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Phillip Pullman invité du Today Show

Par Palinka, le mardi 6 novembre 2007 à 12:46:38

Al Roker du Today Show a choisi Les Royaumes du Nord comme livre de l'automne pour son émission Book Club.
Il y a quelques jours maintenant, Phillip Pullman est apparu dans le Today Show de la chaîne américaine NBC pour répondre à des questions de fans à propos des éléments religieux, du concept qui se cache derrière les daemons, et de ce qui l'a inspiré pour écrire ce livre.

Pullman n'écrit pas en faveur de l'athéisme dans « Les Royaumes du Nord »

L'auteur à propos des commentaires anti-catholiques, et comment il a imaginé ce monde épique.

Le livre de l'automne du club était « Les Royaumes du Nord », premier tome de la trilogie de Phillip Pullman « A la croisée des mondes ». Dans ce premier volume, Pullman invite le lecteur dans un monde aussi convaincant et complet que Narnia, Terremer ou Redwall. Dans ce monde vit Lyra Belacqua, une orpheline de onze ans confiée aux érudits du Jordan College d'Oxford, et dont la vie insouciante est bouleversée par l'arrivée de deux visiteurs importants. Tout d'abord apparaît son oncle effrayant, Lord Asriel, qui amène avec lui des éléments prouvant l'existance d'un grand mystère et de dangers dans le Nord lointain. Parmi ces éléments se trouvent des photographies d'un mystérieux phénomène céleste appelé Poussière, et le faible contour d'une ville suspendue dans l'Aurore Boréale, qu'il soupçonne de faire partie d'un univers parallèle. Il laisse Lyra aux bons soins de Mrs. Coulter, une érudite et exploratrice énigmatique qui offre à Lyra toute l'attention que son oncle lui a depuis longtemps refusé.

Si vous avez lu « Les Royaumes du Nord » dans le cadre du Book Club de Al, vous vous posez probablement des questions à propos du livre et de l'auteur. Quelques lecteurs passionnés ont envoyé des questions à Phillip. Dans ses réponses, il parle de ces commentaires anti-catholiques, comment il a imaginé un tel monde, et comment lui est venue l'idée des dæmons.
Voici ses réponses :

Comment répondez-vous aux affirmations selon lesquelles vos livres sont anti-catholiques et en faveur de l'athéisme ? Lyndsay Petersen, Parkesburg, Iowa

Bonjour Lyndsay : Dans le monde de l'histoire – le monde de Lyra – il y a une Église qui a acquis un grand pouvoir politique, comme l'ont fait certaines religions dans notre monde à différentes époques, et encore aujourd'hui (les Talibans en Afghanistan par exemple). D'après moi, la religion atteint son apogée – elle est le plus bénéfique – lorsqu'elle est le plus loin possible de toute forme de pouvoir politique. Quand elle acquiert le pouvoir (par exemple) d'envoyer des armées faire la guerre, de condamner des gens à mort, ou de diriger le moindre aspect de notre vie, elle devient vite mauvaise. Parfois, les gens pensent que si certaines choses sont faites au nom de la foi ou de la religion, alors ce doit être bien. Malheureusement, ce n'est pas vrai ; certaines choses accomplies au nom de la religion sont très mauvaises. C'est ce que j'essayais de décrire dans mon histoire.
Je pense que les qualités vantées dans les livres sont la gentillesse, l'amour, le courage et aussi la courtoisie. Toutes ces bonnes choses. Et ce que les livres critiquent, c'est l'insensibilité, la tyrannie, l'étroitesse d'esprit, la cruauté, les choses sur lesquelles nous nous accordons tous à dire qu'elles sont mauvaises.

