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Entretien avec Guy Gavriel Kay

Par Thys, le mercredi 17 janvier 2007 à 13:25:55

Nous en parlions encore il y a moins de 10 jours, Guy Gavriel Kay sort actuellement un nouveau roman, du moins chez nos camarades anglo-saxons.
Pour la VF, il va falloir comme d'habitude patienter quelques mois, évidemment. Alors en attendant, nous vous proposons ci-dessous la traduction d'une nouvelle interview de l'auteur, en ce début d'année.
Bonne lecture !

Entretien avec Guy Gavriel Kay

Je voudrais commencer par parler de vos premiers travaux, en commençant par les 3 livres de La Tapisserie de Fionavar, L'arbre de l'été, Le feu vagabond et La voie obscure. Il a y quelques influences culturelles évidentes dans ces livres, celtique, mauresque, et même natif américain, mais qu'est-ce qui vous a possédé ou, pour dire ça plus poliment qu'est-ce qui vous a inspiré pour vous lancer dans une entreprise de cette envergure ? Est-ce que ça vous est simplement venu à l'esprit un jour : « Tiens, ça m'a l'air d'une bonne idée, je crois que je vais essayer ? » Ou y a-t-il plus que cela ?

En fait, j'étais assez intimidé et anxieux par l'échelle de ce que je voulais faire. Il est plus difficile aujourd'hui, quand les séries en plusieurs volumes sont devenues quelque chose de « normal », de revenir à une époque où le fait qu'un jeune écrivain insiste pour avoir un contrat de 3 livres était... extrêmement présomptueux.

Mais même à cette époque, j'avais conscience du fait qu'une grande partie du marché (les écrivains et les lecteurs) avait réduit Tolkien et la « high fantasy » à quelques dénominateurs communs médiocres. Donjons et Dragons a joué un rôle là-dedans, de même que l'émergence d'une viabilité commerciale du genre. C'est pire aujourd'hui, mais le rapport de l'offre et de la demande était déjà méchamment biaisé. Je voulais consciencieusement utiliser les éléments du genre tels qu'ils étaient définis à l'époque, mais en tentant de conserver une certaine complexité dans les motivations des personnages et dans les thèmes. Je voulais « jouer » avec ce qu'implique un monde nouveau, mythique, aller vers Freud et Jung, ensemble, si je voulais dresser une toile aussi vaste que ce que j'ai fait en terme de mythe et de légende (comme vous l'avez noté dans la question). Je voulais laisser la sexualité et les motivations peu héroïques jouer leur rôle. Et donner plus d'envergure aux femmes que c'était généralement le cas. Ma métaphore centrale était celle de l'opéra, en fait.

Pourquoi passer à une fantasy plus historique dans les 3 romans suivants ? Tigane s'inspire de la Renaissance italienne, alors que Les lions d'Al-Rassan parle de la Reconquista espagnole, et Une chanson pour Arbonne des troubadours et de la croisade Albigeoise dans le sud de la France. Est-ce que ce sont ces périodes de l'histoire qui vous fascinent, ou est-ce que ce sont les sujets qu'elles proposent ?

J'ai toujours eu un peu peur de me répéter. Fionavar a rencontré le succès et il y avait quelques pressions pour que je continue dans ce sens. Mon leitmotiv à l'époque était que je ne croyais dans les séries à 4 volumes. Nous vivions en Toscane quand j'ai commencé à faire des recherches et à penser à Tigane, c'était l'année de la chute du mur de Berlin- qui m'a amené à une série de réflexions sur les « outils » de la tyrannie. Ca a fait le raccord avec une idée que j'avais depuis un moment, sur le fait que la fantasy était limitée (dans le monde anglophone) sur ce qu'on avait le « droit » de faire ou non. Tigane a émergé autour de la métaphore de la magie comme une manière d'effacer la mémoire d'un peuple ou d'une culture. J'étais anxieux à nouveau, étant conscient qu'il n'est pas prudent de s'éloigner si vite à la fois de ce que j'avais fait auparavant et de ce qu'étaient devenues les attentes du genre.

