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Interview de Ian C. Esslemont - Return of the Crimson Guard

Par Nak, le jeudi 30 octobre 2008 à 10:08:00

nullPeu de temps après la promotion de Toll the Hounds par Steven Erikson qui annonçait de grandes choses dans le monde de Malazan, voici pour vous une interview traduite de son collègue et grand ami, Ian Cameron Esslemont (dit Cam le plus souvent, apparemment... pour preuve je vous renvoie aux interviews de Steve), qui confirme ces grandes choses. Cam fait dans cette interview la promotion - entre autres - de son prochain roman à paraître, Return of the Crimson Guard, celui-ci étant sa seconde contribution au monde de Malazan.

L'interview en anglais peut se consulter sur le site de Pat.

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L'interview traduite

Sans rien dévoiler, pouvez-vous nous donner un avant goût de ce récit qu'est Return of the Crimson Guard ?
Si je devais le résumer autant que possible, je suppose que je dirais que c'est à propos du besoin erroné de se raccrocher au passé alors que le monde a changé (comme il le fait inévitablement) – l'incapacité à laisser aller quand la sagesse dirait qu'il le faut – et les conséquences d'un tel échec. Ce serait l'un des grands thèmes conducteurs.
Jusqu'ici, êtes-vous satisfait de la réponse de vos fans à votre seconde contribution à Malazan ?
Oui beaucoup ! Je suis très reconnaissant pour l'accueil et le support du gang sur le site internet de Malazan. Les contributeurs (tous d'actifs fans !) n'ont pas eu besoin d'être si impartiaux. C'était le souhait de Steve et le mien que notre contribution combinée à Malaz ajoute simplement un peu de plaisir et de profondeur à chacun.
Parlez-nous un peu de vous. Quel est le numéro des renseignements pour Ian Cameron Esslemont ?
Hum, vous me demandez mon numéro de téléphone là ? Vous voulez dire, quel est le lien entre moi et l'écriture de la fantasy ? La découverte, je suppose. Comme pour une fouille archéologique, tout est à propos de trouver ce qui est là. Chaque fois que j'écris quelque chose, je ne peux pas m'empêcher d'avoir un grand sourire quand je me prépare à découvrir ce qui vient après, ou ce qui couve sous ce qui vient d'arriver.
Vous n'allez probablement pas partir en tournée pour promouvoir ce roman, mais y a-t-il des arrivées prochaines dont vous voudriez faire part aux fans de Malazan ?
Et bien, j'étais préparé à aller à Calgary pour la Convention annuelle du Monde de la Fantasy, mais en tant que Canadien vivant aux Etats-Unis, des problèmes d'immigration se sont interposés et je ne pense pas que je vais pouvoir y aller. Ce qui est vraiment trop moche parce que Steve et moi on passe du bon temps à cette convention et je me réjouissais vraiment de retrouver tous ceux que je vois généralement là-bas.
La majorité des lecteurs semble s'accorder sur le fait que Return of the Crimson Guard apporte véritablement une amélioration à Night of Knives en termes de style d'écriture. Malgré cela, quelles seraient vos faiblesses, ou les aspects de votre métier que vous penseriez devoir travailler ?
Je suis très reconnaissant d'entendre ça. L'amélioration ne vient pas nécessairement avec la pratique et la répétition (après tout c'est bien possible de ressortir encore et encore le même truc…). Si je devais faire un auto-diagnostique, je pense que je devrais dire que ma faiblesse reste le flot et l'élégance de la prose. Je suspecte fortement que ça ne partira jamais et que je devrai continuellement me battre contre ça. Mais ça ne me démoralise pas trop – ça reste une inquiétude du métier, l'une de celles qui peut être travaillée de la même manière qu'un charpentier peut parfaire ses plus beaux travaux. Ce n'est pas comme si je manquais de matériel.
Partager les fonctions d'écriture pour le monde de Malazan avec Steven Erikson conduit inévitable à vous comparer tous les deux. Qu'est-ce que vous ressentez à ce propos, surtout quand on considère que Steven est un très bon ami à vous ?
Ouais, c'est inévitable. Ca ne m'agace pas puisque, de mon point de vue, Steve est l'un des meilleurs praticiens du genre. Je pense que mon propre travail et particulièrement le Return, bien que n'étant pas de la classe de Steve, n'est pas mauvais quand on le compare au reste des trucs de fantasy épique qui sont là dehors. Et le travail de Steve place toujours la barre suffisamment haut pour m'encourager et m'inspirer.
Quel challenge est-ce pour vous de découvrir votre propre voix, non seulement en tant qu'écrivain mais aussi en tant qu'écrivain qui se jette dans un monde déjà établi ?
Pour moi, trouver ma propre voix n'était pas un problème en soi. Avec Malaz je n'ai pas eu de difficultés puisque je ne suis pas vraiment nouveau dans ce monde. En tant que co-écrivain, ma voix a été présente tout du long ; ainsi que le montre l'alignement sans heurts réalisé par le Return. Plus largement, puisque je ne me concentre pas sur la stylistique, j'insiste naturellement sur le contenu plutôt que sur la forme. Mon espoir est que le matériel va être suffisamment puissant pour justifier sa place sur la scène et j'ai de plus en plus confiance en cet espoir.
