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Ian Cameron Esslemont et le monde malazéen

Par Palinka, le mardi 10 juin 2008 à 18:30:09

Ian Cameron Esslemont, deuxième auteur responsable du monde malazéen, revient le temps d'une longue interview sur sa contribution au cycle, et sur bien d'autres choses encore.

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L'interview traduite

Sous les feux des projecteurs sur Fantasybookspot : Ian Cameron Esslemont

Après un long et éprouvant voyage dans l'Azath, j’ai finalement pu retrouver l’un des architectes du monde Malazéen, auquel je suis totalement accro. Quand j’ai lu The Night of Knives, le premier roman de mon invité, pour la première fois, je dois admettre que ma réaction n’a pas été très enthousiaste, un roman pas malvenu mais pas non plus percutant. Après avoir ajouté des pièces au puzzle et étudié celles que j’avais déjà plus en détail, j’ai repris le livre et il fut de ceux qui me donnent envie d’en faire la critique. Un de ces rares livres qui exigent de la réflexion (même issue des idées les plus absurdes d’un fan), un de ces rares livres ou séries que l’on aime activement. On peut tous trouver de longues listes de livres qui nous ont plu ou que l’on a aimé, mais la beauté des séries épiques – et dans un certain sens des Space Operas de SF – c’est qu’elles provoquent une adoration constante qui persiste entre les livres et pas seulement pendant qu’on les lit ou juste après. Aujourd’hui je discute avec Ian Cameron Esslemont, qui est, avec Steven Erikson, à l’origine de l’un des ajouts les plus récents de cet évènement, à propos de son nouveau livre, Return of the Crimson Guard à paraître prochainement, de tout ce qui touche le monde Malazéen, et plus encore.

Lorsque j’ai vu les premières informations sur votre premier roman, The Night of Knives, ma première réaction avant même d’avoir lu plus que le titre fut que nous allions voir quelque chose de vraiment fondamental dans le paysage politique de l’Empire Malazéen, vu que le titre évoquait pour moi la purge des SA par les Schutzstaffel qui a aidé à consolider le pouvoir d’Hitler, et qui est symbolisée par La Nuit des Long Couteaux. Est-ce à l’origine du titre ou s’agit-il d’une coïncidence ?
Un certain nombre de personnes ont noté la référence à la Nuit des Longs Couteaux d’Hitler et cela me fait très plaisir d’avoir de bons lecteurs ! C’était à la fois un peu délibéré et une coïncidence heureuse que cela concorde si bien. Comme toute référence ou écho, c’est censé élargir et approfondir l’expérience de lecture : dans le cas présent, envoyer le lecteur sur d’autres pistes pour réfléchir sur le pouvoir, ses exigences et la poursuite ou la fuite du pouvoir.
Night of Knives fonctionne là où les préquelles échouent en général, dans ce sens que pour moi, la stature des livres grandit avec la progression de la série d’Erikson – allant de l’attrait évident de l’intrigue de Kellanved et Dancer à Ash parmi les fantômes à Raruku en passant par la lecture de quelque chose comme House of Chains et ainsi de suite. Quels pièges à éviter, s’il y en a eu, avez-vous placés et vous êtes-vous, peut-être, servi d’une autre œuvre littéraire comme d’un modèle pour y parvenir ?
Steve et moi espérons que tous les livres vont grandir et s’intensifier au fur et à mesure que la série avance et qu’ils vont se mélanger, s’entrecroiser pour peut-être atteindre quelque chose de plus grand que la somme de leurs parties. Pour ce qui est d’avoir eu des modèles, non, j’ai délibérément évité de regarder des exemples d’autres préquelles. Et dans tous les cas, je ne vois pas du tout Night of Knives comme une préquelle. C’est juste un conte de plus dans une longue histoire qui s’étire longtemps avant sa narration. Il y a encore bien d’autres histoires antérieures à raconter, comme celle de Kallor et sa chute.
