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Un entretien avec Neil Gaiman !

Par Madlyne, le mardi 17 octobre 2006 à 15:55:33

Entretien avec Neil Gaiman à propos de Fragile things et tout le reste - 2ème partie

Changeons de sujet, pouvez vous expliquer ce site Internet www.wheresneil.com ?

D'après ce que j'ai compris il y a 2500 petits carrés sur ce site. Si vous cliquez environ 2499 fois, à un moment donné, un des carrés apparaît avec ma photo. Si vous cliquez dessus cela ouvrira une page où vous pouvez proposer des prix et gagner quelque chose gratuitement en rapport avec Fragile Things. Mais ce n'est pas tout, car l'idée c'est que ce site contient 2500 carrés vides, et que chaque carré vide peut vous être attribué si vous le réclamez afin d'y mettre un commentaire.

Ils sont probablement tous pris maintenant.

Non, il y a sans aucun doute environ un millier de carré encore vacant. C'est un concept amusant mais je pense que la prochaine fois vous serez en mesure de mettre votre photo plutôt qu'un simple commentaire. Mais l'idée est bonne.

Stardust Où ont-ils tourné Stardust ?

Ils l'ont tourné en grande partie dans les studios Pinewood et sur d'autres sites en Ecosse et en Islande. A l'origine, ils avaient prévu de le tourner entièrement en Islande mais ils ont découvert que les chevaux sont interdits là-bas. Les Islandais possèdent des poneys que les Vikings ont amenés il y a des milliers d'années et ils ont peur que ne serait-ce un cheval amène une maladie qu'il pourrait leur transmettre.

Avez-vous été en Islande ?

Oui, j'y suis allé deux fois.

Ça doit être magnifique.

C'est absolument magnifique et très bizarre. Reykjavik sent légèrement soit l'enfer soit une sorte d'odeur étrange de souffre mélangé à du méthane et à de l'oeuf. C'est dû au fait que cet endroit est volcanique.

C'était comment de visiter les décors de Stardust à Pinewood ?

Fantastique. Je suis arrivé juste avant qu'ils ne commencent à tourner donc en fait j'ai pu me promener sur le bateau pirate qu'ils avaient construit. A titre informatif, la construction de ce bateau a coûté presque autant que MirrorMask entier. Ce que j'ai trouvé triste c'est qu'ils ne l'ont pas construit pour qu'il soit par la suite démonté. Ils l'ont construit pour qu'il soit au final englouti et qu'il finisse en petit bateau. Je suis revenu après vers la fin pour voir un peu le repaire des sorcières, le plateau le plus gigantesque.

Est ce que les décors ressemblent aux oeuvres de Charles Vess ?

Certains y ressemblent. Lorsque nous sommes allés au département artistique ils avaient tous plus ou moins peur de rencontrer Charlie et nous avons vu un tas de livres sur des châteaux et des chaumières qu'ils utilisaient comme référence. Un de ces livres était Stardust. Ils se servaient des créations de Charlie quand ça leur plaisait mais souvent ils suivaient leurs propres initiatives. Pour les sept seigneurs de Stormhold, Charlie avait conçu des costumes très médiévaux. Pour le film, ils les ont plus axés vers le 17ème siècle et ils ont brodé un nombre sur chacun d'entre eux. Quand on regarde attentivement on peut voir que le motif est un chiffre. Je pense que celui qui capte la pensée de Charlie, le plus « Charliste » était le décor de l'auberge que la sorcière fait apparaître dans les montagnes pour leurrer et piéger ses victimes.

Image tiré du film Stardust J'ai interviewé Michael Avon Oeming il y a quelques années et il disait qu'il existe deux réactions possibles suite à l'achat des droits d'une bande dessinée pour le cinéma. Il disait qu'il y a des contrats avec plus d'argent que de participation de la part de l'auteur et qu'il y en a un autre avec moins d'argent et plus de participation venant de l'auteur. Je suis sûr que ça doit être différent pour vous depuis que vous êtes un auteur de best-sellers.

