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John C. Wright se confie

Par Thys, le dimanche 29 avril 2007 à 13:52:33

Si Les Guerriers de l'Eternité n'a pas laissé indifférents les lecteurs qui s'en sont approché, il n'est pas pour autant question d'une oeuvre très connue, à tort selon nous.
Car elle mériterait d'avoir fait plus de bruit, surtout pour une histoire bouclée en deux tomes. Si jamais The Chaos Chronicles doit être traduit en français, espérons que ce nouveau cycle aura droit à un meilleur traitement ! En attendant, nous avons décidé de vous proposer une interview de l'auteur, à découvrir dès maintenant !
Attention, accrochez-vous...

Interview John C. Wright

Ecrivain de SF et de fantasy, John C. Wright a publié quelques nouvelles dans les années 90 mais c'est seulement en 2002 que son premier roman The Golden Age a été publié. Avec les suites The Pheonix Exultant et The Golden Transcendence parus en 2003, il forme un livre plus vaste également nomme The Golden Age. Suivent The last guardian of Everness et Mists of Everness parus en 2004, et qui composent The War of the Dreaming, ainsi qu'un troisième roman The chronicles of Chaos qui débute avec The Orphans of Chaos en 2005, se poursuit avec Fugitives of Chaos 2006 et sera achevé en avril 2007 avec Titans of Chaos.

En avril 2007, vos trois vastes romans seront totalement publiés. Le premier The Golden Age est un roman de SF. Le second War of the Dreaming est plutôt de la fantasy post-apocalyptique avec des éléments mythologiques. Et le troisième The chronicles of Chaos se classe dans la fantasy contemporaine combinant les mythes avec la sensibilité des jeunes adultes. Vous avez couvert une large palette de styles. Y en a-t-il un que vous préférez ? Quels sous-genres ou combinaisons de genre trouvez-vous qui s'accordent le mieux ?

Pardonnez-moi si je me permets de faire de petites corrections. War of the Dreaming se déroule en Amérique dans une décennie non déterminée après le Vietnam, donc il s'agit plutôt d'un passé alternatif que d'un futur alternatif. The chronicles of Chaos n'a pas une sensibilité particulièrement de jeunes adultes, à moins que ceux-ci soient considérablement plus mûrs qu'ils ne devraient. Bien qu'il y ait des ados dans le livre, il n'est pas écrit pour eux.

Je n'ai pas de favori parmi mes travaux. Mes livres et moi maintenons une saine relation professionnelle, marquée par l'apparence et une courtoisie distante. Nous nous sommes mis d'accord pour ne pas nous impliquer émotionnellement les uns avec les autres.

J'ai longtemps pensé que même les meilleurs auteurs pourraient ne pas savoir lesquels de leurs livres sont bons, mauvais ou autres. Considérant le travail du point de vue de l'artisan, ils sont simplement capables de juger si le travail a atteint leur ambition. Si leur meilleur travail tombe à côté de ce qu'ils voulaient faire, ils le jugent durement, même si en ratant leur cible ils ont touché de l'or ; si leur pire boulot correspond exactement à ce qu'ils voulaient faire, ils le louent largement, et s'étonnent lorsque le monde ne partage pas leur enthousiasme.

De ce point de vue, de tout ce que j'ai écrit, là où j'ai le mieux atteint mon objectif, et ce qui m'a donné le plus de satisfaction et de plaisir à écrire est Null-A Continuum. C'est mon hommage et ma suite aux livres de A.E. van Vogt World of Null-A et Players of Null-A : ces livres sont mes favoris depuis l'enfance et ont eu une grande influence sur ma vie. L'aimable permission de Lydia van Vogt, veuve du grand écrivain, m'autorisait à écrire une suite à ces travaux, désormais tristement négligés. Ca n'a pas encore été publié, et toutes les négociations et histoires légales ne conviennent pas encore à tout le monde, alors gardez-donc les doigts croisés.

Le manuscrit est devenu exactement ce que je voulais, avec tout cet émerveillement vieille-école, la superscience et la philosophie qui ne vient pas d'Aristote, les rebondissements du scénario, le rythme effréné et l'échelle cosmique qui définit un livre à la manière d'un Van Vogt. Pour cette raison, les fans de mes écrits pourraient être moins intéressés par ce livre que je le suis, parce que dans ce livre j'écris moins comme moi-même que je n'en ai coutume.

