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Glen Cook, baroudeur des interviews

Par Deedlit, le mercredi 11 mars 2009 à 20:01:56

Glen CookPatrick Saint-Denis de Pat's Fantasy Hotlist interviewait dernièrement Glen Cook à l'occasion de la sortie américaine des compendiums de la Compagnie Noire. Eh oui, pour une fois les Français sont en avance à ce niveau-là (avec en sus de magnifiques couvertures de Didier Graffet - même Glen Cook le reconnait) !

Mais trêve de cocorico, et place à la traduction. Enjoy !

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L'interview traduite

Sans rien nous dévoiler, que pouvez-vous dire à vos lecteurs sur votre série de La Compagnie Noire ?
C'est peut-être quelque chose de générationnel, ou une façon différente de considérer ce que les autres auteurs font, mais je ne comprends pas du tout cette question. Les livres sont là. Ils sont la réponse. Qu'est ce qui pourrait être dévoilé ? Qu'y a-t-il de plus à dire ?
Peut-être pourriez-vous préciser votre question.
Vous devez être comblé de voir que La Compagnie Noire et Les Livres du Sud sont réédités en édition omnibus par Tor Books vingt ans après leur première sortie ? Et qu'en est-il de l'édition omnibus de Dread Empire chez Night Shade Books ?
J'ai vraiment détesté l'idée d'omnibus de La Compagnie Noire. Les livres étaient tous disponibles en librairie, tout le temps, dans un format qui convenait aux étagères des gens. Mais ils ont eu un grand succès commercial. Le premier en est déjà à sa cinquième réimpression. J'ai préféré la réédition de Dread Empire de chez Night Shade car ils ont réimprimé des livres qui n'étaient plus disponibles depuis des années.
Pensez-vous qu'il en sera bientôt de même pour la série de La Pierre Scintillante ?
Je ne sais pas. En général je le découvre quand quelqu'un me demande de lui dédicacer un exemplaire.
Que diriez-vous à des lecteurs potentiels de votre série des Instrumentalités de la Nuit ? En prévoyez-vous une suite ?
Cette série se déroule dans une Europe du XIIIe siècle alternative, dans un environnement imaginaire mais tout à fait plausible, et où l'énergie magique ambiante permet l'existence de toutes sortes de dieux et démons. C'est aussi une expérience avec une intrigue picaresque. En plus des deux titres déjà publiés, il y aura Surrender to the Will of the Night (fini et remis à l'éditeur) et Working the God's Mischief, qui est à moitié écrit.
Dites-nous en plus sur Garrett Détective Privé.
Question plutôt vague. Il s'agit d'enquêtes américaines se déroulant dans la ville imaginaire de Tonnefaire, où toutes les affaires de Garrett ont quelque chose de fantastique.
D'après vous, qu'est ce qui fait votre force en tant qu'écrivain/auteur ?
Je ne sais pas si j'ai une réponse. Je ne pense pas à ce genre de choses. Certaines personnes disent que ce sont mes intrigues, d'autres mes personnages.
Si vous pouviez revenir en arrière, quel conseil donneriez-vous au jeune Glen Cook ?
D'utiliser tout son argent pour acheter des parts chez Microsoft. Et peut-être d'être plus gentil avec sa femme. Ce n'est pas évident d'être mariée à un écrivain.
La saga de La Compagnie Noire est devenue culte pour de nombreuses personnes. Bien qu'elle n'ait jamais fait pas partie des "classiques", ce doit être une grande fierté pour vous de voir qu'elle a toujours du succès ?
C'est une des questions que je n'ai pas vraiment comprise. J'avoue apprécier le fait que la série de La Compagnie Noire n'ait jamais été épuisée. Et je suis particulièrement fier qu'elle ait si bien marché à l'étranger, ce qui en fait ma principale source de revenus.
Quel a été le déclic qui vous a conduit à écrire les livres de La Compagnie Noire ?
Il n'y a pas eu de déclic particulier. J'ai eu des idées. J'ai écrit certaines d'entre elles. La seule chose inhabituelle ici a été que le point de vue de départ était celui des "méchants".
Les personnages semblent souvent mener leur propre existence. Pour lequel d'entre eux votre écriture est-elle la plus imprévisible ?