Mais Tigane a très bien réussi, partout dans le monde, et cela m'a conforté dans le fait de continuer à utiliser le fantastique pour examiner différentes périodes du passé, différents thèmes et styles venant de ces périodes. Certaines étaient de plus des périodes par lesquelles j'étais intéressé depuis longtemps, d'autres ont été des découvertes, des révélations.

De ces trois livres, Tigane est le seul dans lequel la magie soit ouvertement utilisée, alors qu'elle n'existe pas dans les deux autres, si ce n'est le don de voyance des prêtresses dans Une chanson pour Arbonne. Etait-ce un choix conscient contre l'usage de la magie, ou simplement parce que l'histoire ne le nécessitait pas ?

C'était parce que l'histoire ne le nécessitait pas. Certains lecteurs et littéraires ont commencé à voir dans mon travail une minimisation consciente du fantastique. Il n'en a jamais été ainsi, pour moi. Je traite la magie et le surnaturel comme des éléments de l'histoire, et l'importance de ces éléments est déterminée par les besoins de cette histoire. Le dernier rayon du soleil, par exemple, qui suit ces trois livres, contient bien plus d'éléments surnaturels (de même que Ysabel) parce que le cadre et la narration que je mets en place le demandent.

La mosaïque de Sarance vous voit aller jusqu'au Moyen-Orient et revenir au temps des empires Romains d'Orient et d'Occident, de Byzance. Qu'est-ce qui vous attire dans cette époque ?

Des histoires marrantes, et vraies (réellement, pas simplement « vraisemblables » !). Je ne sais jamais ce que va être mon prochain livre lorsque j'en fini un. Les lions d'Al-Rassan venait juste de sortir et j'avais reçu un paquet de critiques internationales de mes éditeurs. Les trois premières que j'ai lues faisaient référence à mon « scénario byzantin », ou mes « intrigues byzantines » ou encore à mes « personnages byzantins » ça m'a fait rire et je me suis fait une « note pour moi-même » comme quoi il était temps d'en apprendre plus à propos de Byzance. Je suis allé sur Internet, j'ai commandé une douzaine de livres et les ai lus à mesure qu'ils arrivaient. J'ai tout de suite été accroché. Par quoi ? L'interaction entre les artistes et le pouvoir. Les tensions et les transitions religieuses. L'Est contre l'Ouest. L'urbain contre le rural, le rôle des murs (au sens propre comme au figuré), des forêts et des champs, comment est-ce que leur signification avait changé selon les lieux et les époques ? La manière dont les femmes, historiquement, avaient eu besoin d'intervenir pour modeler leur monde. L'idée de permanence et de transition dans l'art. Le pouvoir qu'avaient les historiens/écrivains d'influencer la compréhension future des dirigeants d'une époque donnée. La manière dont les « dettes » des puissants pouvaient paraître insignifiantes à ceux qui jouaient leurs vies, en comparaison de leurs propres calamités et joies. Les courses de chars. Les dauphins. Yeats.

Une plus longue réponse que ce que vous attendiez, probablement.

Dans les trois premiers livres, il y a une religion dominante, mais dans La mosaïque de Sarance vos personnages, bien qu'affirmant leur foi en « Jad », sont également très conscients de l'existence d'autres pouvoirs quelle que soit la force avec laquelle l'église tente de les nier. Les oiseaux de bois avec leurs âmes captives, ou le dieu de bois Bison, sont-ils basés sur des croyances tribales actuelles ou dieux historiques, ou les utilisez-vous pour l'intérêt de l'analogie ? Pourquoi est-ce important de les inclure - exactitude historique sur les croyances des gens ou volonté d'exprimer clairement l'idée que d'autres forces existent en dehors de ce en quoi on est supposé croire ?

Les oiseaux sont un hommage à Yeats, en fait. La figure du bison est issue de la lecture du merveilleux Landscape and memory de Simon Schama. Il m'a paru que le peu que les gens (moi inclus !) savaient, ou pensaient savoir, sur l'histoire de Byzance comprenait un fort élément mythique ou spirituel (ainsi que la violence, les mères Impératrices privant leurs fils de la vue, etc). Il me paraît certain que les rituels païens de fertilité viennent de lectures et non d'une invention massive - mais il est également certain que chaque auteur est responsable de l'utilisation qu'il ou elle fait de ces choses. Je voulais créer une tension entre ce qu'on nous apprend, ce que l'on nous dit de penser, et les vérités intuitives, instinctives - et comment l'art peut parfois émerger de cette tension, ou de grandes souffrances. Je porte même ça plus loin dans le livre suivant Le dernier rayon du soleil.