Mais dans mes plus grands rêves d'écrivain, jamais je n'aurais imaginé être celui qui ferait renaître à la vie une nouvelle fois au dictateur galactique Enro le Rouge, à l'ombre uniquement connue sous le nom de Suivant, à la mystérieuse et élégante Patricia Hardy, ou que je découvrirais les origines ultimes et le destin infini de cet être sans défense bien que sur-humain, Gilbert Gosservn. J'ai dû trouver qui est le Joueur d'Echecs céleste qui manipule les multiples vies et identités de Gosseyn.

C'était vraiment plaisant de broder sur des questions que A.E. van Vogt avaient laissé en suspens dans son oeuvre, et de décider lesquelles parmi les mémoires implantées de Gosseyn étaient fausses.

Pour répondre à votre seconde question, le sous-genre qui s'accorde le mieux est la hard SF ou la romance futuriste de mon premier livre, The Golden age. L'accueil du public a été très satisfaisant, et ce travail a attiré l'attention sur mes écrits fantasy.

Je ne sais pas très bien pourquoi l'un est mieux accueilli que l'autre. J'imagine qu'il y a beaucoup plus de monde en fantasy, et que certains des concepts de ma fantasy (qui étaient inédits quand je les ai inventés) ont déjà été vus dans le genre, et perdent donc de l'impact lorsqu'ils sont publiés.

Mes livres fantasy se déroulent dans des temps modernes, et j'avais anticipé que nombre d'observations et de critiques du monde moderne porteraient avec force des opinions contraires aux miennes. C'est arrivé et je n'en suis pas surpris.

Ce que je n'avais pas prévu, et que j'ai franchement du mal à m'expliquer est ceci : dans mes deux livres fantasy, j'utilise certains éléments de mythologie chrétienne aussi librement que la mythologie païenne, les utilisant justement mais sans doute pas avec le plus grand respect au monde. J'attendais des critiques de la part des Chrétiens pour cette démonstration d'irrespect envers leurs croyances révérées. A la place, j'ai eu des critiques des anti-Chrétiens pour n'avoir pas réussi à montrer assez d'irrespect envers les croyances chrétiennes.

En mélangeant les genres comme vous l'avez fait, pensez-vous qu'en général la fantasy l'emporte commercialement sur le SF ? Si oui, pourquoi et est-ce une bonne chose ?

Oui, il est évident que la fantasy se vend mieux que la SF. Allez dans n'importe quelle librairie et regardez l'espace alloué aux deux genres. C'est une mesure assez juste de l'intérêt que leur porte le lecteur.

Et cela pour plusieurs raisons :

Premièrement, la fantasy est plus abordable pour un lecteur novice. Il aura besoin de connaître quelques règles de base de physique pour appréhender une histoire de hard SF. D'un autre côté, tout le monde sait ce qu'est une épée magique. La courtoisie avec les lecteurs novices a un prix. Par exemple, si je mets un ascenseur spatial dans une histoire, une pause pour expliquer ce qu'est cet élément commun de la SF sera lourde pour les lecteurs chevronnés.

Deuxièmement, les histoires de soft SF, telles que les romances planétaires de Edgar Rice Burroughs ont été poussées du domaine scientifique dans le monde fantasy par l'avancée des connaissances scientifiques. Personne aujourd'hui ne peut placer une histoire dans les jungles infestées de dinosaures de Vénus ou dans les ruines hantées de Mars (excepté peut-être S.M. Stirling). La limite entre les deux genres pousse dans la direction fantasy.

Troisièmement, la fantasy nécessite moins de maths. (Parfois. J'ai dû calculer combien de temps cela prendrait pour descendre de l'orbite basse de la Terre pour mon dernier livre de hard SF, s'il y avait des escaliers tout du long. Mais j'ai dû calculer un transfert depuis l'orbite de la Terre jusqu'à Mars sur une trirème grecque magique dans mon livre fantasy).

Quatrièmement, les sciences ne s'appliquent plus facilement aux histoires d'aventure. Un crash dans les jungles de Vénus permet l'apparition d'une charmante jeune femme des cavernes, poursuivie de sauvages hommes de Neandertal de l'espace, sur quoi notre Robinson Crusoe de l'espace avec sa chemise à moitié déchirée peut se jeter dans la mêlée avec sa hache de l'espace. Les fusées sont naturellement romantiques et parlent d'aventures. Trouver la romance dans la biologie moléculaire, les ordinateurs ou autre est difficile.