Le problème avec Stardust c'est qu'il y avait l'option « pas d'argent », d'ailleurs je ne l'aurais jamais fait et vous non plus mais je l'ai fait avec Matthew (Vaughn) parce que je l'apprécie. Je lui ai fait confiance, il était mon producteur sur le film de Bolton et c'est un mensch (du Yiddish : homme droit et honnête). Il y a des individus à Hollywood qui devraient me proposer des contrats et des sommes d'argent énormes avant que je fasse quelque chose parce que c'est leur nature de n'être pas digne de confiance. On ne traite pas avec eux de la même manière mais on traite aussi des projets différents et avec des réalisateurs différents. Sur Beowulf les seules personnes qui contribuaient à l'écriture du script étaient moi, Roger et Robert Zemeckis assis à une grande table dans des bureaux vides. Roger et moi avons fini par traîner et dans mon cas rencontrer Crispin Glover et Angelina Jolie et dans le cas de Roger, Anthony Hopkins et John Malkovitch mais vraiment on n'aurait pas été utile sur le plateau. Ce n'est pas qu'on n'aurait pas été les bienvenus. C'était sympa qu'on soit présent et on se sentait comme des VIP qui se promènent.

Pourtant, Coraline est beaucoup plus le projet de Henri Selick. Il en a écrit le script et il y travaille sans arrêt. Je pourrais aller à Portland et je suis sûr que je serais très bien accueilli sur le tournage mais en ce moment si j'y vais les maquettes auront à peine bougées. Mais j'ai eu de bons échos. J'ai reçu une carte postale l'autre jour de Dawn French qui disait qu'elle et Jennifer Saunders y allaient pour enregistrer les rôles pour Coraline, c'était plutôt drôle. De temps à autre, je reçois ce qu'on peut appeler des versions en avance de la chanson They Might Be Giants, qu'ils ont écrite pour le film et que j'ai mis sur mon iPod. Au-delà de cela je ne participe vraiment pas. J'attends de voir le film et j'espère qu'il ne sera pas raté. Je ne le pense pas, c'est Henry et il fait tout pour que tout aille bien.

J'ai vraiment aimé A Short Film About John Bolton.

Oh merci.

Beaucoup de personnes font des courts métrages, de cette façon ils peuvent voir s'ils en sont vraiment capables.

Et voir s'ils aiment cela.

Aimez-vous ce procédé ?

J'aime ce procédé bien plus que je ne l'aurais cru. Je ne savais absolument pas si je serais aussi bon dans la réalisation de films que dans l'écriture de romans ou si c'était quelque chose pour lequel je serais nul, comme installer des étagères. Mais j'ai trouvé cela facile et très amusant. Selon moi le bon côté d'écrire des comics depuis des années est que cela m'a permis de m'habituer à la collaboration dans le travail. Ce qu'on essaye de faire, c'est trouver la personne la plus apte pour faire ce boulot et vous les laissez s'en sortir avec cela.

Je ne savais pas de quoi John Bolton aurait l'air avant de voir le film. Donc pour moi ça aurait pu être l'acteur principal.

Le vrai John Bolton est dans le film. Au beau milieu de la galerie d'art on voit un homme qui approuve les peintures qu'il regarde et cet homme est John Bolton.

Qu'est ce qui vous a fait choisir John en tant que sujet ?

Nous sommes amis depuis toujours. J'adore John. Il a assez d'humour pour me permettre de faire cela. Chaque dessin que vous avez vu là était en fait un tableau agrandi de John Bolton. Le film commençait par une postface d'un livre de John Bolton assorti de peintures. J'en ai pris une pincée et une autre de Pickman's Model de (HP) Lovecraft, j'ai tout mélangé et j'ai fait le film. J'adore le fait d'utiliser un documentaire parodique avec l'idée de film d'horreur. A l'époque, c'était un style qui n'avait jamais été vraiment tenté. Cependant, une fois que j'en ai eu l'idée et que j'avais prévu de le faire, Blair Witch est sortit au cinéma et l'idée est partie avec un genre très différent de documentaire-parodie. Je voulais créer un genre qui rende perplexe ceux qui le voient. Ces derniers jours avec par exemple The Office, je pense que ça suit beaucoup moins cette voie. J'ai du mal à croire que je n'en ferais plus d'autres mais de nos jours il y en a partout.

Est-ce que Death sera votre premier long métrage ?

Je veux absolument le réaliser parce que je me ferais mal à l'idée que quelqu'un d'autre le fasse. Sincèrement, il y a deux manières de réaliser un film. L'une est lorsque l'on a un désir profond de le faire et de le faire bien, et l'autre quand on a un désir profond de devenir réalisateur. Je ne suis pas un réalisateur, vraiment pas. Mon métier est de raconter des histoires mais malgré cela, et même avec Stardust que j'adore, quand je m'assois et que je le regarde, je me dis « Je n'aurais pas fait ça de cette manière ». Quelqu'un peut se retourner et me lancer « Pourquoi avez-vous permis qu'on le fasse comme ça ? » .Je répondrais, « Ce n'est pas moi qui l'ai réalisé ». Ou alors on est là à prier à chaque moment où quelque chose est différent de l'idée qu'on s'en faisait. Il y a des bouts du script qui n'auraient pas pris cette voie si je les avais écrit, mais je ne l'ai pas fait. Jane (Goldman) et Matthew (Vaughn) l'ont fait et leur travail est formidable.

