les écrans en 1939, suivi de près par le film d’animation Pinocchio, lui-même adapté par Walt Disney en 1940 d’un feuilleton écrit par l’italien Carlo Collodi à la fin du XIXe siècle.

© Walt Disney Pictures

Les productions de chez Walt Disney sont nombreuses, autant pour les adaptations de contes que pour celles de romans Jeunesse. On retrouve donc Alice au pays des merveilles en 1951, Peter Pan en 1953, Vingt mille lieues sous les mers en 1954, La Belle au bois dormant en 1959, alors que sortait la même année une autre adaptation d’une des œuvres de Jules Verne, Le Voyage au Centre de la Terre réalisé par Henry Levin.

Rares étaient les adaptations de la littérature Jeunesse hors des productions Disney, il faudra attendre les années 80 pour qu’un réel regard soit accordé aux romans Jeunesse. On découvrit Princess Bride en 1980, ainsi que l’Histoire sans fin en 1984, pendant que le Studio Ghibli commençait leurs productions avec notamment l’adaptation du roman japonais Kiki la petite sorcière en 1989.

Dans les années 90, les productions sont peu nombreuses, hormis celles de Disney qui reste l’une des principales productions de romans Jeunesse. On peut noter Steven Spielberg qui adapte un premier roman Jeunesse en réinventant l’histoire de Peter Pan, imaginant la vie du garçon une fois arrivée à l’âge adulte dans Hook sorti en 1991.

© Amblin Entertainment / TriStar

C’est peu après, dans le début des années 2000, qu’à nouveau l’histoire d’ Harry Potter semble apporter un nouvel élan aux productions. Si le succès du livre a permis l’émergence de nouveaux auteurs et de nouveaux romans de Fantasy Jeunesse, les premiers films du célèbre sorcier semblent avoir attiré de nouvelles adaptations de romans Jeunesse sur les écrans. Mais si les adaptations de romans trouvent un peu plus leur public et que les productions semblent se stabiliser, l’intérêt pour les romans Jeunesse peut parfois mal tourner.

Certains romans ont la chance de voir tous les tomes adaptés en un film ou en une division de plusieurs volets, à l’image d’ Harry Potter (2001), Les Chroniques de Spiderwick (2005) ou encore Alice aux Pays des Merveilles (1951, 2010, 2016). Certaines productions restent en cours, comme avec Le Monde de Narnia, dont seuls trois tomes sont passés à l’écran depuis 2005. Quelques-uns ont eu la chance de n’avoir qu’un seul tome et l’adaptation fut complète, dont Peter Pan qui a même eu droit à de nombreuses adaptations différentes (1953, 1991, 2003, 2015)

© Walt Disney Pictures

Mais tous n’ont pas eu cette chance et il semble que certaines adaptations de romans restent inachevées. Des séries ont vu leur premier tome adapté à l’écran, mais sans suite : Cœur d’Encre (2008), Le Château Ambulant (2004), À la croisée des mondes (2007), Eragon (2006), L’épouvanteur (2015)...

Quelles en sont les raisons ? Faute de public, de moyens ou encore d’inspiration lorsque l’adaptation est tellement éloignée du récit qu’apporter la suite semble impossible. On retrouve donc certains romans à moitié adaptés, décevant à la fois le public conquis et les lecteurs qui se faisaient une joie de découvrir leur livre préféré à l’écran.

La Fantasy Jeunesse, si elle n’est pas une création originale, reste un défi pour n’importe quelle production, car si l’on ne saisit pas l’essence de l’histoire même, alors les déceptions sont nombreuses et les chances de poursuivre sont minces.

Aujourd’hui, un nouveau marché se profile avec les séries Jeunesse, adaptées de romans. Les Orphelins Baudelaire, qui ont déjà connu une adaptation au cinéma en 2004, passe sous le format de la série en 2017. La BBC, de son côté, redonne sa chance aux livres d’À la croisée des mondes, la série reste en projet, aucune date n’a été communiquée. Et le célèbre Magicien d’Oz passe également sur les écrans, mais dans un univers bien plus sombre encore sous le titre d’Emerald City, dont la sortie est prévue pour janvier 2017.

