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Utopiales 2013 : Rencontre avec Arleston

Par Izareyael, le lundi 24 février 2014 à 13:00:00

Christophe ArlestonLors du dernier salon des Utopiales de Nantes, le 2 novembre dernier, nous avons eu l’occasion de rencontrer Christophe Arleston, scénariste bien connu de très nombreuses bandes dessinées, les plus célèbres étant sans aucun doute ses séries autour de Lanfeust dans le monde de Troy (Soleil). Il a également signé récemment, sous son vrai nom de Christophe Pelinq et en collaboration avec Melanÿn, Chimère(s) 1887 (Glénat). Il nous parle aujourd’hui de son travail, notamment des attentes que peut créer sa renommée, de ses projets et de ses lectures. Merci à lui pour cette rencontre exclusive !

Discuter (entre autres) de Lanfeust de Troy, de Trolls de Troy et des Forêts d'opale sur le forum

L'interview

Après toutes ces années de travail, comment arrivez-vous à encore créer de nouveaux univers ? Arrivez-vous encore à vous surprendre ?
La question se pose toujours pour un auteur au bout d'un certain nombre d'années, et c'est vrai qu'il y a certain moments où je me fais peur, où je me dis qu’il faudrait faire attention à ne pas se répéter. On ne s'en rend pas toujours compte soi-même, on ne le voit que chez les autres : on est capable d'avoir un œil critique sur le travail des autres, mais c'est toujours beaucoup plus difficile avec son propre travail. Donc, dans ce cas-là, on fait comme moi : je m’entoure de gens qui sont là pour me mettre un peu en garde et me dire Attention, ça, tu l'as déjà fait, ça, ce n’est pas assez nouveau, ça par contre c'est intéressant.
J'ai tellement d'idées, tellement d'univers, et tellement de choses en tête ! Je crois que je pourrais vivre jusqu'à deux mille ans et que j'aurais encore des choses à écrire, ce qui fait que non, je ne ressens pas, a priori, de difficulté à faire des choses nouvelles.
Le problème, par contre, ça va parfois être de faire accepter au public des séries là où il m'attend moins. Mes premiers gros succès ont été dans l'heroic fantasy, avec de l'humour la plupart du temps, donc je suis catalogué auteur d'heroic fantasy humoristique. Si je vais dans un autre domaine, là, c'est plus difficile de faire accepter ça au public qui se dit : Ah, mais qu'est ce qu'il fait ? Pourquoi va-t-il là ?. Voilà, j'ai ce problème – enfin, problème, c'est un bien grand mot – avec par exemple une série chez Glénat, complètement différente de ce que je fais d'habitude, Chimère(s). Je la signe d’ailleurs sous mon vrai nom, Christophe Pelinq, et pas Arleston, pour ne pas mélanger les genres. Avec cette série, ça a été beaucoup plus difficile, le succès n'a pas du tout été du même ordre que celui de l'heroic fantasy – alors que je ne cachais pas que j'en étais l'auteur et que je n'ai pas pris de pseudonyme mais juste mon vrai nom… J'ai pris mon vrai nom parce que l’on s'adressait à un lectorat plus adulte et que je ne voulais pas que des mômes qui ont l'habitude de rigoler en prenant un Trolls de Troy tombent sur Chimère(s) : c’est quand même une histoire assez tragique, celle d'une gamine dans un bordel au XIXème, traitée d'une façon très réaliste, et je voulais vraiment séparer les choses.
Avez-vous un genre préféré en imaginaire, ou est-ce que pour vous l'important est de raconter une histoire quel que soit le cadre ?