L'une des choses que j'aime particulièrement dans votre travail est l'opulence de votre langage. Cela confère une splendeur aux événements, mais ça semble aussi élever tout au-dessus du mondain. Même à l'époque contemporaine vous avez une manière de faire que les mots soient splendides. Est-ce que ce style vous a été inspiré par quelqu'un en particulier, et est-ce même quelque chose que vous êtes conscient de faire ?

C'est une question piège. Ce n'est certainement pas une tentative linguistique pour copier qui que ce soit. Dans La tapisserie de Fionavar j'ai fait les choses (comme je l'ai dit plus haut) en terme de rythme, l'histoire s'élève et évolue selon les arias majeurs, les duos - et j'ai utilisé le mythe, les cadences bibliques pour essayer de réussir cela (en l'absence, évidemment, de la musique !) dans de telles scènes. Le langage des livres suivants a varié alors que j'essayais de m'adapter au cadre. Le langage du Dernier rayon du soleil par exemple est plus dur, moins lyrique que dans les précédents livres (et certains critiques et littéraires en ont d'ailleurs parlé).

C'était une manière assez peu subtile de vous amener à parler de votre dernière sortie Ysabel qui vient juste de paraître au Canada et sera publié aux Etats-Unis en février, c'est bien ça ?

Alors que j'écris, le livre est déjà en vente au Canada et sera sorti aux USA début février, et en Angleterre d'ici mars. Il y a déjà pas mal de critiques en ligne, par rapport aux premières copies de lecture - le marché du livre a beaucoup changé de ce point de vue, influencé par Internet, il se dirige vers un modèle semblable à celui du marché du film, avec des teasers, des trailers, des rumeurs qui courent sur des mois et des mois avant la sortie.

Ysabel est votre premier livre entièrement situé dans le monde contemporain, et son personnage - Ned - est âgé de 15 ans. Pourquoi ces deux premières, et est-ce une coïncidence que votre première intrigue contemporaine figure un héros adolescent ?

Vous pouvez déduire la réponse de ce que j'ai dit plus haut : je continue de me tester en tant qu'écrivain, essayer des choses différentes, voir ce qu'il en ressort. Une des raisons d'avoir un jeune personnage est que lorsque j'écrivais Le dernier rayon du soleil j'étais conscient de travailler avec des figures centrales très jeunes et d'autres bien plus vieilles, et mes lectures historiques m'ont montré que ces très jeunes gens pouvaient jouer des rôles majeurs dans la société. Dans la notre, nous gardons les ados (et les jeunes d'une vingtaine d'années aussi) remarquablement jeunes, immatures. Je voulais un dialogue interne à ce sujet dans le livre. J'ai toujours aimé les romans du passage vers l'âge adulte, et j'ai été contrarié (quelques peu) par le sentiment montant qu'un tel livre est idiot - ce n'est simplement pas le cas, depuis Goethe jusqu'à Dickens, de Twain à Qu'elle était verte ma vallée !.

Les lecteurs fidèles et attentifs auront noté que c'est la première fois que j'ai été capable d'écrire « à propos » de l'histoire, plutôt que dans une période historique. Et cela m'a frappé - je n'y avais jamais pensé avant en ces termes - parce que c'est au centre ce qu'essaye de faire Ysabel. Un cadre contemporain me permet de commenter et d'explorer les motifs du passé d'une manière différente, et un jeune protagoniste offre au lecteur une « fenêtre » pour grandir dans ce livre.

