Vous êtes ici : Page d'accueil > L'Actualité fantasy > Trône de Fer

Game of Thrones saison 8, le grand récap

Par Zakath, le lundi 20 mai 2019 à 09:30:00

Episode 8.04 : The Last of the Starks

GhostPasser après un des gros morceaux de la série n’a jamais été chose facile. Durant les premières saisons, le dixième épisode écopait d’un petit côté « on refait le match » assez laborieux, malgré une scène finale qui promettait beaucoup pour la suite. De la même manière, Breaker of Chains en saison 4 avait subi le contrecoup de suivre immédiatement les noces mémorables de Joffrey.

The Last of the Starks semble au départ bien parti pour souffrir du même problème : la bataille qui a occupé l’intégralité de l’épisode précédent est achevée, le monde des vivants est sauvé, on fait ses derniers adieux émouvants à celles et ceux tombés bravement au combat, et on commence à se tourner vers l’avenir. Néanmoins, dès le banquet où les convives décompressent, parfois avec la balourdise des éléphants qui manquent à Cersei, on sent que la victoire va tourner à l’aigre. Le malaise ne tarde pas à pointer et ne fera que croître. Ainsi, la promotion de Gendry, loin de faire chaud au cœur, est une manœuvre de Daenerys pour se trouver un allié et montrer qu’elle sait faire preuve de clémence bien trop transparente pour échapper à son entourage, et il n’y a guère que le pauvre forgeron pour croire un instant que son nouveau titre de seigneur de Storm’s End lui apportera ce qu’il désire. Arya ne perd pas de temps pour le ramener sur terre, d’ailleurs.

Il en va de même pour Brienne, forcée, au moment où tout tournait enfin parfaitement pour elle, de constater que le destin de Jaime est inextricablement lié à celui de Cersei, d’une manière ou d’une autre. Faire front uni contre celle qui siège toujours à King’s Landing s’annonçait une gageure, et pendant plus d’une heure, The Last of the Starks, loin d’être une petite respiration avant de régler le sort de la reine Lannister, se transforme vite en une spirale infernale pour la pauvre Daenerys, plus hors de son élément que jamais et dont les alliés disparaissent les uns après les autres de manière accélérée. Elle ne peut compter sur Jon pour continuer comme s’il n’avait jamais appris sa véritable ascendance. Il n’a jamais su jouer double jeu bien longtemps, sa conduite avec les Sauvageons en saison 3 puis face à Cersei en saison 7 en témoigne. S’il choisit de confier son secret à un public restreint, celui-ci ne tarde pas à s’étoffer dans la foulée.

Tyrion essaie toujours de prendre la défense de sa reine, mais ses discussions avec Sansa et surtout Varys risquent de miner sa loyauté. L’eunuque désire depuis le début faire passer le bien du royaume et de ses habitants les plus ordinaires avant la fidélité à un monarque ou une dynastie en particulier et Jon est à ses yeux un candidat bien moins prompt à l’annihilation totale de ses ennemis que Daenerys.

On peut en discuter, cependant. Jon est un rassembleur mais il n’est pas le dernier à agir sous le coup d’une impulsion, il est trop franc pour développer un bon sens politique et se prêter aux manigances de ses conseillers, et abandonner ou se retourner contre Daenerys au moment où elle a le plus besoin d’aide peut justement contribuer à la faire basculer alors qu’elle n’est pas forcément totalement inaccessible à la raison. Les défauts de Daenerys ont déjà été démontrés, mais le sort qui s’acharne et des personnages bien prompts à retourner leur veste sans raison vraiment valable donnent au parcours de la Mère des Dragons un aspect précipité : on peut voir où l’on veut en venir avec son personnage et le propos se comprend, mais elle ne s’est pas montrée si sanguinaire pour que Tyrion doute à ce point d’elle et que Varys envisage de la trahir dès qu’un nouveau candidat plus malléable apparaît, et cela aurait mérité de s’étaler sur davantage de temps, surtout quand les autres camps n’ont jamais été exemplaires (après tout, les soldats du bon roi Robb commettaient les mêmes exactions que ceux du vilain roi Joffrey).

