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L’année 2017 en fantasy : la parole aux éditeurs

Par Gillossen, le vendredi 28 avril 2017 à 16:30:00

Les éditions HSN en 2017 - Dimitri Pawlowski

Utica

Alors que 2016 se termine à peine, quel serait votre premier bilan, à chaud ?
Celui d'une année extrêmement dense, plutôt éreintante, mais qui pose des bases solides pour la suite. L'Homme Sans Nom n'est pas - encore - une très grosse structure, et il convient donc de se battre à chaque instant pour exister dans un paysage extrêmement dense. D'autant avec le choix de ligne éditoriale que j'ai fait, et que j'ai eu le plaisir d'affiner et d'affirmer d'année en année : publier peu pour publier bien. Et publier des auteurs que je vais aller découvrir et, du moins est-ce le but, essayer d'accompagner au plus haut. Évidemment, publier peu et bien implique d'avoir au moins des succès relatifs pour continuer à le faire. Publier quatre à six romans dans l'année, ça implique, si on veut que la structure tourne de façon cohérente tout en payant les différents intervenants à la hauteur de leur travail, que ces quatre à six romans fonctionnent bien.
Alors, on sait bien qu'à l'échelle d'une maison d'édition comme HSN, on ne va pas si facilement que cela écouler des palettes en librairie, donc on se diversifie, on fait un maximum de festivals, on réfléchit à des façons de se développer, et c'est clairement épuisant. Mais c'est aussi comme cela qu'on a des résultats, que les romans s'installent petit à petit dans les fonds des librairies, prennent place dans les bibliothèques, et qu'on sent que les choses évoluent, frémissent dans le bon sens.
2016 a aussi été pour nous l'arrivée chez une nouvelle équipe de diffusion/distribution, et le lancement de notre collection numérique, gérée par Clémentine Waldman, ancienne stagiaire de la maison qui cumule maintenant les fonctions d'assistante éditoriale et de directrice de collection numérique. Pas encore de projets exclusifs, mais c'est surtout parce qu'on aimerait proposer quelque chose d'un peu différent de "simplement un livre qui sort en numérique avant ou à la place de sortir en papier".
Côté parutions, j'ai trouvé l'année extrêmement intéressante, car nous avons au final publié quatre romans de quatre genres littéraires : J'agonise fort bien, merci, notre premier - et loin d'être le dernier - pur polar, qui vient se rajouter à l'équation SF/fantasy/fantastique d'origine, Le Miroir de Peter, thriller fantastico-horrifique, le second volet de La 25e Heure, Le Chysanthème noir, et son Paris historique et uchronique, et enfin Rêves d'Utica, premier roman d'un nouvel auteur qui a rejoint la maison cette année, et son cyberpunk mythologique. Ça reflète assez bien cette idée d'éclectisme que j'apprécie particulièrement, tout autant que ma volonté de fonctionner aux coups de cœur sur les textes.
Et j'ai adoré sortir un recueil de nouvelles autour de la thématique de Noël auquel tous les auteurs de la maison d'édition ont accepté de participer. Un petit objet amusant, qu'on a essayé de soigner au maximum pour les collectionneurs.
A titre personnel, hors parutions, un événement vous a-t-il particulièrement marqué ou surpris au cours de cette année écoulée (un prix, un salon, etc...) dans le paysage des littératures de l'Imaginaire ?
J'avoue avoir été tellement la tête dans le guidon éditorial que j'ai probablement loupé pas mal de choses. Il y a clairement le développement des festivals (de plus en plus naissent - et meurent - chaque année), qui est à la fois un vrai plus pour les maison d'édition de petite et de moyenne taille, mais aussi un relatif piège, puisque cela disperse également les lecteurs entre les événements. Sinon, je lisais il y a quelques jours les réponses des autres éditeurs à ce petit "questionnaire de début d'année", et tous évoquaient un retour de la SF, que je ne peux que partager. Évidemment, c'est encore fragile, les choses vont très vite d'une année sur l'autre, mais cela semble être une véritable tendance qui se dessine.
