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Interview de David Anthony Durham sur Acacia

Par Lisbei, le samedi 30 août 2008 à 16:39:29

En attendant la parution française en octobre prochain, et une deuxième interview par nos soins, le prolixe David Anthony Durham, auteur d'Acacia, a pris le temps de répondre aux questions du site allemand Zauberspiegel.
C'est la traduction - à partir de la version anglaise - de cet entretien que nous vous proposons aujourd'hui. Histoire de découvrir encore un peu mieux cet auteur et son univers.
Bonne lecture !

Interview traduite

Zauberspiegel : Bonjour David, merci beaucoup de prendre le temps de répondre à nos questions (alors que vous êtes en plein déménagement), et laissez-moi saisir cette occasion : où partez-vous ? et pourquoi ce déménagement ?
David Durham : J’ai fait un certain nombre de déménagements très excitants dans ma vie (de la Côte Est à la Côte Ouest en Amérique, puis vers les Montagnes Rocheuses, et vers l’Ecosse et la France, entre autres). Ce déménagement-ci, par contre, n’a rien d’aussi dépaysant … Nous déménageons à 3 pâtés de maison de notre ancienne demeure. Et la raison de ce déménagement ? Eh bien, la nouvelle maison a une piscine ! Etant donné qu’à Fresno la température dépasse allègrement les 38°C en été, une piscine est une aide précieuse pour garder la tête froide.
Zauberspiegel : Le premier de vos livres que j’ai lu est Acacia, Book 1 : War with the Mein. Il a été publié aux USA en 2007 et vient de sortir en 2008 en Allemagne. Quels sont les autres pays et les autres langues dans lesquels va sortir Acacia ?
David Durham : Je suis heureux de dire que mon éditeur allemand, Blanvalet, fut l’un des premiers à acheter les droits. Je l’ai trouvé très rapide. Ils ont été suivis par une édition anglaise, puis italienne. Et dans les mois qui viennent il va être publié en français (ndt : doit paraître en octobre 2008 aux Editions du Pré aux Clercs), polonais, russe et suédois !
Zauberspiegel : Sur votre site Internet vous avez écrit un article pour répondre à la question Pourquoi la Fantasy ?. Pourquoi était-ce important pour vous d’écrire cet article et de le publier sur votre site ?
David Durham : Parce qu’avant cela j’étais connu en tant qu’auteur de romans historiques. C’était un gros changement. Ou du moins, de nombreuses personnes allaient penser que c’était un gros changement. Ils me demandaient : Pourquoi la Fantasy ? et Tu es sûr ? et Est-ce que cela va marcher ?. Je voulais que les lecteurs de mes romans historiques et littéraires sachent que j’étais aussi sérieux en écrivant de la fantasy qu’en écrivant mes travaux précédents. Je voulais qu’ils sachent que je n’allais pas changer en tant qu’auteur ; que j’allais simplement leur montrer une autre facette de cet auteur. Et, pour les lecteurs de fantasy, je voulais qu’ils sachent que la fantasy est importante pour moi depuis longtemps. Que je ne faisais pas cela sur un coup de tête. Que je ne faisais pas cela parce que je pensais que c’était facile, ou parce que j’escomptais vendre plus de livres. C’est d’ailleurs tout le contraire, je savais que ce serait un sérieux défi. Que je le faisais parce que j’ai toujours été l’un d’entre eux ; simplement, je ne l’avais encore jamais montré dans mes publications.
Zauberspiegel : Dans cet article vous écrivez : La fantasy m’a incité à utiliser les ressources de la narration comme une voie privilégiée pour explorer les grandes questions de la vie. Que voulez-vous dire par cette phrase ? Signifie-t-elle que cette forme est plus parlante qu’un chemin plus scientifique pour traiter ces questions ?
David Durham : Je ne veux pas dire que la fantasy ou la science-fiction est mieux placée que d’autres genres de fiction, mais je pense qu’elles peuvent être tout aussi profonde, complexe et pénétrante … et souvent de manière plus attractive.
Par exemple, j’ai lu et beaucoup aimé les Terremer d’Ursula Le Guin quand j’étais adolescent. Je les adorais. C’étaient des histoires d’aventures, de magie et de dragons, et de combats difficiles. Mais ils parlent aussi de thèmes significatifs : l’orgueil de la jeunesse, les dogmes religieux, le manque de confiance en soi. Il y a vraiment beaucoup de choses dans tous les livres de Le Guin, beaucoup plus que les simples éléments de l’intrigue. Mais c’est pourtant pour une bonne part ces éléments de l’intrigue, et le genre en lui-même, qui attirent le lecteur. C’est pourquoi je dirais que la fantasy m’a appris à lire et à aimer l’écriture plus que n’importe quelle autre forme littéraire.
