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Notre entretien exclusif avec Alan Campbell !

Par Gillossen, le vendredi 20 avril 2007 à 16:45:42

Alan CampbellNul doute qu'Alan Campbell et son premier roman Scar Night soient destinés à faire du bruit, et particulièrement quand ledit roman aura eu droit à sa traduction française.
Mais, comme souvent sur Elbakin.net, nous avons décidé de prendre les devants en ce qui nous concerne, et pas seulement par le biais d'une critique de la version originale ! Non, Mr Campbell, ou plutôt Alan tant il s'est montré sympathique, a gentiment accepté de nous accorder une interview, malgré un emploi du temps des plus chargés.
Découvrez donc dès maintenant cet entretien, et pourquoi pas directement en anglais si vous préférez cette solution.

L'interview d'Alan Campbell avec Elbakin.net, version française

Pourquoi avoir choisi la fantasy pour vos débuts d’écrivain, et pourquoi la fantasy urbaine plus particulièrement ?

Je pense que c’est le genre qui m’a choisi, plutôt que l'inverse. J’ai toujours adoré lire de la fantasy, plus spécialement de la fantasy sombre et gothique, et donc, quand je me suis assis pour écrire, c’est ce qui en est sorti. Pour être honnête, quand j'étais en train d'écrire Scar Night, je n'avais en fait jamais entendu parler de fantasy urbaine, ce qui est assez embarrassant, alors, merci de ne pas le répéter !

Comment vous est venue l'idée de la cité de Deepgate. Est-ce que la ville peut être considérée comme un personnage à part entière ?

Deepgate est simplement une idée que j’ai eue, pendant que j'étais dans ma chambre, dans un hotel de Budapest. J'ai songé que c'était un lieu vraiment cool pour y installer une histoire, que je pourrais m'amuser avec. Avec le temps, la cité a grandi et est devenue de plus en plus complexe, tant et si bien que sa géométrie inhabituelle a commencé à influencer le scénario, et l'état d'esprit des personnages dans une certaine mesure. Mais je ne considère pas la cité enchaînée comme un personnage, seulement le creuset où l'histoire prend place.

J'ai lu que vous aviez commencé cette histoire il y a presque dix ans de cela, à Budapest. Est-ce que cette ville a été d'une façon ou d'une autre un modèle pour Deepgate ? Pas du tout. Budapest est une ville superbe, et j'ai passé de nombreuses semaines joyeuses là-bas. Mais je ne pense pas que ça ait été un modèle, même inconsciemment, pour Deepgate. L’un de mes amis m’a dit que certains quartiers de Deepgate lui ont rappelé la vieille ville d'Edimbourg, une ville dans laquelle j'ai vécu une grande partie de ma vie. C'est probablement plus proche de la vérité.

Avez-vous un personnage favori ? De ceux que l'on prend plaisir à mettre en scène plus que les autres ?

L'ange scarifié, Carnival. Je pense que j'aime beaucoup écrire à son sujet à cause de ses conflits intérieurs. C’est une immortelle avec des tendances suicidaires, une meurtrière compulsive qui est incapable de se confronter à ses propres actions. Et aussi parce que des choses violentes, mauvaises, ont tendance à se produire où qu'elle apparaisse dans le roman, et ses scènes sont amusantes à écrire.

Comment comparer l'écriture et le développement de jeux vidéos ? Est-ce que votre travail dans le domaine des jeux vidéos vous a aidé pour écrire ?

Dans les deux cas, vous travaillez sur des projets dans lesquels de nombreux aspects différents doivent être liés entre eux afin de donner quelque chose que l'on espère divertissant. Le développement de jeux vidéo pour ordinateur m'a appris à être patient. Un jeu est normalement écrit depuis les fondations, complètement, une fonction à la fois, tout comme une nouvelle est construite scène après scène. Tous deux sont de longs processus.

Quel est votre aspect favori dans l'écriture ?

Réécrire. Un document Word vide me fait peur. Mon ami Gary Gibson appelle cela l'Ecran Blanc du Désespoir. Mais, une fois que l'histoire est couchée sur le papier, j'aime beaucoup décaper le tout jusqu'à ce que je sois heureux du résultat obtenu.