Pouvez-vous nous faire un rapport sur les progrès de Stonewielder ? Pouvez-vous avancer une date de parution à ce stade ?
Pas de date de parution. Bantam et moi sommes toujours en négociations concernant les futurs tomes de Malaz. Je suis très confiant, mais les problèmes économiques actuels m'inquiètent… ce n'est pas le meilleur moment pour entrer sur le marché (quoique quand les temps sont plus durs, la demande pour les distractions et la prétendue évasion du réel devienne de plus en plus forte).
Pouvez-vous nous donner un petit résumé concernant Stonewielder ? (ALERTE SPOILER : Ne pas lire si vous n'avez pas lu Return of the Crimson Guard).
Stonewielder s'ouvre sur le subcontinent connu notamment sous le nom de Korel ou Fist. A nouveau, comme pour Deadhouse Gates, ou Return, le roman va servir à étoffer la région et son cadre, à travers la réponse ou le développement de certains thèmes ou questions. Par exemple, j'ai compris en lisant certains liens sur le site de Malaz que de nombreux lecteurs étaient troublés par l'apparition des Riders, ou des Stormriders, dans Knives (et ailleurs). Les lecteurs vont avoir la possibilité de décider si Stonewielder répond à toutes ces inquiétudes et ces réserves. Les évènements suivent le Return de près et sont centrés sur une nouvelle offensive de Malazan menée par le nouvel Empereur, Mallick Rel.
Dans une interview précédente, vous avez mentionné combien vous aviez apprécié d'écrire Return of the Crimson Guard. Est-ce que Stonewielder a été aussi plaisant à écrire, ou bien cette tentative a-t-elle été plus difficile ?
Je dois avouer que je trouve Stonewielder plus difficile. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être est-ce parce que je suis décidé à pousser mon écriture plus loin encore, comme je l'avais essayé pour le Return. Ce que ça donne est un rythme plus lent, un projet davantage centré sur les personnages. Certains lecteurs y seront probablement imperméables, mais, dans le même temps, d'autres seront emballés. Chaque travail trouvera sa propre audience. Et par plus lent, je veux dire que c'est moins une course folle comme dans Return.
A quel endroit dans la chronologie Stonewielder a-t-il lieu ?
Un tout petit peu moins de deux ans après le Return.
L'art de dessiner des couvertures est devenu un sujet très à la mode dernièrement. Quelle est votre opinion concernant cet aspect d'un roman et que pensez-vous des couvertures qui ornent à la fois Knight of Knives et Return of the Crimson Guard ?
Je crois que j'ai été extraordinairement chanceux de profiter de cet art. Je suis très content de tout le travail qui a été fourni. J'en frissonne quand je regarde autour de moi et que je pense à ce qui aurait pu être mis sur le projet. La précision ou l'identification de certains personnages ne devrait pas être au centre de la question ici. Je pense que l'œuvre devrait éveiller l'intérêt par l'humeur et l'atmosphère qu'elle transporte – vraisemblablement en reflétant le contenu.
De plus en plus, les auteurs/éditeurs/journalistes/agents découvrent le potentiel de tous les blogs/sites web/forum de SF/F sur Internet. Gardez-vous un œil sur ce qui fait l'objet de discussions là-dessus, surtout si cela vous concerne ? Ou bien est-ce une trop grande distraction ?
Je dois avouer que je ne traîne pas sur le site de Malaz (sans vouloir manquer de respect à quiconque). Selon moi, un auteur ne devrait pas essayer de rassembler les interprétations sur son travail, ou essayer d'expliquer ce qu'elles veulent dire. Ce n'est même pas admis dans les ateliers d'écriture correctement organisés. En revanche, cela ne veut pas dire que je ne pense pas que les sites et les forums soient importants ou légitimes. Au contraire. Je vois cela comme une fantastique opportunité pour une communauté de se rassembler. Comme Internet ramène à lui un plus grand pourcentage de la population, a une plus grande portée, il va, je pense, devenir la source majeure pour les remarques en général et même pour la création de communautés. Les vieux jours des newsletters photocopiées pour les fans semblent être loin maintenant.
Steven Erikson a récemment révélé ses projets pour écrire d'autres livres sur Malazan dès qu'il aura terminé sa série principale. Avez-vous des projets pour d'autres livres sur Malazan quand votre série touchera à sa fin ?
Pas de projets pour d'autres romans sur Malazan pour le moment. Par contre je reste ouvert à cette idée tant que je serai enthousiasmé et amusé par les histoires et les personnages de ce monde.
Selon moi, les séries de fantasy ne deviennent pas plus complexes que les livres de Malazan. En tant que co-créateur, vous sentez-vous toujours en contrôle de votre création ou s'est-elle éveillée d'elle-même et vous a-t-elle simplement laissé rapporter les évènements comme ils se présentent ?
Je pense que toute création artistique doit avoir sa vie propre, car dans le cas contraire, elle est morte. Le monde de Malazan continue d'offrir cela à un certain degré artistique – au moins de mon point de vue. Et tant que cela continue, je serai heureux de travailler avec.
