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Le Guet de More

ISBN : 978-238167304-2
Catégorie : Jeunesse
Auteur/Autrice : Muna, Léa

Clervie, domestique sur le guet de More, passe ses journées au service de messer Sénoc, un éminent alchimiste. Entre préparation du feu bleu et relevés du front brumeux, toutes les précautions sont bonnes pour se protéger de l’Amertume.
Juste avant la grande marée, les hommes du bastion découvrent l’existence d’un chimèron, un hybride mi-humain, mi-chimère. Les inquiétudes s’accroissent avec la montée des brumes. Quelles sont les véritables intentions de cette créature ?
Lorsque Clervie découvre qu’elle a des facultés similaires à celles du chimèron, tout bascule : un lien se tisse entre eux, et elle doit maintenant choisir entre son cœur et ses devoirs.
Et si le chimèron n’était pas une menace, mais la preuve vivante d’un salut pour l’humanité ?

Critique

Par Erkekjetter, le 30/08/2025

Ce premier tome nous entraîne dans le monde assez sinistre du guet de More, fortin isolé dédié à la protection contre l’Amertume, une brume mortelle pour les humains et dans laquelle évoluent diverses créatures plutôt agressives. L’atmosphère qui règne au guet laisse une impression d’univers carcéral. Ceux qui échouent là le sont contraints et forcés : ils viennent purger leur peine. Et s’ils ne sont pas littéralement en cellule, il n’en demeure pas moins que leurs libertés sont amoindries. Sur le Rivage, il n’y a guère d’endroit agréable et l’on n’échappe jamais à la pression exercée par la présence des brumes, en plus de devoir accomplir des tâches ingrates et dangereuses. 
Par ailleurs, le guet ne fait guère ressortir les bons côtés de ceux qui l’occupent. La violence, plus ou moins larvée, semble faire partie du quotidien, et l’équilibre repose uniquement sur des rapports de force. Et au milieu de tout ça se trouve Clervie, seule femme du guet, qui baigne au quotidien dans une oppressante misogynie banalisée – même de la part de certains de ses amis, dont le comportement pourra faire sévèrement grincer des dents. Autant dire que l’ambiance globale de ce roman n’est pas d’une insoutenable légèreté, pas plus qu’il n’y a pléthore de personnages attachants. Possible en revanche que naissent quelques envies de casser des bouches. 
L’arrivée du chiméron entre les murs du guet va opérer à la façon d’un catalyseur, cristallisant peu à peu toutes les tensions, qui vont aller en s’aggravant. Mais cela va aussi pousser Clervie à se poser des questions, même si elle met parfois du temps à additionner un et un, au point que ça paraisse un peu gros tant c’est évident pour le lecteur (et honnêtement, ça devrait l’être aussi pour elle). A contrario, notre héroïne va connaître une évolution fulgurante à la fin du récit, sans doute trop spectaculaire pour paraître vraisemblable. 
Reste que le récit fonctionne plutôt bien et se lit sans déplaisir. L’univers tient la route, l’écriture parvient à conserver l’attention (malgré des coquilles, dont l’utilisation récurrente du mot « chausses » pour « chaussures », alors que le terme désigne des pantalons), et en refermant l’ouvrage, on est curieux de savoir comment l’histoire se poursuivra. 

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