En tant qu'écrivain débutant, quels sont vos auteurs favoris ?

Pour en nommer quelques uns : Mervyn Peake, M. John Harrison, et George R R Martin, mais aussi Stephen Donaldson, Steven Erikson et Jack Vance. J'aime aussi n’importe quoi écrit par Iain Banks aussi, mais j'aime tout particulièrement ses romans sur la Culture.

Est-ce que internet constitue un outil important pour vous, en terme de communication avec vos lecteurs, pour effectuer certaines recherches, etc... J'ai vu que vous aviez un blog.

Oui, internet est très pratique pour tout ce genre de choses. Et c'est sympa quand les lecteurs ou les amis passent faire un tour sur mon blog pour dire bonjour.

Êtes-vous influencé par les critiques, ou cherchez-vous en premier lieu à écrire quelque chose qui vous convienne à vous ? Vous avez reçu beaucoup de bonnes critiques pour Scar Night ! Envoyer un roman au grand jour est une expérience effrayante. Evidemment, j'étais curieux de savoir comment Scar Night serait accueilli, et les réactions positives ont été merveilleuses. Mais j'essaie de ne pas laisser les critiques m'influencer. Je suis seulement capable d'écrire le genre d’histoires qui me plaît, en espérant que les autres l'aiment aussi.

Vous avez récemment été présent au Festival Littéraire de la ville de Bath. Que pensez-vous du petit monde de la fantasy et comment définiriez-vous vos rapports avec les fans ?

Je me sens honoré et modeste à chaque fois que quelqu'un achète un exemplaire du roman. Et, bien sûr, je suis moi-même un fan d'autres auteurs. Le Festival Littéraire de Bath m'a donné la chance de dénicher un exemplaire dédicacé du nouveau roman de Iain Bank, ce qui représentait beaucoup pour moi.

Aurons-nous l'occasion de découvrir bientôt Scar Night en français ? J'ai entendu dire que votre roman est déjà lu par de nombreux éditeurs de la place…

Pas encore (Le « encore » se veut optimiste.) Je sais que certains éditeurs français ont jeté un coup d’œil au roman, et que plusieurs continuent de l'étudier présentement, mais aucun accord n'a été conclu. C'est dommage, parce que j'avais appris le français, plus ou moins, depuis l'école (Je voudrais un kilo de pommes, où est la gare ? -NdT : en français dans le texte ! - Ce genre de choses), et une version française de Scar Night pourrait réellement m’aider dans l'apprentissage de la langue.

Que peut-on attendre du roman suivant ?

Le prochain roman continuera l'histoire de Dill, Rachel, et Carnival, alors qu'ils se lancent dans une périlleuse entreprise dans le monde sous Deepgate. Mais à présent, les dieux encore présents sont conscients de leur présence, et ils ne sont pas contents.

Pensez-vous que le fait d'être Ecossais fasse une différence dans votre façon d'être en tant qu'auteur par rapport à vos camarades américains ou anglais ?

Je suppose que je ne peux rien faire contre le fait d'être influencé par le pays dans lequel je vis, le paysage urbain et les habitants, et même le dialecte écossais que j'entends parler tous les jours, mais ce n'est pas une chose consciente. Concernant les travaux d'écriture, et les détails pratiques de ceux-ci, je suis sûr que chaque écrivain possède une approche différente, peu importe le pays d’où ils viennent.

Last but not least, avez-vous un mot à dire aux lecteurs français ?

J'ai passé mes vacances en France plusieurs fois et j'adore votre pays. En fait, quand mon agent m'a téléphoné pour me dire que Scar Night avait été vendu à un éditeur américain, je me tenais précisément au sommet de la Tour Eiffel à ce moment-là.

Propos recueillis et mis en forme par Emmanuel Chastellière.

  1. L'interview d'Alan Campbell avec Elbakin.net, version française
  2. L'interview d'Alan Campbell avec Elbakin.net, version originale

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