Quand la série a été conçue à l'origine, qu'est-ce qui vous a conduit vous et Steven à la présenter contre une toile de fond de fantasy ? Je pouvais aussi voir la série de Malazan en Science-fiction (encore que peut-être pas juste sur une seule planète !).
C'est marrant ça. Je ne l'ai jamais vue autrement qu'ainsi. Steven peut-être, je ne sais pas. A cause de nos intérêts communs en archéologie et en histoire, je ne vois pas comment le monde aurait pu sortir autrement. C'est étrange, mais quand j'essaie de faire de la SF avec des vaisseaux spatiaux et des lasers, ça semble juste ridicule et faux – inventé – tandis que la fantasy fondée sur une base historique avec de la magie semble parfaitement réelle et légitime parce que, après tout, cela a été la grande majorité de l'expérience humaine.
Avez-vous des projets pour écrire une fiction (longue ou courte) hors du monde de Malazan ?
Une question qui suit parfaitement la précédente. Oui, je suis en train d'écrire hors du genre. J'écris plus ou moins tout ce que je veux – selon ce qu'un projet particulier peut demander. Je travaille sur un roman pour ados par exemple. Et sur un projet de SF, mais du genre qui reste collé aux vérités de l'expérience humaine.
En tant que résident de l'Alaska, je ne peux que penser que vous devez être un expert de la politique étrangère russe – comment cela influence-t-il vos écrits !?!
Ah ! Oui. Et bien… En tant que non-Américain je pense que je devrais passer cette question-là ; sauf pour dire qu'un pays, autre que la Russie, est encore davantage à la frontière avec l'Alaska.
Que pensez-vous de l'utilisation des cartes dans les livres de fantasy ? Jusqu'ici, les vôtres semblent assez légers en ce domaine comparés à ceux de Steven, et nous n'avons même eu aucune carte de Korel ou de Stratem dans Return of the Crimson Guard.
Toutes les cartes de Malaz qui ont été présentées jusqu'à maintenant sont issues de nos développements communs (avec seulement une ou deux exceptions, Lether, par exemple, quoique Steve et moi y avons même joué il y a longtemps). Il est vrai qu'en tant qu'artiste Steve a dessiné la plupart d'entre elles (que nous avons ensuite inséré dans les romans). Return comporte une carte de Quon Tali, comme il se doit puisque la plupart de l'action se déroule là-bas. Stonewielder aura une carte du subcontinent de Korel, etc. De mon point de vue, les cartes sont d'une importance vitale, pas à ce point que le lecteur puisse ensuite conter le kilométrage ou autre, mais plutôt pour apporter le parfum de l'âge, comme les divergences, les points morts, et les suppositions sont standards pour la création pré-scientifique des cartes.
Vous avez déjà dit que vous et Steven collaboriez sur un cadre hors de toutes les histoires de la série, mais la même chose s'applique-t-elle aux thèmes ? Quand vous vous penchez là-dessus, quels sont les thèmes qui représentent les livres de Malazan ? Est-il seulement possible de les résumer facilement ?
Oui, notre collaboration s'applique de façon encore plus importante aux thèmes puisque ceux-ci sont vraiment la raison d'être de tout le projet. Steve et moi nous entretenons à propos de ces mouvements plus larges bien plus que pour les petits détails (qui peuvent varier et ne sont de loin pas aussi importants que le message d'ensemble).
Quant à résumer ce dont la série parle – yeuk ! Si je devais m'y essayer de mon point de vue, je vois la série comme une tentative, à l'intérieur du genre de la fantasy, de faire plus que la toile de fond médiévale habituelle pseudo-européenne ou grecque ou autre, avec la magie et les épées, mais plutôt comme une tentative d'entrer dans une tradition culturelle nettement différente qui est au premier abord intéressante, mais aussi dérangeante et troublante (comme cela devrait être).
Un mot sur cet incertain marché à propos du livre américain ?
Tor a pris à la fois Knives et Return pour la sortie américaine.
Il semble qu'il y ait beaucoup de fantasy ambitieuse et innovatrice ces derniers temps. Ayant été assez critique à ce sujet par le passé, que pensez-vous du genre aujourd'hui ?
L'espoir subsiste. L'espoir subsiste toujours. Un travail fascinant est réalisé quasiment à la marge du genre. Haruki Murikami, par exemple, qui a été sélectionné pour de prix du World Fantasy l'année dernière. Il fait de la fantasy, bien que cela ne soit pas toujours conforme aux définitions traditionnelles strictes. Michael Chabon semble incapable de se placer complètement hors d'atteinte du genre. Regardez son histoire non conventionnelle The Yiddish Policemen's Union. Ou, plus près du courant traditionnel, regardez The Historian d'Elizabeth Kostova.
Toutes mes excuses si je me suis un peu éloigné avec cette réponse, ce genre de questions fait ressortir de moi l'étudiant en littérature.
Y a-t-il quelque chose que vous voudriez ajouter ?
Non, je crois que c'est à peu près tout. Un grand merci à tout le monde. C'est toujours un plaisir de parler de toutes choses concernant Malaz.

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