Les habitants de la série de Garrett sont les plus obstinés et les plus expansifs. Quand ils commencent à se mouvoir, je m'assois et je les laisse faire. Ils ne vont jamais là où j'aurais pensé qu'ils iraient en commençant. Aucun de ces livres n'est celui que j'avais prévu d'écrire.
Y a-t-il certaines conventions du genre fantasy que vous souhaitiez détourner ou avec lesquelles vous vouliez rompre en écrivant La Compagnie Noire ?
(Il n'y a qu'une seule série de La Compagnie Noire. Les sous-titres, c'était une idée des éditeurs.) Mais non. Rien d'autre que de raconter l'histoire du point de vue des méchants, ce qui était inconscient au départ. Wow ! Ce n'est pas un coup de théâtre ça ? Une sacrée décision. Je n'ai jamais considéré La Compagnie Noire comme particulièrement différente. Certaines personnes semblent ne pas être d'accord.
Avec du recul, ne peut-on pas dire que la fantasy du milieu des années 80 n'était pas vraiment prête pour la série de La Compagnie Noire ? La fantasy était dominée par des monstres du genre tels que David Eddings, Terry Brooks et Raymond E. Feist à l'époque. Pensez-vous que votre série était trop novatrice du point de vue du style et du ton ?
Encore une question que je ne comprends pas. Le monde devait être prêt pour tout ce que les gens auraient pu considérer comme différent car la série ne s'est jamais épuisée et mes éditeurs m'ont toujours poussé à écrire plus vite. Les livres se vendent toujours bien. Qu'en est-il des autres auteurs?
Cela fait plus de trente ans que vous écrivez des romans et des nouvelles. Qu'est ce qui a le plus changé dans la fantasy depuis que vous avez commencé ?
Je ne sais pas, sauf peut-être le fait que les gars qui se sont fait un nom en réécrivant Le Seigneur des Anneaux ne s'en sortent pas si bien aujourd'hui. Je ne suis pas J. D. Salinger mais je ne fais pas non plus attention à ce que font les autres. J'écris des livres. Je les envoie à mon agent. Il trouve quelqu'un pour les publier. Oh, si, j'ai remarqué que les livres ont tendance à devenir de plus en plus épais, mais leur volume diminue maintenant.
Est-ce que vos intrigues ont évolué depuis que vous avez commencé à écrire La Compagnie Noire ou au contraire sont-elles plus ou moins semblables à ce que vous aviez envisagé au départ ? Avez-vous ajouté des personnages, ou certains ont-ils pris plus d'importance que vous n'en aviez l'intention au départ ? Avez-vous apporté des changements à vos plans initiaux au cours de l'écriture de la série ? : Après y avoir réfléchi pendant plusieurs jours, je crois que je comprends enfin ce que vous voulez dire. Tout d'abord, La Compagnie Noire ne devait être au départ qu'un seul livre, un seul roman faisant partie d'une série d'autres romans. Seulement l'un d'entre eux a été publié indépendamment avant que mon agent ne vende le livre à Tor. L'éditeur là-bas n'aimait aucun des personnages. Mais elle a avoué qu'elle n'arrivait pas à se sortir le livre de la tête. Alors nous nous sommes saoulés et avons trouvé un accord
je devais en faire une trilogie. Mais lorsque j'ai fini La Rose Blanche, je savais quelle tournure allait prendre l'histoire, grosso-modo, jusqu'à la fin de La Pierre Scintillante. Ce qui devait faire un livre de la taille des autres, et qui au final en a fait six, vraiment énormes.
Je ne fais pas de résumé. En général je commence avec une vague idée du point où je veux arriver, en laissant les interactions entre mes personnages m'y mener.
Beaucoup d'auteurs de fantasy ne lisent rien dans leur propre genre. Est-ce le cas pour vous ? Sinon, quels auteurs admirez-vous ?
En dehors de Steven Erikson je ne lis rien qui ressemble à ce que j'écris. Les auteurs de livres de fantasy que j'attaque le jour même où ils sortent incluent Tom Holt, Terry Pratchett, Diana Wynne Jones et Tamora Pierce.
De plus en plus, les auteurs/éditeurs/publicistes/agents se rendent compte du potentiel des blogs/sites internet/forums de Science-Fiction et Fantasy sur Internet. Vous intéressez-vous à ce qu'il s'y dit, particulièrement lorsque ça vous concerne ? Ou est-ce une perte de temps ?