Je voudrais revenir un peu sur Kellanved et Dancer. Le processus de l’Ascension est toujours un phénomène semi-ambigu dans le cadre Malazéen. Un bond mystique, qui fait évoluer – et ce qui me frappe avec ce duo c’est qu’ils ne s’en contentent pas – ils cherchent en fait à devenir immortels. Alors que les spécificités individuelles de l’humanité sont illimitées – comme on le voit avec l’ensemble de vos personnages – qu’est-ce qui, selon vous, donne cette détermination supplémentaire au duo ? Est-ce seulement l’amour de la connaissance ?
Oui, l’ascension reste un processus ambigu - mais, je pose la question, qu’est-ce qui est simple et direct dans n’importe quel aspect de la religion. Le coté trouble représente assez bien la religion. Quant à ce qui met K et D à part, ou ce qui les caractérise en particulier, j’imagine que je devrais dire l’ambition sans limites, complètement imprudente. Franchement, ils ne connaissent aucune limite, et c’est évidemment (comme ils le disent) une épée à double tranchant pour tout le monde.
Dans ma critique de Night of Knives, je fais un commentaire au sujet du duo, des maîtres des ombres, et capables en quelque sorte de communiquer avec le monde surnaturel, et étant donné ce que j’ai lu de Steve et votre expérience – d’une certaine manière à la recherche de la connaissance, le monde et ses peuples et j’ai presque l’impression que ces personnages, tout en étant si imprégnés du cadre de votre histoire représentent presque l’apogée de l’humanité qui déconne et voient ce qu’ils peuvent trouver. C’était aussi votre choix de raconter leur histoire d’abord – y a-t-il une relation dans ce duo qui agit comme vos propres avatars, essayant de débloquer les secrets de ce monde ?
Les deux et leur histoire servent comme grande narration centrale pour la série – je ne pense pas que j’en révèle trop, là. Leur voyage est le notre, pour ainsi dire (celui de Steve et le mien au début, et celui du lecteur maintenant). Et pour ce qui est de déconner, vous savez, ce n’est pas si éloigné de la découverte et des tentatives du processus de création. Vous ne savez pas vraiment ce qui vous attend dehors jusqu’à ce que vous y alliez, et vous ne savez pas vraiment ce que vous pouvez faire jusqu’à ce que vous essayiez (est-ce que la dernière partie fait trop Dr. Phil ?)
Parmi vos points de vue dans Night of Knives, il y a Temper et vous l’utilisez pour nous donner une image de l’ancienne Première Épée de l’Empire, Dasem. Je me demandais si vous pouviez me parler des origines de la création d’un élément qui selon moi a beaucoup d’intérêt pour tous les fans de Malaz - l’ancienne garde. Au-delà de l’idée romantique d’escrocs complotant et réussissant au sein de l’Empire, qu’est-ce qui selon vous crée leur aura et leur attrait presque mythiques ?
En ce qui me concerne, je pense que jusque là, une grande partie de l’intérêt provient du fait qu’ils restent tellement en coulisses (du moins au début). Toute absence crée un manque qui invite le lecteur à le remplir et à l’étoffer à l’aide de sa propre imagination. Tout cela c’est un vieux truc de narration qui vient de loin. Les choses qui se produisent uniquement dans les coulisses intéressent tout le monde. L’imagination du public est bien plus impliquée là, dans le noir, que quand tout se passe sous ses yeux – trop souvent ces derniers temps dans une explosion gore en technicolor qui ne laisse rien à l’imagination. Savoir quoi mettre et quoi enlever a toujours été un choix artistique difficile, et cela peut paraître contradictoire, mais c’est souvent ce qu’on enlève qui est le plus important.
Un autre point de vue – comme un contrepoids au Veteran en Temper – que vous offrez est celui d’une fille qui veut seulement quitter de sa ville natale pour explorer le monde. Mon moment préféré dans le livre, c’est peut-être quand vous détaillez l’arrivée de Kellanved – sa présence, un peu comme on a vu celle de Rake (celle de son gardien) – comme une sensation physique – Tay saigne du nez – puis vous passez soudain au point de vue de Kiska qui voit l’estropié rendu impuissant alors que Dancer s’efforce de les défendre tous les deux. Pourquoi était-ce important que ce soient de jeunes yeux qui nous montrent un évènement qui a des répercussions sur le panthéon même ?
