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Un nouvel entretien avec Paul Kearney

Par Merwin Tonnel, le vendredi 29 avril 2011 à 15:00:03

CouvertureDepuis les Monarchies Divines, Paul Kearney est un auteur que nous apprécions bien sur Elbakin.net, et nous ne devons pas être les seuls francophones dans ce cas vu son succès dans l’Hexagone.
Cependant, et nous l’avons déjà mentionné plusieurs fois sur le site, tout n’a pas été toujours rose pour l’auteur irlandais. Lâché par son éditeur, il a dû abandonner l’écriture des Mendiants des Mers et se poser quelques questions sur son avenir. Mais depuis qu’il a rejoint Solaris et qu’il a écrit 10 000 – Au Cœur de l’Empire et Corvus, tout s’est arrangé pour Kearney, qui a même eu le droit de réécrire la fin des Monarchies Divines pour une édition augmentée et, nous l’avons appris récemment, va reprendre l’écriture des Mendiants des Mers une fois sa série des Macht terminée, en novembre prochain.
Et c’est justement pour parler entre autres de cette reprise que les blogueurs à la tête de Pat's Fantasy Hotlist et de The Wertzone ont réuni leurs efforts pour réaliser l’interview suivante, que nous vous traduite.

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L'interview proprement dite

Paul, félicitations pour votre nouveau succès ! Les Monarchies Divines sont rééditées, la trilogie Macht est presque terminée et, l’année prochaine, la série des Mendiants des Mers sera enfin conclue après une longue pause. Il semblerait que ce soit un grand tournant par rapport à il y a quelques années, quand vous sembliez sur le point d’arrêter d’écrire. Que pensez-vous du marché de l’édition et de l’écriture actuellement ?
C’est un monde de tarés ! Je suis également en ce moment en négociations (je touche du bois) pour la novélisation d’une franchise TV majeure. Je suis débordé ! 10 000 – Au Cœur de l’Empire semble avoir réouvert de nombreuses portes pour moi et les livres sur les Macht se vendent très bien en France et (merveille des merveilles) aux Etats-Unis. Pour tout dire, j’ai trois livres à rendre dans les quatorze prochains mois.
Je dois beaucoup à mes deux anciens agents, John McLaughlin et Charlotte Bruton, et particulièrement à mon nouvel agent, John Jarrold, qui est un peu un Macht quand il s’agit de se battre avec les maisons d’édition. Mes éditeurs Solaris et Titan ont aussi été excellents. Le marché a beaucoup changé depuis mes débuts, mais il est encore rempli de personnes sympas.
Entre les Monarchies Divines et la trilogie Macht, quelle série vous paraît la meilleure porte d’entrée pour des lecteurs ne connaissant par Paul Kearney ? Et pourquoi ?
Probablement les Monarchies Divines, puisque je pense que c’est moins sombre et plus dense que les livres sur les Macht, et une fantasy plus « normale », c’est-à-dire qu’il y a de la magie, des loups-garous et un univers typé européen. Les livres sur les Macht ne sont pas, comme je l’ai déjà dit, de la fantasy au sens strict du terme mais de la science-fiction du genre sword and planet, façon Robert E. Howard ou Burroughs.
En parlant des Monarchies Divines, comment ont été jusqu’à présent reçus les omnibus ?
Sacrément bien. En France, ils en sont à leur troisième édition (NdT : plus exactement, l’édition augmentée arrive chez Orbit Poche en 2012) et mes éditeurs espagnols sortent de très belles éditions des cinq volumes originaux. Comme beaucoup de lecteurs de fantasy, je ressens une excitation viscérale en voyant ces bons gros bouquins sur mes étagères. Les livres de fantasy plus petits ont tendance à disparaître derrière les monstres de Martin, Jordan ou Erikson.
Corvus a créé un buzz positif, ce qui annonce de bonnes choses pour le dernier tome de la série. Êtes vous heureux de la manière dont les choses se déroulent depuis que vous avez signé chez Solaris ?
Je ne pourrais être plus heureux. Solaris a été génial, à la fois avant leur rachat quand j’avais affaire à Mark Newton et après l’arrivée de Rebellion (NdT : Solaris a été racheté par Rebellion Developments en 2009) avec Jon Oliver et David Moore. Ces gars croient en mes livres et sont très directs quant à leurs ambitions pour moi et mon travail. Je suis vraiment très impatient de retrouver les Mendiants des Mers, c’est une de mes séries préférées et je salive rien que de penser à l’ensemble derrière une seule couverture. Qu’importent les lecteurs, l’auteur a tout autant envie d’y poser ses pattes graisseuses.
Sans rien dévoiler, que pouvez-vous dire aux lecteurs concernant le troisième tome des Macht, The Kings of Morning ?
Eh bien, pour ceux qui connaissent leur Histoire, c’est basé sur la conquête de l’Empire Perse par Alexandre le Grand. Je ne crois pas que ce soit un spoiler que de dire ça. Mais le livre va aller plus loin et traiter de ce qui arrive après et de ce qui ressort d’un champ de bataille abandonné. Il y aura aussi des révélations sur les origines des Macht et de l’armure de la Malédiction de Dieu. Ca pourrait même être trop pour un seul livre…