Cinquièmement, la fantasy reflète plus justement la vision du monde, les prétentions et les goûts du jeune public. La plupart de mes lecteurs jouaient à Donjons et Dragons à l'école, pas à Traveller si vous voyez de quoi je parle. Sans entrer dans le début des limites des genres, laissez-moi simplement dire que quelqu'un qui a aimé Star Wars est plus à même de se sentir à l'aise avec les thèmes et les personnages de Narnia ou de la légende Arthurienne, qu'avec les thèmes de Citizen of the Galaxy ou Ringworld. Je connais beaucoup de fans pour qui Star Wars est au cœur de leur imagination, mais aucun qui considère la même chose avec Apollo 13. (C'est le seul film de hard SF auquel je puisse penser, je suis désolé qu'il s'agisse d'un fil historique plutôt que d'une prédiction). Le monde de la hard SF est un monde pointu, plein d'impossibilités Newtoniennes : c'est le monde des « équations froides », où ce qui ne peut être fait n'est pas fait, peu importe la force avec laquelle nous le souhaitons. Le monde fantasy est un monde où l'honnêteté et le coeur du Hobbit lui permettent d'amener l'anneau maudit jusqu'au volcan, là où des soldats et des sorciers échoueraient. Il a un filet de sécurité parce que le Destin est de son côté. Même si on lui arrache le doigt, l'anneau ira quand même dans le volcan. Dans les faits, le monde de hard SF est paternel, rationnel et dur, le monde fantasy est maternel, émotionnel et compréhensif. La dureté et la rationalité ne sont pas à la mode de nos jours, ce n'est pas ce avec quoi a été élevée la jeune génération.

Le genre de personnage indépendant qui était bien connu des lecteurs de la génération qui a combattu lors de la Seconde Guerre Mondiale est rare de nos jours. Le genre de personnage auto satisfait bien connu de la génération de lecteurs qui n'ont pas fait le Vietnam est plus commun.

Cela sonne plus sarcastique et critique que je voudrais. L'un n'est pas meilleur que l'autre, mais les générations ont des goûts et des attentes différentes, et cela est basé en partie sur leur conception du fonctionnement de la vie. Personnellement, je pense que le monde fantasy ressemble plus à la vie réelle que le monde SF. Je pense que les miracles sont possibles (que mes livres aient été publiés, par exemple, est un miracle). Mais le recours à la SF repose sur l'émerveillement provoqué par la spéculation scientifique, et comme nous vivons maintenant dans le futur – je viens juste de lire un article à propos des armures du style Starship trooper développées par l'armée – l'étonnement est plus difficile à provoquer, et il est plus difficile de composer avec la science moderne une histoire où un bon gars de Virginie vient au secours d'une princesse de l'espace.

Si l'on regarde les influences de votre première trilogie The Golden age où l'on trouve aussi bien Stapledon, Van Vogt, Zelazny, Vance, Cordwainer Smith, ou Gene Wolfe, était-ce une tentative de créer un texte ultime de SF, un grand résumé de tout le genre ?

Oui. Question facile !

Je voulais écrire une histoire de l'âge d'or de la SF, pour capturer l'émerveillement devant les pures innovations technologiques, et pour poser un héros typique de cette période : mon personnage était un ingénieur qui voulait construire une fusée mais qui était harcelé par une société réactionnaire. Le bien, dans l'histoire, était le rationalisme intellectuel sans ambiguïté, symbolisé par le Earthmind , le mal était la force de l'irraisonnable, symbolisé par le Nothing Sophotech.

Donc j'essayais d'écrire une histoire SF typique ou archétypale. D'un autre côté, je soupçonne que la plupart des histoires SF sont des tentatives pour écrire quelque chose d'archétypal.

L'histoire de The Golden Age est une utopie interplanétaire, dorée par le luxe et le savoir, qui entre dans une crise qui va soit la détruire ou l'obliger à entrer en temps de guerre. Est-ce un commentaire sur les changements inévitables de l'histoire, les choix auxquels doivent faire face toutes les civilisations ?Serait-il juste d'y voir un rapport avec notre époque ?