Comme avec la question précédente, encore une fois, il a fallu choisir quoi placer sous le nez des lecteurs et quoi laisser en coulisses. Je pense que l’imagination du lecteur est impliquée avec bien plus de force quand on lui demande vraiment de la faire travailler. (Cela conduit aussi le lecteur encore plus loin dans l’œuvre). C’est mon but, l’implication du lecteur – je ne dis pas que j’en suis déjà là, mais c’est ce que j’essaie d’atteindre. De plus, souvenez-vous que comme tout ce qui se passe dans Malaz, ce n’est qu’un point de vue. L’exemple donné c’est ce que Kiska imagine s’être passé, pas nécessairement comment c’est arrivé.
Je crois que dans une déclaration précédente vous avez parlé d’une séparation d’avec vos confrères auteurs de fantasy épique, les fans s’immergent dans votre monde comme ils le feraient avec un Jordans, un Martin ou un Bakker. Lorsque vous réussissez dans la fantasy de style épique, vous réussissez bien. Même si le résultat est visiblement réussi pour le créateur, l’œuvre a-t-elle pris son envol, ou est-ce que cela vous semble à la hauteur de l’enthousiasme du créateur ? Est-ce un peu hallucinant, ou est-ce que cela répond plutôt à des attentes ? Est-ce que c’est bizarre ?
Pour Steve et moi, le monde que nous avons créé était, et est, aussi complètement étoffé et profond que cela. Il a toujours été plus qu’un simple cadre ou une toile de fond servant à écrire des aventures ou à créer des personnages. On ne s’est pas mis délibérément à inventer un endroit juste pour écrire des histoires, nous avons découvert ce lieu vallée après vallée, ville après ville, personnage après personnage. C’est un personnage à part entière. Ensemble, nous l’avons découvert comme s’il existait déjà, là, devant nous, entièrement réalisé, et c’est, je pense, ce qui distingue les mondes de fantasy qui ont du succès de ceux dont on a l’impression que l’auteur avait seulement besoin d’un endroit nouveau ou différent pour y balader ses personnage. Notre enthousiasme pour ce monde est, bien sûr, illimité et c’est vraiment très encourageant de voir d’autres personnes partager cet enthousiasme.
J’adore la revue de PS dans laquelle ils présentent un aperçu de leurs futurs projets – comment cette relation s’est-elle développée et comment était-ce de travailler avec Peter Crowther ?
Travailler avec Peter chez PS, c’est génial. Il aurait été tout à fait possible que Night of Knives ne soit jamais publié s’il n’avait pas osé saisir l’occasion. Et il y a encore des raisons évidentes pour lesquelles Bantam, par exemple, rechignait à le faire. Sa brièveté d’une part et, pour être honnête – cela reste le travail d’un artisan aux prises avec son support. Seules quelques maisons d’édition ces derniers temps ont la volonté d’engager de nouveaux noms pour les aider à trouver leur chemin dans l’industrie. C’est l’ancien modèle, celui dans lequel les maisons d’édition avaient l’habitude de nourrir et développer des auteurs plutôt que de chercher le carton instantané ou le blockbuster.
Ce qui, selon moi, sépare les grands concepts de fantasy épique des grandes séries de fantasy épique c’est souvent les désirs et les capacités d’un auteur de miner d’autres travaux. Michael Moorcock dit : Si vous voulez écrire de la fantasy alors lisez tout sauf de la fantasy - je vous ai vu citer les semblables de Borges. Qu’est-ce qui a influencé cette série qui ne soit pas directement lié à la fantasy ?
