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Paul Kearney revient chez Solaris

Par Joss, le mercredi 19 décembre 2007 à 14:24:05

Alors que son précédent éditeur, Bantam l'a mis à la porte, Paul Kearney s'est trouvé un peu pris de court. Heureusement, tout a bien fini puisque Solaris lui a proposé un nouveau contrat. Cette traduction d'interview vous permettra de faire le point sur ce qui lui est arrivé et surtout de découvrir ses nouveaux projets.

Entretien avec Paul Kearney

J'ai entendu dire que Solaris allait sortir une compilation des Monarchies divines avec l'ajout de 40.000 mots dans Les Vaisseaux de l'Ouest. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet évènement et cet ajout ?

Je n'ai pas envie de trop en dire mais je peux dire que la majeure partie des scènes supplémentaires prendra place à la fin du livre, complétant la situation autour de la dernière bataille à Charibon. Mais il y aura aussi des scènes mettant en scène à la fois Abelevn et Avila, puisqu'ils ne sont que peu sortis de l'anonymat. A l'époque, je voulais un style brutal calqué sur le réel mais en y repensant, je pense avoir fait une erreur. Himerius doit aussi avoir ses déserts. Pour ma part, cela va être un grand choc de voir ces cinq livres dans un seul volume. Cela va faire paraître le Seigneur des Anneaux court et me permettra d'avoir un énorme tome de fantasy sur les étagères.

J'ai fait une interview avec l'équipe de Solaris et ce sont vraiment des gens marrants. Est-ce qu'ils vous ont déjà fait une blague ? Quel est votre ressenti face à l'environnement qu'ils ont créé pour l'édition ? Qu'est-ce que vous pensez de l'initiative de Solaris en faisant signer beaucoup d'auteurs reconnus ?

Pas encore eu de blagues. Maintenant vous me rendez un peu nerveux à attendre leur éventuel canular. Je pense que Solaris est vraiment en train de percer. Ils ont signé avec de grands noms et vont faire des dégâts. Il y a un air frais qui pèse sur eux et leur approche du monde de l'édition. Comme par exemple avec l'importance qu'ils accordent aux couvertures. Ce sont des gens qui sont très doués pour récupérer des notes et ce ne peut être qu'une bonne chose dans l'édition.

J'ai vu la couverture de votre livre « The Ten Thousand », elle est fantastique. Est-ce que les couvertures aident à vendre des livres ? Quelle a été votre implication dans cette couverture ? Une de mes questions favorites : Pourquoi les couvertures anglaises sont beaucoup plus belles que les américaines ?

Oui, c'est une excellente couverture, peut-être la meilleure que j'ai jamais eu. Et oui, bien sûr, que cela aide à vendre des livres. Quelque chose doit vous attirer l'œil lorsque vous entrez dans une boutique. Si une couverture peut faire cela, peut faire s'arrêter quelqu'un, alors elle a fait son travail. La phase deux concerne le texte de présentation et la phase trois est le premier paragraphe ou le premier Chapitre (parfois la carte s'il y en a une). Si toutes ces conditions sont remplies, vous êtes à plus de la moitié du processus d'achat. Mais c'est la couverture qui commence le tout.

J'ai été très impliqué dans cette couverture, détaillant même le design de l'armure noire que porte le personnage principal. Au départ, je voulais que l'homme porte un casque, mais maintenant, je suis sûr que c'est mieux si l'on voyait son visage. C'est un business délicat, car il faut jongler entre nos goûts personnels et l'attente du public mais je pense que Solaris a fait un travail fantastique.

Vous avez habité dans de nombreux endroits mais l'un d'entre eux étaient le NJ (Ndt : Le New Jersey), mon état d'origine. Qu'avez-vous pensé de ce bel état ?

J'ai vécu deux ans au NJ, d'abord à Mahwah, puis dans Haledon à côté de Peterson. J'ai personnellement adoré ça et pour être parfaitement honnête, j'aurais pu y demeurer pour le restant de mes jours, mais l'emploi de ma femme nous a obligé à déménager. Je conduis une vieille Thunderbird noire et pouvais aller, une fois par semaine, à Harriman State Park pour me promener toute la journée. Manhattan était à seulement 40 minutes de bus alors nous y allions assez souvent. Je suis aussi devenu un figurant actif des scènes de la guerre civile et pendant les week-ends d'été, je me retrouvais en sueur dans un uniforme de laine et ayant de la poudre à canon dans la bouche. Nous traversions la côte est pour reproduire ces scènes, depuis la Virginie, jusqu'au Vermont. Ce furent de superbes moments.

Pouvez-vous nous donner une description rapide de votre période à l'université et en quoi cela a affecté votre style d'écriture ? Vous avez des anecdotes sur cette période ?

