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Pierre Grimbert nous présente son nouveau cycle : Les Enfants de Ji

Par Luigi Brosse, le samedi 1 janvier 2005 à 23:36:58

Pierre GrimbertAuteur du Secret de Ji et du premier tome de la Malerune, Pierre Grimbert est récemment revenu à la Fantasy avec la suite de son cycle le plus connu, proposant aux lecteurs Les Enfants de Ji, et tout cela par le biais de sa propre maison d'édition, chose atypique ! A l'occasion de la sortie du tome 2, La Veuve barbare, l'auteur a bien voulu nous accorder une interview, prenant sur son temps libre durant les Fêtes, une interview que voici maintenant retranscrite pour vous !

Nos questions, ses réponses !

Après maintenant deux tomes des Enfants de Ji, et sans doute la rédaction du 3eme bien entamée, quel regard portez-vous sur cette suite ?
Pour l'instant, elle ressemble à ce que je désirais faire, mais il est encore trop tôt pour me forger une opinion définitive... et même après la fin de la rédaction, j'aurai besoin de recul pour juger l'ensemble. Je me concentre sur le récit au jour le jour, m'efforçant de rester dans la continuité du Secret de Ji, tout en développant une nouvelle histoire... On verra après le dernier tome si j'ai tenu mon pari.
En faisant des fils et filles de vos anciens héros les nouveaux premiers rôles, quels pièges se posaient à vous ?
La trop grande ressemblance avec les aînés, la logique à respecter dans leurs caractères et éducations respectifs, la crainte de bâtir des personnalités trop fades, dans l'esprit et le cœur de ceux qui ont aimé le premier groupe... Ces étapes-là, au moins, semblent franchies !
J'ai l'impression que l'ambiance est un peu plus sombre, notamment dans ce tome 2... Une évolution voulue, ou naturelle avec les années ?
Ce n'est pas quelque chose de volontaire, mais c'était certainement inévitable. Les membres de la nouvelle génération commencent avec un passé plus lourd encore que les aïeux, alors qu'ils sont moins bien préparés. Et tous ont leurs parents en haute estime, ce qui leur met, finalement, une pression supplémentaire : comment se montrer à la hauteur ? Et cela démarre plutôt mal pour Nolan et Cael, par exemple. Tous ces jeunes gens sont donc bien moins insouciants que leurs aînés, et cela ne pouvait que se ressentir dans le texte.
Quelle place pensez-vous être la vôtre dans le panorama de la fantasy française ? Le Secret de Ji avait fait forte impression à sa parution...
Dans mon souvenir, le relatif succès du Secret de Ji n'a pas été si prononcé que cela. Les ventes se sont étalées sur des années... Et je ne pense pas disposer d'une place particulière dans le « panorama de la F.F. », si ce n'est, maintenant peut-être, celle d'un auteur-éditeur. Je n'ai pas écrit assez de cycles pour susciter un intérêt particulier !
Mais l'écriture de nombreux ouvrages pour la jeunesse vous a-t-il influencé, je pense en particulier sur le plan du style ? Ou bien le simple fait de replonger dans le monde de Ji implique une plume particulière ?
Les pages du monde de Ji représentent mon écriture « naturelle » ; celle qui me vient le plus aisément. Selon la scène que je dois décrire et mon humeur du moment, il y a bien sûr des variations de style, mais « Ji » reste la chose que j'écris le plus facilement - mais dont l'intrigue reste la plus complexe à bâtir !
En fait, c'est dans l'écriture jeunesse que je dois faire un travail sur mon style, et le texte publié est souvent assez éloigné de ma première version... Dans les deux genres, je fais surtout un effort sur la lisibilité, très importante à mes yeux.
La structure très classique du premier tome, et ses échos à celle du Secret de Ji, ont décontenancé certains lecteurs. Comprenez-vous qu'ils puissent y voir une redite, même si on imagine bien que c'est volontaire de votre part ?
C'était effectivement volontaire, et ça me chagrine d'ailleurs de constater que certains lecteurs ont été déçus... Je tenais à ce passage de transition entre les deux cycles, de même que je trouve amusant de confronter deux groupes différents à « pratiquement » les mêmes situations, devant lesquelles les personnages ne vont pas réagir de la même manière. Et j'imaginais aussi tout un aspect « bégaiement de l'histoire, répétition du destin », qui confortait l'idée d'une certaine malédiction pesant sur les épaules des héritiers... Je me suis même donné beaucoup de mal pour donner cette impression ! Je peux seulement en conclure que je n'ai pas (bien) réussi à la faire passer, du moins jusque là.
Les comparaisons vous flattent ou vous agacent ? Celle avec Eddings revient souvent, alors que vous admirez plutôt Moorcock ou Leiber... (Tout de même bien différents !)
On ne peut sûrement pas éviter les comparaisons ; ça fait partie de la critique et ça donne des références à ceux qui vont seulement découvrir le cycle. Et je m'imagine plutôt flatté d'être parfois placé sur la même marche qu'Eddings, bien sûr... Pour autant, c'est vrai que certains vont vite au catalogage, ce qui est la meilleure façon de se fermer des horizons. Et si on disait juste que Eddings écrit du Eddings, Dupondt fait du Dupondt, Grimbert du Grimbert ?
Quel est votre dernier coup de cœur en littérature, fantasy ou non ?
Autant l'avouer : je ne lis pratiquement plus ! Lassitude due au travail de l'écriture, évolution de mes loisirs, manque de temps ? Un peu de ces trois raisons à la fois ? Je me concentre d'abord sur les manuscrits aidant à la bonne marche d' Octobre. Alors, pour le coup de coeur, je dirais bien que... haha... mais on me trouverait trop commerçant. Un titre de BD, ça le ferait ? Kid Paddle !
Après quelques mois de recul, comment considérez-vous le fait de gérer une maison d'éditions, par rapport au métier d'écrivain ? Est-ce que cela n'empiète pas justement parfois sur le processus d'écriture ?
Personnellement, je trouve cela très motivant ; c'est même agréable de pouvoir passer d'une activité à l'autre. Je suis incapable d'écrire douze mois pas an, d'enchaîner roman sur roman... Et lancer Octobre, c'est une véritable aventure, semaine après semaine, avec son lot de travail mais aussi son grand vent de liberté. Nous ne regrettons rien ! Pour l'instant...
Sans vouloir nous dévoiler le moindre élément important, évidemment, la fin des Enfants de Ji sera-t-elle ouverte, ou bien, définitivement close, excluant cette fois toute suite possible ?
Close, assurément ! Mais, et tout en précisant que ce n'est absolument pas un projet, ça me gêne de dire que toute idée de suite sera exclue. Il y a toujours moyen de trouver une intrigue lançant un nouveau cycle ! Ce n'est qu'un monde imaginaire, malléable à souhait, comme toute création.

Interview réalisée par Gillossen


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