Sur ce point je suis totalement d’accord avec Moorcock. Non pas que je recommande d’éviter de lire de la fantasy. Au contraire, ce que je pense c’est que quiconque veut écrire dans le genre doit le connaître sur le bout des doigts et cela doit venir d’une lecture exhaustive du sujet. Donc oui, lisez voracement de la fantasy. Cependant, une fois que c’est fait, lorsque vous avez lu presque tout ce qui est sorti et qui vaille le coup, après ou en même temps, vous devriez aussi lire autre chose. Et lentement, au fil des ans, en général vous vous retrouvez à lire de plus en plus en dehors du genre (il y a déjà vachement de trucs à lire en dehors de la fantasy, ne serait-ce que pour commencer). Mais plus précisément, je pense que ce que Michael voulait dire c’est qu’un artiste qui s’efforce d’améliorer son art doit étudier les maîtres, et les maîtres des mots écrits (pour la plupart) se trouvent en dehors du genre dans la fiction littéraire. Donc lisez Dick, oui, mais aussi Cormac McCarthy, connaissez la fantasy sur le bout des doigts mais lisez Ondaatje et Annie Proulx aussi. Lisez Bakker et Gemmel, mais connaissez aussi Graham Swift, Ian McEwan et Toni Morrison.
Le mieux réussi selon moi, dans un monde qui est un coupe-gorge, sur la trahison (de la Chain of Dogs aux assassinats, en passant par le destin de Silchas Ruin), c’est la cimentation d’un autre extrême. Peut-on dire que Kellanved et Dancer sont amis ? Un élément aussi simple que celui-là est en fait quelque chose qu’on ne peut voir sans une certaine appréhension – mais vous voyez Dancer essentiellement sauver Kellanved aux portes de l’immortalité lui-même déjà sain et sauf. Votre intention était-elle d’établir les racines de cette relation ? Et à quel point pensez-vous qu’elle soit profonde ?
Cette question semble s’adresser plus à Steve, mais je vais essayer de répondre. L’amitié se retrouve tout au long de la série ! Regardez Mappo et Icarium, regardez Bugg et Theol. Pour ce qui est de K et D, eh bien, peut-être que amitié n’est pas le bon mot. Peut-être plus un respect mutuel teinté de méfiance envers les capacités de l’autre En dehors de ces deux là, la question de l’amitié et des coûts nous mène dans le monde du soldat ordinaire à Malaz. La formation de liens (une bande de frères) entre ceux qui se trouvent sous les feux et dans des conditions atroces est sans aucun doute devenue un cliché de nos jours. Cependant, cela reste une vérité permanente, et pas uniquement pour ceux qui sont jetés dans l’enfer des combats. L’isolement, comme celui d’une équipe dans la brousse profonde, peut aussi mener à ce résultat. Toute expérience intense partagée peut engendrer de tels liens. Quant au coût lié au fait d’être humain, il est également très réel, comme Steve excelle, je pense, à le montrer.
Steve et vous mettez en valeur le soldat ordinaire en rendant le fait en lui-même rare. J’ai mentionné Ash plus tôt, je crois que la force de ce cadre repose sur l’ambiguïté, mais vous, l’auteur, considérez-vous Ash comme représentatif de la foi et de la loyauté, ou de la bêtise, si ces traits de caractère s’excluent entre eux ? Vous le mettez en valeur, ayant été choisi par Surly elle-même quand il aurait pu facilement être supprimé. Y avait-il une raison –en dehors des besoins de l’histoire – et quelle expérience ou idéal vous attire, à mon avis de manière réussie, vers ce soldat ? À chaque fois qu’on les voit, ou presque, ils sont en guerre – et pourtant ils semblent représenter ce qu’il y a de mieux dans l’humanité.
J’espère que tout y serait : la foi, la loyauté, la bêtise, la volonté, l’obsession. En d’autres termes, un être humain totalement complet. C’est le but (atteint dans certains cas, pas dans d’autres) pour tous nos personnages. Pas de pantins. C’est difficile de s’y tenir – et j’imagine que je fais des gaffes de temps en temps – mais on peut seulement essayer de faire en sorte que le lecteur ait envie d’en savoir plus sur tous les personnages. C’est le compliment ultime.
Votre prochain livre, intitulé Return of the Crimson Guard, doit sortir en août. Quand est-il situé dans la chronologie malazéenne ?
Les évènements se produisent juste avant Toll the Hounds de Steve et relativement rapidement après The Bonhunters. Malheureusement, pour des raisons de timing, celui de Steve sort juste avant Return – plutôt que l’inverse. Il aurait mieux valu que Return précède Toll, mais les choses ont tourné de la sorte parce que je suis arrivé au milieu de tout ça plus tard que nous ne le souhaitions à l’origine tous les deux.
