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Comment lire le cycle malazéen ?

Par Merwin Tonnel, le vendredi 18 avril 2014 à 20:23:57

MalazanA cause de sa traduction française longtemps arrêtée et des bonnes critiques qui entourent le cycle malazéen, et notamment sa série principale, Le Livre Malazéen des Glorieux Défunts (Le Livre des Martyrs dans sa nouvelle traduction), nombreux sont les lecteurs francophones intrigués par cette œuvre. Ainsi, la question de l'accessibilité du cycle en anglais revient souvent sur le forum, tout comme celle de l'ordre de lecture.

Il est donc grand temps de poser tout cela à plat et de répondre aux questions les plus fréquentes qui se posent concernant l'œuvre de Steven Erikson et de Ian C. Esslemont.

Mise à jour du 11/09/2014 : Modification de l'article suite à la parution d'Assail et à l'annonce d'une nouvelle trilogie écrite par Ian C. Esslemont.
Mise à jour du 31/03/2016 : Modification de l'article suite à la parution de Dancer's Lament, Fall of Light et The Fiends of Nightmaria.
Mise à jour du 08/03/2017 : Modification de l'article avec le titre et la couverture du deuxième tome de Path to Ascendancy.
Mise à jour du 13/11/2017 : Modification de l'article suite à la parution de Deadhouse Landing, à la mise en pause de l'écriture de Walk in Shadow et à l'annonce du titre du premier tome de la trilogie Toblakai.
Mise à jour du 30/05/2018 : Modification de l'article suite au lancement de la nouvelle traduction française du cycle par les édition Léha.

Suivez le guide malazéen

Avant tout, de quoi parle-t-on ?

L'idée n'est pas ici de faire une présentation très détaillée du cycle malazéen. Je vous renvoie vers les critiques des différents livres pour cela. Mais faisons tout de même un rapide tour d'horizon pour savoir exactement de quoi nous parlons.

Je regroupe derrière le terme "cycle malazéen" tous les récits (romans et novellas) se déroulant dans l'univers malazéen. Ces romans ont été écrits par deux auteurs canadiens, Steven Erikson et Ian C. Esslemont. Ils se sont rencontrés à l'université et ont développé un univers fantasy pour accueillir leurs parties de jeu de rôle. Peu à peu, l'univers s'est enrichi jusqu'au point où les deux compères ont décidé d'écrire son histoire. Connaissant tous les deux le scénario de A à Z, ils se sont partagé le travail, chacun décrivant des évènements différents mais pouvant partager les mêmes personnages et la même temporalité.

A partir des informations connues pour le moment, le cycle malazéen comprend :

The Malazan Book of the Fallen de Steven Erikson, composé de 10 tomes, tous parus en VO.

  1. Gardens of the Moon
  2. Deadhouse Gates
  3. Memories of Ice
  4. House of Chains
  5. Midnight Tides
  6. The Bonehunters
  7. Reaper's Gale
  8. Toll the Hounds
  9. Dust of Dreams
  10. The Crippled God

Malazan Book

A Novel of the Malazan Empire de Ian C. Esslemont, composé de 6 tomes au total, tous parus en VO.

  1. Night of Knives
  2. Return of the Crimson Guard
  3. Stonewielder
  4. Orb, Sceptre, Throne
  5. Blood and Bone
  6. Assail

Novel of the Malazan Empire

The Kharkanas Trilogy de Steven Erikson, trilogie dont les deux premiers tomes sont parus en VO. L'écriture du troisième tome a été mise en pause par l'auteur pour se concentrer sur la trilogie Toblakai mais Erikson confirme bien que ce livre sortira un jour.

  1. Forge of Darkness
  2. Fall of Light
  3. Walk in Shadow (à paraître - série en pause)

Kharkanas

The Toblakai Trilogy de Steven Erikson, trilogie dont le premier tome est en cours d'écriture. Steven Erikson a mis en pause l'écriture de Walk in Shadow suite aux mauvaises ventes de la trilogie Kharkanas pour se concentrer sur cette nouvelle série. Seul le nom du premier tome est connu.

  1. The God is Not Willing (à paraître)

Path to Ascendancy de Ian C. Esslemont, une trilogie (qui pourrait s'allonger) qui se déroule peu de temps avant la fondation de l'Empire Malazéen. Les deux premiers tomes sont parus.

  1. Dancer's Lament
  2. Deadhouse Landing
  3. Kellanved’s Reach (à paraître)

Path to Ascendancy

Tales of Bauchelain and Korbal Broach de Steven Erikson, une série de 9 novellas plutôt déconnectées de l'intrigue principale qui fait plus office d'exercice de style pour l'auteur. Les 6 novellas déjà parues sont :

  1. Blood Follows
  2. The Healthy Dead
  3. The Lees of Laughter's End
  4. Crack’d Pot Trail
  5. The Wurms of Blearmouth
  6. The Fiends of Nightmaria

Les trois premières novellas sont regroupées dans le volume 1 des Tales of Bauchelain and Korbal Broach, les trois suivantes dans le volume 2, pas encore paru.

