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George R.R. Martin se confie à Entertainment Weekly

Par ThinkBecca, le lundi 8 août 2011 à 13:00:00

GGRMAprès six ans d’attente insoutenable, le nouveau roman de George R. R. Martin, A Dance With Dragons arrive enfin, globalement encensé par la critique.
Le magazine américain Entertainment Weekly a rencontré l’écrivain à son bureau de Santa Fé, pour une longue discussion à propos de sa célèbre série du Trône de Fer. Il explique entre autres pourquoi le tome 5 lui a pris si longtemps, ce qu’il pense de la série produite par HBO ou encore ce qu’il ressent lorsqu’il tue certains de nos personnages bien aimés.
Si cet entretien ne contient pas de spoilers sur ce tome 5, ce n'est pas le cas pour les précédents.

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L'entretien

Il vous est arrivé de dire que le premier roman du Trône de Fer était en partie une réaction au fait que vous ne pouviez pas écrire certains types d’histoires en tant que scénariste pour la TV dans les années 80. Quel moment précis vous a inspiré ?
Je voulais juste faire quelque chose de grand. Pendant très longtemps (en bossant pour la télévision), on m’a dit « c’est trop compliqué, ça coûte trop cher, oublie ces personnages et ces décors. » En revenant à la prose, je pouvais viser aussi grand que je le voulais, autant que me le permettait mon imagination. C’est vraiment sorti de nulle part. Je savais globalement que je voulais écrire de l’epic fantasy puisque j’adorais Tolkien depuis tout petit. Mais je n’avais pas d’idée précise. Durant l’été 1991, j’étais à Hollywood mais n’avait aucun contrat TV. Soudain, j’ai eu en tête le premier chapitre, celui où ils trouvent les bébés loups – c’est juste apparu d’un coup. Je savais qu’il fallait que je l’écrive.
C’est peut-être une question stupide mais quand vous pensez à l’univers que vous avez créé, où les saisons durent des années, où se situe-t-il ? Sur une autre planète ?
C’est ce que Tolkien appelait le « monde secondaire ». Ce n’est pas une autre planète, c’est la Terre. Mais pas notre Terre. Si vous vouliez une approche à la science-fiction, vous pourriez appeler ça une réalité alternative, mais c’est beaucoup trop SF. Tolkien a vraiment été le pionnier en créant la Terre du Milieu. Il y a glissé quelques faits afin de l’ancrer à notre passé, mais ça ne tient pas vraiment. Des gens m’écrivent sans arrête à propos de théories scientifiques sur les saisons – « «  c’est un système à deux étoiles, avec une naine noir, et ça expliquerait… -- Hey, c’est de la fantasy mon gars, c’est magique.
Vous trouvez ça amusant, d’écrire ?
Oui, bien sûr. Dans le sens où tout est drôle à écrire. Je fais partie de ces écrivains qui disent « j’ai apprécié d’avoir écrit ». Il y a des jours où j’adore écrire, et d’autres où put*** je déteste ça ! Je vois les images dans ma tête, mais les mots ne viennent pas. J’essaie de les coucher sur le papier, mais je me sens engourdi, à sec et c’est stupide. Écrire, c’est un boulot difficile.
Sur votre blog, vous dites jeter une grande partie de ce que vous écrivez.
Oui. Peut-être plus que je ne le devrais, surtout concernant ces romans puisque nous approfondissons. Je ne sais pas si c’est parce que je me fais vieux, ou parce que la série devient plus complexe. Je pense que j’ai été influencé par les critiques positives me concernant. Tellement de gens m’ont dit que c’est la meilleure fantasy depuis Tolkien, voire plus ! Ça a éveillé en moi un désir de faire ça bien.
Y a-t-il quoi que ce soit que vous regrettiez à propos de cette série ?
Ce avec quoi je me bats le plus est la chronologie. Quand j’ai commencé avec les personnages jeunes, je voulais faire grandir les enfants au fur et à mesure. Je pensais écrire un chapitre, et que le suivant se passe un mois plus tard. Le suivant aurait été deux mois plus tard, et ainsi de suite. Au bout d’un libre, une année ce serait écoulée. Mais ça n’a aucun sens, un personnage ne met pas deux mois pour réagis à ce qui lui arrive.
Alors au final, vous écrivez tout le livre, et très peu de temps s’est écoulé. Après le troisième, j’ai pensé faire une ellipse de 5 ans, pour que les enfants soient plus âgés. Ça explique pourquoi il m’a pris si longtemps. J’ai essayé de l’écrire avec ce blanc de 5 ans, mais ça ne fonctionnait pas et j’ai tout jeté.
