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Interview de R. Scott Bakker - The White-Luck Warrior

Par Nak, le samedi 6 août 2011 à 16:15:04

Partie 2 de l'interview

On voit que l’interprétation de la damnation est locale dans le sens où, par exemple, la sorcellerie est passible de damnation à Momemn mais pas à Shimeh. Est-ce que la réalité de la damnation est également locale ? En particulier, est-ce qu’un Cishaurim qui meurt dans les rues de Carythusal est damné ?
La damnation n’est pas locale. Il y a des façons bonnes et mauvaises de croire en Eärwa, ce qui veut dire que des nations entières seront damnées. Mais puisque la question de qui sera sauvé et qui sera damné est une pierre angulaire de l’intrigue de The Aspect-Emperor, je ne peux pas en dire beaucoup plus.
Le caprice de l’Extérieur (où la distinction entre sujet et objet n’est jamais claire) est tel que les rares âmes qui en empruntent le chemin et qui reviennent ne sont jamais d’accord sur la nature de ce qu’ils ont vu. Puisque seuls les Ciphrang démoniaques (au contraire des angéliques) peuvent être invoqués et enfermés dans le Monde, les praticiens du Daimos ne peuvent jamais se fier aux rapports qu’ils reçoivent : les prétendues Archives de la Damnation dans les Scarlet Spires sont supposées être pleines de folles contradictions. Les Damnés eux-mêmes savent uniquement qu’ils sont damnés, jamais pourquoi.
Au contraire des Gnosis et Anagnosis, le Psukhe semble descendre directement des humains (plutôt que des Nonmen). Est-ce que les Nonmen ont eu quelque chose à voir avec le Psukhe ? Est-ce que les hommes avant Fane ont eu quelque chose à voir avec le Psukhe ?
Avant Fane, le Psukhe en tant qu’art arcaniste était inconnu, bien qu’il y ait des allusions dans des légendes et des insinuations dans des mythes à propos de certain individus aveugles maîtrisant des pouvoirs inexplicables dans des moments de détresse extraordinaire.
Tout se résume au sens dans Eärwa. Quand la sorcellerie est représentation, utilisant soit une forme logique (comme pour les Gnosis) ou le contenu matériel (comme pour les Anagnosis) du sens pour tirer profit des transformations de la réalité, les Psukhe utilisent l’impulsion. Les praticiens du Psukhe s’aveuglent pour voir à travers le quoi et pour saisir le comment, la pure graine performative du sens – la musique, la passion ou, comme les Cishaurim l’appellent, l’Eau. Tout comme un philosophe contemporain le dirait, le Psukhe est noncognitif, il n’a rien à faire avec les différentes versions de la réalité, ce qui est la raison pour laquelle il n’a pas de Marque et reste invisible.
C’est la raison pour laquelle le Psukhe n’est jamais apparu à aucune des autres traditions arcanistes plus anciennes. Comme le dit le dicton, l’homme avec un marteau pense que tout problème est un clou. Pour la grande majorité de l’histoire d’Eärwa, cette possibilité est restée invisible.
Est-ce qu’Aurang a quelque chose de spécial parmi les Inchoroi, en ce qui concerne ses capacités à utiliser la sorcellerie ? Ou est-ce que c’était le cas de tous les Inchoroi, y compris son frère, parmi les Few ?
Les Inchoroi ne sont entrés en possession du Tekne que quand ils sont arrivés en Eärwa. Tous les Inchoroi sont le produit de Greffages successifs, des réécritures de leur génotype à l’échelle de l’espèce, destinées à améliorer leurs différentes aptitudes et capacités, comme la capacité d’accorder les sensations et donc d’explorer les fantaisies et les vicissitudes du plaisir charnel. L’ajout d’appareils vocaux anthropomorphiques est peut-être la plus fameuse de ces améliorations.
Le Greffage qui a produit Aurang et Aurax a été conçu durant les Guerres non-Inchoroi de l’Age C, une tentative malheureuse parmi d’autres pour redessiner biologiquement les Inchoroi afin de surpasser les Nonmen. Mais à ce moment-là ils avaient déjà été distancés par leur débauche, et ils avaient perdu toute compréhension du Tekne. Le Greffage était devenu une question d’hypothèses, plus susceptible de tuer que d’améliorer ceux qui le recevaient. Les Inchoroi ont rempli les Puits des Avortés avec les leurs en ce temps-là.
Aurang et Aurax sont deux des six qui ont survécu à la tentative de Greffe de la capacité de voir les onta.
Wutteat mentionne qu’il a voyagé avec les Inchoroi à travers le Néant, et que Sil le chevauchait. L’Appendice de The Thousandfold Thought explique que les dragons ont été créés après la première confrontation entre les Nonmen et les Inchoroi, où Sil a été tuée. Est-ce que les Inchoroi ont laissé leurs dragons en arrière dans la première bataille ?
Wutteat est le prototype, le modèle génétique que les Inchoroi ont utilisé pour engendrer les Wracu.
Est-ce qu’il y a jamais eu des Nonmen en Eänna ? Et si non, pourquoi ? Ils semblent pourtant avoir eu à la fois le temps, la capacité et l’envie d’une invasion avant que les Inchoroi n’apparaissent. A la place, ils ont simplement fortifié les cols. Pourquoi ?
Les Nonmen ne se reproduisent de loin pas aussi vite que les Hommes. De plus, leur ambition n’est pas particulièrement concernée par la géographie en elle-même. Pour eux, conquérir signifie gagner du pouvoir sur leurs frères : toute autre forme de domination n’appelle que le mépris. C’est la raison pour laquelle ils ont fait si peu attention aux Halaroi en Eärwa, sauf en ce qui concerne leurs besoins en main d’œuvre et en congrès. En ce qui concerne Eänna, ils s’en fichent complètement.
Quand les Inchoroi ont commencé à utiliser les Hommes pour dominer les Aporos et produire les premières Chorae, ils ont donné les premières sphères de magie destructrice aux Sranc, pour découvrir que les créatures étaient bien trop imprudentes. Ayant des habitudes assez fixes et morbides, les Sranc n’accordaient que peu de valeur aux sphères, et étaient donc enclins à les perdre.
Donc les Inchoroi ont commencé à les donner aux Hommes d’Eärwa, espérant les inciter à la rébellion. Mais les Halaroi n’avaient pas les tripes pour réveiller un maître craint, et surtout absent. Les Inchoroi ont ensuite regardé vers Eänna, où les Hommes étaient à la fois plus féroces et plus naïfs. Ils ont donné les Chorae comme présents aux Cinq Tribus, et à une tribu, les Ketyai aux cheveux noirs, ils ont donné une grande défense gravée de leurs saintes lois et de leurs histoires les plus vénérées – ainsi qu’un petit plus sournois : l’impératif divin d’envahir la Terre du Soleil Déchu (Land of the Felled Sun) et de chasser et exterminer les Faux Hommes.
Les Nonmen n’ont reconstruit et renforcé les Portes qu’après les premières grandes invasions migratoires, des générations plus tard.
Que pouvez-vous nous dire sur le niveau d’ingénierie génétique de la Consulte ?
J’adorerais vous parler du niveau d’ingénierie génétique de la Consulte, mais ils insistent pour révéler eux-mêmes l’étendue de leur folle dépravation dans The Unholy Consult.

Interview originelle Partie 2
Traduction réalisée par NAK

  1. Partie 1 de l'interview
  2. Partie 2 de l'interview

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