Une partie de ce que je voulais dire dans cette phrase que vous avez citée est que la fantasy n’était pas juste une échappatoire pour moi. Cela m’a également beaucoup appris.
Zauberspiegel : D’après ce que je sais de votre biographie, vous avez débuté en écrivant des romans historiques qui se déroulaient dans le passé américain et à Carthage. Comment s’est produit ce virage vers la fantasy ?
David Durham : Oui, j’étais d’abord un écrivain de romans historiques. Depuis le lycée j’adore étudier l’histoire, et chacun des romans que j’ai écrits jusqu’à présent traite un sujet qui m’intéressait vraiment. Mon premier, Gabriel’s Story, parlait des colons afro-américains dans l’Ouest. C’est un roman d’aventure et d’apprentissage, mais je l’ai écrit parce que j’étais fasciné de découvrir comment de nombreux Noirs étaient partis dans les Grandes Plaines dans les années qui ont suivi la Guerre de Sécession. Mon second, Walk through Darkness, était centré sur deux choses : les esclaves en fuite et leurs chasseurs, et aussi les nombreuses façons dont les races se sont mélangées en Amérique, pas seulement de nos jours mais bien en amont dans notre histoire. Pride of Carthage parle de la guerre entre Carthage et Rome, que je trouve fascinante. Hannibal était un personnage si extraordinaire. J’ai sauté sur l’occasion d’écrire sur lui.
Ce que je veux exprimer, c’est que la même chose s’est produite avec Acacia. J’ai été fasciné par l’idée d’écrire de la fantasy et par quelques éléments d’intrigues et quelques personnages que j’ai imaginés. Ce monde et cette histoire se sont ancrés en moi de la même façon que mes précédentes intrigues historiques. Mon éditeur savait que cela risquait d’être un virage délicat à négocier, mais il croyait en moi et a été très encourageant.
Zauberspiegel : Cela peut paraître stupide comme question, mais il se trouve que je meurs d’envie de vous la poser depuis que j’ai refermé ce livre. Pour moi, il ne s’agit pas là d’un énième livre de fantasy. Donc : pourquoi faut-il lire War with the Mein ?
David Durham : Merci. Pour moi, c’est plus qu’un énième livre de fantasy. C’est en partie parce que c’est le mien ! Mais je voulais également en faire un livre sérieux, en même temps qu’un livre distrayant. J’espère que le livre est une aventure, et un dépaysement pour le lecteur, mais je souhaite qu’il traite également de problèmes complexes qui façonnent la véritable histoire humaine.
Du coup, ce n’est pas une histoire opposant le bien suprême au mal absolu. Je ne crois pas vraiment à ça. Dans le roman, les « méchants » ont bien des plaintes légitimes à l’encontre de la loi tyrannique des « gentils ». Les Acacians ont, en fait, opprimé les peuples du reste de l’empire. Ils les ont exploités et même réduit en esclavage certains d’entre eux. Ils utilisent des mythes nationalistes et le patriotisme pour déguiser leurs crimes, et ils abrutissent les masses avec une drogue qui les rend malléables. Et il y a aussi une énorme organisation commerciale et industrielle qui régit littéralement le monde.
Quelque chose vous semble familier ? J’espère bien. Familier et pourtant différent, d’une part pour que nous puissions distinguer nos propres problèmes dans ce monde de fantasy, et d’autre part parce que s’occuper de problèmes réalistes est une partie de ce qui met mes personnages en danger. Bien sûr, il y a plus dans ce livre que ce que je viens de décrire. Il y a aussi des bêtes énormes et assoiffées de sang, des sorciers colériques et de vieilles malédictions, des princesses guerrières et de grosses batailles !
Zauberspiegel : Sur le forum de votre site vous avez mentionné The Other Lands comme titre possible. Cela va-t-il être le titre de votre nouveau livre ? Et quand aurons-nous une chance de le lire en anglais et/ou en allemand ?
David Durham : Merci de poser la question. Je suis très heureux d’entendre que vous avez envie de lire la suite, quelque que soit la langue !
Pour l’instant, tout le monde semble aimer le titre The Other Lands. Mais je ne peux toutefois rien affirmer. Une fois que le livre sera terminé, j’en parlerais avec mon éditeur, pour le cas où il y aurait un meilleur titre que je n’aurais pas vu.
Doubleday prévoit de le publier aux USA en septembre 2009. Blanvalet n’a pas encore les droits, donc nous en discuterons avec eux quand le livre sera fini. J’adorerais qu’ils décident de continuer la série, et s’ils le font, je suis sûr qu’ils le feront traduire le plus vite possible.

Article originel


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