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Le Hobbit - La Désolation de Smaug : le dossier en ligne

Par Gillossen, le lundi 9 décembre 2013 à 14:00:00

Les Elfes Sylvestres et Esgaroth

En patrouillant dans la Forêt Noire, les Elfes du Royaume des Forêts dispersent les Araignées, mais ce n'est pas par bienveillance envers les Nains. Décrits par Tolkien comme "plus dangereux et moins sages" que les Elfes de la Terre du Milieu, les Elfes Sylvestres, sous le règne du Roi Thranduil, mènent l'attaque avec férocité et dextérité à l'aide de leurs flèches enflammées. Legolas, encore une fois incarné par Orlando Bloom, et Tauriel, jouée par Evangeline Lilly, sont à la tête de ces guerriers.

Bien que ces deux personnages ne figurent pas dans le "Hobbit", les producteurs ont pensé que les incarner à l'écran permettrait de mettre davantage en valeur le vaste univers de Tolkien qu'on découvre dans le film. Legolas Verte-Feuille est le fils du Roi des Elfes Thranduil, superviseur du Royaume des Forêts dans le roman. "Quand Legolas apparaît dans le 'Seigneur des Anneaux', on apprend qu'il est le fils de Thranduil", explique le réalisateur. "Du coup, quand nous visitons le Royaume des Forêts dans le film, y faire apparaître de nouveau Legolas était une magnifique opportunité, d'autant qu'on a dorénavant une image complète de l'arbre généalogique de la famille de Thranduil. Les Elfes sont immortels et donc les 60 ans qui séparent les deux histoires n'importent guère et, heureusement, Orlando n'a pas changé d'un pouce en 10 ans !", ajoute–t-il en souriant.

Bloom était ravi de reprendre l'arc de Legolas plus de dix ans après sa prestation dans la trilogie du SEIGNEUR DE ANNEAUX. "C'est fantastique d'être de retour, car les films du SEIGNEUR DES ANNEAUX ont été une expérience extraordinaire pour moi et je suis ravi d'avoir l'opportunité d'endosser de nouveau ce rôle – et mieux encore, de retrouver mon vieux costume et de voir qu'il me va encore"!, déclare l'acteur. Quand Bloom est apparu sur le plateau, costumé et maquillé, "c'était comme rencontrer un vieil ami", explique Fran Walsh. "C'est vraiment génial qu'après toutes ces années Orlando soit de retour et incarne de nouveau Legolas. Voir ce personnage que nous avons tous apprécié en Terre du Milieu nous donne le sentiment d'être en terrain connu". S'interrogeant au départ sur la place de Legolas dans l'intrigue, Bloom a été rassuré quand il a compris la relation de son personnage avec le Royaume des Forêts, ainsi que la présence des 13 Nains, dont l'un d'entre eux, Gloïn, est le père de son futur compagnon de la Communauté de l'Anneau, Gimli. "Nous sommes tous des fans du livre et je savais que Peter, Fran et Philippa ne s'en éloigneraient pas trop", dit-il. "Ce qui est fabuleux dans l'histoire qu'ils ont conçue, c'est qu'on voit comment il va devenir le Legolas du SEIGNEUR DES ANNEAUX. On comprend également dans ce film d'où vient son antipathie pour les Nains. Tout cela crée une dynamique et un ancrage historique pour ce personnage". Peter Jackson et ses collaborateurs tenaient à insérer des scènes d'action, en orchestrant le genre de séquences qui avaient rendu la présence de Legolas dans la précédente trilogie emblématique, ce qui a poussé l'acteur à subir un entraînement et un travail intenses, notamment pour les cascades. "Il (Legolas) a des scènes assez sympas, et cela fait partie de son identité. Il intervient et ne dit pas grand chose, agit et fait les choses comme il se doit. Simple et efficace ", dit l'acteur de son personnage. Le chef cascadeur Glenn Boswell précise quant à lui qu' "Orlando maîtrise très rapidement la chorégraphie d'une cascade et cela a été fort utile puisque nous n'avions souvent que très peu de temps pour l'entraîner avant de tourner la scène. Lui et Evangeline ont été des partenaires de combat fantastiques. Chaque personnage a son propre style, ce qui donne un résultat brillant à l'écran".

