A l’occasion de l’exposition consacré aux illustrations d’Alan Lee à la Bibliothèque Nationale de France, le commissaire de l’exposition a organisé une journée de conférence ouverte à tous.
Voici le rapport de nos envoyés spéciaux.

La Fantasy au quotidien
Par Foradan, le 01/02/2004 à 23:34
A l’occasion de l’exposition consacré aux illustrations d’Alan Lee à la Bibliothèque Nationale de France, le commissaire de l’exposition a organisé une journée de conférence ouverte à tous.
Voici le rapport de nos envoyés spéciaux.
Ce titre, comme l’a fait remarquer Vincent lui-même, était provisoire et pas tout à fait approprié, puisqu’il s’agissait plutôt ici de faire le point sur le statut que possèdent les textes de Tolkien, et sur l’histoire de Tolkien en France depuis 1973 (date de parution du Seigneur des Anneaux).
Il y avait déjà des éditions japonaises, polonaises, espagnoles, etc…
==> 1970 marque un tournant en France : un recueil qui parle d’auteurs anglo-saxons non traduits en Français est publié chez Christian Bourgois, Admirations, par Jacques Bergier : l’éditeur découvre Le Seigneur des Anneaux et confie la traduction à Francis Ledoux, le traducteur de Bilbo.
==> En 1972-73, le Seigneur des Anneaux paraît en France chez Christian Bourgois. Le 4ème tome (les appendices) sera publié en 1986. En 1973, le Tome 1 a reçu le titre de meilleur livre étranger
C’est le début d’un programme de publications chez Christian Bourgois, destiné à rattraper le retard de la traduction en France. Mais Christian Bourgois a des difficultés pour trouver des traducteurs. La publication de Faërie, en 1974, permettait d’avoir accès à l’art poétique de Tolkien, et de comprendre le rapport entre la création de ses personnages et sa recherche universitaire, puis sont parus les Contes et Légendes Inachevés, Le Silmarillion. Mais arrêt des traductions par manque de traducteurs. 2ème vague de traductions dans les années 90 avec Peintures et aquarelles, Les Livres des Contes Perdus (2 premiers tomes des History Of Middle Earth) traduits par Adam Tolkien, le fils de Christopher. 3ème vague depuis 2002 avec la seconde édition de Faërie (complétée par « le retour de Beothnoth »et une introduction à Tom Bombadil) et les tomes 3, 4 et 5 des HOME qui sont actuellement en cours de traduction.
De manière générale, les trois erreurs récurrentes que l’on trouve à propos de Tolkien sont les suivantes :
==> Son oeuvre est considérée comme une littérature de jeunesse. Or, il n’y a pas forcément de frontière fixe entre la littérature de jeunesse et la littérature pour adulte, mais dans l’esprit de Tolkien le SDA est une oeuvre pour adultes.
==> La qualification "fantasy" n’est pas rentrée dans les moeurs. On la confond avec le fantastique. (distinction faite par Tzvetan Todorov : dans le fantastique, les faits peuvent trouver leur explication soit dans le rationnel, soit dans le surnaturel. Il y a toujours une hésitation entre les deux. Dans le merveilleux (donc dans la fantasy), l’explication est … merveilleuse, la présence de créatures chimériques par exemple n’est pas remise en cause.)
==> L’oeuvre souffre d’une accusation récurrente de racisme.
(Au cours de cette intervention, quelques extraits du DVD de Baylie nous ont été montrés pour illustrer Tolkien conteur, sa manière de concevoir ses langages et le manque d’intérêt porté à la traduction française du sous-titrage (je vous laisse imaginer le grondement désapprobateur de la salle))