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L’adaptation de Stardust vue par Gaiman et Vess

Par Madlyne, le dimanche 29 octobre 2006 à 22:28:37

Alors que Stardust arrivera sur les écrans au printemps prochain et que Neil Gaiman devait voir un premier montage du film ce week-end, celui-ci a récemment donné une interview sur l'adaptation de son roman, une interview que vous pouvez retrouver dès maintenant entièrement traduite !

Pour rappel, le film est prévu pour une sortie aux états-unis le 16 mars 2007.

Les créateurs de Stardust

En 1996, sept ans aprés son commencement Neil Gaiman finissait d'écrire la série fort appréciée du comics The Sandman, ce fut donc avec un interêt tout particulier qu'il s'est attelé à son nouveau projet Stardust, un conte de Fantasy en prose illustré par son collaborateur habituel Charles Vess. Mis en série par Vertigo DC Comics il a été réassemblé et réimprimé en divers formats, dont un sans illustrations, ce qui a aidé Gaiman à trouver un public autre que des lecteurs de comics.

En ce moment, Stardust est adapté en film par le producteur/réalisateur Matthew Vaughn (Layer Cake) et Superhero Hype ! de ComingSoon.net a eu la chance de s'assoir avec Neil Gaiman et Charles Vess en cette année du Comic-Con international à San Diego pour discuter de ce projet et d'autres sur lesquels ils ont travaillé.

Superhero Hype ! : Pourquoi est-ce le bon moment pour Stardust d'être adapté en film ?

Neil Gaiman : Je pense d'une part parce que nous sommes entrés dans un monde où les studios n'ont pas aussi peur de la Fantasy qu'auparavant. Il y a deux ou trois ans, j'étais à la tête d'un important studio qui m'expliquait et qui croyait que les spectateurs n'aimaient pas les films de Fantasy. Et je leur ai dit « Mais attendez. Et le Seigneur des Anneaux ? Les Harry Potter ? Recenser le top 15, le top 20 des films les plus rentables de l'histoire. Shrek ? Ils sont tous ce que j'appelle des films de Fantasy ». Et il m'a répondu « Non, ce n'est pas de la Fantasy. Ils ont tous une spécifité propre » Je crois que désormais nous sommes arrivés à un point où les studios majeurs et les gens sont bien moins effrayés par l'idée de Fantasy. Honnêtement je n'ai pas l'impression que les téléspectateurs aient jamais eu un problème avec la Fantasy. Je ne pense pas que le degré de Fantasy de Stardust soit différent du premier film de Disney Blanche Neige, en terme de ce que demande le public. On doit comprendre que certaines sorcières peuvent être cruelles. On doit comprendre qu'il existe des princesses héritières du trone qui tentent de s'assassiner les unes les autres, et que tout le monde poursuit une étoile tombée du ciel, qui s'avère ne pas être une simple météorite en métal mais une ravissante jeune femme à la jambe cassée et au tempérament de feu, et qui n'a aucune envie d'être trainée partout dans le monde pour être présenté à la fiancée de n'importe qui. Au final, c'est une histoire d'amour et d'aventure et tout ce qui y touche. Pourtant je n'avais aucune idée de ce qui serait fait, si ce n'est le fait que Matthew Vaughn l'a lu, l'a adoré, a voulu le réaliser, est allé voir les investisseurs qui ont financé Snatch, Arnaques, crimes et botanique et Layer Cake et leur a annoncé « Je m'apprête à réaliser un film de Fantasy à gros budget. Faites moi confiance. »

SHH ! : C'est incroyable la manière dont il a fait tout cela, parce que de toute évidence il n'avait pas besoin d'autant d'argent pour les films de Guy Ritchie ou pour Layer Cake. Je dois me faire à l'idée qu'un projet comme celui-ci recquiert beaucoup plus d'argent.

Gaiman : Je pense que Matthew a reussi à collecter 20, 25 ou 30 millions, à peu prés, et 40 autres millions ont été fournis par Paramount. Ce qui, je pense, a au moins donné à Paramount la certitude d'avoir fait un petit bond en avant. Mais ce qui est incroyable dans ce budget, aussi bien que dans tout le reste, c'est qu'on le remarque à l'écran.

SHH ! : Stardust a été à l'origine publié en 1997, mais en fait quand est-ce que vous avec commencé à travailler dessus ?

Charles Vess : On a commencé en 91 mais c'est aprés qu'on a vraiment débuté.

Gaiman : J'en ai eu l'idée en 91. En 93, tu as fait les peintures, environ 4 ou 5...

Vess : Oui, 4 ou 5, il n'y avait aucune histoire encore mais nous savions ce que nous faisions, donc j'ai simplement fait les peintures parce que nous devions les présenter aux éditeurs et aux enchères et ils devaient voir quelque chose pour avoir une idée. Et ensuite...

Gaiman : Ensuite j'ai commencé à écrire, et DC l'a acheté, il me semble fin 94, et j'ai commencé à l'écrire fin 94/début 95...