Nous avons entendu parler de la Crimson Guard dans les épisodes d’Erikson, généralement très brièvement et à travers des références à leurs prouesses, et du fait qu’ils sont menés par un génie militaire – que pouvez-vous nous dire de plus et pourquoi les avez-vous choisis comme sujet de votre second roman dans le cycle malazéen ?
Comme dans Night of Knives, je reviens sur des personnages, ou des entités, dont les histoires remontent aux origines de l’empire. En fait on avait fait un brouillon de Return il y a très longtemps et j’avais dû le revoir entièrement étant donné que certaines choses avaient changé depuis (rien ne reste immobile, le monde évolue même en ce moment dans nos imaginations partagées). Quant à la question de pourquoi ce livre maintenant, il a toujours été en seconde place parmi les romans que je proposais pour ce milieu.
Diriez-vous que Return of the Crimson Guard est un roman qui peut être lu tout seul indépendamment du cycle ?
Hmmm… Je dirais que même si Return est très volumineux, il est moins indépendant du cycle que Knives. Je ne veux pas dire que les éléments de l’intrigue sont incomplets (il y a une vraie fin) mais plutôt que je n’ai pas pu fournir toutes les informations et le contexte que les lecteurs voudraient selon moi. Le livre, déjà volumineux, aurait tout simplement été trop maladroit si j’avais pris le temps de donner quelques histoires brèves, etc., dans de longs passages descriptifs (et je déteste cette habitude dans les œuvres de fantasy de toute façon).
Il semblerait que Laseen soit au centre de l’attention dans Return of the Crimson Guard. À plusieurs reprises, lorsque nous voyons parler Laseen cela nous donne l’aperçu d’un personnage très solitaire, quelqu’un qui (dans les romans d’Erikson) semble de plus en plus isolé. Sans vendre la mèche – je me demandais si vous pourriez commenter un peu le personnage, en tant que créateur : par exemple, qu’est ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous écrivez le personnage?
Laseen, ou Surly, est à l’origine un personnage de Steve. À ce jour, c’est lui qui en a fait le plus avec elle, construisant le personnage à partir de nos discutions sur différents arcs narratifs. Dans Return, je suis la même construction, et j’essaie de poursuivre avec son développement, les thèmes et l’arc. Elle reste distante – ce qui est approprié, je pense – nous ne rentrons pas dans sa tête. On continue à ne la voir que comme ceux qui l’entourent la voient. Ainsi notre vision d’elle (celle du lecteur) reste extrêmement filtrée.
Dans Night of Knives vous avez utilisé 3 ou 4 points de vue centraux, pouvez-vous nous dire si vous cela sera également le cas dans Return of the Crimson Guard et en dévoiler certains à vos fans ?
La même technique des points de vue multiples est utilisée dans Return. Mais bien plus cette fois ! Nous verrons de nombreux visages familiers mais aussi beaucoup de nouveaux personnages. Les fans du monde seront heureux de savoir que nous verrons beaucoup plus Traveller, Greymane, et même les jumeaux Wickan Nil et Nether. Nous verrons beaucoup la Crimson Guard évidemment, y compris K’azz, et même Iron Bars. Nous verrons aussi le retour d’un personnage qui semble avoir suscité de nombreuses réactions, Mallick Rel.
Pouvez-vous indiquer un personnage ou deux qui ont grandit d’une certaine manière dans le travail de Steve pour lesquels vous êtes particulièrement content de leur parcours ou de ce qu’ils sont devenus ?
Cette question est un vrai délice. J’adore la manière dont Steve laisse de la place à ses personnages pour grandir. Il y en a beaucoup qui m’ont étonné par leur parcours et leur évolution. Prenez Iskaral : j’adore ce mec même s’il me rendrait fou si je venais à le rencontrer. Je suppose qu’Icarium vient à l’esprit en tant qu’exemple – j’étais très impressionné par ce que Steve a fait de lui.
