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Les Déchus

Tome 1 du cycle : Nephilim
ISBN : 978-235408137-9
Catégorie : Aucune
Auteur : Fabien Clavel

Ils sont sept Nephilim à arpenter la Terre depuis l’aube de l’humanité, formant la fraternité de l’Hepta. Immortels, ils sont liés aux cinq éléments : l’eau, l’air, la terre, le feu et la lune. Déchus, ils recherchent leur savoir perdu et poursuivent une quête mythique, l’Agartha.
Traqués, ils fuient ceux qui veulent les détruire, les Rose-Croix.

Critique

Par Atanaheim, le 01/08/2012

En ce moment, les intégrales ont le vent en poupe. Aujourd’hui c’est Nephilim, le cycle de Fabien Clavel qui a droit à sa version révisée. Les quatre romans ont été retravaillés, des addenda ont été réalisés pour donner deux “nouveaux” tomes.
Le premier, intitulé Les Déchus, est d’abord très réussi esthétiquement. Encore une fois, Alain Brion a livré une illustration soignée et très agréable à l’œil, dans la veine de ses dernières productions. Le vernis sélectif qui orne les symboles ésotériques et leur donne cet aspect “filigrane” s’avère du plus bel effet. Le contenu n’est pas en reste. Sont réunis ici deux romans et un interlude (assimilable à une nouvelle). On y découvre les aventures d’êtres immortels dans les années 90-2000 de notre monde.
Le premier récit, Syndrome Eurydice, est le plus réussi. Cette histoire d’urban fantasy n’est pas très compliquée ni très originale : des créatures magiques vivent discrètement parmi nous et des organisations secrètes les poursuivent et / ou les exploitent. En revanche, l’ambiance créée par l’auteur est extrêmement immersive. Le roman se concentre essentiellement sur les angoisses (au sens psychiatrique du terme) du personnage de Jennifer. Sa mélancolie, sa détresse, ses peurs, prennent corps, on les ressent, elles nous perturbent. Cela rend le livre un peu plus sombre et crée un lien fort entre le lecteur et l’héroïne. On s’y attache facilement.
En plus de cette capacité à créer une atmosphère saisissante, Clavel possède une faculté plutôt frappante de nous transmettre son admiration pour son décor. Ici, il s’agit de la ville de Paris. L’exploitation de cet environnement au bénéfice de son intrigue est remarquable. Découvrir comment le romancier détourne des lieux devenus banals à force d’être parcourus et leur donne une signification nouvelle est très agréable, souvent surprenant.
D’ailleurs la (re)découverte d’une ville célèbre et magnifique, Budapest en l’occurrence, ainsi que le suspense, constituent aussi les atouts majeurs du deuxième roman, Anonymous. Malheureusement, les protagonistes que l’on découvre sont moins réussis que la jeune étudiante du premier opus, car notamment un peu plus convenus. Clavel a bien tenté une utilisation intéressante du thème de la métamorphose sur le personnage d’Azrian et a lancé la machine bien huilée des motifs de l’acceptation. L’acceptation de soi, mais aussi le regard des autres (proche de l’idée de pardon) lorsque l’on a subi “un traumatisme” qui nous transforme à tout jamais. Mais justement, le tout tourne trop facilement. Il y avait peut-être matière à mieux exploiter les conditions des personnages. Tout était là : un personnage devenu paraplégique à la suite d’un accident de la route, des victimes ayant subi toutes sortes d’insanités. Sans tomber dans le clairement obscène, il était possible de comparer la situation d’Azrian avec celles de ces seconds rôles. L’auteur y a sûrement pensé, mais a seulement esquissé ces relations dans son histoire. C’est d’autant plus dommage que quand il veut clairement rendre des rapprochements explicites, cela est vraiment très réussi, comme par exemple lorsqu’il utilise d’autres œuvres au sein de la sienne. Les incursions de la Bible et, surtout, du Château de Barbe Bleue sont vraiment bien senties. Si les liens entre les situations des personnages avaient été aussi poussés, le roman aurait pu atteindre des sommets. En l’état, on se contente d’un bon récit oscillant entre suspens et thriller / terreur, entre Histoire et ésotérisme bénéficiant d’un rythme solide et d’une écriture très efficace.
L’interlude, très bref, est essentiellement fondé sur une fuite en avant. Il permet néanmoins d’éclaircir quelque peu un des mystères entourant la fin du Syndrome Eurydice, même si l’explication fournie n’est pas bouleversante. On peut tout juste la qualifier de convaincante. La nouvelle n’est pourtant pas dénuée d’intérêt. Elle permet de retrouver un personnage fort sympathique dans une situation compliquée et de suivre sa résolution menée tambour battant. C’est aussi l’occasion d’introduire ce qui sera une des prochaines destinations de nos immortels préférés : Londres. La capitale anglaise servira en effet de décor au quatrième et dernier roman du cycle.
Au rayon des qualités de cette intégrale, outre l’efficacité de l’écriture et la sensation plaisante qui découle du rythme bien dosé, soulignons la belle “mise en scène” et l’effet presque cinématographique que l’auteur parvient à mettre en place. Le style de Clavel est très “visuel”. Notons aussi que l’humour occupe une place non négligeable dans cette première intégrale : dans un roman, on a surtout du comique de situation tandis que dans l’autre le recours au cynisme et à l’humour noir domine. Pour conclure, ne perdons pas de vue que l’on a ici de la vraie “urban fantasy”. Celle qui met la ville au centre de l’histoire, qui ne se contente pas de mettre une date contemporaine sur le récit tout en saupoudrant de deux-trois gratte-ciels pour faire plus “impressionnant”.

7.0/10

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