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La Cité des saints et des fous

Titre VO: City of Saints and Madmen

ISBN : 978-270213709-3
Catégorie : Aucune
Auteur : Jeff VanderMeer

Il était une fois, sur les rives de la rivière Moth, une cité fantastique du nom d’Ambregris qui entretenait une troublante ressemblance avec le monde que vous pensez connaître.
Bâtie avec le sang de ses premiers habitants, et marquée pour des siècles par les répercutions de cette lutte, Ambregris est devenue une métropole d’une cruelle beauté - refuge pour les peintres et les voleurs, les compositeurs et les meurtriers…
Vous y croiserez des Saints Vivants, des écrivains fous, de médiocres artistes se transformant soudain en génies, des calmars géants intelligents, ou encore d’étranges créatures furtives qui ressemblent à des champignons et détiennent les clés de nombreux secrets.

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Critique

Par Gillossen, le 23/08/2006

La collection Interstices de Calmann-Lévy, censée séduire les amateurs de littérature générale, commence très fort, avec l’une des sensations de l’imaginaire actuel, Jeff VanderMeer, et sa cité des saints et des fous !
Et encore une cité en point de mire et pivot central de toutes ces histoires, après le retour au premier plan de Lankhmar et Locke Lomora et sa Camorr. Toutefois, VanderMeer chasse sur un autre territoire. Entrelacs de récits tentaculaires souvent liés les uns aux autres, avec des annexes (et quel glossaire !) rivalisant à part entière avec les quatre nouvelles en tant que telles, la Cité des Saints et des Fous, alias Ambregris, ne manque pas de charme.
Un charme parfois à la lisière de la folie, s’appuyant souvent sur la dérision - Ah, le festival du calmar d’eau douce…), ou tout comme ses personnages, fantasques, charmeurs, perdus… VanderMeer agence ses pions avec une science consommée de l’absurde ou du tragi-comique : il n’y a qu’à lire les annales de la ville rédigées par un célèbre historien local, avec ses notes de bas de page caustiques et ses prises de bec avec ses soi-disants confrères… Pour autant, le drame n’est jamais loin : l’évènement nommé Silence, ou bien encore le destin du peintre Martin Lac, et le pourquoi de l’explosion de son talent…
L’auteur prend plaisir à mettre en scène cette cité, quand ce n’est pas d’ailleurs lui-même ! Disgressions, pistes sinueuses, biographie fantasmée, chaque nouvelle ou segment nous entraînent un peu plus loin en Ambregris. Trop loin ? Nul doute que certains n’apprécieront pas ce qu’ils qualifieront de longueurs, à travers par exemple des pages et des pages de fausse bibliographie…)
Le tout porté par une plume alerte et joueuse, soutenue par une traduction qui rend honneur au texte originel. Du premier au dernier mot, tout semble particulièrement étudié, soigné, orienté. Le souci du détail de la présentation de l’ouvrage, là encore reprenant scrupuleusement la version originale, ne peut que renforcer nos certitudes sur ce plan. Evoquant parfois Borges (une célèbre librairie en ville ne porte-t-elle pas son nom ?) et appartenant de plein pied au réalisme magique, voilà une oeuvre qui en tout cas ne devrait pas laisser indifférent les lecteurs, habitués ou pas d’une autre fantasy !

8.5/10

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