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Un (court) entretien avec Ian Cameron Esslemont

Par Gillossen, le jeudi 14 juin 2007 à 14:30:28

Il est le co-fondateur du monde de Malazan, dans lequel écrit également Steven Erikson, et pourtant, il a fallu un moment à Ian Cameron Esslemont pour se faire lui-même éditer avec Night of Knives chez Bantam.
En espérant que ses propres romans puissent également voir le jour en français, voici dès maintenant pour vous la retranscription d'une interview parue dans la revue anglaise SFX Magazine.

Les questions et les réponses !

Parlez-vous un peu de la création du monde de Malazan avec Steven ?

Ian Cameron Esslemont : Nous avons créé le monde petit à petit, en tant que soutien pour nos dialogues dans le genre fantasy. C’était un jeu, oui, mais au sens large du terme parce qu’il n’y avait plus de règles depuis un moment : il était question d’emphase et de profondeur mythique joués par des personnages. Chaque continent ou sous-continent créé nous suggérait le suivant. Chacun essayait de dépasser l’autre en terme de d’invention et de réalisation, ou de réelificiation (traiter quelque chose d’abstrait comme si c’était vrai) des thèmes, et la sensation d’une rude profondeur du réalisme qu’il nous semblait manquer au genre – un oxymore, je suppose, du réalisme dans la fantasy.

Pouvez-vous nous parler un peu du livre ?

ICE : Night of Knives raconte l’histoire d’une nuit importante dans l’histoire de l’Empire Malazan et pour le monde en général. C’est la nuit de l’Ascension de nouveaux dieux potentiels – les dieux de l’Ombre – mais aussi la nuit où des choix personnels mineurs de personnages trop humains vont changer la direction de leurs vies, et se mouvoir pour aller donner forme à bien plus. C’est court mais dense, et cela répond à beaucoup de questions sur le monde que se posent les lecteurs de Steven : comment est-ce que Surly/Laseen est arrivée sur le trône, la chute de Dassem « Epée de l’Epire ». Mais le roman a été écrit il y a longtemps, c’est peut-être le second travail sur Malazan achevé après notre scénario co-écrit Gardens of the Moon (si ma mémoire est bonne). Je pense que, même alors, Steven et moi avions conscience que cette nuit valait la peine d’être abordée. J’ai conservé le manuscrit longtemps avant que les encouragements de Steven le ramènent en circulation.

Y avait-il un peu de frustration à voir Steven publié si longtemps avant vous ? Etes-vous restés en contact ?

ICE : De la frustration ? Mon dieu, non ! C’était plutôt l’inverse en fait. Le succès de Steven nous a offert la possibilité de révéler l’intégralité de notre création fantasy. Je dois ajouter que ce n’est pas évident. Ce que nous avons fait reste assez rare, collaborer sur le même monde et publier de manière séparée, je n’ai d’ailleurs pas d’autre exemple. La co-écriture est assez commune, mais c’est généralement sur un roman en particulier ou sur une série. Certaines séries où le monde est partagé viennent à l’esprit, mais une fois encore, il s’agit souvent d’auteurs invités à ajouter des tomes plutôt que d’une collaboration depuis le début. Et, est-ce que nous sommes restés en contact ? Absolument. Nous continuons à échanger dans la continuité, ou sur le destin de tel ou tel personnage, ou sur la manière dont ce qui s’est passé à un endroit affecte les choses ailleurs.

Que faisiez-vous avant d’être écrivain ?

ICE : Après que ma femme et moi soyons rentrés d’Asie du sud-est, où nous avons vécu pendant 4 ans, nous avons travaillé sur nos doctorats de littérature. Nous avons tous deux fini par nous intéresser à la période Victorienne. Elle a soutenu sa thèse depuis, et moi j’étais en train de l’écrire lorsque Bantam a proposé de m’éditer. Le choix n’a pas été trop dur car l’écriture a toujours eu ma préférence. Je vais finir les romans de Malazan (si je peux) et puis, si possible, enchaîner sur d’autres projets.

Pouvez-vous nous parler de la suite du livre ?

ICE : Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une suite. C’est le second de ma série de cinq (ou peut-être six) romans sur Malazan. Je viens juste d’en envoyer un aperçu à Bantam. Son titre de travail est Return of the Crimson Guard, cela parle évidemment du retour de cette compagnie de mercenaires voués à la destruction de l’Empire Malazan, mais on en apprend également beaucoup plus (évidemment). Le manuscrit de ce roman a lui aussi été écrit il y a bien longtemps et s’attarde sur des personnages tels que Greymane, Traveller, Blues et Skinner. Je suis heureux que de nombreux fans du monde s’intéressent à ces personnages, ceux dont Steve et moi pensions il y a déjà longtemps qu’il fallait les développer. Brièvement, je peux dire que la compagnie revient à Quon Tali où elle trouve le continent déchiré par une guerre civile, précipitée par la politique de l’Impératrice Laseen et ses calculs cruels. L’opportunité se présente alors de jouer les faiseurs de roi, mais pour qui ?

Parlez-nous un peu de votre vie en Alaska.

ICE : Tout d’abord, je suis de Winnipeg, alors le temps n’est pas vraiment un problème. Evidemment, -40°C c’est froid, mais j’avais l’habitude d’aller à l’école dans une veste de velours côtelé pendant tout l’hiver ! (je n’arrive pas à croire que j’étais aussi stupide). Ma femme et moi nous sommes rencontrés à Fairbanks. Nous vivions alors sans eau courante ou plomberie. Courir aux dépendances extérieures tout l’hiver demande une certaine discipline, je peux vous le dire. Mais, maintenant, avec des enfants, nous avons vendu et nous avons une plomberie et de quoi chauffer la maison. Et, à part les bandes de chiens qui courent dans les bois alentours et les orignaux dans les rues, c’est comme n’importe quelle ville d’Amérique du Nord. Je pense qu’il y a une beauté particulière à la lune de cobalt sur la neige. Ca me rappelle mon enfance à Winnipeg. A part qu’ici, les bons jours, on peut voir les montagnes de la chaîne d’Alaska et de Denali (Mont Mac Kinley).


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