Enfin, il y a aussi le plaisir d'avoir vu, pour une note plus personnelle, l'éclosion d'un auteur très prometteur, Romain Delplancq, dont Le Sang des princes a fait partie des finalistes au Prix Imaginales.
Avez-vous un coup de cœur éditorial plus gros que les autres pour 2017 ? Et quelle place pour la fantasy dans votre programme ?
Pour une fois que publier peu est un avantage total, je n'ai que des coups de cœur pour l'année à venir, et peux en profiter pour les évoquer rapidement.
2017 verra plus de fantasy chez nous que l'an passé, qui a été une année creuse de ce côté-là, avec le retard du second volet du Sang des princes, qui sortira dans les semaines qui arrivent. Une magnifique conclusion à un diptyque qui sort de l'ordinaire et joue très bien avec les codes de la fantasy, et qui sera aussi notre plus épais ouvrage à sortir (on devrait avoisiner les 500 pages… comme toujours très denses). Suivront le nouveau polar d'Oren Miller, À présent, vous pouvez enterrer la mariée, qui retrouvera les personnages de J'agonise…, et un nouvel auteur, déjà connu des amateurs d'imaginaire, en la personne de David Bry. Son texte, Que passe l'hiver, offre un mélange surprenant et hautement poétique entre roman à mystère, quête initiatique et mythologie aux influences nordiques.
Le reste de l'année s'éloignera de la fantasy, avec de la science-fiction et le nouveau roman de Nicolas Debandt, Nos Altermondes, qui aborde, entre autres sujets, la question des abeilles et des déplacements de population ; de la SF au sens premier du terme, avec ce que cela entend comme questionnements sur notre société actuelle. On continuera avec du cyberpunk, puisque Roznarho, après Rêves d'Utica, va creuser cette voie avec Scarlett, revisite somme toute poisseuse du Petit Chaperon rouge dans le cadre d'une Afrique du Sud futuriste.
Enfin, pour achever l'année de publications, le dernier-né de Feldrik Rivat, Paris-Capitale ; après avoir posé les bases d'un univers uchronique avec La 25e Heure, Feldrik plonge de plain-pied dans celui-ci, avec une histoire en un volume totalement indépendante. Pour le coup, on a en fait fait les choses à l'envers : la préquelle à son univers qu'est La 25e Heure est sortie avant !
Quel sera votre plus grand défi pour cette nouvelle année ?
J'en vois plusieurs. Tout d'abord, continuer à développer le numérique, et peut-être, comme je le disais plus tôt, trouver LE projet qui nous donnera envie de justifier une sortie exclusivement dans ce format. Mais, surtout, confirmer notre évolution, et réussir à passer un nouveau palier, en affirmant notre présence en librairie et en densifiant notre communication. Si ce sont des étapes normales dans la vie d'une jeune maison d'édition qui se développe, nous voulons les traiter de la même manière que pour tout le reste : en prenant notre temps pour installer proprement les choses avec des fondations solides.
  1. Denoël Lunes d'encre en 2017 - Gilles Dumay
  2. Les éditions du Bélial' en 2017 - Olivier Girard
  3. Les éditions Critic en 2017 - Simon Pinel
  4. Les éditions Pygmalion en 2017 - Florence Lottin
  5. Les Moutons électriques en 2017 - André-François Ruaud
  6. Les éditions Actusf en 2017 - Jérôme Vincent
  7. Folio SF en 2017 - Pascal Godbillon
  8. Fleuve Editions et Pocket en 2017 - Stéphane Desa
  9. Les éditions Balivernes en 2017 – Pierre Crooks
  10. Les éditions Callidor en 2017 - Thierry Fraysse
  11. Les éditions HSN en 2017 - Dimitri Pawlowski
  12. Les Editions du Chat Noir en 2017 - Mathieu Guibé
  13. Les éditions Le Héron d'Argent en 2017 - Vanessa Callico
  14. Les Editions de l'Instant en 2017 - Patrick Dechesne
  15. Les éditions Mnémos en 2017 - Frédéric Weil
  16. J'ai Lu et Nouveaux Millénaires en 2017 - Thibaud Eliroff
  17. Les éditions L'Atalante en 2017 - Mireille Rivalland
  18. Les éditions Scrineo en 2017 - Jean-Paul Arif
  19. Les éditions Ofelbe en 2017 - Guillaume Kapp
  20. Les éditions Bragelonne en 2017 - Stéphane Marsan

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