Je trouve que vous avez fait du très bon travail en entrant dans la tête d'un adolescent. Certains pourraient se plaindre qu'il soit un peu sophistiqué mais j'ai regardé ces parents, et les ados en général de nos jours, votre style en général et, comme vous le faites remarquer à l'un de vos personnages, quand est-ce que 15 ans est devenu jeune ? Il y avait des chefs de guerre âgés de 15 ans (peut-être est-ce juste parce que nous vivons si longtemps que nous avons fait des adolescents quelque chose de moins responsable que ce dont ils sont capables), c'était approprié. Avez-vous dû adapter votre manière d'appréhender le monde en travaillant sur ce personnage pour lui donner de l'authenticité, et si oui, comment ?

Nous sommes tous deux arrivés à la même conclusion visiblement. Je suis heureux des premiers échos concernant le point de vue de Ned, et je suis assez ferme à un autre propos : de la même manière qu'un adulte joue avec une large gamme de maturité, colère, patience, curiosité, il est évident que ceux qui s'acheminent vers l'âge adulte font de même. On m'a souvent accusé de faire des personnages trop intelligents ou perceptifs - mais pour être honnête, en tant que lecteur cela m'ennuie de me sentir trop en avance sur les personnages, plus rapide.

La Provence semble vous attirer particulièrement, tout d'abord Une chanson pour Arbonne et maintenant Ysabel. Qu'est-ce qui vous attire ainsi ?

Qu'est-ce qui pourrait ne pas le faire ? Plus sérieusement (bien que ce soit tout de même sérieux) c'est une partie du monde tellement riche, et pour quelqu'un qui s'intéresse à l'histoire, c'est un carrefour des cultures (à cause de sa beauté en fait, qui est le thème d'Ysabel). Cela me déprime vraiment de voir l'état de la France de nos jours, mais je suis aussi profondément ému par ce que je vois quand je suis là-bas. Il y a des années, je me rappelle avoir demandé à notre hôte français où sa femme et lui allaient pour leurs vacances de printemps. Il m'a regardé, surpris, et m'a répondu « Je suis en Provence, le printemps arrive, pourquoi irai-je ailleurs ? »

Dans l'histoire d'Ysabel l'un des personnages parle d'un marchand grec de l'ancien temps qui avait été pris pour mari par une princesse Celte. Est-ce inspiré d'une histoire réelle ou est-ce une invention totale ?

Je fais toujours très attention aux spoilers, et vous savez que j'ai écarté quelques questions de cet entretien pour les éviter, mais je pense que celle-ci ne porte pas à conséquence. Je ne l'ai pas inventé, j'ai été inspiré par le mythe fondateur de Marseille (Massilia) de l'époque grecque, qui parle de cette légende. J'ai même vu sur un marché d'antiquités, une gravure sur bois du XIXème siècle qui représente les personnages (j'aurai vraiment dû l'acheter !).

J'ai parlé avec quelques autres auteurs de ce que l'on essaie de faire en écrivant et de nos attentes en tant que lecteurs, et j'en suis arrivé au fait que je trouve très intéressant d'infuser la réalité avec la magie. Ashok Banker, qui a récemment adapté le Ramayana et s'applique à faire de même avec tous les grands mythes Indiens, dit grosso-modo qu'il essaye d'imprégner le mythe avec la réalité. Comment décririez-vous votre approche dans ce cadre, surtout en ce qui concerne Ysabel ?

Je suis personnellement plus impliqué à regarder comment le passé nous touche encore (qu'il soit personnel, culturel, ou à grande échelle). Les mythes et légendes, les transitions religieuses, le folklore et la propagande - tout cela joue un rôle. Nous vivons dans une ère a-historique avec une connaissance bien trop faible du passé, même proche, des erreurs commises, des vérités apprises et oubliées. Nous avons une sorte d'arrogance sur le présent (le revers de la médaille d'une attitude d'auto flagellation occidentale qui découle d'un manque de conscience historique). Je pense que la fantasy est un outil superlatif, si on l'utilise correctement, pour induire les lecteurs à délaisser les préjudices d'une période donnée (et la peur qu'elle leur inspire), et à voir cette histoire dans un cadre fantasy analogue à une époque donnée comme étant plus, et non moins, connectée à eux-même - de la même manière que lorsque l'on lit dans un conte de fée que « la fille unique d'un pêcheur descend sur la rive - » on se sent tous liés à cette fille unique (ou au troisième fils du bûcheron !). C'était (et c'est) le but des contes populaires - effacer la distance entre les lecteurs et l'histoire.