Le personnage d'Evangeline Lilly, Tauriel, est capitaine de la garde de Thranduil : il s'agit d'une invention par rapport à l'ouvrage. "Nous avons toujours pensé qu'il fallait rester fidèle au livre mais aussi au film que nous souhaitions voir", remarque Fran Walsh. "Il y a toujours des différences entre les deux car les films ont d'autres exigences dramaturgiques, et l'une des choses que nous tenions à rectifier est le déficit de personnages féminins et Tauriel comble ce manque d'une belle manière. Evangeline était parfaite pour ce rôle : elle comprenait les caractéristiques de la Terre du Milieu et même si Tauriel est un personnage inventé, elle tenait à ce qu'il s'inscrive dans l'esprit du livre". L'actrice, qui adore l'univers de Tolkien depuis l'enfance, était on ne peut plus ravie de se voir proposer un rôle dans la trilogie. Mais cette offre est tombée jute après la naissance de son premier enfant : "Je me disais que j'allais plonger dans une vie un peu terne de maman et d'écrivain, mais là il s'agissait d'une opportunité que je ne pouvais laisser passer", souligne Evangeline Lilly. "'Le Hobbit' était mon livre préféré à l'école, et je rêvais d'être un Elfe, et du coup, se voir proposer le rôle d'un Elfe de la Forêt Noire est un rêve devenu réalité. C'est ce que j'ai fait de plus dur en tant qu'actrice, mais c'est un défi que j'ai adoré relever". Tauriel a grandi en défendant les frontières du Royaume des Forêts et elle est donc un Elfe d'un genre totalement différent de ceux rencontrés au cours du premier épisode, précise l'actrice. "Ces Elfes sont plus dangereux, et Tauriel est une guerrière, experte dans le maniement des dagues ainsi que des arcs et des flèches. Elle est à la tête de la Garde Sylvestre, et elle est par conséquent assez téméraire et sans doute bien moins sage que les Elfes plus âgés. Même si elle sait être chaleureuse et réfléchie grâce à sa proximité avec la terre, elle est aussi très compétente dans ce qu'elle fait, c'est-à-dire tuer", ajoute-t-elle.

Tout comme les autres acteurs de la trilogie, Evangeline Lilly a travaillé avec le chorégraphe Terry Notary pour maîtriser une allure gracieuse et bondissante. Elle s'est également initiée aux arts martiaux et entraînée avec l'équipe de cascadeurs pour ses scènes de combat difficiles. "Evangeline a une très bonne aptitude pour les cascades", précise Boswell. "Elle avait une excellente idée de la façon dont Tauriel devait se battre, et qui s'inspire notamment d'un style de combat asiatique avec des dagues à deux lames". Du bout de ses flèches à la couleur de ses plumes, l'arc de Tauriel possède une esthétique qui rappelle la forêt, tandis que sa dague a une forme élancée à l'image des poignards moyenorientaux. Ces armes, qui lui sont propres, ont été conçues grâce à une collaboration entre différents artistes, comme le graphiste John Howe, et Weta Workshop. "Comme elle se définit en tant qu'Elfe 'ninja', tout doit être en accord avec le feuillage afin qu'elle puisse se fondre dans la nature", précise Richard Taylor, des studios Weta. Son costume aussi se fond dans l'atmosphère du Royaume des Forêts et a une tonalité plus masculine que les drapés de soie portés par les autres personnages féminins elfiques aperçus en Terre du Milieu. Le département des costumes a créé une garde-robe aux couleurs sylvestres en cuir, daim et soie, ainsi que des bottines de cuir sur-mesure. Son allure affirmée se reflète aussi dans son maquillage et sa coiffure, et King lui a créé d'autres accessoires : de grandes prothèses d'oreilles ainsi qu'une abondante chevelure rousse.