Y a-t-il dans votre livre un message sous-entendu en faveur de l'athéisme ou vouliez-vous juste écrire une histoire de fantasy, comme Tolkien? Kim Mapsted, Friday Harbor, Washington

Bonjour Kim : Ce que j'ai fait avant tout, j'espère, c'est raconter une histoire, mais pas comme celles de Tolkien. (Pour être honnête, « Le Seigneur des Anneaux » ne m'intéresse pas vraiment.) Quant à l'athéisme, cela m'importe peu que les gens croient en Dieu ou non, donc je n'écris pas en faveur de quoi que ce soit de la sorte. Ce qui m'importe, c'est de savoir si les gens sont cruels ou s'ils sont gentils, s'ils agissent au nom de la démocratie ou de la tyrannie, s'ils croient en la liberté de réflexion ou dans le musellement des libertés de pensée et d'expression. De bonnes choses, comme des mauvaises, ont été accomplies au nom de le religion ; et de bonnes choses comme des mauvaises ont été accomplies sans qu'elles aient le moindre rapport avec les religions. Ce qui m'importe c'est le bien, d'où qu'il provienne.

Comment avez-vous imaginé un monde épique tel que celui des « Royaumes du Nord » ? L'avez-vous recherché ou est-il venu à vous ? Muhaimin

Bonjour Muhaimin : C'est une question intéressante, parce que c'est quelque chose que je me suis moi-même beaucoup demandé. Quand je raconte une histoire, je sais, dans une partie de mon esprit, que je suis en train de la créer; mais dans une autre partie de mon esprit, j'ai l'impression de découvrir quelque chose qui, d'une étrange manière, est déjà là, et que plutôt que de l'inventer, j'apprends des choses à son sujet. Donc je ne peux pas vraiment te répondre ! Ce que je sais par contre, c'est que si je ne travaille pas régulièrement, et si je n'écris pas un peu tous les jours, alors je ne peux écrire aucune histoire. J'essaie donc de le faire.

Je me suis toujours posé des questions à propos de l'armure des ours. Il est dit que l'armure est l'âme de l'ours, et cependant, Iorek ne s'en forge-t-il pas une de remplacement ? J'ai peut-être mal compris quelque chose dans le texte, mais si un ours se fait prendre son armure, est-ce qu'en forger une nouvelle lui rend son âme ? Paul Jacobs, Corvallis, Oregon

Bonjour Paul : Merci pour la question. Quand Iorek a dit ça à Lyra – quand il a décrit son armure comme étant son âme – il a utilisé une métaphore pour montrer à quel point son armure est importante pour lui. Chaque ours fabrique sa propre armure, pièce par pièce, et il acquiert petit à petit l'ensemble complet, au fur et à mesure de sa croissance jusqu'à ce qu'il atteigne sa maturité, donc évidemment, elle est très importante et spéciale. Lorsque l'on voit Iorek forger un objet, ce n'est pas sur son armure qu'il travaille mais sur le poignard subtil de Will.

Cher M. Pullman, ma classe est en train de lire « Les Royaumes du Nord » et nous nous demandions comment vous était venu le concept des dæmons ? Qu'est-ce qui vous a inspiré ? Hayden, 8 ans, Annadale, Virginie

Bonjour Hayden : Merci pour la question, et adresse mes salutations à ta classe et à ton professeur. L'idée des daemons m'est venue de manière subite et je ne suis pas sûr de savoir d'où. J'ai réécrit le premier chapitre des « Royaumes du Nord » de nombreuses fois avant qu'il ne soit satisfaisant, et au début ce n'était vraiment pas bon. Je ne savais pas pourquoi, jusqu'au moment où j'ai compris que Lyra devait avoir un compagnon à qui parler, avec qui partager des choses, et l'idée des dæmons m'est soudain venue à l'esprit. C'était un moment excitant, et toute l'histoire est devenue plus précise à mes yeux. Je découvre encore de nouvelles choses à écrire sur les dæmons, et j'écris en ce moment un livre à leur sujet, qui s'intitulera « The Book of Dust ». Mais je suis encore loin de l'avoir terminé.

Article originel.


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