A l'université, j'ai étudié le vieil islandais, l'anglo-saxon, le « Middle English », Beowulf, les « Norse Sagas », et les chroniques anglo-saxonnes, ainsi que des modules d'archéologie et de philologie. Cela a constitué d'excellentes bases pour être un auteur de fantasy et m'a fait réfléchir au mécanisme des langages, le poids des mots dans nos esprits. De plus, Oxford était (et est) la meilleure université au monde et ses professeurs étaient très motivants. J'ai aussi rejoint le « Officer training Corps » à l'université et tous les week-ends, ainsi qu'une grande partie de l'été, j'étais en uniforme, sautant d'hélicoptères et traversant des paysages de campagne vide et ce, par n'importe quel temps. De plus, une autre bonne expérience pour un auteur de fantasy, est que j'ai fait un peu de randonnée, notamment dans le nord du Pays de Galles et sur l'île de Skye, où j'ai eu la première idée de mon livre après avoir fait une chute de montagne, un après-midi d'hiver. De la même manière, j'ai réussi à récupérer trois histoires depuis le toit de ma résidence étudiante le soir de mon 21ème anniversaire. C'était une soirée déguisée et lorsque l'ambulance est arrivée, ils ont trouvé un viking saoul et blessé, allongé avec un visage tordu de douleur, entouré par ce qui semblait être des membres d'une partie de Donjons et Dragons. Cela m'a pris un moment pour m'en remettre.

Que pensez-vous de l'arrivée majeure de bandes dessinées adaptées de livres de fantasy ? Vous aimeriez avoir un auteur particulier qui travaillerait sur vos travaux ? Est-ce que ce serait de bonnes adaptations ? Comment est-ce que vous les jugez en tant que média racontant une histoire ?

Je pense qu'il s'agit là d'un fantastique moyen de communication mais je préfère quand ils racontent leur propre histoire. Je ne suis pas certain que les romans fantastiques, ou n'importe quel roman, soient adaptés à un traitement graphique et les histoires que racontent les scénaristes de bandes dessinées sont si bonnes qu'ils n'ont pas besoin d'adapter des romans. Mais encore, je risque sûrement de changer d'avis. Je serais enchanté si quelqu'un voulait adapter un de mes livres en bande dessinée, comme n'importe qui ! C'est le même discours que pour l'adaptation de films : cela peut marcher mais la plupart du temps ça ne marche pas.

Pouvez-vous nous dire où les « Sea Beggars » vont finir ? Quel est la situation après la rupture avec Bantam ? Est-ce que ces romans vont être publiés ?

Solaris veut sortir l'ensemble de la série de « Sea Beggars », dont le troisième volume qui n'est pas encore fini, en un seul tome, un peu comme ce qu'ils ont fait avec les « Monarchies ». La seule chose qui les freine, est que Bantam détient toujours les droits du deuxième roman et ce, pour 18 mois. L'histoire prendrait fin et dans 2 ans ou 2 ans et demi (touchons du bois), une compilation sera mise en vente sur les étagères. La série a été abandonnée à cause de ses ventes médiocres mais après avoir dit cela, nous avons dû ressortir une deuxième édition car la première s'est complètement vendue… Essayez de comprendre ça. Ce n'était pas la faute de mes éditeurs anglais et américains non plus. Ils ont défendu mon cas au mieux mais ont du s'incliner face au compteur des ventes. Je crois qu'ils ont préféré investir dans l'autobiographie d'une célébrité. Mais je ne suis pas amer (Grince des dents et a un regard fou).

Pourquoi devrait-on lire « The Ten Thousand » ? Est-ce que le genre fantastique stagne ? Quel est votre nouvel auteur favori ? Que pensez-vous de cette idée disant que « les jeux vidéo de fantasy ont permis au genre de renaître » ? World of Warcraft a vraisemblablement amené de nouvelles personnes autour de la table. Êtes-vous un joueur ?

Pourquoi lire « The Ten Thousand » ? Parce que c'est la meilleure chose que j'ai écrite. Il aborde des sujets tels que le racisme et l'impérialisme, la camaraderie entre combattants. Personnellement, je crois que c'est le monde le plus riche que j'ai jamais créé mais le lecteur devra, bien entendu, se faire sa propre opinion.

Je ne pense pas que le genre stagne, bien au contraire. Il y a quelques années, il a bien failli couler sous un déluge de clichés, mais les choses ont radicalement changé. Des auteurs tels que Joe Abercrombie et Steve Erikson lui ont donné un bon coup de pied au cul, ce dont il avait besoin. Maintenant, si on pouvait vaincre le préjudice accordé aux plus petits livres de fantasy, alors tout irait pour le mieux. Le spectre de Tolkien semble toujours trop grand.

Je joue aux jeux vidéo, mais plutôt pour l'aspect stratégique. J'adore « Heart of Iron », les simulations de la deuxième guerre mondiale et aussi la série de « Total War ». Et quand j'ai envie d'exploser des trucs, je joue à « Fear » ou « Call of Duty ».

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Continuez à lire. En lisant, vous faîtes travailler votre cerveau, et à notre époque, les cellules grises de beaucoup trop de gens ne ressemblent qu'à de la bouillie. Lorsque la lecture ne deviendra qu'un intérêt mineur, ce sera un sale jour pour l'humanité.

Oh, et ne soyez pas impliqués dans une guerre des terres en Asie.

Article originel, par FantasyBookSpot, le 12 décembre 2007


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