Comme on a pu le voir, ces Elfes ne sont pas particulièrement bienveillants envers les Nains. "Les Elfes du Royaume des Forêts, y compris Legolas, représentent pour les Nains une présence mystérieuse et quelque peu menaçante, et ils ne sont pas là pour les aider dans leur Quête", observe le réalisateur. Pour Thorïn, se retrouver dans la salle du trône du Roi des Elfes est difficile à vivre, étant donné son contentieux avec Thranduil qu'on a découvert dans le prologue du premier épisode. "Quand Erebor est tombé, Thorïn ne pouvait pas comprendre que les Elfes n'agissent pas", explique Armitage. "Thranduil est resté là sans rien faire et Thorïn trouve cela impardonnable. Ils ont laissé les Nains se faire tuer, ce que Thorïn ne pourra jamais oublier".

Lee Pace, qui rejoint la distribution sous les traits du roi Thranduil, sent que le manque d'empathie de son personnage pour le sort des Nains remonte à très longtemps. "Ma théorie, c'est que lorsque Thranduil découvre les pièces d'Erebor remplies d'or, cela le fait basculer", dit-il. "Il a vu tout l'or amassé par les Nains et s'est dit 'vous allez brûler et être punis pour votre cupidité'. Mais quand le Dragon a débarqué, les Elfes avaient le pouvoir d'intervenir, mais ils ont choisi de ne pas le faire". Jackson et ses collaborateurs avaient vu Lee Pace en 2006 dans le film LA CHUTE et se sont spécialement rendus à New York pour le rencontrer. "C'est difficile de trouver les interprètes des Elfes car ils demandent une qualité presque indéfinissable", explique Jackson. "C'est un mélange d'élégance, de beauté, et de quelque chose d'intemporel. Il faut donc accepter de faire un saut dans l'inconnu avec son acteur et sentir qu'il pourrait être immortel, mais aussi qu'il a connu des choses difficiles au cours de sa longue existence. Lee réunissait toutes ces qualités, et bien d'autres encore".

Dans le film, Pace, Lily et Bloom dialoguent en "Elvish", l'ancien langage elfique. Tolkien a en effet créé deux langues elfiques pour la Terre du Milieu : le Sindarin, plus courant, et le Quenya, plus soutenu. Comme les autres films de Jackson se déroulent dans la Terre du Milieu, les producteurs du film ont engagé David Salo, chercheur spécialiste de Tolkien qui a passé sa vie à étudier la grammaire et le vocabulaire de ces langues, afin qu'il traduise certaines parties du scénario avant que les acteurs ne se fassent aider par le répétiteur McPherson pour maîtriser l'elfique : "Evangeline parle français, elle est douée pour les langues, et elle a une bonne oreille. Orlando a déjà une expérience de l'elfique. Il est passionné par son travail, possède une insatiable curiosité et sa bonne humeur est communicative, et c'est donc un plaisir de travailler avec lui. Quant à Lee, il a pu incarner Thranduil et rendre parfaitement à l'écran sa maîtrise de l'elfique en lui donnant une présence vocale profonde et riche", résume McPherson.