Bauchelain

Signalons également la nouvelle Goats of Glory de Steven Erikson, parue dans Swords and Dark Magic. Si elle est annoncée dans l'anthologie comme ne faisant pas partie de l'univers malazéen, l'auteur a lui-même confirmé qu'elle se déroulait bien dans ce monde.

Et en VF, ça donne quoi ?

On doit la première traduction de Gardens of the Moon à l'éditeur Buchet/Chastel, sous le titre Les Jardins de la Lune. La collection fantasy de l'éditeur ayant été arrêtée, la série n'est pas allée au-delà du premier tome.
Le Livre Malazéen des Glorieux Défunts a ensuite fait partie des premiers livres de la collection fantasy de Calmann-Levy. L'éditeur a ainsi réédité Les Jardins de la Lune avec la traduction de Buchet/Chastel avant de poursuivre avec la traduction du tome 2. Ce dernier a été pour le coup découpé en deux, sous les titres Les Portes de la Maison des Morts et La Chaîne des Chiens.

Ce qui nous fait :

  1. Les Jardins de la Lune (Gardens of the Moon), traduction de Marie-Christine Gamberini
  2. Les Portes de la Maison des Morts (Deadhouse Gates partie 1), traduction de Minos Hubert
  3. La Chaîne des Chiens (Deadhouse Gates partie 2), traduction de Minos Hubert

Les traductions de ces éditions sont de bonne qualité même si quelques erreurs s'y sont glissées. Par ailleurs, certaines traductions de noms propres ont également été modifiées entre les tomes 1 et 2 (Crincrin/Fiddler, Solipris/Soletaken, Trône-Fantôme/Ombretrône...).

Livre Malazéen

En 2018, les éditions Léha relancent la parution du cycle, en en changeant au passage le titre qui devient Le Livre des Martyrs. La traduction est complètement revue et est assurée par deux traducteurs : Emmanuel Chastellière et Nicolas Merrien. Le parcours éditorial assez atypique de cette édition est décrit dans le détail dans notre podcast dédié à Steven Erikson. L'édition repart donc de zéro avec la parution d'une nouvelle traduction des Jardins de la Lune. L'idée est dès le départ de sortir 2 tomes par an, sans découpage, avec le planning et les titres provisoires suivants :

  1. 2018 : Les Jardins de la Lune, traduction d'Emmanuel Chastellière
  2. 2018 : Les Portes de la Maison des Morts, traduction de Nicolas Merrien
  3. 2019 : Les Souvenirs de la Glace, traduction de Nicolas Merrien
  4. 2019 : La Maison des Chaînes, traduction de Nicolas Merrien
  5. 2020 : Les Marées de Minuit, traduction de Nicolas Merrien
  6. 2020 : Les Osseleurs, traduction d'Emmanuel Chastellière
  7. 2021 : Le Souffle du Moissonneur
  8. 2021 : La Rançon des Molosses
  9. 2022 : Poussière de Rêves
  10. 2022 : Le Dieu Estropié

Jardins de la Lune

Mais dans quel ordre lire tout ça ?

Face à l'ampleur du cycle, avec ses préquelles, ses spin-offs, ses retours en arrière dans le temps, ses références croisées, la première question qui se pose est de connaître l'ordre de lecture et le point de départ.

L'ordre le plus simple et le plus pertinent est tout simplement l'ordre de parution, ce qui nous donne :

  1. Gardens of the Moon (1999)
  2. Deadhouse Gates (2000)
  3. Memories of Ice (2001)
  4. House of Chains (2002)
  5. Midnight Tides (2004)
  6. Night of Knives (2004)
  7. The Bonehunters (2006)
  8. Reaper's Gale (2007)
  9. Return of the Crimson Guard (2008)
  10. Toll the Hounds (2008)
  11. Dust of Dreams (2009)
  12. Stonewielder (2010)
  13. The Crippled God (2011)
  14. Orb Sceptre Throne (2012)
  15. Forge of Darkness (2012)
  16. Blood and Bone (2012)
  17. Assail (2014)
  18. Dancer's Lament (2016)
  19. Fall of Light (2016)
  20. Deadhouse Landing (2017)

Cet ordre de parution, qui n'est pas l'ordre chronologique des évènements, permet d'éviter d'être spoilé par les références entre les livres, notamment par des clins d'œil d'Ian C. Esslemont à la série de Steven Erikson et inversement.

Les aventures de Bauchelain et Korbal Broach peuvent se lire à n'importe quel moment du cycle. Cependant, les personnages étant introduits dans Memories of Ice, il peut être intéressant d'attendre la lecture de ce tome avant de commencer les novellas.