Vous savez comment finit votre histoire ?
Dans les grandes lignes. Je ne connais pas encore chaque petit rebondissement, chaque événement qui m’y amènera, et je ne connais pas la fin de l’histoire de chacun des personnages secondaires. Mais je sais comment ça finit pour les protagonistes, oui. Et (les producteurs de Game Of Thrones) David Benioff et Dan Weiss sont au courant d’une partie aussi, parce que ça inquiète beaucoup les fans, dans le cas où je me ferais écraser par un camion.
Il y a un moment dans vos livres où on a l’impression de lire plusieurs histoires séparées. Vers la fin de Dance, on a l’impression que tout commence à converger. Est-ce le cas ?
C’est très certainement mon objectif, et ça l’a toujours été. Pour ça, Tolkien a été mon grand modèle. Bien que je sois différent de Tolkien sur certains points importants, personne ne m’égale quant au respect que je lui porte. Regardez le Seigneur des Anneaux, ça commence en ce focalisant sur un point précis, et tous les personnages sont ensemble. Puis à la fin du livre, la Communauté éclate et ils ont des aventures séparées. J’ai fait la même chose. Tout le monde est à Winterfell au début, à l’exception de Dany, puis ils se séparent en groupes, qui finissent eux-mêmes par éclater. Mon but était de les disperser, puis de leur faire prendre des chemins qui les ramèneraient ensemble. Trouver le point où ils commenceraient à converger a été l’une de mes plus grandes difficultés.
Si vous aviez écrit Le Seigneur des Anneaux, Gandalf serait mort dans les Mines de la Moria.
Oui, en effet. Les gens pensent que je suis un spécialiste dans l’assassinat de mes personnages, mais Tolkien l'a fait avant moi, et d’une manière qui m’a beaucoup inspiré. Et puis Tolkien a recommencé à la fin du deuxième livre lorsqu’il tue Frodon, bien que cela s’avère être faux.
Dans le tome 5, à un moment Jaime pense « Les dieux ne sont que bonté. C’est bien, continue d’y croire ». Vous parlez beaucoup de religion dans vos histoires, mais quel est votre point de vue ?
Je suppose que je suis un catholique non pratiquant. Vous pouvez me considérez comme athée ou agnostique. Je trouve que la religion et la spiritualité sont fascinantes. J’aimerais croire que ce n’est pas la fin, qu’il y a un au-delà, mais je n’arrive pas à convaincre mon côté rationnel que tout cela aurait un sens. C’est ce que Tolkien a mis de côté – il n’y a aucun temple, aucune religion : personne ne croit en rien dans Le Seigneur des Anneaux.
Il y a très peu d’actes de bonté dans vos romans. Si un personnage se retrouve seul ou affaibli, il peut s’attendre à ce que n’importe qui prenne avantage de la situation et lui fasse subir le pire.
Vos romans sont-ils cynique quant à la nature humaine ?
Je crois que ces livres sont réalistes. J’ai toujours aimé les personnages sombres. Quant aux dieux, je n’ai jamais été satisfait par les réponses qu’on m’a données. S’il existe un dieu bon et aimant, pourquoi le monde subit-il le viol et la torture ? Pourquoi la douleur existe-t-elle ? On m’a appris que la douleur sert à nous faire savoir quand notre corps va mal. Eh bien, pourquoi ne pouvons-nous pas avoir un voyant lumineux ? Un peu comme sur un tableau de bord ? Si Chevrolet a pu y penser, pourquoi pas Dieu ? Pourquoi la douleur serait-elle la bonne solution ?
Quand les fans se plaignent que vous ayez tué un personnage, que leur dites-vous ?
Dans certains cas je compatis. C’est difficile de tuer des personnages, ce sont mes enfants. De toute évidence, certains étaient prédestinés à mourir dès le début, comme Ned. Il y a beaucoup de livres pour ceux qui aiment la littérature de confort, qui préfèrent lire une histoire excitante mais qui ne contient rien qui pourrait les perturber ou les bouleverser. C’est sympa d’aller voir un Indiana Jones au cinéma, et de le voir tuer 40 nazis, mais il y a aussi de la place pour les films comme la Liste de Schindler. L’héroïsme de Schindler me touche plus que celui d’Indy – l’un est drôle, mais l’autre est plus profond, et parle du sens de la nature humaine. Je ne sais pas si j’y parviens, mais c’est ce que je m’efforce de faire. Je pense qu’après Tokien, la fantasy est devenue très Indiana Jones. Ils imitaient beaucoup le style de Tolkien sans arriver à retranscrire son état d’esprit. Ses romans n’étaient pas joyeux ou amusants.