La conception de cette nouvelle race d'Elfes a été très stimulante pour Taylor et son équipe. "Les Elfes des Forêts ont une présence, un pouvoir et une vitalité incroyables", dit-il. "Mais alors qu'ils sont très beaux physiquement, il est important de garder en tête que ce sont néanmoins des tueurs, et on ne voulait donc pas qu'ils paraissent faibles ou apathiques en rendant leur armure trop florale ou délicate". Pour le roi des Elfes, Weta Workshop et les chefs costumiers ont créé un ensemble de longues robes et manteaux flottants qui reflètent son statut royal. Une des couronnes qu'il porte a été réalisée par David Falconer, des studios Weta, directement à partir de la description dans le livre d'une couronne de feuilles, d'épines et de baies. Enfin, son élégante épée a été forgée à partir d'une seule pièce de métal. "Il y a quelque chose de puritain dans cette épée épurée qui convient à l'arrogance et à l'intransigeance de Thranduil", signale Falconer. Pour Pace, si l'on veut comprendre Thranduil, il faut accepter le fait que les Elfes ne sont pas humains : "Tolkien a écrit 'Il était le Roi des Elfes de l'autre côté de la Nature Sauvage"", cite l'acteur, "Il (Thranduil) est dangereux mais pas parce qu'il est mauvais. Il est raffiné, froid et calculateur, mais il est également sensible, et par là je ne veux pas dire émotionnellement. Je pense qu'il n'y a pas une feuille qui ne puisse trembler dans cette forêt sans qu'il le ressente. Et il regarde ces Nains en se disant 'On ne réveille pas un dragon à moins d'être sûr de le tuer. Et comme vous ne pouvez pas le tuer, je vais vous garder dans mes donjons jusqu'à ce que vous vous ôtiez cette idée de la tête'". En effet, dépouillant les Nains de leurs armures et de leurs armes, il les enferme au plus profond de ses donjons souterrains. Mais la détermination de Thranduil est déjouée par l'ingénieux Bilbon qui se glisse sans se faire voir dans le Royaume afin de délivrer ses compagnons, son plan étant de les cacher dans les tonneaux vides des caves des Elfes, tonneaux qu'il fait ensuite basculer dans la rivière. Même s'il risque pour cela la vengeance des Elfes, le Hobbit est fidèle aux Nains. "Finalement, les Nains sont parmi les créatures les plus positives qu'il rencontre", explique Freeman. "Les Elfes sont plus cultivés et civilisés, mais ce que Bilbon voit dans les Nains va au-delà de cela, et le fait qu'il décide de les aider est très courageux : d'ailleurs, c'est intéressant parce qu'il n'a pas à le faire. Ce n'est pas comme si toute la Terre du Milieu était menacée s'il ne le faisait pas, mais il pense que ce que les Nains ont à faire en vaut la peine. Et je pense que si on décide de quitter son foyer, les gens avec qui on s'en va deviennent, d'une certaine façon, un foyer et une famille, même s'ils sont totalement différents de soi".

Le point de vue de Thranduil est tout à fait différent. Il pense que la Quête de Thorïn annonce une lutte bien plus dangereuse à laquelle, pense-t-il, les Elfes n'ont pas à participer. "Thranduil a pris la décision des années auparavant de protéger son peuple du destin des autres races résidant à l'extérieur des frontières de son Royaume. Et cette règle fait loi", ajoute Philippa Boyens. Désobéissant à son roi, Tauriel accompagne les Nains le long de la rivière et Legolas la suit, tiraillé entre l'interdit de son père et la sincérité des convictions de Tauriel. "Le projet des Nains d'atteindre le Mont Solitaire a quelque chose de fou", note Bloom. "Ils ont de grandes ambitions, mais cela peut les mener au chaos, et c'est du moins ce que pense Thranduil. Legolas sait que Tauriel est imprudente et il s'inquiète pour elle. Il veut la protéger, même si cela l'oppose à son père. Cette dynamique est très complexe, car Legolas grandit et devient un homme – celui-là même qui appartiendra à la Communauté de l'Anneau". Tauriel n'est pas au courant du différend qui existe entre son roi et les Nains et elle compatit à la difficulté de leur Quête. "Mais par dessus-tout, elle veut arrêter l'invasion des Orques qui sont venus dans le Royaume pour tuer et semer la destruction", ajoute Evangeline Lilly. "Elle ne peut laisser passer cela et doit agir". Les deux guerriers elfiques se retrouvent face-à-face avec les Orques et les Nains qui surgissent aux confins de la Rivière de la Forêt, où ces derniers deviennent des proies faciles. Pour Bloom, les événements qui se déroulent alors sont "une phénoménale tuerie d'Orques". Censé avoir été tué il y a longtemps, lors de la grande bataille entre Orques et Nains, Azog le Gobelin a lâché sa meute de tueurs pour chasser et exterminer jusqu'au dernier les membres de la Compagnie des Nains.

