La Fantasy au quotidien
Par Gillossen, le 12/12/2005 à 03:25
Vous avez aimé le livre ? Vous aimerez le film. Je pourrais m'arrêter là tellement ce constat s'impose de lui même mais vous me taxeriez de fainéantise, alors on va s'essayer au jeu de la critique développée.
Tout d'abord, première réussite du film, le casting. Avec quatre enfants à l'écran du début à la fin, mieux valait ne pas se rater sous peine de décrédibiliser tout le film. Et que ce soit Lucy découvrant l'armoire, Edmund se gavant de "Turkish Delight", Susan faisant son intéressante ou Peter jouant les grands frères protecteurs, ils incarnent leur personnage sans fausse note, avec une mention spéciale pour Lucy, dont il est impossible de ne pas partager l'émerveillement face à la découverte de Narnia.
Tilda Swinton quant à elle retranscrit très bien le côté faussement enjôleur mais vraiment cruel de la Sorcière Blanche et la seule scène de la table de pierre suffira à marquer les esprits des plus jeunes comme des moins jeunes.
Aslan est une réussite tant du point de vue des effets numériques, vraiment sublimes pour ce personnage, que du casting voix de Liam Neeson qui reflète toute la sagesse, le calme et la sérénité du lion tel qu'on a pu le découvrir au fil des pages.
Mais la première image de Narnia venue à l'esprit de C.S Lewis n'est pas celle d'un lion, d'une sorcière ou encore de quatre anglais en culottes courtes dans une armoire, mais celle d'un faune transportant des paquets et un parapluie dans un bois enneigé. Et s'il est un personnage qui dans le film dépasse son homologue sur papier, c'est bien Mr. Tumnus. Incarné par un James McAvoy charmeur et emplit de gentillesse, c'est lui qui vous fera aimer Narnia et vous donnera envie d'y retourner comme ça a pu être le cas pour Lucy.
Mais revenons au film en lui même. Très fidèle au livre, les passages manquants dans cette adaptation se comptent sur les doigts d'une main, tandis que les ajouts s'inscrivent sans accroc dans le fil du récit. La réalisation en elle même ne joue pas la carte des effets à tout va et se regarde agréablement même si certains passages auraient mérités un traitement plus abouti, le château de Jadis n'étant pas si inquiétant que cela finalement, et l'arrivée du père noël embrouillée plus que de raison...
Le montage est quant à lui très réussi, la construction dans un premier temps par répétition ne lasse pas, tandis que la suite utilise une structure plus classique à 2 points de vue, intelligement mise en oeuvre pour relativiser l'importance dans le film de la fameuse bataille finale.
Si la plupart des effets numériques sont d'excellente facture (Aslan, Mr. et Mrs. Castor, le renard, etc...), ce n'est pas le cas de tous et on regrettera d'autant plus qu'il ait été impossible d'amener de vrais rennes sur le plateau pour des raisons sanitaires tant ceux présents à l'écran font synthétiques. Cependant les amateurs d'effets en tout genres en auront pour leur argent, aussi bien lors des affrontements que des scènes de dialogues avec les nombreux protagonistes virtuels.
La bande originale si elle reste tout à fait plaisante et adaptée ne brille pas par son originalité et seul le passage chez Mr. Tumnus (de loin le plus réussi pour moi vous l'aurez compris) se dégage vraiment des autres pour apporter une dimension supplémentaire au film.
Au final, C.S. Lewis peut dormir sur ses deux oreilles, Andrew Adamson n'a pas trahi l'esprit qui se dégage à la lecture du roman, et si l'adaptation ne révolutionne pas le genre, elle reste - et encore plus pendant les fêtes de noël - un moment de cinéma très appréciable, chose suffisamment rare pour être boudée !