Il n'y a pas de genre que je préfère particulièrement aux autres. Quand je fais Léo Loden, un polar qui se passe à Marseille, depuis 20 ans – on en est au tome 23 maintenant – je m'amuse beaucoup. Quand je fais Lanfeust et le monde de Troy, évidemment, ce sont mes bonnes vieilles pantoufles, j'y suis chez moi et je découvre encore des coins et des recoins à chaque fois. La seule chose qui m'est difficile, c'est de ne pas faire d'humour. Deux séries pour lesquelles je ne fais pas d'humour : Chimère(s) donc, car le sujet ne s'y prête pas du tout, et en fantasy Les Forêts d'Opale avec Philippe Pellet, parce que son dessin ne s'y prête pas ; lui-même ne le sentait pas, et même si l'on peut avoir un petit sourire au détour d'une case, il n'y a pas de gros gags. C’est là, pour moi, l'exercice le plus difficile : ne pas tout tourner en dérision comme je le fais tout le temps.
Pourquoi et comment vous est venue l'idée de saupoudrer d'humour vos BD ?
Pourquoi et comment t'est venue l'idée de respirer ? Je ne peux pas faire autrement qu’ajouter de l'humour, car je pense que c'est tout simplement au départ une timidité naturelle qui fait qu'on est un ado qui s'enferme et qui va faire de la BD, plutôt qu'aller faire du foot comme les autres. Ensuite, derrière ce problème de timidité, il y a aussi une certaine pudeur. Finalement, l'humour, c'est cette façon de ne pas aller vers les vrais problèmes, de ne pas en parler, de divertir, d'attirer l'attention ailleurs… J'arrive aujourd'hui, à mon grand âge, à faire un peu la part des choses, à aller vers des choses plus profondes, mais je ne voulais pas les aborder avant car j'ai été élevé par des gens pudiques, et on ne se met pas à poil facilement quand on a tout un passif comme ça.
Le plus compliqué, c'est de faire une bonne histoire ou de faire des gags ?
Ah, c'est de faire une bonne histoire. Après, c'est une question de nature, je ne suis pas un très bon constructeur de scénario. Je ne suis pas un horloger du synopsis parfait, comme Jean Van-Hamme chez qui c'est toujours précis, calculé, où tout est parfaitement en place. J’improvise toujours énormément, j'avance un peu n'importe comment, puis je vois les fils qui dépassent et je me démerde pour essayer de les raccorder. Il y a quelques albums où l'on peut trouver quelques petits trucs qui ne sont pas raccord mais c'est mon choix et ma conception. Et mon plaisir surtout, car si je fais ce métier, c'est pour le plaisir – et comme il se trouve que c'est le plaisir des lecteurs, eh bien je continue aussi –, celui d'emmener tout ça à l’énergie, à l'humour, à la vanne qui vient toute seule. C’est même souvent le moteur des situations, c'est-à-dire qu’il m’arrive de partir d'une connerie pour vraiment développer une situation. Un exemple très simple : hier, dans l'avion, j'ai travaillé sur les Trolls, et là, j'ai écrit les trois premières pages du prochain Trolls juste pour amener un jeu de mots. Ils vont aller enlever une crémière en ville, se déguisent en buisson, vont dans la ville, vont dans la crèmerie et enlèvent la crémière. Puis on s'aperçoit que Profÿ, qui est toujours en train de construire des maisons, en a cette fois construit une qui tient, et il fallait donc la crémière car le soir c'était la pendaison de la crémière. Voilà ! Et j'ai trois pages juste pour cette énorme connerie qui n'a aucun intérêt en elle-même, mais ça me fait rire et c'est le bonheur.
Pouvez-vous nous parler de votre prochaine série, Code Odyxus ?