Concernant la position de la trilogie Kharkanas, voilà ce que je dis sur la page du cycle :

Steven Erikson a plusieurs fois déclaré qu’il avait écrit la trilogie Kharkanas comme une autre porte d’entrée à l’univers malazéen, plus facile d’accès que Les Jardins de la Lune. S’il y a une part de vérité dans ces affirmations, il n’est pas non plus évident de conseiller Forge of Darkness en première lecture malazéenne. Préquelle oblige, on retrouve de nombreux personnages présents dans le Livre Malazéen des Glorieux Défunts, certes bien plus jeunes (quelques centaines de milliers d’années plus jeunes, rien que ça) et donc différents de leurs versions plus âgées, et une partie de l’intérêt de cette nouvelle trilogie (mais loin d’être le seul intérêt) est de redécouvrir des personnages que l’on pense connaître sur le bout des doigts sous un autre angle.
La lecture préalable du Livre Malazéen est donc conseillée, mais pas indispensable.
Cependant, à défaut d’être la voie royale pour découvrir l’univers malazéen, la trilogie Kharkanas est une très bonne introduction au style de Steven Erikson et aux thèmes chers à l’auteur, alors que ce dernier était encore un peu hésitant dans Les Jardins de la Lune.

Quelques variantes à cet ordre de lecture peuvent exister, même si elles restent sensiblement proches de l'ordre de parution, comme la proposition de The Wertzone ou celle du Malazan Wiki.

Nous y reviendrons mais Gardens of the Moon, le point d'entrée du cycle, est réputé difficile d'accès car il nous plonge au cœur de l'action sans prendre le temps de présenter l'univers, les enjeux ou les personnages. Roman de "jeunesse", il est aussi moins bien maîtrisé que les romans suivants. C'est pour cela qu'il est parfois recommandé de commencer par Deadhouse Gates, qui est plus solide dans sa construction et a des personnages mieux définis. Cette approche est d'autant plus valable que les deux tomes lancent chacun un arc scénaristique pour ne les recouper que quelques tomes plus tard. Ne pas avoir lu Gardens of the Moon avant d'entamer Deadhouse Gates n'est donc pas pénalisant pour la compréhension. Je garde cependant une préférence pour l'ordre de publication, finalement plus naturel (le contact un peu aride avec Gardens of the Moon est aussi ce qui fait son charme).

La lecture dans l'ordre chronologique n'a pas grand sens car la chronologie de la série est assez complexe : certains prologues prennent place bien avant le reste du livre correspondant, la logique temporelle n'est pas toujours respectée, certains romans se déroulent en même temps,... Mais ce classement peut être intéressant à connaître :

  1. Forge of Darkness
  2. Fall of Light
  3. Walk in Shadow
  4. Dancer's Lament
  5. Deadhouse Landing
  6. Night of Knives
  7. Blood Follows
  8. The Lees of Laughter's End
  9. The Wurms of Blearmouth
  10. The Healthy Dead
  11. Crack'd Pot Trail
  12. The Fiends of Nightmaria
  13. Midnight Tides
  14. Gardens of the Moon
  15. Deadhouse Gates
  16. Memories of Ice
  17. House of Chains
  18. The Bonehunters
  19. Return of the Crimson Guard
  20. Reaper's Gale
  21. Toll the Hounds
  22. Stonewielder
  23. Orb Sceptre Throne
  24. Dust of Dreams
  25. The Crippled God
  26. Blood and Bone
  27. Assail
  28. The God is Not Willing

C'est difficile à lire en anglais ?

La question qui tue. Difficile de fournir une réponse unique et définitive, vu l'écart de niveau de langue qu'il peut y avoir d'un lecteur à l'autre. Dans ce paragraphe se mélangeront donc éléments factuels et ressenti personnel.

On a pu souvent lire, sur notre forum ou ailleurs, qu'Erikson était un auteur difficile à lire en VO. J'aimerais démystifier un peu cela. Oui, le style d'Erikson est riche et dense, mais il n'est pas non plus impénétrable. Son vocabulaire s'appréhende finalement assez rapidement et on apprend à aimer son aspect cryptique en sachant lâcher prise quand il apparaît évident que l'auteur essaie de perdre le lecteur ou ne lui donne pas assez d'éléments pour comprendre un passage à la première lecture.
Disons que si le niveau de langue est assez élevé pour ne pas forcément conseiller Gardens of the Moon à un lecteur n'ayant jamais lu en VO, il ne faut pas non plus être une bête en anglais pour s'y lancer sans risque. Un lecteur VO ayant commencé doucement par du Sanderson, du Rothfuss ou même du Martin pourra très rapidement passer à du Erikson sans trop de casse. Les dictionnaires anglais/français intégrés aux liseuses peuvent aussi beaucoup aider.
Pour ma part, Erikson a été ma première lecture VO. Je ne pensais pas avoir un niveau d'anglais exceptionnel à l'époque et tout s'est très bien passé, bien mieux que ce que je pensais.