Non. Je ne crois pas que je saurais comment trouver ça de toute façon. Ca me semble être une énorme perte de temps. Quand j'ai du temps pour me distraire, je regarde un match, un épisode des Experts, et je me permets même parfois un de mes vices secrets, comme Power Rangers ou InuYasha. Ou bien je lis un livre.
Les illustrations de couvertures sont devenues un sujet de discussion controversé ces temps-ci. Que pensez-vous de cet aspect des romans, et plus particulièrement des couvertures de vos propres livres ?
En général j'essaie d'éviter de m'en mêler et de pleurnicher. On n'a aucun contrôle là-dessus. Avec un peu de chance, on tombe sur un directeur artistique qui nous ménage un peu. Cela dit, il y a des couvertures que j'ai aimées. Comme celles d'Hildebrandt pour les six premiers tomes de Garrett Détective Privé. Les couvertures des premières éditions françaises de La Compagnie Noire de Didier Graffet sont géniales. Ou les couvertures des six premiers livres de La Compagnie Noire ici, car elles ont été peintes par un très bon ami. Bien qu'elles soient un peu primitives, elles ont vraiment quelque chose à voir avec ce que les livres racontent. Et quelques autres encore...Mais en général, les illustrations de couvertures sont moins bonnes à l'étranger.
L. E. Modesitt Jr a déclaré un jour que Tom Doherty était un des hommes les moins appréciés de la fantasy. Qu'en pensez-vous ?
Je ne saurais dire si les autres aiment ou pas Tom. Moi j'apprécie cet homme. Son équipe et lui ont été très bien avec moi. Il semble qu'il ait réussi à faire avancer à la fois beaucoup de très bons auteurs et d'écrivains qui ont eu un grand succès commercial.
Honnêtement, pensez-vous qu'un jour la fantasy sera reconnue comme de la littérature à part entière ? Pour vous dire la vérité, je pense qu'il n'y a jamais eu autant de bons livres que maintenant, et pourtant on montre peu, voire pas du tout, de respect envers ce genre.
Franchement, c'est le cadet de mes soucis. Les bonnes choses resteront. Et pas les médiocres. Qui se soucie des théories intellectuelles d'un professeur ? Jack London et Charles Dickens, Robert E. Howard et H. P. Lovecraft, étaient tous considérés comme des écrivaillons. Et leurs livres sont tous en librairie aujourd'hui. Et pour la plupart, ils sont encore méprisés par les pseudos grands esprits de la littérature. De mon point de vue, je pense que de trop nombreuses personnes associées au genre de la fantasy prennent tout cela bien trop au sérieux. C'est un défaut chez les Américains en général. On a tous l'air d'avoir envie de trouver une chose ou deux qu'on veut à tout prix prendre trop au sérieux.
Quel souvenir voudriez-vous laisser en tant qu'auteur ? Quel héritage voulez-vous laisser ?
En parlant de "trop se prendre au sérieux", ma réponse est : je n'en ai vraiment rien à faire. J'espère juste qu'il restera des royalties pour que ma femme ait quelques revenus supplémentaires. Sinon, j'espère suivre les pas de Bulwer-Lytton ... Cela dit, maintenant que j'y pense, il nous a légué son C'était durant une nuit sombre et tempétueuse... Il y a peut-être quelque chose de ce genre dans mon oeuvre...
Quel est le prochain projet auquel vous allez vous attaquer ?
Les projets en cours sont le dernier livre des Instrumentalités, Working The God's Mischief, le prochain roman de Garrett Détective Privé, dont le titre provisoire est Gilden Latten Love(rs), un nouveau tome de Dread Empire dont le titre provisoire est A Pass To Coldness Of Heart, et un tome de La Compagnie Noire dont le titre est Port Of Shadows.
Une déclaration pour vos fans ?
Merci. Et arrêtez une fois pour toutes de prendre ça tellement au sérieux. Alors sortez d'ici et courrez acheter des copies de secours de mes livres, j'ai des enfants à la fac moi!

Article originel par Patrick St-Denis, le 29 janvier 2009.
Traduction réalisée par Deedlit


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