Oui à la première question. C'est aussi un commentaire à propos de l'écriture utopique. J'ai lu des utopies psychologiques anarchiques (World of Null-A de A.E. van Vogt), des utopies libertaires anarchiques (The Probability Broach de L. Neil Smith), et même des utopies anarchistes anarchiques (The Dispossessed de Ursula K. Le Guin, Floating Worlds de Cecelia Holland). J'ai lu bien trop d'utopies socialistes anarchiques (The Cassini Division de Ken MacLeod, Last and First Men de Olaf Stapledon et même Road to Oz ! – bien que, je dois dire, pas Land of Oz. Dans l'un, les gens de Oz ont une économie monétaire. Pas dans l'autre. Baum n'était pas le maître de la continuité).

Ce que je n'ai jamais lu, c'est une utopie réaliste, une qui prenne en compte les véritables pénuries de l'économie, ou les véritables limitations de ce qui peut ou ne peut pas être changé dans la condition humaine quelles que soient les possibilités de la technologie.

L'une de ces réalités inchangées est que, aussi pacifique que devienne une société, la violence devient toujours une option bien plus attractive et rationnelle a un agresseur potentiel. Même une utopie ne pourrait maintenir sa paix que par une combinaison d'uniformité rigide de certaines normes sociales (telles que celles recherchées par mes Peers et Horators) et par un pouvoir commun pour maintenir toutes les parties dans la terreur des représailles (un gouvernement avec une armée, dans ce cas Atkins le soldat). Il n'y a pas de rapport intentionnel avec notre temps, à part le fait que notre temps doit, volontairement ou non, se confronter à des réalités inévitables de tous les âges, à la fois qui assoupissent et qui réveillent. Le livre a été écrit avant la guerre actuelle, et après la Guerre Froide, une période que certains ont appelé des vacances de l'histoire. Je vois des parallèles avec la guerre en cours que je trouve troublants.

The Golden Age bien qu'étant un seul roman, se divise naturellement en trois parties : un volume qui explore les grandes visions utopiques, un volume qui détaille les dessous de l'utopie et un volume qui explore les décisions difficiles que doit prendre l'utopie pour se préserver elle-même. Est-ce que cette progression est un effort conscient pour respecter une dialectique narrative : thèse, antithèse, synthèse ?

Non. J'ai pensé la narration comme étant un tout continu. Phaethon perd son armure et est jeté à la mer pour s'y noyer parce que tous les héros doivent passer une nuit dans le ventre de la baleine. Il n'y a pas de synthèse à la fin : les opposés ne se combinent pas. Un côté gagne et l'autre perd. Daphne gagne, et les gens qui se trouvent entre elle et son homme perdent. La peur des Hortators dans le second chapitre se révèle juste : les efforts de Phaethon pour la colonisation stellaire provoque la première guerre interstellaire. Ils sont incapables de maintenir la paix et la prospérité qui leur est si chère.

Je mentionne Daphne et non Phaethon parce que je soupçonne qu'elle est l'héroïne du roman.

Le dernier tome de The Golden age, The Golden transcendence présente un étonnant voyage dans le soleil par des ennemis qui s'affrontent – un final qui vaut largement ceux des plus grandioses space opéra de l'âge d'or de la SF. Une scène aussi audacieuse est typique de votre travail, comment arrivez-vous à faire fonctionner une production si prodigieuse ?

Je vous demande pardon ? J'ai seulement écrit 4 (longs !) romans jusqu'ici. Ma production peut encore difficilement être qualifiée de prodigieuse. La question est prématurée, mais merci pour le compliment.

Rares sont les auteurs qui savent d'où viennent leurs idées, ou combien de temps leur génie créatif va durer, ou pourquoi les idées viennent parfois facilement et parfois avec difficulté. Il est plus simple de dire que l'inspiration vient du Mont Parnasse et de sacrifier une génisse aux Muses lorsqu'elles se sont montrées généreuses. J'ai mes idées la plupart du temps en les volant à ceux qui sont bien meilleurs que moi. La différence entre un grand auteur et un auteur médiocre est qu'un grand auteur vole aux grands. Je suggère la lecture des classiques pour le pillage.

Ce flot d'idées : il est notable que votre travail est très argumenté, un challenge intellectuel constant et un guide pour le lecteur. Tous vos livres sont-ils à un niveau fondamental des documents philosophiques et Socratiques ?