Avez-vous l’impression de devoir quelque chose à vos fans ? A la fin de la journée, ressentez-vous une part de responsabilité ?
Je pense que « devoir » n’est pas le terme exact. J’essaie de leur donner une bonne histoire. Et j’aime mes fans – la plupart d’entre eux sont géniaux. Je pense que j’interagis plus avec mes fans que la plupart des auteurs que je connais. De manière générale, je suis très sympa avec mes fans. Mais ne leur dois rien. Et si je voulais tout arrêter, ce serait mon droit. En tous cas je suis convaincu que c’est mon droit de ne rien faire le dimanche, de regarder le football à la télé et d’aller à des conventions ou de travailler sur d’autres projets – c’est ce que me reprochent les critiques les plus acerbes. Vous avez rencontré Ty, mon assistant, il pense que c’est générationnel. Les gens qui son mécontents (du fait que le tome 5 ait mis 6 ans à être achevé) sont les plus jeunes de ce qu’il appelle la Génération du Bon Droit. Ils veulent être satisfaits tout de suite – une habitude qu’ils ont prise à cause d’Internet. Je fais partie de la génération des Baby Boomers, et on devait tout attendre ! Si j’entendais parler d’un roman, il se pouvait qu’il n’arrive jamais jusqu’au rayonnage de la boutique du coin. Si je voulais voir un film, je n’avais plus qu’à espérer qu’ils finiraient par le passer à la télévision. C’est la théorie de Ty, pas la mienne, mais il a peut-être raison.
J’ai entendu que vous comptiez faire quelque chose de plus long pour le tome 5 ?
C’est toujours difficile de savoir où terminer chaque livre. Je marche sur un fil. Tout comme le Seigneur des Anneaux, j’écris une seule histoire. Pour autant, je veux que chaque tome raconte une phase du voyage. J’essaie de terminer l’histoire de chaque personnage par un cliffhanger ou une fin intermédiaire. Et j’essaie de faire en sorte qu’il n’y ait pas trop de cliffhangers – je ne veux pas qu’il y en ait 8 dans un même tome. (Dance) en a plus que je ne l’aurais souhaité.
Alors dans le prochain livre, vous en êtes au point où vous n’aurez plus besoin de faire apparaître les personnages dans des livres séparés ?
J’ai bon espoir, oui. Mais dans trois ans, quand je serai assis devant mes 1800 pages de manuscrit sans savoir qu’en faire, qui sait.
Quel épisode de Game Of Thrones écrivez-vous pour la prochaine saison ?
La Bataille de la Néra. Que dieu me vienne en aide, David et Dan doivent me haïr.
C’est celui pour lequel vous devez vraiment faire attention au budget.
C’est très compliqué, parce que nous n’avons pas le budget pour réaliser la bataille du livre. Vraiment pas.
Eh bien, ils doivent pouvoir montrer les bateaux et ce qui leur arrive, non ?
Je l’espère. On verra. Je suis en train de l’écrire, et je coupe certains passages. Quand je rendrai mon travail, on verra si on peut le faire. Quand vous regardez Rome, la série de HBO…
J’ai adoré Rome.
Moi aussi, mais pour les batailles ?
On voit César quitter la tente pour partir en guerre, puis il revient et s’endort.
César quitte la tente. Pompée quitte la tente. Puis on voit la bannière de Pompée dans la boue, et César revient à sa tente. L’épisode suivant, Pompée décrit la bataille à Pullo et Vorenus en la dessinant dans la terre avec un bâton, pour expliquer ce qui s’est passé. Pour la bataille d’Actium, ils commencent avec Marc-Antoine qui flotte sur un morceau de bois – et Rome a un budget bien plus important que le notre. J’ai essayé d’expliquer ça aux fans. J’ai l’impression qu’ils s’attendent à la bataille des Champs de Pelennor.
Les fans ne font plus trop de distinction entre les médias, de nos jours.
Non, c’est vrai. Et c’est surtout du à la télévision qui s’est grandement améliorée. Dans les années 60 ou 70, on pouvait faire la différence entre une émission de TV et un film en quelques instants, juste selon la façon dont c’était tourné et mis en lumière. De nos jours, c’est impossible.