J'ai fait très attention à ne pas coller d'étiquette à votre travail, fantasy, fiction historique, ou autre, et ce n'est pas de la flatterie, mais je pense qu'il serait injuste de limiter ainsi votre travail. Je sais que vos livres sont souvent catégorisés comme fantasy, mais cela semble être le cas de tous les auteurs qui sortent des cases ces temps-ci. Etes-vous à l'aise avec cette étiquette - en avez-vous une que vous utilisez personnellement ?

Lorsque j'étais à l'université, bien avant d'être romancier, je détestais les catégorisations à outrance. Mon premier papier à avoir remporté un prix était sur « La classification de Troïlus et Cressida » de Shakespeare - Je l'ai parfois trouvé classé dans ses comédies, d'autres fois dans ses tragédies et j'ai été vraiment surpris par la virulence avec laquelle les littéraires s'interpellaient à propos de l'une ou l'autre des étiquettes (Je sais, je sais - les féroces batailles littéraires, être surpris par cela - quelle naïveté !). J'ai écrit un papier pour mettre de l'huile sur le feu, en argumentant que ce qui comptait c'était la qualité, l'intention, le succès, ou autre&... pas la classification.

C'est probablement une ironie colossale (ou alors une extériorisation à la Don Quichotte de mon dégoût de ces étiquettes) parce qu'il semble que je suis face aux mêmes problématiques depuis des années. Nous sommes une espèce catégorisante, je suppose. Nous trouvons ce qui nous plait, et nous en voulons plus, alors nous regardons les étiquettes pour trouver ce qu'est ce « plus ». Il n'y a rien de très mauvais là-dedans, en fait. Mon ami, le romancier Charles de Lint, évoquait un moment son souhait que les libraires classent tout alphabétiquement - mais que se passe-t-il alors si vous ne savez pas ce que vous venez acheter en entrant ? Que se passe-t-il si vous aimez les mystères, les fictions historiques, ou la science-fiction ? Il y a vraiment beaucoup de livres ! Certains suggèrent que nous trouvions un moyen (et les magasins online ont poussé cela plus loin) de guider les lecteurs vers là où ils trouveraient leur bonheur. Cela tend à nous réduire, à réduire la prise de risques dans l'art et - pour revenir à la question - cela pourrait créer des problèmes à ceux d'entre nous qui floutent ou érodent les frontières et les catégories. Moi ? Je dis que j'écris des romans.

Dernière question, j'ai lu que les droits des Lions d'Al-Rassan et du Dernier rayon du soleil ont été acheté par de studios. Est-ce que ce sont vos deux premiers choix pour passer au format film ?

On m'a posé beaucoup de questions sur ces projets mais jamais celle-là ! Quel est le livre que j'aurai choisi en premier ? J'ai toujours pensé que La tapisserie de Fionavar et La mosaïque de Sarance étaient trop vastes pour commencer avec Hollywood. Tigane irait peut-être mieux dans un format séries, étant aussi très long. Donc, les deux en développement sont probablement des choix logiques. Je peux voir Une chanson pour Arbonne adapté par une réalisatrice de caractère parce que le sujet de fond traite de la manière dont la culture des troubadours représente un tournant de la culture occidentale sur le statut des femmes - et il y a des rôles superbes pour une demi-douzaine d'actrices de 17-18 ans jusqu'à 60 ou 70 ans.

Pour en revenir aux projets en cours. Les Lions d'Al-Rassan sont développés par Cathy Schulman (Crash) et Lorenzo di Bonaventura pour la Warner Brothers, avec Edward Zwick à la direction (et sa Bedford Falls company à la production). Ils en sont à la seconde version du script qui va déterminer beaucoup de choses. Le dernier rayon du soleil est développé par Robert Chartoff (Raging Bull et les Rocky) et Ted Ravinett pour la production, je travaille moi-même sur ce scénario (ce qui répond, je suppose, à la question que vous n'avez pas posée : que faites-vous après ?)

Article originel, par Richard Marcus, le 3 janvier 2007


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