Pas intentionnellement. J'entends par là que mes livres sont, à un niveau fondamental, menés par les clichés, des space opéra banals (même ma fantasy ressemble à du space opéra). J'essaye de suivre les traces de E.E. Doc Smith, je suis aiguillé : les pensées philosophiques sur certains problèmes ont tendance à se faufiler sans que je m'en rende compte. Je les laisse parce que je les trouve intéressantes, et j'espère que le lecteur fera de même.

Mon travail est Socratique dans le sens stricte du terme, à savoir que j'ai besoin d'avoir les deux côtés d'un problème sur la scène. J'ai été avocat, j'attends que les conseillers des deux parties présentent leur cas. Et il y a toujours des arguments. Je préfère que mes méchants aient des justifications ou des excuses pour ce qu'ils font. Personne, dans la vie réelle, ne commet d'atrocités pour l'amour du mal (à part un terroriste d'Al Quaida, bien sûr. Même s'ils ont un système théologique élaboré pour justifier leurs crimes terribles et lâches contre des innocents).

The war of dreaming a été écrit avant The golden age n'est-ce pas ? Aviez-vous déjà prévu le scénario apocalyptique autour des années 2000, en relation avec le phénomène du millénaire ?

Non. Everness a été écrit avant The golden age mais j'ai d'abord conçu le scénario pour se dérouler l'année où il a été écrit, en 1994, le premier mandant de Clinton. C'était lié à mon manque de confiance juvénile envers le gouvernement, ce qui se reflète dans la facilité avec laquelle les politiciens acceptent l'usurpation par les magiciens sombres et les sinistres démons de la mer qui parlent comme des pirates de cinéma.

La scène à la fin, où un couple fait l'amour dans le bureau ovale, devait être choquante. Bien sûr, dans la scène que j'ai écrite, les deux personnes sont amoureuses, et mariées. Le fait que cette scène paraissent finalement innocente lorsqu'elle a été publiée illustre la rapidité avec laquelle les standards d'une culture peuvent décliner.

Le manoir dans Les Guerriers de l'Eternité, qui surplombe un océan de sommeil : qu'est-ce qui vous a suggéré une guerre qui se déroule dans les paysages du rêve ? Y a-t-il des influences de Lovecraft et de Dunsany ici ?

Je ne sais pas d'où vient l'idée. Peut-être du Mont Parnasse (voir plus haut). Je m'ennuyais dans mon boulot, passant mon temps à regarder par la fenêtre de mon bureau et l'image m'est apparue, complète, de l'opposition d'un patient homme mortel contre un ennemi sans sommeil, infini, venant de loin derrière les mers des rêves des plus sombres. J'avais tout le scénario, du début à la fin, en un instant.

Les influences de Lovecraft et Dunsany sont marquées. Je vole aux plus grands (voir plus haut). En fait, le voyage dans la lune de Randolph Carter dans The dream-quest of unknown Kadath est répété dans Everness, sauf que j'ai ajouté des pirates. Le navire noir qui croise sur les eaux du pays des rêves est le même dans mon livre et dans celui de Lovecraft. A un moment, il entre dans le « troisième hémisphère » mentionné par Dunsany.

Vous renversez beaucoup de conventions de la fantasy dans War of the dreaming à la fois à travers le personnage du héros ou à travers la folie des méchants. Bien que le destin du monde y soit mis en jeu, ce livre se comprend-t-il mieux comme une farce apocalyptique ?

J'ai peur de ne pas comprendre la question. Je reste collé aux conventions fantasy avec un conservatisme réactionnaire. La seule chose que je n'ai pas faite c'est de faire de mon héros un fermier sur Tatooine, et lui donner un serviteur loyal nommé Sam. Et ce n'était pas mon intention de présenter les méchants comme fous. Ils devaient être horribles, d'affreux morts-vivants et des cannibales. Ils sont victimisés par leurs propres maux d'une manière qui suit logiquement leurs inclinaisons mauvaises, des créatures parfaitement hypocrites (dans le cas des Kelpies), une parfaite malhonnêteté (dans le cas des Selkies) et l'orgueil (dans le cas d'Azrael de Grey). Koschei the Deathless vit éternellement, mais dans une misère éternelle parce qu'il a renoncé à son humanité en même temps qu'à sa mortalité. Tout cela est un commentaire sur la nature du mal : c'est une affaire d'autodestruction.

L'humble auteur que je suis n'avait pas l'intention d'en faire une farce, mais si vous préférez lire le livre de cette manière, j'en suis heureux. En tant qu'auteur, je comprends aussi bien mes propres livres qu'une mère comprend sa fille adolescente, ce qui revient à dire, en quelque sorte, pas du tout.