Vess : ça a pris environ un an et demi

Gaiman : Plus

Vess : Plus... pour tout faire ?

Gaiman : Je pense que ça a pris.... parce que j'ai commencé à écrire, disons début 95 et la première publication est sortie en....

Vess : 97

Gaiman : 97 et tu travaillais toujours les dessins de la dernière publication...

Vess : Ah oui. (rires)

Gaiman : ....quand la première est sortie.

SHH ! : Vous avez manifestement collaboré un grand nombre de fois, mais est-ce aussi important pour vous de prendre votre inspiration des dessins de Charles que lui de visualiser vos mots ?

Gaiman : Oh complétement. Ce qui m'a vraiment inspiré en dehors de tout ce qui s'est passé et de ce que j'ai fait pour Stardust c'étaient: 1) Je veux voir Charles dessiner ça. 2) Ne serait-ce pas cool si Charles dessinait ça ? ou de temps en temps 3) J'adore ce que Charles a dessiné, ce petit dessin qu'il a fait de ce personnage, ne serait-ce pas génial de rechanger ce personnage ou cette chose pour qu'il l'améliore encore ?

SHH ! : Pourtant vous n'avez pas écrit le script du film ?

Gaiman : Non en effet. La script a été écrit par une tentatrice aux cheveux de feu par là-bas. (décrivant avec justesse Jane Goldam assise derrière nous)

SHH ! : Dans ce cas avez-vous eu un rôle dans la réalisation de ce film ? Avez-vous été sur le plateau ?

Gaiman : J'étais trés impliqué, la chose la plus importante que j'ai fait c'est sortir et trouver un écrivain que j'aimais et en qui j'avais confiance pour l'associer à Matthew. Selon moi un écrivain n'est pas obligé de couver ses oeuvres commes ses enfants. On rate les choses importantes et on se focalise sur celles qui ne le sont pas, et aussi, nous savons pourquoi nous avons fait telles ou telles choses dans un premier temps et on arrive pas à les voir autrement.

SHH ! : Et vous Charles ? De toute évidence vous avez un style d'art disctinct, et je ne voyais pas comment on pouvait adapter ce style à de vraies personnes, mais ensuite j'ai vu l'image de Michelle Pfeiffer sur un chariot tiré par des chèvres.

Vess : J'ai essayé de trouver les meilleurs mots pour la décrire, mais le meilleur c'est que Stardust est un monde trés large et j'ai contruit mon Stardust d'un côté, et ils ont contruit le leur d'un autre, ils coexistent ensemble mais ils sont différents visuellement. C'est le même esprit. J'ai était trés content de voir ce qu'ils ont fait. Les personnes qui ont travaillé dessus ont beaucoup de talent, et une réinterprétaion ne me gêne pas du moment qu'elle est faite avec enthousiasme.

Gaiman : La vraie mise en perspective pour moi était quand je suis allé au département artistique la semaine dernière, sur une table ils avaient étalé les principales références visuelles qu'ils utilisaient pour le film. Et on avait des châteaux anglais, des vieux cottages anglais, des paysages mystérieux et le livre de Charlie Stardust. Mais c'était une des choses qu'ils voulaient. S'ils avaient installé quelque chose dans le château, ils auraient regardé les travaux de Charlie sur le château mais ils auraient aussi regardé...

Vess : Les vrais..

Gaiman : Les vrais, parce que le château de Charlie était un dessin.

Vess : Et si nous faisions le livre à l'heure actuelle il serait bien différent.

Gaiman : Il ne ressemblerait pas à ça oui.

Vess : Donc on continue à apprendre et à grandir à mesure que les choses se font.

Gaiman : Et j'adore la vision de la sorcière se déplacant sur un chariot tiré par des chèvres en dessin.

Vess : Oui et ils l'ont fait, yeah ! (rires)

Gaiman : Et ils l'ont fait. ça ne me dérange pas vraiment qu'elle n'ait pas de cheveux noirs ou une robe rouge. Dans le cas présent elle est blonde et porte une robe verte. C'est bien. On ne va pas la regarder et se dire « Oh mon Dieu. Pourquoi n'est-elle pas représentée selon le dessin de Charlie ». Mais on se dit en la voyant « C'est Michelle Pfeiffer, elle est incroyable et c'est la chose la plus effrayante que j'ai jamais vu au cinéma ».

SHH ! : Bien entendu, un tas de personnes n'auront jamais lu ou vu le livre, donc le film sera leur première impression de Stardust.

Vess : Oui.

Gaiman : Ce qui me plaît c'est qu'ils iront chercher le livre. En fait, mon fils est venu avec moi au studio Pinewood, il a vu le film et a adoré , en rentrant à la maison il a lu le livre, chose qu'il n'avait jamais faite. Je l'ai vu hier et il m'a dit « C'est vraiment génial Papa. J'adore le fait que la fin soit différente , tu as fait ci et ça à la fin et ce n'était pas possible dans le film, mais tu pouvais dans le livre.... » et je me disais exactement que c'était ce que j'aimais à propos de la fin, qu'elle soit différente.

