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Le Châtiment des flèches

ISBN : 978-275640298-7
Catégorie : Aucune
Auteur : Fabien Clavel

Ouvrage nominé au prix Elbakin.net 2011.

En l’an mil, la Hongrie est le théâtre d’une lutte historique qui oppose les anciennes tribus féodales au roi Istvân. Celui-ci entend, avec l’appui du Vatican, unir son pays sous une seule et même bannière, et convertir ses sujets à la nouvelle religion. Mais la puszta, la lande qui couvre la quasi-totalité du territoire, appartient aux esprits des croyances ancestrales et aux chamanes dont les pouvoirs semblent infinis…

Critique

Par John Doe, le 03/05/2011

Comme l’explique Fabien Clavel dans la postface du livre, Le Châtiment des flèches est né du désir de son auteur de raconter l’histoire du roi hongrois Istvan, qui régna au début du XIième siècle.
Le récit frappe d’emblée par l’originalité de son cadre : peu d’auteurs ont exploré les possibilités offertes par les mythes et légendes de l’Europe Centrale (récits de vampirisme mis à part).
D’une certaine manière Fabien Clavel nous raconte rien de moins que la naissance d’une Nation. N’allez pas croire pour autant qu’il ne s’agit que d’une histoire revisitée : c’est bel et bien d’un roman de fantasy historique dont il est question ici.
L’élément fantasy en question (la magie chamanique des magyars) est très loin de n’être qu’un artifice scénaristique. Au contraire, il va paradoxalement renforcer l’immersion du lecteur dans l’univers dépeint, à la fois par le recours à des termes hongrois (Boszorkany, Taltos, Turul…) et par l’usage qui en est fait.
Car la magie sert le propos du livre : tout comme dans Les Dames du lac de M.Z. Bradley, le lecteur assiste au conflit entre christianisme et paganisme. Le livre s’ouvre en effet sur la lutte pour le pouvoir entre Istvan, tenant de la nouvelle foi, et Koppany, défenseur des pratiques ancestrales. Tout au long du récit, Fabien Clavel ne se départira d’ailleurs pas d’une certaine distance sur la question religieuse, refusant de donner entièrement raison à l’un ou l’autre camp.
Ses personnages n’oublient jamais qu’ils ne sont au fond que des hommes qui, d’Istvan à Koppany, de Duna la chamane à Farkas le solitaire en passant par Gisela, chacun à leur manière, tentent de construire un avenir durable pour leur pays. Fabien Clavel réussit, en seulement 350 pages, à nous brosser un portrait crédible de ces cinq personnages principaux et de la galerie de personnages secondaires qui les entourent.
Mais en dépit des souhaits de chacun, c’est dans la violence, les intrigues, le sang et la vengeance que se construira cette société nouvelle. Vaut-elle mieux que celle qui l’a précédée ? Fabien Clavel se garde bien de la juger. Il est inutile de se demander si elle est juste ou pas : elle est, tout simplement.
Au fond il n’y a pas vraiment de vainqueurs : car les rêves des hommes prennent tous fin à un moment ou à un autre, impitoyablement dissipés par l’avancée de l’Histoire. La lutte pour le pouvoir est âpre et désenchantée : derrière l’héroïsme triomphant rôde la tragédie.
Construit en trois périodes distinctes (la jeunesse d’Istvan, son avènement, la fin du règne), Le Châtiment des flèches est soutenu tout du long par un souffle épique indéniable. Tout n’est certes pas parfait : la fin de la deuxième partie est si intense que la troisième partie, plus brève, peine à redémarrer avant de déboucher néanmoins sur une conclusion très satisfaisante.
Les constructions humaines ont beau être par nature éphémères, le roman de Fabien Clavel est une œuvre solide qui est construite, souhaitons-le, pour durer le plus longtemps possible !

7.5/10

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