© Walt Disney Pictures

Mais à l’image de cette dernière œuvre, toutes les adaptations de romans Jeunesse ne sont pas nécessairement destinées aux enfants. Les Contes retrouvent leur ambiance d’origine à travers des adaptations plus adultes, plus réalistes ou parfois même revisitées : Le chaperon rouge (2011), Hansel et Gretel : Witch Hunters (2013), Jack le Chasseur de géants (2013), Maléfique (2014)... Tandis que certains films rassemblent les contes pour des histoires riches en personnages : Shrek (2001), Ella au pays enchanté (2004), Il était une fois (2007), Into the woods (2014), Le conte des contes (2015), on retrouve à travers le film Les Frères Grimm (2005) une vision de la rédaction de ces contes.

L’inspiration des nombreux livres de Fantasy Jeunesse semble inépuisable, et succès au rendez-vous ou pas, c’est toujours un plaisir de voir en images les plus grands récits de notre enfance et d’en découvrir de nouvelles facettes, comme si ces histoires pouvaient à jamais se renouveler.

Aller plus loin…

L’histoire du genre de la Fantasy Jeunesse reste vaste. On connaît aujourd’hui une véritable expansion du genre, sous des formes bien différentes. Que ce soient les livres, les contes, les films, les séries ou parfois même les jeux-vidéos, les histoires pour la jeunesse ne cesseront d’être inventées et réinventées.

Si vous désirez essayer la littérature jeunesse, la découvrir ou retomber en enfance, vous pouvez consulter la liste des suggestions ou bien encore parcourir le site à la recherche des nombreux romans de Fantasy jeunesse qui existent à travers le monde. Lisez les critiques du site ou celles des lecteurs du forum, chaque prétexte est bon pour découvrir ce genre encore un peu mis de côté, malgré sa grande ascension.

La littérature Jeunesse nous permet de retomber en enfance ou de voir la vie sous un autre angle, et rien que pour cela, la lecture de ces romans vaut la plus grande des aventures.

Illustrateur Daniel Lieske

Par quoi commencer ?

  • Pour les enfants (8-13 ans) :
    • Les Chroniques de Spiderwick de Tony Diterlizzi et Holly Black

      pour l’univers peuplé de fée et de créatures, et les belles illustrations.

    • Le Monde d’Ewilan de Pierre Bottero

      pour l’aventure, l’amitié et le courage des personnages.

    • Tobie Lolness de Timothée de Fombelle

      pour la beauté du monde vu depuis de minuscules personnages et la quête de survie de Tobie, pour lui-même et pour son peuple.

    • Coeur d’Encre de Cornelia Funke

      pour l’amour des livres et de la lecture.

    • Malenfer de Cassandra O'Donnell

      pour ses personnages attachants, son univers facile d'accès pour les plus jeunes lecteurs et le frisson de l'aventure.

    • Mathieu Hidalf de Christophe Mauri

      pour le héros atypique, son impertinence, son humour, les trois Juliette et les bêtises en cascade.

  • Pour les ados (14-17 ans) :
    • Princess Bride de William Goldman

      pour l’histoire de cape et d’épée, la belle princesse et l’histoire d’amour.

    • L’épouvanteur de Joseph Delaney

      pour les jeunes lecteurs en recherches de mystère, de sombres histoires de sorcières et d’aventures contre les créatures maléfiques.

    • Les chevaliers d’émeraude d’Anne Robillard

      pour la fresque de personnages et pour l’histoire épique.

    • Le Hobbit de J.R.R. Tolkien

      pour découvrir l’univers de Tolkien et découvrir Le Seigneur des Anneaux par la suite.

  • Pour les adultes :
    • Les ch'tits hommes libres de Terry Pratchett

      pour le caractère des Nac Mac Feegle, le bon sens de Tiphaine Patraque et l’humour de l’auteur.

    • La Passe-miroir de Christelle Dabos

      pour le thème du mariage arrangé et la belle écriture.

    • À la croisée des mondes de Philip Pullman

      pour les pistes de réflexion sur le monde, la vie et les religions.

    • Le puits des mémoires de Gabriel Katz

      pour le trio de personnages et le mystère qui entourent leur amnésie.

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