SHH ! : Neil, vous êtes de plus en plus impliqué dans l'univers du cinéma, vous avez écrit MirrorMask pour Dave McKean. Vous nous avez dit que vous aimeriez réaliser Death: The High Cost of Living, comment vous voyez-vous plus tard en tant que réalisateur ?

Vess : Une chose que j'ai remarqué quand on commence un travail différent de ce que l'on fait d'ordinaire c'est que ça nous fait grandir en tant qu'artiste. Et quand on revient à nos habitudes, on a généralement une tout autre perspective, ce qui rend ce genre de choses beaucoup plus fascinant.

Gaiman : Oui et je m'ennuie aussi assez rapidement. Certaines personnes sont des romanciers, d'autres des auteurs de comics, d'autres des scénaristes et des réalisateurs. Je ne suis pas l'un d'entre eux. Ce dont je suis le plus fier cette année c'est d'avoir écrit le script de l'adaptation d'un opéra du livre de mes enfants the Wolves in the Wall fait par le National Theater d'Ecosse. C'est quelque chose bien à part et formidable à écrire.

SHH ! : ça doit être quelque chose de s'atteler à la réalisation.

Gaiman : Oui, c'est exact. Je suis censé réaliser d'autres projets pour une importante série de courts métrages pour une chaîne de télé ou la radio.

SHH ! : Comme d'autres choses basées sur vos romans, Coraline est en cours grâce au réalisateur Henry Selick, à qui j'ai parlé auparavant.

Gaiman : Henry est trés content. J'ai reçu un mail l'autre jour de Lenny henry qui disait que sa femme Dawn french et sa partenaire Jennifer Saunders étaient allées à Portland pour enregistrer leurs rôles. Ian McShane fera le vieil homme. C'est pas super ?

SHH ! : Beaucoup de vos comics ont toujours été en collaboration avec DC en quelque sorte, donc est-ce qu'il y a une chance de faire Le livre de la Magie en film est-ce que ça vous intéresserait de participer à sa réalisation ?

Gaiman : Non, pas du tout. Le livre de la Magie en film s'est éloigné du... quand il s'est développé et que chaque script est allé successivement de plus en plus loin du Livre de la Magie, à un moment Paul Levitz et moi avons lu le dernier, nous nous sommes tournés faire les cinéastes et nous avons déclaré « Vous avez un trés bon film entre les mains. Si vous le nommez Livre de la Magie et si le personnage principal est appelé Tim Hunter, quand on le verra, les gens seront sûrement en colère. Nous pensons que vous devriez changer le nom du protagoniste, changer le nom de votre film. Bien entendu lancez vous et réaliser le, c'est génial, mais s'il vous plait rendez nous notre titre, changer le nom du personnage principal et si jamais vous le faites donnez nous un peu d'argent. » C'est ce qui s'est passé recemment à ce propos et nous réfléchissons aux moyens de le transformer soit en film soit en autre chose, mais tout a débuté par un accrochage avec Matt greenberg qui a en fait developpé quelqu'uns des premiers scripts et qui a laissé tombé quand ça a commencé à devenir trop étrange.

SHH ! : Vous avez aussi écrit une scénario pour Beowulf de Robert Zemeckis avec Roger Avary, mais vous avez l'air d'avoir quelques différents tous les deux.

Gaiman : En ce moment nous écrivons un autre film ensemble. Nous sommes sur l'adpatation du livre de Charles Burns Black Hole, donc moi et Roger Avary à nouveau. Nous avons effectivement eu quelques différents qui signifie que... Comment dire ? Une bonne coopération produit quelque chose qu'aucun d'entre vous n'aurait pu écrire. Pour le film Beowulf le plus interessant c'est que je n'aurais pas pu l'écrire seul et Roger non plus. Il a été écrit par une créature étrange à deux têtes nommée Neil et Roger, qui je pense, ont fait un travail remarquable. Je n'aurais pas pu être plus fier de Beowulf si je l'avais fait seul.

SHH ! : Charles, sur quoi travaillez-vous ces derniers temps

Vess : Je viens de finir 20 pages de l'original du roman d'illustrations Fables accompagné de Michael Kaluta. J'illustre le nouveau recueil de Susanna Clark de Bloomsburry, avec vingt-deux illustrations en noir et blancs.

SHH ! : Vous et Michael avez collaboré artistiquement sur le livre Fables ? (Note: Il a été publié la semaine dernière par Vertigo comics)

Vess : Oui, il a dessiné et je me suis chargé de l'encre et de la peinture, j'avais beaucoup de retard et je lui ai demandé de l'aide. Et aprés Neil et moi allons faire un livre intitulé Blueberry Girl pour Harper Collins. Il s'agit d'un livre d'images, mais plus un livre d'inspiration qu'un livre d'images pour enfants.Et je fais aussi un livre appellé Coyote Road pour Viking.

SHH ! : En prose égalemment ?

Vess : De la prose avec des décorations.

Article originel, par Edward Douglas, le 23 octobre 2006


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