Finalement, le plus difficile au début de l'aventure malazéenne est de comprendre l'univers et ses enjeux, ce qui est aussi bien vrai en VO qu'en VF. Une technique pour les lecteurs un peu hésitants peut être d'ailleurs de commencer par la VF pour s'immerger dans le monde en s'affranchissant de la barrière de la langue puis de passer à la VO (après le tome 1 ou les tomes 2/3) une fois des bases solides bien acquises.

Le style d'Esslemont est plus accessible que celui d'Erikson, mais vu qu'il est préférable de commencer par les premiers tomes du Livre Malazéen, la problématique reste la même : il faudra de toute façon arriver à lire du Erikson en VO avant de lire du Esslemont.

Je n’ai pas trouvé les Jardins de la Lune si fantastique que ça, je dois quand même continuer ?

Quand on fait autant monter la sauce autour d'une œuvre qu'on a pu le faire sur le site, il est évident que l'on se risque à des commentaires parfois déçus concernant Gardens of the Moon : brouillon, des personnages froids et peu attachants, un final que certains lecteurs rapprochent d'un deus ex machina... Il arrive donc que des personnes se posent la question de continuer la lecture du cycle, surtout si c'est pour se lancer dans au moins 10 tomes. L'idée de ce paragraphe n'est pas d'essayer de faire croire que ces personnes ont tort, mais d'expliquer pourquoi le cycle malazéen peut plaire même à des lecteurs dubitatifs après avoir fini Gardens of the Moon.

Notons avant toute chose que beaucoup de monde a apprécié ce premier tome et n'a pas eu besoin de l'argumentaire suivant pour sauter sur les autres tomes. Bref, Gardens of the Moon n'est pas foncièrement un mauvais premier tome (on a tous entendu le fameux T'inquiètes, ça devient trop bien après 1000 pages et on sait que c'est rarement vrai), même s'il est facile de faire ressortir des défauts de manière très objective, mais c'est surtout un tome très peu représentatif de ce que propose le reste du cycle malazéen.
En ce sens, j'aime à le comparer au Pistolero, le premier tome de la Tour Sombre de Stephen King : un côté très étrange qui fait que ça passe ou ça casse, mais des tomes suivants à la tonalité très différente qui passent beaucoup mieux auprès de la majorité des lecteurs.

Écrit 8 ans avant Deadhouse Gates, Gardens of the Moon souffre des erreurs de jeunesse de Steven Erikson. Si le côté abrupt des premières pages est voulu et assumé et si la logique du dénouement nous apparaît finalement très claire en poursuivant la lecture sur quelques tomes, difficile de nier que les personnages restent assez distants et que le roman est surtout tiré par son intrigue et son univers mystérieux.
Bonne nouvelle, dès le tome 2, la donne est tout autre : Erikson maîtrise beaucoup mieux ses personnages et la différence se sent vraiment. Le ton n'est plus le même, l'histoire ne prend plus le pas sur la psychologie et les deux se mêlent beaucoup mieux. A tel point que je pense maintenant que la plus grande force d'Erikson est de nous faire nous attacher tellement aux personnages que ses éléments tragiques sont d'autant plus puissants. Je trouve personnellement qu'il a transformé son plus gros défaut en sa plus grande qualité : les personnages un peu pantins de Gardens of the Moon sont devenus certains des plus beaux personnages de la fantasy (Coltaine, Itkovian ou Beak pour ne citer qu'eux).

Pour résumer :

  • Vous avez lu Gardens of the Moon, vous avez aimé, vous allez adorer la suite.
  • Vous avez lu Gardens of the Moon, vous n'avez pas aimé, essayez de redonner une chance à Erikson un peu plus tard avec Deadhouse Gates. Si vraiment ce deuxième tome ne vous plaît pas (ne vous forcez pas à le terminer, même si la fin est superbe), la série n'est pas pour vous. Si le déclic se fait, sautez sur Memories of Ice.

Retenez qu'un défaut que vous trouvez à Gardens of the Moon restera un défaut de Gardens of the Moon et a de grandes chances d'être corrigé dès le deuxième livre. Une critique de Deadhouse Gates ou Memories of Ice pourra par contre s'appliquer à toute la saga.

Sachez aussi que vu le nombre de techniques de foreshadowing qu'il y a dans le premier tome, une relecture peut faire ressortir de nouvelles saveurs. C'est un livre très particulier à relire.

Le mot de la fin

Vous voilà, je l'espère, armés pour tenter l'aventure si le cœur vous en dit. Si des questions subsistent, n'hésitez pas à venir les poser sur le forum. La secte malazéenne se fera une joie d'y répondre.


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