War of the dreaming mixe beaucoup de mythes – le Conte d'une nuit d'été de Shakespeare, des mythes grecs, nordiques, celtiques, la légende Arthurienne, etc. Pourquoi ce mélange de traditions disparates ?

Je mets ça sur le compte des influences de Zelazny et Moorcock. Je voulais un livre qui puisse prendre place dans un multivers, pour avoir de la place pour des suites. Dans un multivers, soit chaque monde a son propre panthéon (un travail sans fin pour un auteur) ou tous les panthéons doivent être identiques, des masques différents pour les mêmes entités. Lorsque j'ai écrit le roman, je n'avais pas encore vu l'idée ailleurs, et cela donnait plus de facettes aux personnalités des personnages mythiques : Odin et Oberon étant le même être, par exemple, ou Puck et Mercure, ou Lamont Cranston en tant qu'héritier du Roi Arthur. Et puis, les deux livres se déroulent dans le monde moderne, et l'auteur doit être prêt à donner quelques explications, pourquoi certains croient-ils dans les Djinns, d'autres dans les Anges et d'autres dans les OVNI ? Une fois que le personnage principal a parlé avec un nécromancien par delà la tombe, il pouvait difficilement reléguer les autres mythologies au rang de mythes. Il y a une scène dans un livre célèbre où un elfe assis sur le dos d'un dragon explique au jeune magicien qu'il n'y a rien de surnaturel, pas de raison de croire en Dieu. Je voulais éviter ce genre d'absurdité.

Après avoir écrit vos trois premiers livres, vous vous êtes converti au christianisme, alors que vous étiez résolument humaniste avant. Comment est-ce arrivé ?

C'est une question difficile parce que parler de ces problèmes provoque instantanément la moitié de l'audience alors que l'autre moitié s'ennuie. Je vais tenter d'être aussi bref et délicat que possible.

Humanisme est un mot trop faible. J'étais un athée, zélé et absolu, l'un de ceux qui prétendaient que la non-existence de Dieu est un fait qui se prouve aussi facilement que l'inégalité de 5 et 2x2. Mais mon incrédulité a commencé à s'éroder lorsque la paternité et la guerre m'ont confronté aux réalités du monde. J'étais Stoïque, un disciple d'Epictète et de Marc Aurèle, de Cicéron et Sénèque, qui disent que la moralité est dans le devoir ; mais j'étais aussi un libéral des Lumières, qui disent que la morale est dans la tolérance. Ces deux affirmations de ma philosophie étaient naïves : les humains ne peuvent pas vivre avec la rigueur des Stoïques ou avec le laxisme des libéraux ou des libertins. La philosophie moderne, qui est basée sur l'intérêt personnel et l'utilitarisme ne convient ni à la guerre ni à la paternité. En devenant conscient des failles de mon système, j'ai cherché quelque chose avec plus d'expérience et de sagesse. Où trouve-t-on la sagesse ? J'ai lu les plus grands penseurs modernes, et les ai trouvés vains. Les pensées de Nietzsche, Freud, Sartre, Marx, Wittgenstein et d'autres contiennent de simples erreurs de logique qu'un écolier pourrait balayer. Chacun à sa manière prétend qu'un homme est irrationnel et que la vérité est inconnaissable. Mais si c'est le cas, comment prouvent-ils cette absence de raison ? Avec la raison ? Et comment arrivent-ils à savoir cette vérité que la vérité est inconnaissable ?

Dans la culture populaire, les livres qui influencent la morale et les valeurs, tels que Stranger in a strange land ou Zen and the art of motorcylce maintenance ont l'air d'avoir été écrit par un martien ou un malade mental. Ils ne savent rien de la vraie vie.