L’épisode joue beaucoup sur les parallèles entre Daenerys et Cersei, qu’elle risque d’égaler en cruauté pour obtenir sa vengeance, et la perte d’un Rhaegal tout juste convalescent par la flotte ninja d’Euron puis l’exécution de Missandei, qui se retrouve une dernière fois dans les fers et dont les dernières volontés encouragent à la destruction de ses assassins (heureusement, on évite une ultime déclaration d’amour à Ver Gris) font donc office de goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Cersei ne déteint toutefois pas uniquement sur Daenerys. Durant la première saison, elle déclarait à Joffrey Everyone who isn’t us is an enemy. Sansa semble désormais appliquer la même maxime à la famille Stark, dont les intérêts priment avant tout, et il reste à savoir comment elle voit Jon après sa révélation, alors qu’une ellipse nous prive de sa réaction et de celle d’Arya : le considère-t-elle comme suffisamment Stark pour désirer le placer sur le Trône de Fer ? Sa confidence à Tyrion laisse entendre qu’il s’agit bien de son plan, mais la manière dont Jon abandonne Fantôme avant de partir pour le Sud, au-delà d’éventuelles contraintes bassement budgétaires, peut aussi se lire comme une façon pour lui d’abandonner son côté Stark. Quant à Arya, quitte-t-elle Winterfell une dernière fois pour rayer Cersei de sa liste, ou a-t-elle d’autres cibles en vue, comme Daenerys afin de dégager le chemin pour Jon, ou Jon lui-même, à qui elle avait rappelé l’importance de la famille lors de leurs retrouvailles d’un ton où la menace n’était pas absente ?

Autre épée de Damoclès, ou carreau d’arbalète de Damoclès, qui pèse sur la tête des frères Lannister : Bronn a préféré leur annoncer la couleur plutôt que de remplir son contrat de manière furtive, ce qui leur donne du répit, mais la question reste en suspens. Quoiqu’il en soit, Tyrion, autant que Bran, semble toujours vivre dans le passé : son allégeance à Daenerys tient à ce qu’il a perçu de positif chez elle quand ils étaient à Meereen, mais elle est loin des terres où elle avait l’appui de gens qui la voyaient en libératrice. Il pense encore que surenchérir sur ses ennemis lui paiera la loyauté de Bronn, et surtout, une fois de plus, et de trop, il tente d’en appeler aux sentiments de Cersei, sans comprendre qu’elle n’est plus celle (déjà pas commode) qu’il a laissé quand il a fui King’s Landing et qu’entre-temps ce qu’elle a subi face à la Foi militante l’a transformée en quelqu’un accueillant la nouvelle du suicide de son fils avec indifférence.

Daenerys sur une pente tragique, conduite à moins d’une énorme surprise à l’acte destructeur qu’elle a refusé de commettre la saison précédente malgré les conseils de plusieurs de ses alliées, Sansa déterminée à ne veiller qu’aux intérêts de son clan, quelle qu’en soit la méthode, Jaime incapable de refaire sa vie, Arya et le Limier sur les routes pour un dernier règlement de compte, Tyrion et Varys replongeant dans les complots, Jon proche de redevenir roi malgré lui, moins par ses propres actions que parce qu’on lui aura retiré toute concurrence, un Nord esquinté et seul à avoir payé le prix de la guerre contre les Marcheurs Blancs sans pouvoir espérer la moindre reconnaissance du reste du continent, et Cersei et Euron observant tout cela d’un air goguenard…

Si l’on trouvait le précédent épisode étonnamment gentil vis-à-vis de trop nombreux personnages rescapés d’un affrontement aux enjeux vitaux, The Last of the Starks rappelle brutalement (et de façon par moment trop artificielle) que dans Game of Thrones, c’est quand on croit avoir échappé au pire que l’on est le plus vulnérable. Comme l’avait dit Ramsey Bolton il y a bien longtemps, si l’on pense avoir une fin heureuse, c’est que l’on n’a pas été suffisamment attentif.

  1. Episode 8.01 : Winterfell
  2. Episode 8.02 : A Knight of the Seven Kingdoms
  3. Episode 8.03 : The Long Night
  4. Episode 8.04 : The Last of the Starks
  5. Episode 8.05 : The Bells
  6. Episode 8.06 : The Iron Throne

Dernières critiques

Derniers articles

Plus

Dernières interviews

Plus

Le héros de la semaine

Retrouvez-nous aussi sur :