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Colloque international sur Tolkien, Rambures 2008

Par Foradan, le jeudi 17 juillet 2008 à 22:15:58

Parmi les faits marquants pour qui a une affection particulière pour un auteur, une place de choix est réservée au premier colloque universitaire international qui lui est consacré en France : ce fût le cas du 13 au 15 juin 2008 dans le cadre prestigieux d'un château féodal au parc enchanteur. Voici le récit de votre serviteur, heureux hobbit convié à la table des Sages et des Erudits pour son plus grand émerveillement.

Avant toutes choses, je tiens à remercier et féliciter MM. Ridoux, Devaux et Ferré pour avoir réuni tant de sommités renommés, d'amateurs éclairés, de doctorants parfois novices sur les terres du Légendaire, le tout en une Communauté oeuvrant dans une belle harmonie vers la déclaration d'excellence de l'oeuvre de J.R.R. Tolkien.

Voici donc, par fragments consécutifs qui s'ajouteront petit à petit, un rapide panorama de ces instants inoubliables, juste assez pour vous faire patienter avant la publication officielle en 2011.

Mise à jour du 20 juin : De la fatigue à Wagner, en passant par une curiosité
Mise à jour du 23 juin : De l'influence sur la fantasy, un peu de symbolisme, une pincée de hobbit et un dé 20
Mise à jour du 2 juillet : D'une perspective, de la tentation, un détour par le narcissisme avant de découvrir Gandalf
Mise à jour du 14 juillet : Héroïsme, tripartisme, dark fantasy et intertextualité
Mise à jour du 17 juillet : Des femmes, des Nains, la création d'une mythologie et l'histoire littéraire
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Des dragons et de l'espoir.

I Good dragons are rare, or, from draconitas to draco. par Th. Honegger

Partant de la remarque de Tolkien sur sa lecture de Beowulf There are in any case many heroes but very few good dragons (il y a de nombreux héros, mais peu de bons dragons)(Monstres et critiques), voici une étude évolutive du dragon sur deux concepts et trois figures, à la recherche de ce que Tolkien appelait un "bon dragon".

Après un rapide panorama du dragon mythologique sous ses différentes formes (basilic, wyvern (vouivre), ver, dragon ailé.., dragon asiatique dont le statut dépend de son nombre de griffes), il est fait distinction entre :

  • draco (mythologicus, epicus...), soit le dragon en chair et en os, créature sauvage, cruelle, maléfique, terrifiante, capable d'allier la malice humaine à la puissance bestiale,
  • et draconitas, soit le dragon en tant que représentation de l'avarice, voire du Malin dans les vies des Saints de l'Eglise (deux exemples ici : Fafnir dans The Saga of the Völsungs, et le dragon dans les Chroniques de Narnia de C.S. Lewis, L'Odyssée du Passeur d'Aurore, ne sont que des humains métamorphosés par leur cupidité, forme allégorique utilisant la figure du dragon.

Pour Tolkien, le "bon dragon" est le draco qui assume ses caractéristiques (mauvais, sauvage, destructeur et très dangereux). Cependant, Kenneth Grahame a lancé l'ère du draco modernus domesticus (appelé aussi draco timidus) par son conte The Reluctant Dragon (1898), dragon réel mais dépourvu de son tempérament naturel, le "gentil" dragon se développe sur un air de disneyfication (Falkor de l'Histoire sans fin, Peter et Elliot...)

Parrallèlement, le draco modernus ferox s'est développé dans 3 rôles : l'obstacle (Harry Potter, D&D), la monture (les dragons de Pern, Lanfeust) et le personnage (Eragon, Les Aventuriers de la mer, Rhapsody) dont les deux cas de Smaug et Chysophylax Dives (le dragon du Fermier Giles de Ham).

Ces deux derniers sont typiquement les "bons" dragons que Tolkien a institué comme modèle moderne du draco ferox.

Véritable point d'ancrage de la fantasy, le dragon emmène Féérie avec lui, même quand il envahit, parfois, nos contrées désenchantées. Merci à lui !!

II L'esprit de l'espoir : considérations sur l'estel ou comment faire une traduction cohérente de "hope", par M. Devaux.

Autrement dit, exploration à la recherche de la philosophie et des croyances au premier Age.

Le sujet avait l'air ambitieux, l'explication fût érudite, basée sur un extrait de HoMe 10, le passage de "Athrabeth Finrod ah Andreth ". Pour faire simple, dans ce texte, "amdir" et "estel" représente tous deux "hope" en anglais, mais pose question pour le choix de le traduire par "espérance". En effet, même si l'estel désigne une confiance profonde située au coeur de la nature des elfes tandis que l'amdir repose un espoir nourri par l'expérience. Cependant, les concepts d'espoir et d'espérance modernes se distinguent de ce qui est applicable en Arda : l'espérance est fondée sur la Résurrection, la résonnance historique la plus proche serait celle de l'Ancien Testament, basée sur une promesse divine : appliquer un concept chrétien à une époque fictive antérieure est un risque d'allégorie.

En revanche, le concept d'estel peut tout à fait se concevoir comme une "espérance par anticipation", en préfiguration du christianisme (dans l'hypothèse où Arda fait partie de l'histoire ancienne de notre monde) : en quelques mots "estel est l'ombre de l'espérance".

Mais dans ce cas, comment traduire les deux sens (estel et amdir) de "hope" quand viendra la version française de HoMe 10 ? Les travaux sur la question ne sont pas encore finis !

  1. Des dragons et de l'espoir.
  2. De la fatigue à Wagner, en passant par une curiosité
  3. De l'influence sur la fantasy, un peu de symbolisme, une pincée de hobbit et un dé 20.
  4. D'une perspective, de la tentation, un détour par le narcissisme avant de découvrir Gandalf
  5. Héroïsme, tripartisme, dark fantasy et intertextualité
  6. Des femmes, des Nains, la création d'une mythologie et l'histoire littéraire

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