"Azog a ses raisons de vouloir empêcher Thorïn d'atteindre le Mont Solitaire", suggère Philippa Boyens. "Gandalf craint que sa poursuite de Thorïn ait un rapport avec un accord qu'il a lui-même conclu et avec les forces auxquelles il obéit dorénavant. Il éprouve aussi une haine viscérale pour tout ce qui est vivant, les Nains en particulier, et surtout Thorïn et la Compagnie". Afin qu'Azog et Bolg incarnent de véritables menaces, Jackson a décidé de les créer en utilisant la même technique de "performance capture" qui a donné vie à Gollum. "Réaliser Azog était difficile car il est le principal méchant, et nous voulions qu'il soit mobile, expressif et aussi terrifiant que possible", explique le réalisateur. "La perspective de concevoir un Orque numérique était stimulante et nous a donné plus de liberté quant à sa taille et à sa silhouette car nous n'étions plus obligés de nous rattacher à des proportions humaines".
Pour incarner le commandant des Orques, Azog le Gobelin, Manu Bennett a été choisi, tandis que Lawrence Makoare, qui a déjà joué Lurtz l'Huruk Hai dans les adaptations du "Seigneur des Anneaux", s'est vu confier le rôle de son fils, Bolg. Les acteurs ont joué leurs scènes devant un écran de "performance capture" et Benett a vite appris comment bouger comme un Orque massif. "Si je me déplaçais à mon allure habituelle, Azog avait l'ait trop petit, trop humain. J'ai dû faire en sorte d'avoir la capacité respiratoire et la masse musculaire de cette créature cruelle : il ne suffisait pas de se mouvoir comme une araignée, il a fallu bouger comme un dinosaure", note Bennett. Même si on a découvert le personnage d'Azog dans le premier film, son descendant Bolg apparaît, lui, dans LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG, et Letteri tout comme les membres de son équipe chez Weta Digital ont été on ne peut plus ravis de pouvoir créer un nouvel Orque : "Peter voulait un type de guerrier vraiment effrayant. Il est tellement scarifié qu'on a décidé de pousser le concept encore plus loin et de faire en sorte que son armure soit comme incrustée dans sa chair. Il doit avoir l'air costaud mais agile car il se bat constamment. Ces caractéristiques rendaient notre travail intéressant", souligne Letteri. L'armée d'Orques tueurs d'Azog est composée d'un mélange de vrais acteurs et de créatures numériques qui sont impossibles à discerner les uns des autres. "Les sentinelles Orques, comme on les appelle, sont à pied, armés légèrement et principalement composés d'archers, et ils sont donc très dangereux", conclut Taylor.

LES HOMMES D’ESGAROTH

À bout de force, affamés et sans défense, les Nains ne sont pas en état de mener l'assaut final sur le Mont Solitaire. Mais l'espoir renaît sous les traits d'un batelier d'Esgaroth, ville voisine, qui rencontre la Compagnie en triste état, alors qu'il récupère des tonneaux vides flottant sur la rivière, en provenance du Royaume des Forêts. Même s'il les menace d'une flèche, Barde finit par accepter de les aider, convaincu par le sage Balïn. Luke Evans campe Barde, un homme d'Esgaroth qui trompe son monde. "Barde est un personnage très important du livre, mais, dans le film, cet humble batelier est une énigme à bien des égards", insiste Jackson. "Son métier n'est pas à la hauteur de son talent caché. Il possède une compétence très particulière qu'il ne dévoile pas mais que l'on révèle plus tard dans l'histoire. Ainsi, c'était très intéressant de chercher et de trouver un acteur pour le personnage de Barde car nous avons décidé de raconter une partie de l'histoire du point de vue des Nains, et à leurs yeux, il est énigmatique. C'est pourquoi nous voulions un acteur qui donnerait au personnage un côté inquiétant. Et Luke Evans répondait à tous les critères. Car, outre ses zones d'ombre, Luke peut être un héros de film d'action épatant en cas de besoin".

