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L’année 2019 en fantasy : la parole aux éditeurs

Par Gillossen, le samedi 23 février 2019 à 13:30:00

Les éditions J'ai Lu - Thibaud Eliroff

Hobb

Alors que 2018 se termine à peine, quel serait votre premier bilan, à chaud ?
Une année en demi-teinte, en ce qui concerne J'ai lu. Après 2017 qui avait été exceptionnellement bonne, 2018 laisse un goût de pas assez. La fréquentation calamiteuse des librairies au premier semestre a clairement eu un impact négatif, mais nous avions surtout un programme moins fort que l'année précédente. Seul le tome 4 de la série Le fou et l'assassin s'est distingué par ses bons résultats, supérieurs à nos prévisions (comme l'ensemble de la série, du reste). Il y a eu quelques bonnes surprises, comme Déracinée de Naomi Novik, ou Fées, weed et guillotines de Karim Berrouka, qui se sont bien comportés ; et de mauvaises, comme la trilogie de l'Ancillaire d'Ann Leckie, qui ne décolle pas en poche malgré de très bons résultats en grand format.
En Nouveaux Millénaires, quelques titres ont tiré la collection, comme les tomes 2 et 3 des Chroniques de la Terre fracturée de N.K. Jemisin ou la nouvelle traduction d'Un bonheur insoutenable d'Ira Levin en fin d'année, mais nous avons été déçus par d'autres, comme Tous les oiseaux du ciel de Charlie Jane Anders, un livre magnifique pour lequel j'avais de grands espoirs.
Les ventes de fonds, en revanche, se portent toujours aussi bien, ce qui permet de relativiser les résultats mitigés des nouveautés.
A titre personnel, hors parutions, un événement vous a-t-il particulièrement marqué ou surpris au cours de cette année écoulée (un prix, un salon, etc...) dans le paysage des littératures de l'Imaginaire ?
Le fait qu'Albin Michel ait choisi de lancer une collection sur ce marché difficile est un événement en soi, en tout cas un signe très positif. Qu'une grande maison habituée au haut du classement des meilleures ventes investisse des sommes importantes sur l'imaginaire tend à prouver que le genre est loin d'être aussi moribond que certains l'affirment. Rien que pour ça, et même si c'est une collection concurrente, je souhaite à Albin Michel Imaginaire une longue et heureuse vie !
L'autre événement marquant, c'est le succès de l'année 2 du Mois de l'Imaginaire, qui a réussi à transformer l'essai. Il y a eu encore plus d'initiatives que lors de la première édition, plus de présence en librairie, et une reconnaissance accrue de la part des professionnels du livre. Les objectifs sont atteints et permettent d'envisager sereinement la suite.
Quelle place pour la fantasy dans votre programme 2019 ?
Nous allons déjà terminer la série Le fou et l'assassin dont le tome 5 vient de sortir et dont le tome 6 est prévu en mai. Ce sont des livres très attendus par le public. Je compte aussi beaucoup sur la sortie en poche, en seconde partie d'année, de La Cinquième Saison, premier tome des Chroniques de la Terre fracturée de N.K. Jemisin. Et les auteurs francophones ne seront pas en reste, avec la publication en fin d'année aussi de Celle qui n'avait pas peur de Cthulhu de Karim Berrouka et de Meijo, le troisième tome des Sentiers des astres de Stefan Platteau.
Pas de fantasy en Nouveaux Millénaires, mais deux livres de SF formidables : d'abord, en avril, Rosewater de l'auteur nigério-britannique Tade Thompson, que d'aucuns décrivent comme le Neuromancien du XXIe siècle, et qui dépeint une invasion extraterrestre comme on n'en a jamais lu ; et Les affamés, le nouveau roman de Silène Edgar, une anticipation sociale qui revisite le thème des dictatures bienveillantes avec une humanité et un réalisme bluffants.
Enfin, quel sera votre plus grand défi pour cette nouvelle année ?
Faire du sport ? ;)
Blague à part, les enjeux sont nombreux. Nous devons absolument trouver des solutions à notre problématique d'approvisionnement : à l'heure où les logiques de groupe se durcissent et où les éditeurs indépendants sont de plus en plus nombreux à publier leur propre poche, établir un programme de publication cohérent et sexy devient plus difficile chaque année. La baisse continuelle du marché nous oblige à nous réinventer en permanence, à trouver de nouvelles pistes, de nouvelles façons de vendre nos livres. La solution miracle n'existe pas, mais ça ne veut pas dire que nous ne pouvons rien faire. On peut trouver ça déprimant ou au contraire très motivant... J'ai la chance de travailler avec des gens très motivés !

Propos recueillis et mis en forme par Emmanuel Chastellière.

  1. Les Éditions Aux forges de Vulcain - David Meulemans
  2. Albin Michel Imaginaire - Gilles Dumay
  3. Les éditions ActuSF - Jérôme Vincent
  4. Les éditions Pygmalion - Florence Lottin
  5. Les éditions Gulf stream - Paola Grieco
  6. Les éditions Critic - Simon Pinel
  7. FolioSF - Pascal Godbillon
  8. Les éditions du Bélial' - Olivier Girard
  9. Les éditions du Rouergue - Olivier Pillé
  10. Lunes d'encre - Pascal Godbillon
  11. Les éditions Libretto - Eric Lahirigoyen
  12. Les éditions J'ai Lu - Thibaud Eliroff
  13. Le Livre de Poche - Laëtitia Rondeau
  14. Les éditions Pocket - Charlotte Volper
  15. Les éditions L'Atalante - Mireille Rivalland
  16. Les éditions Callidor - Thierry Fraysse
  17. Les éditions Scrineo - Jean-Paul Arif
  18. Les éditions Lumen - Cécile Pournin
  19. Les éditions Mnémos - Nathalie et Frédéric Weil
  20. Mü Editions - Davy Athuil
  21. Fleuve Editions - Florian Lafani
  22. La Volte - Mathias Echenay
  23. Projets Sillex - Nicolas Marti
  24. Les éditions de l'Homme Sans Nom - Dimitri Pawlowski
  25. Les éditions Balivernes - Pierre Crooks

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