Aucune raison n’a été donnée pour le retard de The Kings of Morning, repoussé à novembre, si ce n’est que ce n’était pas à cause de l’arrivée d’A Dance with Dragons de George R.R. Martin. Quelle est donc la raison ?
Il s’est passé différentes choses dans ma famille, des problèmes de santé. Pendant un temps, j’ai dû mettre l’écriture de côté.
Je me rappelle de discussions sur le fait que Les Mendiants des Mers seraient une série en quatre tomes, alors qu’il semble maintenant que c’est une trilogie. Cette histoire de quatre livres est-elle une erreur ou le troisième livre sera-t-il plus long et comprendra plus d’évènements que les deux premiers ?
Les Mendiants des Mers sont des livres plutôt courts. Je suis plus habitué à la longueur des livres des Macht maintenant, donc je pense écrire un roman plus long pour finir la série. Ça aurait pu être deux petits tomes, mais je ne veux pas traîner : je vais raconter toute l’histoire jusqu’à la conclusion en un seul gros volume.
Est-il prévu une sortie séparée de Storm of the Dead, le troisième tome des Mendiants des Mers, pour ceux qui ont déjà les deux premiers livres ? Ou la série ne sera-t-elle disponible qu’en omnibus ?
Seulement en omnibus, j’en ai bien peur. Mais pensez à ce que Solaris va faire comme couverture…
Comment c’était de retrouver Rol et les autres personnages après une longue pause et après avoir écrit sur d’autres personnages et d’autres mondes ?
Eh bien, je n’ai pas encore commencé ! J’ai l’intention de démarrer l’écriture du dernier tome des Mendiants des Mers cet automne et je dois le rendre pour mai 2012. Mais, comme je l’ai dit, j’attends ça avec beaucoup d’impatience. J’adore cette bande soudée de matelots. Elias Creed et Gallico sont deux de mes personnages préférés. Et Rowen bien sûr…
Chaque roman que vous avez écrit à ce jour a été un vrai succès critique (NdT : mais pas commercial). Qu’est-ce qu’il y a dans votre style qui vous empêche de toucher un public plus large ? Certains ont mentionné la faible longueur de vos œuvres. Pensez-vous que, dans une ère où les livres de SFF sont des gros pavés, ça pourrait en être un facteur explicatif ?
Je pensais ça à une époque, et je crois toujours qu’il y a en fantasy un attachement absurde au syndrome Seigneur des Anneaux qui consiste à dire qu’une histoire ne vaut pas la peine d’être lue si elle ne fait pas un millier de pages. Mais depuis que j’écris ma série des Macht, j’en suis venu malgré moi à la conclusion que mon style n’est simplement pas pour tout le monde. Je crois que je suis un écrivain très masculin et j’aime apporter un réalisme dur à mes mondes, ce qui peut rebuter ceux qui préfèrent leurs batailles sans une goutte de sang et leurs licornes fraîchement pansées. J’ai lu la critique de Corvus d’un blogueur qui trouvait le roman dégoûtant parce qu’il y avait des viols, mais pour moi c’est une des conséquences inévitables de la guerre dans les sociétés primitives. Et même les moins primitives… Regardez la Bosnie ou la Libye en ce moment. Ces choses m’énervent et me dégoûtent, donc j’ai choisi de canaliser cette rage et ce dégoût dans mon écriture. Je ne mets pas ces scènes dans mes livres pour provoquer une sorte d’excitation malsaine et dans Corvus on ne voit pas vraiment de scènes de viol de manière explicite, mais les conséquences de ces actes. Je pense qu’il est important d’avoir ce type d’honnêteté dans une histoire et je ne vois pas de raison de m’excuser pour cela. Si un lecteur veut des dragons tout douillets et des adolescents avec une baguette magique, qu’ils aillent ailleurs. Je n’écris pas pour les enfants.
La trilogie Macht apparemment terminée et vos précédentes œuvres à nouveau publiées, sur quoi d’inédit travaillez-vous ? Vous avez à l’occasion mentionné que vous aimeriez écrire de la SF militaire un de ces jours, est-ce que c’est toujours envisagé ?
J’ai quelques idées… Mais comme je l’ai dit plus tôt, je suis occupé pour encore quelque temps. J’ai dans l’idée d’écrire quelque chose sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre Mondiale (un de mes dadas) avec un angle occulte. J’appelle ça Les Loups-Garous de Stalingrad. Affaire à suivre !
Vu que Solaris republie vos premières œuvres, y a-t-il une chance de voir arriver vos one-shots ? A mon avis, A Different Kingdom, au moins, mérite de toucher un public beaucoup plus large.
J’adorerais ! Mon éditeur espagnol veut réimprimer A Different Kingdom dès qu’il a fini de publier les cinq livres des Monarchies Divines. Je suis toujours convaincu que c’est la meilleure chose que j’aie jamais écrite (et je n’avais que 24 ans…). Je suppose qu’on va voir comment ça évolue. Tant que les gens continuent d’acheter mes livres, il y a de l’espoir.
Vous voulez dire quelque chose d’autre à vos fans ?
Oui. Merci de m’être restés fidèles.

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