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L’année 2017 en fantasy : la parole aux éditeurs

Par Gillossen, le vendredi 28 avril 2017 à 16:30:00

Les Editions de l'Instant en 2017 - Patrick Dechesne

Gentlemen mécaniques

Alors que 2016 se termine à peine, quel serait votre premier bilan, à chaud ?
Il est à la fois positif et négatif. Nous avons publié deux livres cette année : Un étranger en Olondre de Sofia Samatar et Le Village de qui vous savez. Tous deux ont reçu des critiques extrêmement positives, et même carrément enthousiastes et enthousiasmantes, et se retrouvent dans nombre de « bilans des meilleurs livres de l’année » et autres top 20 de circonstance. Un étranger en Olondre a été nommé aux Prix Imaginales et Elbakin.net, ce qui nous emplit de bonheur. En gros, tout cela montre la pertinence de notre travail et nous rend heureux. Les Éditions de l’Instant existent pour présenter les meilleurs textes possibles, d’où qu’ils viennent, et il semble que, sur ce point, nous ne nous sommes pas fourvoyés.
En ce qui concerne le négatif, il tient en deux mots : diffusion/distribution. Nous ne sommes toujours pas distribués en librairie et il est clair que cela impacte gravement nos finances. Nous n’avons sorti que deux livres cette année, vous savez désormais pourquoi.
Mais, heureusement, cette absence en librairie sauf exception est en partie compensée par l’enthousiasme de la communauté qui commence à se regrouper autour de notre page Facebook et de nos parutions. La ferveur et la passion qui se dégage autour de ces deux points nous a permis de financer participativement les deux premiers volumes de notre collection Les anthos de l’Instant, à laquelle nous croyons énormément et dont le premier volume devrait sortir dans les jours qui viennent.
L’année est donc marquée par l’espoir, mais aussi par une certaine désillusion au niveau de la distribution. Néanmoins, il nous semble pertinent de continuer nos aventures quoi qu’il arrive et, en attendant d’être enfin disponibles en librairie, nous continuerons à soumettre nos projets à l’approbation des lecteurs, par le biais du financement participatif, de la précommande ou tout autre moyen que nous imaginerons. Nous l’avons dit l’année passée : nous croyons au lecteur. Et 2016 a prouvé que nos lecteurs nous rendent cette confiance. C’est ce qui pouvait nous arriver de mieux.
À titre personnel, hors parutions, un événement vous a-t-il particulièrement marqué ou surpris au cours de cette année écoulée (un prix, un salon, etc.) dans le paysage des littératures de l'Imaginaire ?
Ce n’est ni un événement ni une personne qui m’a marqué cette année, c’est la confirmation d’une tendance lourde dans nos littératures. Il s’agit de l’ouverture au monde de nos genres. De plus en plus d’auteurs du monde entier sont publiés, de toutes les régions du monde, de toutes nationalités, background culturel et couleur de peau. Ce n’est pas si évident que cela en a l’air. Il y eut une époque où la science-fiction écrite par des auteurs noirs, par exemple, n’était l’œuvre que de quelques rares noms (Delany, Butler et quelques autres). Il y eut une époque où il était extrêmement rare de lire de la SF ou de la fantasy venant d’Inde, d’Afrique, de Chine ou d’ailleurs. Par exemple, cette année, en langue anglaise, les romans et nouvelles les plus intéressants sont entre autres signés N.K. Jemisin, Nnedi Okorafor, Yoon Ha Lee, Yoss, Indrapramit Das, Nisi Shawl… Des auteurs hollandais ou chinois sont primés pour leurs textes traduits dans les plus prestigieux prix américains. La France commence à s’y mettre sérieusement aussi, le programme des autres éditeurs s’y ouvre, le nôtre se veut toujours un terrain d’expression privilégié pour ces littératures, comme le prouvent le roman de Sofia Samatar et le sommaire de Gentlemen mécaniques, notre prochaine production.
Bref, la diversité en littérature de l’imaginaire se porte bien, et ce ne sont pas des petits nazillons à la Vox Day et autres Puppies qui changeront quoi que ce soit à cette ouverture très attendue.
