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Interview de Ian C. Esslemont pour Blood and Bone

Par Glaurung, le samedi 15 juin 2013 à 14:08:03

blood Ian C. Esslemont est le co-créateur de la série, très populaire outre-Atlantique, des romans malazéens. Son partenaire, Steven Erikson, a écrit onze romans de la série. Blood and Bone marque le cinquième roman d'Esslemont dans cette même série.

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L'interview

SFFWORLD : Bonjour, Ian, merci d'accepter cette interview. Voulez-vous bien commencer par nous expliquer le contexte de votre implication dans la série malazéenne ? Nous savons que vous êtes le co-créateur.
Oui, Steve et moi avons créé le monde ensemble. Tout est venu en même temps comme le lieu, l'histoire, la politique, etc, de nos sessions de jeux fantasy. Nous avons joué les rôles des différents personnages, nous les avons essayés et puis on les a laissés vivre.
SFFWORLD : Combien de vos contributions ont vu le jour dans les livres malazéens écrits par Steven Erikson ? Comment vos propres séries sont-elles reliées aux séries de Steven Erikson ?
Tous les livres contiennent plus ou moins un mélange de nous deux. Les romans de Steven, situés à Lether et ses environs, par exemple, sont beaucoup de son cru, mais en même temps, les frères Tiste Edur sont mes personnages. De même, le personnage de Stonewielder est en grande partie le mien alors qu’Ipshank et Manask sont les siens. Personnellement, je pense que la question n’est pas la bonne car elle considère le projet comme des briques séparées créant un seul édifice, alors que moi je ne le considère pas comme ça. Vous pouvez demander quelle quantité de carbone et de fer compose l'acier, mais si vous écartez un seul de ces composants, vous n'avez plus d'acier.
SFFWORLD : Au début, vous sembliez passer un temps considérable à créer le monde malazéen ensemble. Est-ce que maintenant Steven et vous comparez vos notes quelquefois ? : Bonne question. Croyez-le ou non, nous nous entretenons rarement sur nos livres : nous allions juste de l'avant et les écrivions sans montrer à l'autre ce que nous faisions (et nous travaillons toujours comme ça). Je ne sais pas pourquoi, je suspecte que c’est parce que nous considérons toujours tout ça comme un jeu
l'un de nous prépare une aventure pour l'autre et nous voulons que l'autre la découvre et profite de la promenade.
SFFWORLD : Et maintenant avec le cinquième livre de votre propre série, Blood and Bone, où nous trouvons-nous exactement ?
Je travaille sur le dernier, Assail, dans ma propre partie qui continue le fil rouge du dixième livre de Steve et de mon sixième.
SFFWORLD : La série est-elle quelque chose que vous aviez planifié d'emblée ?
Ce fil rouge est ce que Steven et moi avions envisagé et élaboré à l'origine. Même si je pense que je devais écrire cinq romans au début. Quelque part sur le parcours, je suis arrivé à me lancer dans un nouveau.
SFFWORLD : Votre premier roman de la série, Night of Knives, fut publié en 2004. Comment pensez-vous avoir mûri en tant qu'écrivain depuis les huit dernières années ? : En effet, je pense que j'ai beaucoup mûri. Du point de vue de la publication, l'écriture et les écrivains sont traités très étrangement. En tant que nouvel écrivain, vous vous attendez à être le maître de votre art même si vous n'avez encore rien fait. Il n'y a pas de système d'apprentissage comme dans la menuiserie ou la médecine
l'industrie du livre veut que les nouveaux écrivains produisent des best-sellers et, si vous n'y parvenez pas, vous êtes mis de côté et ils passent au prochain brillant et lumineux projet. C'est absurde. Les artisans – hommes et femmes – ont besoin de temps et d'expérience pour améliorer leurs compétences. Heureusement, j'ai eu ce temps, et je crois que je me suis amélioré dans mon métier au cours de ces romans.
SFFWORLD : En écrivant ces livres, qu'est-ce qui a été le plus simple pour vous (les personnages, un personnage en particulier, les évènements, etc.), et qu'est-ce qui s'est révélé être le plus difficile ? : Pour moi, la partie la plus difficile est l'assemblage réel des mots et des phrases sur la page – l'écriture de la prose en elle-même. Je suis très conscient du processus et cela se ressent. La partie la plus facile est celle que beaucoup de gens pensent être la plus difficile
l'intrigue, suivre tout et tout le monde et savoir jongler avec plusieurs balles. Pour moi, ça semble facile et instinctif.
SFFWORLD : Quels sont vos plans pour la série dans le futur ?
Nous sommes à la fin du fil rouge. Je regarde vers l'avant, je suis ouvert à faire plus dans ce monde, peut-être travailler sur un empire se passant plus tôt, mais je suis aussi intéressé pour poursuivre des projets en dehors de l’univers malazéen.
SFFWORLD : Donc vous vous voyez écrire en dehors du contexte malazéen ?
Oui, bien qu'aujourd'hui il soit très difficile de lancer un nouveau projet ou une nouvelle série. Cependant, j'aimerais bien essayer. L'exploration de la littérature jeunesse ou de la science-fiction m'intéresse. Ce sont les genres qui m'intéressent. Je ne me vois pas écrire un roman d'espionnage ou une tranche de vie.
SFFWORLD : Steven a souligné le travail de Glen Cook comme une influence majeure. D'après vous, qui a eu une influence sur les histoires malazéenne ?
Oui, le cycle de la Compagnie noire de Glen Cook fut une grande influence pour nous deux. Pour ma part, je parlerais aussi de Fritz Leiber et de Karl Edward Wagner comme des inspirations.
SFFWORLD : Nous avons appris par des interviews de Steven que les romans et le monde malazéens commencèrent dans des campagnes de jeux de rôles. L'un de vous a-t-il des projets pour créer des jeux sous licence du monde malazéen pour que les fans puissent jouer dans les lieux des romans ?
Ce serait fantastique, j'y jouerais ! Qui que ce soit qui propose d'en développer un trouverait deux testeurs gratuitement avec Steve et moi !
SFFWORLD : Voulez-vous partager autre chose avec nos lecteurs ?
Seulement un grand merci à tous les lecteurs et tous les fans. Steve et moi nous amusions, et on continue à s'amuser, en écrivant ces livres, riant et pleurant avec ce que nous avons écrit. Et c'est génial que d'autres personnes partagent et s'identifient à cela aussi. Merci mille fois.

Traduction réalisée par Alice


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