Alors que le monde Malazéen a pu grandir à travers Steve, c’est votre second roman. Que diriez-vous que vous avez appris depuis qu’un livre avec votre présentation du monde malazéen est disponible en librairie ?
Ce que j’ai appris de la série de Steve qui continue ? Plus, j’imagine, que même les fans les plus enragés du monde ! C’est un plaisir de la voir si aboutie, se développant et s’élargissant. Rester à la hauteur est un peu un défi, je dois dire. Je fais de mon mieux pour faire disparaître toute incohérence, et pour mentionner des choses qui devraient l’être, mais on se plante tous les deux de temps en temps – j’espère que les fans garderont à l’esprit l’ampleur même de ce que nous faisons.
Selon vous, quel est le plus gros faux-pas ou le plus drôle que vous ou les fans ayez remarqué ?
Hum, c’est une question difficile, étant donné que ce n’est pas le terme drôle qui vient en premier à l’esprit concernant nos faux-pas à ce jour. Nous n’avons pas encore laissé passer de grosse gaffe (je croise les doigts). Nos plus grosses migraines ont été causées par l’éloignement géographique qui a suivi entre Steve et moi et le manque d’occasions de se retrouver tous les deux pour mettre les choses en place aussi souvent que nous le voudrions. Jusque là, étant donné ce handicap, je pense que nous avons plutôt fait du bon travail pour ce qui est de garder les choses en ordre. Il y a les petites confusions habituelles qui gangrènent tout long projet. Un mésalignement persistant, si vous voulez, c’est que Steve et moi n’avons pas la même vision de Dassem – il est bizarre celui-là.
Quel sera le point central de votre troisième roman malazéen, et où en êtes-vous en termes d’avancement ?
Le troisième roman est au sujet de l’étendue trop importante de l’occupation malazéenne des terres Korel au sud de Quon. Après une réorganisation interne, l’empire tourne son attention, et ses ressources, vers cette hémorragie qui le vide de son argent et de son sang. Je viens juste de le commencer – l’écriture avance lentement parce que j’essaie d’apprendre de mes expériences avec les deux romans précédents et de m’adapter en conséquence (là, les commentaires de fans m’aident bien !).
Quelles sont selon vous les leçons les plus importantes – à travers les commentaires ou l’expérience – que vous ayez apprises et utilisées pour le livre II, et maintenant pour le 3, une fois que Night of Knives a été publié et qu’on en a parlé ?
J’ai eu beaucoup de chance, les retours et réponses de la part d’internautes et d’autres fans ayant la plupart du temps été utiles et constructifs. J’ai retiré beaucoup de choses des réponses qui ont été faites à Knives et je pense que Return va le montrer. Cela fait partie du processus global dans la croissance d’une personne en tant qu’artiste et cette évolution se poursuit ; mon projet suivant, je l’espère, continue ce développement.
The Encyclopedia of Malaz a-t-elle avancé ?
Steve et moi en avons fait un premier jet il y a quelques années, donc il existe plusieurs versions incomplètes. Heureusement pour moi, la véritable fiction a pris le dessus – ce n’est pas plus mal ; je pense qu’essayer de compiler un guide exhaustif de tout ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord m’aurait rendu fou.
Avez-vous des buts d’écriture en dehors de Malaz ?
Écrire les romans de Malaz me tient vraiment à cœur mais j’ai effectivement beaucoup d’autres projets d’écriture. J’envisage d’écrire des histoires courtes de science-fiction et j’espère finir par retourner à différents romans de science fiction qui n’attendent que mon attention, de même qu’une série de fantasy pour les jeunes avec un genre d’histoire de voyage dans le temps.
Qui admirez-vous dans la fiction courte ?
Je dois admettre que je ne lis pas beaucoup de fiction courte ces temps-ci. Sur le nombre limité d’auteurs que j’ai lu récemment, je pense que je mentionnerais Michael Chabon, Neil Gaiman, Gene Wolfe et Stephen King. Dans la science fiction, j’aimerais faire un peu de pub pour mon compatriote d’Alaska, David Marusek, dont j’aime beaucoup les histoires courtes.

Je voudrais remercier M. Esslemont de nous avoir rejoints pour cet entretien.

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