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Publié il y a quelques
semaines, voici le premier essai de fantasy pour
l'auteur David Anthony Durham, qui n'est cela
dit pas un débutant. Il s'est en effet
déjà illustré dans le domaine
du roman historique. Et ce avec un certain succès
de l'autre côté de l'Atlantique.
Au point même que nous ayons vu venir cette
publication de loin sur Elbakin.net.
Précédé d'une réputation
flatteuse, accompagné par un auteur aux
propos
toujours réfléchis et souvent passionnants,
mis en avant par la critique généraliste
américaine comme l'un des romans de l'été
chez USA Today par exemple, était-il
encore besoin d'émettre de quelconques
réserves ?
La réponse est : non ! Acacia est peut-être
le meilleur premier tome du genre paru depuis
Le Roi de Bruyère, et encore...
Il se classe probablement au-dessus de ce dernier.
Durham signe là un roman épique,
rigoureux, respectueux, et empreint d'une certaine
classe. Pour un premier effort en Fantasy, l'élève
Durham se montre appliqué et habile pour
ce qui est des pièges, sans pour autant
sacrifier à quelques figures obligées
du genre (dont une très belle carte en
couleurs), qui font aussi toute sa saveur. Ainsi,
ce parti-pris classique de départ, avec
quatre héritiers d'un empire présenté
comme "idyllique" et bientôt jetés
dans la tourmente la plus bouleversante qui soit...
A côté de cela, l'auteur développe
également des thèmes peu usités
en fantasy : le racisme, les ravages de la droite
sur une certaine frange de la population... Une
certaine conscience aiguë de choses plus
terre à terre et néanmoins parfaitement
plausibles dans un tel cadre. Un cadre qui ne
manque d'ailleurs pas d'évoquer de nombreux
qualificatifs, entre mystères, crépuscules,
destins croisés, et Histoire déformée
par le prisme du temps et le poids des vainqueurs,
perpétuel recommencement...
Un cadre, qui, comme tout bon cycle qui se respecte,
est mis en valeur par des protagonistes qui savent
se tailler une réelle épaisseur
: Thaddeus Clegg, manipulateur entre tous, mais
aussi, les quatre héritiers justement,
qui sont, chacun à leur façon, très
loin de ne composer que de simples faire-valoir,
quand le temps est venu de regagner l'empire qu'aurait
dû leur confier leur père. Si le
style de Durham n'est pas son point fort, puisque
celui-ci sert avant tout ses complexes intrigues,
nous voilà face à un roman que nous
lisons avec passion.
Une passion alimentée également
par une imagination particulièrement travaillée,
qui nous donne l'impression d'un monde à
la fois proche et lointain, évoquant de
lointains échos de mythes nordiques aussi
bien que de contrées fabuleuses à
la manière de Terremer ou du monde du Trône
de Fer.
Et si, comme souvent avec un premier tome, la
conclusion s'avère frustrante tant l'on
souhaiterait en savoir plus sur le champ, l'auteur
se hisse sur le champ justement à la hauteur
de ses illustres références, tout
en composant une oeuvre tout à fait personnelle,
dont la parution française est à
guetter dès maintenant !

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