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Le Souper des maléfices

ISBN : 979-109507200-3
Catégorie : Aucune
Auteur : Christophe Arleston

Zéphyrelle se voit confier sa première mission par le dynarque de Slarance : démasquer les trafics d’un duc-marchand qui empoisonne lentement la cité. Une dangereuse enquête qui la conduit du monde haut en couleurs des quais et des tavernes à matelots jusqu’aux plus feutrés des cabinets du pouvoir. Mais l’intervention inattendue d’un cuisinier amoureux et de son grimoire de recettes magiques va compliquer l’affaire…

Critique

Par Saffron, le 21/07/2015

Christophe Arleston n’est pas exactement un nouveau venu dans le paysage fantasy français. Ce serait même plutôt un poids lourd du genre, comme l’atteste le nombre incroyable de dérivés de Lanfeust pour lesquels il officie en tant que scénariste. Et d’auteur de BD à romancier, il n’y a qu’un pas… qu’il n’est manifestement pas si aisé de franchir.
Publié chez Bad Wolf, le label de « la fantasy méchante et indépendante », ce Souper des maléfices se rapproche davantage du gloubi-boulga que de la haute gastronomie. Le scénario part pourtant sur des prémisses intrigantes : un blé de très mauvaise qualité, dont on tire une bière et un pain quasi-immangeables mais addictifs, inonde la cité libre de Slarance. Tous ses agents chevronnés ayant été décimés par un assassin, le dynarque Ib Morkedaï demande à Zéphyrelle, un agent qui compense son manque d’expérience par son enthousiasme, d’enquêter sur l’affaire. L’idée est intéressante, mais aussi totalement sous-exploitée.
Ainsi, à la moitié du roman, l’histoire du blé est mise de côté pour se concentrer sur le cuisinier Fanalpe et son coup de foudre pour une jeune femme tout juste croisée dans la rue, avant que l’affaire ne soit bouclée en un tournemain dans les dernières pages. Là où le lecteur aurait légitimement pu s’attendre à une critique fantasy et un peu humoristique de la malbouffe et des OGM, il se retrouve avec un roman à l’eau de rose dont les descriptions versent plus souvent qu’à leur tour dans le caricatural.
Et la forme ne vient malheureusement pas rattraper le fond : le niveau de langage très ampoulé des dialogues contraste bizarrement avec une narration sans éclat. Quant au principe bien connu du « show don’t tell », il est jeté aux orties dès les premières pages, avec une biographie exhaustive de pas moins de deux personnages…
À ce sujet, il faut d’ailleurs souligner que le casting réunit de (trop) nombreux clichés de la fantasy, comme l’héroïne adepte du déguisement, le vieux guerrier qui la chaperonne ou l’aristocrate régnant d’une main ferme mais juste sur la ville, pour ne citer qu’eux.
Il est compliqué de décider si le roman est à prendre au premier degré ou s’il faut y voir un pastiche fantasy à la sauce Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant. Difficile en effet de prendre au sérieux des personnages aux noms aussi loufoques que Ploutre de Ferluche ou le duc Plucharmoy. Quant aux différents quiproquos qui émaillent l’histoire (notamment sur l’identité de Fanalpe), s’ils se veulent amusants, ils font surtout passer Zéphyrelle, pourtant agent du renseignement, pour une amatrice qui saute immédiatement à des conclusions hâtives.
La richesse d’un plat ne se mesure pas au nombre d’ingrédients jetés dedans : l’art de les accommoder et de marier les saveurs pour qu’aucune ne prenne le pas sur l’autre est tout aussi important. C’est clairement ce qui fait défaut ici et qui donne à ce Souper des maléfices un goût de bâclé et d’inachevé.

5.0/10

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