Même si Bard ne connaît pas le vrai but de la mission des Nains, il est tout de suite sur ses gardes et ne leur fait pas confiance, craignant de percevoir ce qu'ils préparent. "Barde est père de trois enfants et ils vivent au jour le jour dans cette ville. Il veut que ses enfants soient sains et saufs, et pour les protéger, il est prêt à tout. S'il peut agir sans effusion de sang, c'est encore mieux. Mais il sait qu'il a affaire à des Nains arrogants qu'il ne peut pas contrôler", explique Evans. Evans a été heureux de décrocher le rôle, mais également d'apprendre que son accent gallois serait intégré à l'identité même d'Esgaroth. C'est son affinité personnelle pour le pays de Galles qui a donné l'idée à Jackson de s'en inspirer pour créer la cité du Val, dont les habitants fuient vers Esgaroth quand la ville est détruite par le souffle brûlant du Dragon. C'est ainsi que les descendants du Val parlent tous dans un dialecte gallois. "Je me représenterai toujours Le Val comme le pays de Galles, et c'est vraiment un sentiment agréable", note Evans. "La terrible tragédie qui a frappé les aïeux de Bard font de lui un personnage très intriguant et qui n'a rien des héros habituels", ajoute Philippa Boyens. "Il a un côté instinctif et ça n'a rien à voir avec le fait qu'il soit le plus grand ou le plus fort, mais plutôt avec son sens du respect, une témérité farouche et une empathie pour les autres. L'enjeu est encore plus grand pour lui car il a des enfants, ce qui le pousse à vouloir tout faire pour les protéger. Et ça tombait bien, car nous avions trouvé Peggy et Mary Nesbitt, deux fantastiques jeunes actrices, qui venaient justement d'arriver en Nouvelle-Zélande avec leur père". Peggy et sa sœur cadette Mary sont les filles de James Nesbitt, qui incarne le nain Bofur. Pour jouer leur frère, Baïn, c'est John Bell qui a été choisi, mais au cours du tournage, l'adolescent de 15 ans a grandi de plus de 10 cm ! L'équipe de costumiers a dû faire preuve d'ingéniosité en ajoutant des manchettes à son costume, qu'ils modifiaient pour accompagner et déguiser sa croissance. "Je pense que j'ai dû changer deux fois de taille de bottes", dit Bell en riant. Même si Barde est capable de subvenir aux besoins de sa famille grâce à ses maigres ressources, il vit entouré de gens qui vivent dans la misère. Jackson décrit Esgaroth "un peu comme une ville ouvrière dont les usines auraient cessé toute activité. Ça donne l'impression que les opportunités et les richesses du passé ont disparu de la ville, offrant une occasion toute trouvée à des politiciens véreux comme le Maître d'Esgaroth de prospérer en exploitant la détresse des habitants. Il a pour assistant Alfrid, interprété par Ryan Gage, et à eux deux ils règnent sur cette misérable petite ville au milieu de nulle part". Pendant que les habitants de sa ville essaient de joindre les deux bouts et souffrent de la faim, le Maître d'Esgaroth est sans scrupule, accumule des quantités extravagantes de nourriture et dissimule des richesses. Rien ne pourrait plus le différencier de Bard. "Bard est un personnage très malin et débrouillard, c'est pour cette raison qu'il a survécu aussi longtemps dans cet environnement hostile, et ça met le Maître hors de lui", continue-t-il. "Le Maître s'arrange pour maintenir les habitants au bord de la famine, les laissant trop affaiblis pour se révolter, mais Barde semble avoir toujours une longueur d'avance sur lui.