Le titre sera sans doute Odyxes. C'est une fausse uchronie, c'est-à-dire qu'on a un personnage contemporain qui se retrouve projeté dans l'Antiquité par Athéna – on comprendra après pourquoi – et se retrouve dans la peau d'un personnage qui commande une petite flotte de navires grecs. Il arrive juste après une tempête et une bataille, ils sont en train de rejoindre les côtes d'Égypte. Le concept de la série est que ce type va s’apercevoir assez rapidement qu'il est arrivé dans une Antiquité parallèle et peut donc se permettre de changer un peu les choses. C'est pour éviter d'être prisonnier du paradoxe temporel classique. Donc ça va être un peu MacGyver chez les Grecs, comment quelqu'un d'aujourd'hui, qui est en plus étudiant en médecine, avec ses connaissances d'aujourd'hui, va pouvoir survivre et inventer déjà des tas de choses – qui sont possibles avec la technologie de l'époque, sauf que personne n’y a jamais pensé à l'époque et qu'on peut les y amener aujourd'hui.
Odyxes est en fait le nom grec d'Ulysse, mais je ne veux pas faire trop clairement référence à Ulysse non plus, on ne va pas passer par Cyclope, Circé, etc., mais j'utilise le personnage quand même.
Y a-t-il pour vous une Arleston touch qui permet de reconnaître une de vos BD sans avoir lu votre nom sur la couverture ?
Je suis le plus mal placé pour le dire, je crois… Je ne sais pas, peut-être. Pour Chimère(s), énormément de lecteurs n'ont absolument pas fait le lien avec moi, même si auprès de la presse j'ai communiqué sur le fait que j'en étais l'auteur, que je ne me cachais pas du tout. Par contre j'ai écrit sous pseudonyme un autre bouquin qui est en total embargo et va sortir bientôt. Là, je ne dirai jamais que c'est moi qui l'ai écrit. Non pas parce que j'en ai honte, mais je veux tester. Au bout d'un moment, c'est une problématique d'égo de l'auteur, on se demande si ses bouquins marchent parce qu’il y a son nom dessus ou si on est encore capable de faire un bon truc et grosso modo de plaire au public, de faire un truc qui marche sous un autre nom sans que personne ne le sache. J'ai envie de faire ce test.
Où en est le projet d’adaptation de Trolls de Troy par Futurikon ?
La diffusion commence au mois de décembre (2013, NDLR) sur Canal+. C'est un projet dont Futurikon m'a permis de suivre le développement et le scénario. Le graphisme est assez simple, c’est de la 2D numérique, un graphisme qui n'a rien à voir avec celui de Jean-Louis Mourier et qui fonctionne bien pour des sitcoms de sept minutes. J'ai pu contrôler un peu et relire des scénarios. Je trouve parfois de petits défauts de réalisation, un petit manque de tempo, c'est un poil dommage. Mais bon, globalement je pense que ça va être plutôt sympa.
En même temps, M6 a commencé la diffusion de Lanfeust Quest, et là par contre j'ai été un peu fâché avec la production pendant un moment. Ils ne m'avaient pas dit au départ qu'ils faisaient du 4-8 ans, et j'ai été assez surpris, évidemment, de la façon complètement édulcorée dont tout a été représenté. Ce n’est pas vraiment le même public. Mais de toute façon, c'est Lanfeust Quest qu'on avait vendu, c'est-à-dire la version manga de Lanfeust, donc on savait d'entrée quel allait être le décalage, mais on pensait être plus sur 8-13 ans. Par contre, le réalisateur Antoine Charreyron est absolument formidable, il a fait un boulot exceptionnel – c’était déjà un très grand réalisateur de dessin animé télé et il avait fait un long métrage – et a donné une pêche et un rythme qui m'ont moi-même surpris. J'ai regardé ça avec un peu de méfiance parce que les scénarios ne me plaisaient pas. Et finalement, quand je le vois à l'image, je me dis qu'il a vraiment bien sauvé la baraque. Il a fait des épisodes qui fonctionnent auprès des mômes, où je les ai vus complètement scotchés, donc je suis plutôt satisfait, même si cela n'a plus rien à voir avec Lanfeust et que je ne le conseille pas à un amateur de Lanfeust en BD : ce n'est pas fait pour lui.