Il y a de nombreux débats pour savoir si le Trône de Fer est féministe ou anti-féministe. Avez-vous été surpris par ces réactions ?
Pas vraiment. Je trouve ça bien que les gens lancent des débats sur le sujet. Bien sûr, je ne crois pas être misogyne ou raciste, comme l’affirment certains critiques, je pense qu’ils lisent de manière trop simpliste. Bien sûr, je suis un homme blanc de 62 ans, et personne n’échappe aux valeurs qui nous sont inculquées dès notre plus jeune âge, même si on les rejette – comme le fait que j’ai cessé d’être Catholique. Je ne m’érige pas en parangon du féminisme. Mais je suis très heureux – malgré cette critique idiote du New York Times – de voir qu’autant de femmes sont fans et adorent mes personnages féminins. J’ai essayé d’en créer de vraiment différents. A travers tous mes personnages, j’essaie de montrer que nous sommes tous humains.
Il y a pas mal de scènes de sexe explicite dans la série, et certains fans des livres ont été surpris.
L’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu travailler avec HBO est que je voulais garder le sexe. On a eu des vrais problèmes, parce que Dany n’a que 13 ans dans les livres, et c’est basé sur l’histoire médiévale. Ils n’avaient pas ce concept d’adolescence. Vous étiez un enfant ou un adulte. Et le fait d’atteindre la puberté signifiait que vous deveniez un adulte. Alors j’ai essayé de le retranscrire dans les livres. Mais quand vous essayez de le filmer, les gens deviennent fous et crient à la pornographie enfantine. D’ailleurs il y a une loi qui dit que vous ne pouvez pas avoir de scène de sexe représentant un enfant de 13 ans, même si c’est un acteur de 18 ans qui joue le rôle – c’est illégal au Royaume-Uni. Alors nous avons fini par avoir un acteur de 22 ans qui jouait un personnage de 18 ans, au lieu d’un acteur ayant 18 ans pour un personnage de 13 ans. Si nous avions décidé d’éliminer le sexe, on aurait pu garder les âges d’origine. Et dès que vous changez l’âge d’un personnage, vous devez changer celui de tous les personnages, changer la date de la guerre (qui a détrôné le Roi Fou). Le fait que nous ayons appliqué tous ces changements montre à quel point nous pensions que le sexe est important.
La réaction des spectateurs à la mort de Ned Stark a-t-elle été plus importante que vous ne vous y attendiez ?
Oui. C’était fascinant de voir l’intensité de ces réactions. Vous devez tenir compte du fait que j’ai écrit cette scène en 1994 et qu’elle a été publiée en 1996. En réalité, les gens ont été choqués en 2011 par quelque chose qui a été la marque de fabrique des romans. Je dirais que votre article paru après la mort de Ned, et une semaine après celui sur les audiences, ont été de très bonne nouvelles pour moi. Parce qu’il y avait des gens qui menaçaient de ne plus regarder la série.
La grande question est, quelle va être l’évolution des audiences entre les saisons. Mais je pense que quoi qu’il arrive, elles augmenter.
Eh bien, Natalie Dormer (dans le rôle de Margaery Tyrell) est un très bon choix, pour commencer. Elle était ce qu’il y avait de mieux dans Les Tudors et la meilleure Anne Boleyn que j’ai jamais vue.
Y a-t-il des changements qui ont été faits pour la série TV et que vous appréciez particulièrement ?
J’adore certaines scènes qu’ils ont ajoutées. En tant que romancier, j’ai certaines « trucs » comme le monologue pensé, ou le narrateur auquel on ne peut pas se fier. J’intègre parfois des flashbacks et des rêves, mais c’est un peu gnangnan à la télé. Alors ils ont du ajouter de nouvelles scènes. J’ai adoré le passage entre Varys et Littlefinger, qui n’est jamais décrit dans les romans puisqu’aucun des deux n’est un personnage narrateur. J’ai aussi adoré la scène où Drogo tranche la gorge de Mago, qui était entièrement inédite. Mais ça aura des ramifications si on doit aller jusqu’au bout des choses. J’ai parlé à Dan et Dave de cet effet papillon – vous êtes familiers avec cette nouvelle très classique de Ray Bradbury ?
A Sound of Thunder. L’un de mes préférés.