Est-ce que votre version du film Death comprendra le type de structure de Death Takes a Holiday (en français Trois jours chez les vivants) ?

Oui. Il s'agit de la même intrigue que les premières séries avec des ajouts en raison du fait que si le film suite exactement le livre il ne durera guère plus de 38 minutes.

Pouvez vous le combiner avec le deuxième épisode de la série Death ?

Non parce que le second épisode suit une intrigue différente. Ce que j'ai fait dans le script c'est l'étendre et amener plus de choses sur différents personnages pour connaître tout ce monde un peu plus et dans le but qu'il y ait plus d'action.

Avez-vous un programme avec lequel vous pourriez commencer ?

Et bien nous avons commencé par Warner Movies. Récemment j'ai leur ai remis le script et ils ont dit « Nous l'adorons, c'est brillant mais le film devrait coûter 15 millions de dollars et ce n'est pas de notre ressort ». On avez l'air de dire « très bien, et on fait quoi maintenant ? ». « En fait peut être qu'il existe une branche de Warners qui s'occupe de ça ». Après nous l'avons montré à New Line, ils ont déclaré « ça nous plait ». Nous avons passé environ un an et demià négocier leur contrat avec Warners et DC et après ils ont jeté un oeil sur le script et ils ont dit « On estime le budget à 30 millions de dollars, est ce que vous pouvez réduire cette somme ? ». Nous avons commencé à travailler sur la façon dont on pouvait faire baisser les prix. Il y a un changement de régime à la New Line et il a été décidé le projet ne convenait ne plus à New Line donc actuellement nous traitons avec d'autres branches de la compagnie Warner Bros.

Il y a Warner Independent.

Oui désormais il y a Warner Independent, qui n'existait pas avant. Il y a Picturehouse. Je travaille en ce moment avec Guillermo Del Toro, notre producteur exécutif, afin de trouver quel serait son meilleur foyer. J'aimerais bien le fait avant de mourir. Parce que honnêtement le réaliser plus tard serait...

Difficile

Franchement oui, ça serait vraiment difficile.

Ironique quand même.

Oui mais difficile pour les acteurs. Quand je mettrais mes mains sur leurs épaules ils seront noués à cause du stress.

Miracleman : The Golden Age La dernière fois que j'ai discuté avec Todd McFarlane à propos de Miracleman, il m'a révélé une foule de choses que vous avez noté dans votre journal afin de commenter leur véracité.

Todd dit des choses pendant les interviews qu'il pense que l'on veut entendre.

Quelles sont les nouvelles alors ?

Les nouvelles concernant Miracleman est que je n'ai aucune idée. Tout est incroyablement confus. J'ai gagné le procès contre lui, il y a eu un énorme jugement qui a duré jusqu'à récemment, ensuite est arrivée l'affaire Tony Twist et actuellement cela fait deux ans que les productions Todd McFarlane ont déposé le bilan. Ce qui signifie que je suis le second plus grand créancier de Todd. Je n'aurais eu aucun intérêt à être le premier. Nous ne sommes pas complètement sûrs si Todd a, oui ou non, une part dans Miracleman, personne n'en ait vraiment sûrs. Pendant ce temps, il y a de plus en plus de personnes qui se découvrent. J'ai reçu une lettre de quelqu'un qui annonçait qu'il possédait le personnage original de Marvel sur lequel Miracleman est basé et d'autres choses étranges et très bizarres.

Je veux seulement lire les livres.

Je sais. Nous avons au moins un des artistes d'origine qui dit qu'il refuse une réimpression de son travail à moins qu'il ne le fasse lui. La partie complète du désordre de Miracleman que je maîtrise est Miracleman : l'Age d'or et un peu L'Age d'argent. Ça sera sûrement le premier livre à être imprimé à nouveau parce que nous en sommes capables. Ça serait sympa si tout le monde n'avait pas à lire ce genre de choses soit en payant 500 dollars sur eBay soit en téléchargeant des scans pour après se sentir coupable.

Article originel, par Daniel Robert Epstein, le 4 octobre 2006

  1. Entretien avec Neil Gaiman à propos de Fragile things et tout le reste - 1ère partie
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