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Piranesi

ISBN : 978-152662242-6
Catégorie : Aucune
Auteur/Autrice : Susanna Clarke

Piranesi vit dans la Maison. Peut-être l’a-t-il toujours fait.
Dans ses carnets, jour après jour, il note clairement et soigneusement ses merveilles : le labyrinthe des salles, les milliers et les milliers de statues, les marées qui montent les escaliers, les nuages qui se déplacent en lente procession dans les salles supérieures. Les mardis et vendredis, Piranesi voit son ami, l’Autre. A d’autres moments, il apporte des hommages alimentaires aux Morts. Mais le plus souvent, il est seul.
Des messages commencent à apparaître, gravés à la craie sur les trottoirs. Il y a quelqu’un de nouveau dans la maison. Mais qui sont-ils et que veulent-ils ? Sont-ils des amis ou apportent-ils la destruction et la folie comme le prétend l’Autre ?
Les textes perdus doivent être retrouvés, les secrets doivent être dévoilés. Le monde que Piranesi pensait connaître devient étrange et dangereux.

Critique

Par Zakath, le 28/09/2020

Lorsque la publication de Piranesi a été annoncée, c’était un événement à plus d’un titre : tout d’abord, Jonathan Strange et Mr Norrell, le premier roman de Susanna Clarke, publié en 2004, n’était pas passé inaperçu. 
Ensuite, hormis un recueil de nouvelles situé dans le même univers paru deux ans plus tard, l’autrice avait malheureusement dû mettre à l’arrêt ses projets d’écriture pour raisons de santé et l’on n’attendait plus une nouvelle œuvre de sa part. C’est donc avec un mélange de ravissement de la voir reprendre la plume et d’appréhension à l’idée que son nouveau roman soit loin d’être à la hauteur de ses débuts remarqués qu’on ouvre Piranesi.
On retrouve des éléments chers à Susanna Clarke : des personnages à l’esprit scientifique, plongés dans un monde magique qu’ils appréhendent d’une manière méthodique, ou qui du moins essaient de le faire. Le personnage de l’Autre, érudit peu amène et jaloux de son savoir, peut évoquer Mr Norrell, tout comme la Maison n’est pas sans rappeler les Routes du Roi de son précédent roman. Néanmoins, c’est une œuvre bien différente à laquelle on a affaire, plus concise, circonscrite à un lieu, avec un nombre réduit de personnages. En termes de références, il faut davantage chercher du côté de C.S. Lewis que de Jane Austen ou Charles Dickens, Le Neveu du Magicien étant une source d’inspiration assumée.
La grande force de Clarke est ici de parvenir à faire vivre un endroit étrange, labyrinthe de pièces renfermant un océan et de gigantesques statues, décrit à travers les yeux d’un narrateur sujet à des pertes de mémoires, qui dévoile petit à petit la véritable nature de la Maison, la raison de sa présence en son sein, tandis que l’on se demande de plus en plus à qui se fier : Piranesi qui ignore qui il est, l’Autre qui lui vient en aide mais en sait visiblement plus qu’il n’en dit, ou 16, une mystérieuse nouvelle présence potentiellement destructrice ? La plume de Clarke est toujours habile, la candeur de Piranesi le rend attachant et le charme du lieu agit.
Piranesi présente cependant quelques lacunes : si l’on se laisse allégrement balader aussi bien dans la Maison que dans le récit, on finit par avoir souvent un temps d’avance sur le protagoniste, ce qui rend certaines révélations prévisibles. Quant à la conclusion, elle est un peu rapidement amenée pour se révéler totalement satisfaisante.
Susanna Clarke n’a en tout cas rien perdu de son talent pour convier ses lecteurs dans un monde à la fois inquiétant et enchanteur, à l’atmosphère envoutante.

8.0/10

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