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Qushmarrah, le prix de la liberté

Titre VO: The Tower of Fear

ISBN : 978-284172357-7
Catégorie : Aucune
Auteur : Glen Cook

À la fois proche de l’univers de la désormais célèbre Compagnie noire (sorcières, nécromants, guerriers féroces ou fourbus, stratèges rusés et complots diaboliques) et éloigné de cette saga par le cadre où se déroule son récit, Qushmarrah n’est pas sans évoquer quelque fantasmagorique guerre Punique dans laquelle Qushmarrah jouerait le rôle de Carthage et Hérod celui de Rome.
D’une Rome tout aussi cruelle, dominatrice et impérialiste que la moderne Amérique. Car le sujet est cette ville conquise par trahison et occupée depuis six ans par les Hérodiens, une ville résistante, hantée par le retour possible de son maître assassiné, Nakar, prêtre-sorcier de l’ancien dieu sanguinaire de Qushmarrah.
Une ville aux nerfs portés à vif par les enlèvements réguliers d’enfants de six ans, mais une ville qui cherche aussi à mener de nouveau une vie normale. De multiples factions animées par des personnages sincères et touchants illustrent magistralement les ambiguïtés et les dérapages qui attendent toute résistance…

Critique

Par Belgarion, le 06/02/2007

Les lecteurs qui ont déjà suivi Glen Cook découvriront avec plaisir ce roman one shot qui se déroule dans une ville qui n’est pas sans rappeler par certains aspects la grande Carthage aux alentours du 2ème siècle avant Jésus Christ.
Sous la plume sèche de l’auteur, on y retrouve en effet l’ambiance exotique, chamarrée mais sombre, décrite notamment dans Salammbô de Gustave Flaubert, et les parallèles entre Carthage et Qushmarrah ne manquent pas. Néanmoins, on peut plus parler d’inspiration dans un monde de dark fantasy que d’uchronie à cause des anachronismes.
Les amateurs de la Compagnie noire ne seront pas désorientés à la lecture de ce livre. Ils se retrouveront même en terrain connu car Qushmarrah n’est pas sans évoquer les évènements qui se sont produits à Génépi dans le château noir - bien que le monde soit différent - avec notamment l’alternance de narrateurs réunis autour d’une figure centrale qui est ici Aaron l’artisan. Ville occupée, trahisons, intrigues de Cour, révolte sous-jacente, rapts, meurtres, agent triple ou quadruple se croisent de manière débridée jusqu’à la fin.
Tout au long des 440 pages, Glen Cook maîtrise admirablement son histoire et crée la surprise à de nombreuses reprises pour parvenir à une conclusion douce amère qui lui est propre.
On retrouve aussi dans ses personnages le refus de distinction entre le Bien et le Mal où chaque homme ne constitue qu’un entrelac de causes et de conséquences. Ainsi, le traître qui a fait chuter la ville de Qushmarrah et le voleur d’enfant ne sont pas irrécupérables car tout le monde a sa propre part d’obscurité. Si les caractères durs et partagés des protagonistes sont bien travaillés, on ne s’enthousiasme malgré tout pas autant que pour les héros de la compagnie comme Toubib ou Madame. Cela est sans doute dû au format court de l’histoire qui empêche de mieux les connaître, mais aussi à cause du fait qu’il est difficile de prendre cause pour une partie par rapport aux autres.
Qushmarrah ne dépareille cependant pas en qualité des autres écrits de Glen Cook, et les amoureux de l’auteur ou de dark fantasy peuvent s’y précipiter les yeux fermés.

8.0/10

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