La caractéristique de la philosophie moderne est une déconnexion spéculative de la réalité. Michael le Martien et Karl Marx espèrent que les super-humains vont vivre ensemble sans jalousie ou pénurie de ressources. L'argent va couler à flot et chacun pourra en prendre autant qu'il veut. Mais que se passe-t-il si quelqu'un est malhonnête ou égoïste ? Ah, mais la théorie n'inclut pas cela. Par contraste, les écrits de C.S. Lewis, J.R.R. Tolkien, G.K. Chesterton, Evelyn Waugh ont l'air d'avoir été écrits pas des hommes mûrs. Les anciens, Aristote, Platon, Epictète, Cicéron, Sénèque, Marc Aurèle,…, ont solidement préparé le terrain pour qu'une civilisation saine et juste puisse y grandir. J'ai atteint un point dans ma vie où sur toutes les questions de morale et de manière, je n'étais plus d'accord avec personne à part avec mes ennemis détestés, les Chrétiens. Je savais dans mon cœur d'athée qu'ils devaient avoir tort en théorie, je ne pouvais pas expliquer comment ils avaient raison en pratique. J'ai commencé à lire l'histoire. Les modernistes ont raison de la craindre. Une fois qu'un homme connaît le contexte et les origines des idées modernes, il devient vraiment difficile de les croire. Il devient impossible de condamner la civilisation occidentale pour les imperfections qui ne font défaut qu'à ses propres idéaux. Il devient impossible de ne pas remarquer que la civilisation occidentale n'est autre que la chrétienté. La conclusion s'est imposée à moi que la pensée moderne n'est qu'un parasite de la chrétienté et n'a pas de vie intellectuelle en-dehors. Le motif de base de l'intellectuel moderne, est un homme qui scie la branche sur laquelle il est assis. Les modernes se complaisent dans des assertions qui, si prises sérieusement, réfuteraient l'axiome employé pour faire l'affirmation.

La profondeur de ce manque de sérieux m'étonne toujours. J'ai étonné mes amis en leur demandant de m'expliquer pourquoi le cannibalisme est mauvais. Leurs doctrines humanistes sont insuffisantes pour donner une raison à l'humanité. L'histoire m'a appris que tout ce que j'admirais dans les nobles et grands païens subsiste dans la chrétienté. La rationalité d'Athènes a été préservée par Rome. Tout ce qui fait reculer les esprits civilisés dans le paganisme, tels que l'esclavage, l'infanticide, la polygamie, la sodomie, a été défait par la chrétienté, et ne revient que lorsque celle-ci recule.

J'ai atteint un point dans mon étude de l'histoire où j'ai dû serrer les dents et admettre que le progrès de l'Europe est dû à la chrétienté et que lorsque l'Europe s'est séparée de ses racines Chrétiennes, le barbarisme et l'obscurité uniques aux idéologies de l'âge moderne sont apparus. L'aboutissement du rejet des normes chrétiennes a été le communisme dont le résultat est la mort dans des proportions si larges que seuls les astronomes peuvent les concevoir. Je savais que les Chrétiens étaient mauvais en théorie, je ne pouvais pas expliquer comment tant de bien pouvait découler d'eux. Audacieusement, j'ai essayé une prière à l'Être Suprême dont j'étais persuadé qu'il ne pouvait pas exister. Et j'ai reçu une réponse rapide. Un miracle a eu lieu. J'ai vécu une expérience surnaturelle, et j'ai vu les fondations de ma philosophie logique balayées. Un esprit grand et puissant m'a visité. Tout était aussi simple, aussi facile à expliquer que difficile à expliquer, comme tomber amoureux. Je suis l'une des rares personnes dont la foi en le surnaturel soit basée sur une expérience empirique. Mon mysticisme est entièrement scientifique. Hélas, la seconde étape de mon expérience, lorsque le miracle se produit, ne peut être reproduit devant les yeux des sceptiques. Pire encore, l'expérience était comme jouer avec du radium : j'ai muté et ai changé pendant le processus. Etant toujours une créature de pure logique, la logique m'a amené à conclure soit que j'étais fou soit ma mémoire et mes perceptions étaient véridiques. Il n'y a pas assez de preuves pour la première théorie. Dire que tout était une coïncidence ou une vue de l'esprit, revient à dire que ces choses agissent avec plus de puissance et prévoyance que l'empirisme ne peut confirmer. C'est ce que Karl Popper appelle une affirmation improuvable. Pas de la science : un acte de foi.

J'en suis resté à la seconde explication, plus simple, j'ai vu qui j'ai vu, et Il est ce qu'Il est. Mon intégrité de philosophe, sans mentionner ma fierté d'homme, ne m'autorisent pas l'évasion d'un retour à mes précédentes croyances, bien que je les respecte. Le monde est bien plus étrange que ce que je pensais. La chose la plus étrange est la joie.

Votre écriture a-t-elle changée fondamentalement dans l'esprit depuis votre conversion ?