À bien des égards, Barde devient un rayon de lumière et d'espoir dans le monde de ténèbres dans lequel ils vivent". Pour tenir le rôle de ce politicien accompli, les producteurs ont réussi à convaincre le célèbre acteur britannique Stephen Fry. "Ce serait manquer de tact si je disais que Stephen était parfait pour le rôle ! Mais dans le livre, le personnage du Maître fait preuve d'énormément d'ironie et tient beaucoup du dandy. Nous avons voulu garder ça dans le film, faisant de Stephen un choix tout trouvé. C'est un acteur formidable capable de saisir le côté raffiné et charmeur du Maître, qui sait également jouer avec les mots, tout en faisant ressentir combien il est vénal et cupide, ce que Stephen n'est absolument pas", raconte Jackson avec un sourire. En ce qui le concerne, le Maître se voit "en héros et en dirigeant plutôt important. Il pense que les gens l'aiment et le respectent, et que personne ne peut suspecter sa cupidité ni qu'il est corrompu. Je crois que d'une certaine façon, il est une figure réellement emblématique qui a réussi à se faire élire Maître et à maintenir les choses en ordre, soit grâce à son intelligence, soit grâce à sa fourberie innée. Pour lui, l'essentiel consiste à lever l'impôt et à s'assurer qu'Esgaroth reste loin des conflits", ajoute Fry. Autrefois d'un raffinement vestimentaire digne d'un roi, le Maître est devenu un rustre et un goinfre qui a maintenant perdu de sa superbe et porte des vêtements élimés. Cela a forcé le département des costumes à mettre systématiquement en lambeaux des étoffes luxueuses. "Imaginez un motif chamarré ornant un magnifique brocard du Moyen-âge qui serait désormais tout crotté de boue et un peu brûlé par endroits : un vrai désastre", décrit Ann Maskrey, la chef costumière. "Par conséquent, le Maître apparaît comme quelqu’un de vulgaire, sale, négligé et un peu ridicule". Créer les visages du Maître et de son seigneur Alfrid a procuré énormément de plaisir aux maquilleurs qui s’en sont donnés à coeur joie. "Peter nous a dit que nous pouvions rendre le Maître aussi répugnant que nous le voulions", raconte King. "Alors, nous ne nous sommes pas gênés. Nous lui avons fait un crâne dégarni avec une vilaine mèche peu attrayante, il a des dents pourries et son visage est recouvert d’un léger duvet. Pour Alfrid, Ryan Gage arbore des cheveux gras et des dents sales et noires que nous peignions chaque matin avec un émail spécial pour les dents". Parce qu’il cherche toujours un nouveau moyen de faire du profit, le Maître suspend sa politique isolationniste quand la rumeur commence à se répandre que des étrangers se cachent chez Barde. "Le Maître n’apprécie pas les gens comme Thorïn Écu de Chêne, qui veulent se lancer dans des aventures et se battre contre les gens qui se dressent sur leur chemin. Des gens comme ça n’attirent que les ennuis", commente Fry. "Il croit que cela causera leur perte et pense qu’il vaut mieux s’abstenir de ce genre d’excentricités et ne pas accueillir de gens qui ont des idées aussi absurdes que de vouloir gravir des montagnes et déloger des dragons. Mais il existe une prophétie à Esgaroth qui prédit que Thorïn et ses compagnons délivreront la ville de la misère une fois que le Mont retentira à nouveau du martellement de leurs instruments dans les mines d’or".

  1. Le synopsis
  2. Un conte qui n'en finit pas d'être conté
  3. Les personnages
  4. Les Elfes Sylvestres et Esgaroth
  5. Le dragon de la montagne
  6. Le tournage en Nouvelle-Zélande
  7. Musique : les Nains et les dragons sont à la fête

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