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The Wolf in the Attic

ISBN : 978-178108361-1
Catégorie : Aucune
Auteur : Paul Kearney

Oxford, années 1920.
Anna Francis vit dans une vieille et grande maison, avec son père et sa poupée Pénélope. C’est une réfugiée grecque, que la Grande Guerre a fait s’échouer en Angleterre. Avant cela, elle avait une mère et un frère et tous vivaient dans la plus belle ville du monde, sous le soleil et les oliviers.
Mais tout cela n’est plus et Anna Francis se sent bien seule, rejetée par ses camarades à cause de sa peau sombre et ignorée par son père, qui n’arrive pas à faire le deuil de sa femme et de son pays. Jusqu’au jour où elle rencontre Luca, étrange garçon aux yeux argentés, et sa tout aussi étrange famille. Sa vie bascule alors vers l’inconnu et si elle devra lutter contre un univers bien plus vaste qu’elle ne le pensait, elle découvrira également l’amitié qu’il lui manquait tant.

Critique

Par Merwin Tonnel, le 08/06/2016

Il aura fallu être patient avant de découvrir le dernier roman en date de Paul Kearney. Kings of Morning, le dernier tome de sa trilogie Macht, date déjà de 2012 et quand on connaît la malchance éditoriale de l’auteur, quatre ans avant de voir débarquer un inédit de Kearney peut paraître bien long.
Première surprise en découvrant The Wolf in the Attic : le roman est très court, un peu plus de 200 pages. Deuxième surprise : l’auteur revient à ses premières amours (voir les romans Riding the Unicorn, The Way to Babylon et A Different Kingdom publiés avant les Monarchies Divines), avec une intrigue très ancrée dans le réel et une fantasy plus en retrait, même si bien présente. Jugez donc : le roman raconte l’histoire d’Anna, jeune immigrée grecque qui s’est réfugiée à Oxford avec son père après la prise de Smyrne par les Turcs en 1922. On est donc bien loin de la fantasy gemmellienne de ses trois derniers romans. On est aussi très loin de la fantasy chorale des Monarchies Divines, puisque la narration se fait ici à la première personne avec une intrigue très resserrée et peu de personnages secondaires.
Cette narration est d’ailleurs une des plus grandes forces de The Wolf in the Attic. On savait que Kearney faisait partie des plus belles plumes du genre, mais nous plonger dans la tête et le quotidien d’une jeune fille tiraillée entre deux identités était quand même un sacré défi, que l’auteur surmonte sans problème. Dès les premières pages, avec quelques paragraphes courts et disjoints, l’écrivain impose la voix d’Anna, une voix unique qui donne une saveur toute particulière au roman et qui permet de s’attacher très vite à l’héroïne. Kearney arrive à donner le ton d’un récit qui pourrait être issu du journal d’une pré-adolescente de l’époque tout en gardant un style très soigné, sans jamais rompre l’équilibre fragile entre un vocabulaire recherché et la nécessaire immersion dans la tête d’une enfant de 12 ans. L’autre force de ce point de vue original est de voir se dérouler l’histoire au travers des yeux d’Anna tout en nous laissant le soin d’interpréter certaines scènes avec nos yeux d’adulte.
Paul Kearney a aussi bien travaillé au niveau de l’ambiance, notamment dans la première partie du roman qui se passe à Oxford. On sent que l’auteur connaît les lieux (il y a fait ses études) et a un vrai attachement pour la ville et ses environs. Évidemment, difficile pour un auteur de fantasy de parler d’Oxford dans les années 20 sans parler de C.S. Lewis et J.R.R Tolkien, qui font donc des caméos discrets et amusants. Pas de crainte de clin d’œil trop appuyé, leur présence reste très secondaire et loin d’être le cœur du récit.
Puis, petit à petit, la ville laisse place à la campagne anglaise et ce qui a commencé comme l’histoire très intime d’une jeune fille bascule tranquillement dans une fantasy plus prononcée. N’allez pas vous attendre à des batailles épiques comme l’auteur sait en faire mais, sans en avoir l’air, Kearney développe un univers fantasy plus grand qu’un enfant peut se l’imaginer avec une magie issue de l’Ancien Monde qui ne se laisse qu’entrevoir. On sent alors un potentiel pour que le récit devienne quelque chose de plus ambitieux, mais tout cela reste gentiment tapi derrière la sobriété et l’intimité de la narration d’Anna. Et tant mieux, vu comment la simplicité du roman est son plus grand atout.
Ceci dit, la fin arrive un brin trop vite et de manière trop abrupte. Comme s’il s’agissait du premier tome d’une série qui ne dit pas son nom, The Wolf in the Attic laisse trop de place à des suites et ne propose pas une conclusion assez satisfaisante si on considère le roman comme un one-shot. Vu que l’intrigue n’est pas l’intérêt principal du livre (si vous n’avez pas suivi, l’intérêt principal du roman est le personnage d’Anna), on pardonnera aisément cette fin trop rapide qui n’entache qu’à peine la réussite du retour de Paul Kearney.

8.0/10

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