Par contre, je me dis que des gamins peuvent peut-être découvrir la série BD dans quelques années en se disant : Ah, mais il y a un rapport avec le dessin animé que je regardais quand j'étais plus petit !. Je voulais faire une campagne de communication au moment de la deuxième diffusion en affichant sur les albums Lanfeust, le vrai
Vous êtes aussi rédacteur en chef de Lanfeust Mag. Comment sont sélectionnées les BD qui y sont pré-publiées ?
Il y a deux types de BD publiés dans Lanfeust Mag.
D'une part, les albums pré-publiés. Là, on fait notre marché dans le catalogue Soleil, en prenant en compte beaucoup de contraintes : à quelles dates sortent les bouquins, est-ce que le dessinateur a bien avancé, est-ce que le coloriste a avancé. On a un planning en forme de Rubik's Cube en 3D à mettre en place, ce qui fait que parfois, pour certains bouquins qu'on aurait voulu passer, le bouquin est terminé mais on ne peut pas le pré-publier car le coloriste n'a pas commencé à bosser et va tout faire d'un coup le dernier mois avant la sortie de l’album en librairie, donc on n’a pas nos quatre à six mois pour faire la pré-publication. Il y a des moments de l'année où le journal est très, très riche parce qu’il y a beaucoup de bons bouquins qui vont sortir, et il y a des moments de l'année où les programmes éditoriaux sont plus pauvres et on passe des albums qu’on n’aurait pas passés à un autre moment. Maintenant qu'on a le catalogue Delcourt en plus, cela nous donne plus de latitude pour faire nos choix.
À côté de ça, il y a les gags en une page, les strips, où là c'est notre choix dont on est responsables à 100 % et c'est payé directement par le journal. On a donc une totale liberté et on se débrouille directement avec les auteurs.
Cela va justement faire deux ans maintenant que Delcourt a acquis les éditions Soleil, est-ce que cela a changé quelque chose pour vous d'avoir changé de patron ?
Évidemment, cela a changé le lien quotidien que j'avais avec Mourad (Boudjellal, fondateur et ex-PDG de Soleil, NDLR), qui était un ami depuis 20 ans. Professionnellement, non. Guy Delcourt est un professionnel très carré. Les choses suivent leurs cours normalement. Il a beaucoup structuré la maison. Mourad était un homme d'impulsion, d'instinct, de coup – ce qui parfois nous manque un petit peu, son petit grain de folie. Il était capable parfois d'être très productif, mais par contre c'était souvent le gros bordel avec Mourad, parce qu’il montait des coups mais n’était pas intéressé ensuite par le suivi des choses.
Guy Delcourt, c'est exactement l'inverse : c'est quelqu'un qui structure tout, qui solidifie petit à petit, tranquillement, toute la maison. Moi, d'un autre côté, j'ai une situation un peu privilégiée parce que je représente un poids économique dans la boîte qui fait que personne ne peut trop m'embêter… et puis, quelque part, je reste quand même très raisonnable par rapport aux éditeurs aussi, je sais très bien que je ne suis pas là pour faire n'importe quoi avec eux. Donc tout se passe très bien !
Quel est votre dernier coup de cœur, littéraire ou non ?
J'ai découvert toute une série de bouquins chez Picquier Poche sur de la fausse littérature asiatique, les Enquêtes du Mandarin Tân, qui m'amuse beaucoup. Je viens d'en dévorer trois d'affilée. Sinon, je sais que beaucoup de gens n'aiment pas, mais personnellement j'adore Amélie Nothomb, je viens de lire le dernier (La Nostalgie heureuse, NDLR), pas le meilleur mais charmant quand même. Et puis je suis de toute façon un gros lecteur, j'ai toujours trois romans ouverts en permanence. Actuellement, je traverse une période où tout ce qui est asiatique m'intéresse. Je lis beaucoup de choses autour de l'Asie, et ces Enquêtes du Mandarin Tân sont très sympa. C'est écrit par une Française d'origine vietnamienne, Thanh-Van Tran-Nhut (avec sa sœur Kim pour les trois premiers volumes, NDLR). Ce sont des petits polars qui se passent dans l'empire vietnamien au XVIIème siècle ; il y a toute une reconstitution historique et tout un humour derrière qui est vraiment très sympa.