Avez-vous un coup de cœur éditorial plus gros que les autres pour 2017 ? Et quelle place pour la fantasy dans votre programme ?
Bon, Emmanuel, ta modestie va en prendre un coup. (petit cœur avec les doigts, wouhou !)
Mon coup de cœur éditorial, c’est Célestopol, d’Emmanuel Chastellière. Je sais que ce sera un bouquin génial, original, puissant. On peut parler de fix-up à son sujet, de livre-univers, de visions chatoyantes d’une cité tentaculaire et riche en aventures, en poésie, en brume mordorée et en humour. Le tout sous une couverture de Marc Simonetti.
C’est un vrai projet éditorial unique, initié par ma première réaction à Fly me to the moon, le premier texte qu’Emmanuel m’a envoyé je crois et qui figure dans Gentlemen mécaniques. Un (accrochez-vous bien) coup de cœur immédiat. Au bout de quelques conversations, nous avons tous deux décidé que Célestopol méritait d’être longuement explorée et lancé ce projet vraiment dingue. Vous pourrez profiter du voyage en mai, date de sortie officielle du bouquin.
Cette année, nous publierons au minimum quatre livres : deux anthologies (Gentlemen mécaniques en février, Cthulhu est vivant en été), Kabu Kabu de Nnedi Okorafor (enfin !!!, à la rentrée) et Célestopol. Ces projets sont planifiés et seront concrétisés.
C’est un programme minimaliste. Nous avons des possibilités de l’étoffer. Notamment en réussissant certains crowdfundings ou programmes de précommande (suivez-nous sur Facebook pour vous tenir au courant). Il est également clair que si notre collection d’anthologies connaît une réussite commerciale significative, nous essayerons de publier son troisième volume dès la fin d’année (une antho consacrée à la silk road fantasy, qui aura pour nom D’ambre et de soie). Ces projets dépendent financièrement de la confiance que nous porterons nos lecteurs en 2017. (je crois le moment approprié pour un petit cœur avec les doigts, là. Suivi d’un clin d’œil).
Quel sera votre plus grand défi pour cette nouvelle année ?
Continuer à nous professionnaliser. Nos livres deviennent de plus en plus beaux, je pense (le saut qualitatif entre la présentation d’Un étranger en Olondre et celle du Village est déjà significatif, je pense, et nous ne comptons nous arrêter là). Professionnaliser et réguler notre service de vente (qui est lent et dépendant de la Poste belge et française). Installer notre présence en salons et festivals. Continuer à présenter des œuvres inattendues, des auteurs passionnants, des traductions de qualité. Réjouir nos lecteurs, leur proposer des projets enthousiasmants, partager nos expériences avec eux et leur faire des surprises. Créer la curiosité et l’attachement à nos textes. Trouver un diffuseur/distributeur de qualité.
Travailler avec des gens de tous horizons, de tous profils, de toutes qualités. Et les rémunérer justement.
  1. Denoël Lunes d'encre en 2017 - Gilles Dumay
  2. Les éditions du Bélial' en 2017 - Olivier Girard
  3. Les éditions Critic en 2017 - Simon Pinel
  4. Les éditions Pygmalion en 2017 - Florence Lottin
  5. Les Moutons électriques en 2017 - André-François Ruaud
  6. Les éditions Actusf en 2017 - Jérôme Vincent
  7. Folio SF en 2017 - Pascal Godbillon
  8. Fleuve Editions et Pocket en 2017 - Stéphane Desa
  9. Les éditions Balivernes en 2017 – Pierre Crooks
  10. Les éditions Callidor en 2017 - Thierry Fraysse
  11. Les éditions HSN en 2017 - Dimitri Pawlowski
  12. Les Editions du Chat Noir en 2017 - Mathieu Guibé
  13. Les éditions Le Héron d'Argent en 2017 - Vanessa Callico
  14. Les Editions de l'Instant en 2017 - Patrick Dechesne
  15. Les éditions Mnémos en 2017 - Frédéric Weil
  16. J'ai Lu et Nouveaux Millénaires en 2017 - Thibaud Eliroff
  17. Les éditions L'Atalante en 2017 - Mireille Rivalland
  18. Les éditions Scrineo en 2017 - Jean-Paul Arif
  19. Les éditions Ofelbe en 2017 - Guillaume Kapp
  20. Les éditions Bragelonne en 2017 - Stéphane Marsan

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