Écrasez un papillon de l’ère du Pleistocène et ça changera tout pour l’an 2000. (Attention, spoilers pour le tome 6). Dans les livres, Mago n’est pas mort. En fait, il sera un personnage récurrent dans Winds of Winter. C’est un des hommes les plus violents de la troupe d’un des Khal qui est parti après la mort de Drogo. C’est l’un des défis que nous allons devoir relever. Il y aura des divergences. Ils essaient d’être fidèles aux livres, et Dan et David font un travail fantastique. Mais les livres ont une intrigue si complexe que vous écrasez forcément un papillon dans la saison 1, et vous allez devoir assumer les conséquences dans la saison 4. Il y a aussi un autre personnage, Marillion (le chanteur) qui s’est fait arracher la langue dans la saison 1, ce qui n’arrive pas dans les romans. Joffrey prend cette décision, mais pour un barde inconnu. Marillion a un autre rôle. On devrait appeler ça l’Effet Langue plutôt que l’Effet Papillon.
Y a-t-il des choses qui vous ont manqué par rapport aux livres ?
J’aurais aimé que le tournoi soit beaucoup plus imposant. Au départ dans les premiers jets du script, ils avaient prévu une parade des chevaliers et une douzaine de joutes, qu’ils ont du couper pour des questions de budget. J’aurais aussi aimé que la foule assistant au tournoi soit beaucoup plus importante. Dans les livres, c’est un équivalent du Super Bowl, et ça attire les gens des Sept Royaumes.
Le fait que Sansa ne parle plus à Cersei des projets de son père – étiez-vous d’accord avec ce changement ?
Ça ne m’a pas gêné.
Les spectateurs de la série auraient pu ne jamais lui pardonner.
De nombreux lecteurs ne lui ont pas pardonné. Une autre scène qui a été coupée est celle de Catelyn qui dit à Jon Snow « Ça aurait du être toi » (après que Bran se retrouve handicapé).
En ce qui me concerne, à la voir dans la série, avec cette façon d’agir par rapport à Jon Snow… Le côté visuel a ajouté beaucoup à la cruauté de la situation, sans qu’il y ait besoin de cette phrase.
Oui, son visage suffit, mais c’est quelque chose qu’on ne peut pas avoir dans les livres. Je me suis débrouillé autrement.
Dans la série TV, le jeu d’un acteur vous a-t-il fait changer d’avis sur un personnage ?
Ils jouent très bien, mais ils ont surtout bien réussi à rendre les personnages tels que je les avais imaginés. La seule exception est Osha, jouée par Natalia Tena. Parce qu’elle est très différente du personnage du livre, mais je pense qu’elle est plus intéressante. Quand je ferai à nouveau apparaître Osha dans Winds of Winter, j’aurai Natalia en tête, et cela donnera peut-être un rôle plus intéressant au personnage.
L’une des principales inquiétudes a été de savoir comment réagir, si la série TV avance plus vite que les livres au rythme où vous les écrivez. Pendant un moment cela semblait prématuré, mais maintenant que la saison 1 a bien marché, la question prend tout son sens.
Il y a deux questions. Tout d’abord : combien de temps cela me prendra d’écrire le tome suivant. Est-ce que j’écrirai Winds of Winter d’une traite, ou bien aurai-je à nouveau les mêmes problèmes que pour Feast et Dance ? J’espère vraiment ne pas être dans le deuxième cas. L’autre question est : que fera HBO si nous produisons une troisième saison, et au-delà ? Storm of Sword est un livre énorme. J’espérais qu’ils nous donneraient 12 épisodes pour Clash. Alors je ne sais pas comment ils feront tout tenir en une saison. Mais c’est impensable de réaliser Storm en 10 ou même 12 épisodes. En fait, j’espère qu’ils en feront deux saisons. Aucune loi ne dit qu’une saison doit correspondre à un livre. Le seul risque sera si on tourne l’intégralité de Storm, et que Feast et Dance doivent être combinés. Là, il y aurait un risque qu’ils me rattrapent. Je pense que j’aurai terminé Winds of Winter d’ici là, mais ils pourraient me rattraper avant que j’aie fini le tome 7, A Dream of Spring.
Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez ajouter ?
J’aimerais qu’il y ait plus de fantasy à la télé. J’ai observé une certaine résistance, les forces en présences pensent souvent que ça ne marcherait pas. La plupart de ce qui se fait, c’est de l’action / aventure pour les enfants. J’ai aimé Xena la Guerrière, mais la fantasy peut être beaucoup plus que ça. J’adorerais voir une série basée sur les Neuf Princes d’Ambre de Roger Zelazny. Ce serait une super série HBO.

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