De toute manière, je suis un boulimique à la fois d'information, de documentaire et de fiction. Finalement, aujourd'hui, la chose que je lis le moins, c'est la bande dessinée. J'en lis beaucoup moins qu'à une époque : je dois lire moins de dix albums par an parce que j'ai beaucoup de mal maintenant à en ouvrir un et à être pris comme un lecteur, j'ai trop tendance à ne voir que la technique et à disséquer l'album quand je commence à le lire. Par contre, quand je commence à rentrer dans un album comme un lecteur, c'est que le boulot a été vraiment bien fait et que le gars a réussi à me faire oublier mon professionnalisme.
Il y a une série qui y arrive très bien, c'est Freaks' Squeele, je suis fan et je plonge dedans comme un môme. Sinon, j'ai lu le dernier Astérix (Astérix chez les Pictes, NDLR), que je trouve très honnête et très bien fait. Pas parfait mais quand même un très beau boulot.
Il y a aussi Pratchett qui continue de me faire mourir de rire, car j'ai toujours été très sensible à l'humour anglais. Je suis un grand fan de la série des Jeeves de Wodehouse des années 30 et quand on lit Pratchett, c'est très proche, on est toujours dans cet humour british toujours décalé. Beaucoup de non-dits, beaucoup de non-sens aussi mais très structuré en même temps.
J'ai été formé à la SF et la fantasy par Jack Vance et Silverberg. Je viens de lire les deux premiers volumes d'une anthologie en hommage à Jack Vance et à la Terre Mourante, avec quand même G.R.R. Martin, Neil Gaiman, Tad Williams, Silverberg... (Les Chansons de la Terre Mourante, publié en français chez Actusf en trois volumes dont Elbakin.net est partenaire, NDLR). J'ai trouvé cela vraiment très réussi. Jack Vance fait partie de mes éléments fondateurs.
J'achète souvent des bouquins de fantasy sur la quatrième de couverture, et je laisse tomber au bout de la page 20 car il y a énormément de redites. Il y a peu de choses qui me surprennent, où vraiment je me laisse embarquer dans des univers nouveaux. Je trouve qu'il y a – là, je vais faire le méchant – beaucoup de choses sans grande imagination qui sont publiées. Il peut y avoir des qualités narratives, mais on ne renouvelle pas les univers, on ne renouvelle pas les genres. Au bout d'un moment, j'ai vraiment l'impression qu'on tourne en rond. Donc quand on trouve quelqu'un d'un peu différent qui amène un ton nouveau, là ça fait vraiment plaisir.
Par exemple, je viens de commencer Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel et je trouve ça très bien. On a un mélange historico-fantastique fantasy avec en même temps du cape et d'épée traditionnel et des dragons au milieu, et j'aime bien ce mélange. Même si en soi ce n'est pas nouveau non plus, ça fonctionne bien, c'est très agréablement écrit, on sent un fond historique solide et c'est très plaisant à lire.
Avec les lectures que vous avez citées, peut-on alors s'attendre à voir une possible influence asiatique prochainement dans votre œuvre ?
Peut-être un jour, mais les influences ne viennent jamais directement. Ce sont des choses qu'on accumule au fil des années, et puis un jour un petit bout ressort par ici, un petit bout ressort par là. On ne s'en rend pas forcément compte au moment où on le fait, tout ça arrive dans un grand bouillon où tout se mélange et les idées marinent pendant des années. Et elles ressortent après.
Merci beaucoup pour vos réponses, Christophe Arleston !

Propos recueillis et mis en forme par Zaebas et Izareyael


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