Eh bien, mon prochain livre s'intitule Les chevaliers d'Aslan tuent les viles hérétiques de Mars c'est une superbe histoire fantasy pour enfants à propos d'un lion qui terrasse les incroyants. Sur Mars. La suite sera appelée Le conte d'une servante sur Mars dans laquelle une théocratie bienveillante et toute-puissante, en appliquant strictement les principes de la Bible sur l'aspect sacré de la maternité et de la virginité, rehausse la dignité des femmes. Sur Mars. Et puis Matrix de Mars où un Elu venu de Zion mourra et reviendra parmi les vivants, accomplissant la Prophétie et renversant le Diabolique Architecte du Mensonge. Sur Mars. Oh et puis Left behind on Mars où Michael Valentine Spith, le fondateur d'une anti-église hérétique, se révèle être la Bête. Mais à part ça, non, pas d'influences chrétiennes évidentes dans mes écrits. Du calme, je plaisante ! Ces livres se déroulent sur Vénus pas sur Mars.

Je n'ai vu aucun changement pour le moment dans mon écriture, en rapport avec ma conversion mais pour être honnête, je suis la dernière personne à qui il faudrait demander ça. D'un côté, la SF consiste grosso-modo en des histoires sur le sauvetage d'une princesse de l'espace, donc je ne suis pas sûr que la question de la religion de l'auteur se pose souvent. Est-ce que quelqu'un (à part une major anglaise) voit le catholicisme de Jules Verne percer à travers le symbolisme dans Master of the world, par exemple ? J'ai plein d'autres opinions qui seraient certainement perçues comme exaspérantes par notre élite de supérieurs auto-désignés sans même parler de la religion. (Au moins deux critiques m'ont épinglé, autant que je me rappelle, parce que mon héros et mon héroïne tombent amoureux et se marient. Ils n'apprécient pas les tartes aux pommes et l'American way of mariage. Si c'est tout ce qu'il faut pour lancer une polémique, je n'ai pas besoin de pousser beaucoup plus loin).

D'un autre côté, j'écris plus par inspiration que par calcul, certains éléments de mes backgrounds sur la manière d'agir du monde, l'atmosphère morale, sont donc certains de se retrouver quelque part. Mais je ne le verrai pas forcément. Je pense que je devrais écrire plus de scènes avec de méchantes écolières à qui l'on donne la fessée dans l'avenir. Mais rien de ce que j'ai écrit depuis ma conversion n'a encore été publié, je n'ai donc pas de regard extérieur sur le sujet pour confirmer mes suspicions.

Les gens qui veulent voir un changement se sont mis à lire des choses écrites avant ma conversion mais publiées après et ont annoncé que j'écris des apologies chrétiennes. Je suis gêné pour eux donc je ne citerai pas de nom. Mais l'erreur devrait servir d'avertissement. L'un des problèmes que rencontrent ces gens est que les thèmes de la tradition chrétienne ont un aspect universel qui se retrouve dans les histoires fantasy, et presque dans les histoires SF. ET, Gandalf, Neo, Spock, Superman, Nausicaa de la Vallée du Vent et Aslan meurent tous pour mieux ressusciter. Seules deux de ces histoires ont été écrites par des Chrétiens, et une seule (malgré les affirmations de l'auteur) a clairement un but apologétique. Mais ne vous méprenez pas , j'ai envie d'écrire des apologies à peine voilées à un moment de ma carrière. Je n'ai encore rien tenté. Mais si le cours étrange et ironique des choses que j'ai constaté perdure, mon travail pro-chrétien sera accueilli à bras ouverts par les anti-chrétiens et dénoncé avec de grands cris par les Chrétiens.

Votre série qui s'achève The chronicles of chaos ressemble quelque peu à The war of dreaming, mais est plus concentrée. Cinq être surnaturels à l'apparence humaine sont éduqués (et en fait emprisonnés) dans une école privée à la discipline de fer. Est-ce en opposition volontaire avec les Harry Potter ou autres ?

The chronicles of chaos se réfère à Zelazny. Je raconte les Princes d'Ambre du point de vue des méchants, et je substitue les Dieux querelleurs du Mont Olympe aux Princes querelleurs du Mont Kolvir. Je substitue au chaos de Zelazny le véritable chaos des Grecs, la domination d'êtres anciens tels que la Nuit, la Mort et la Folie. J'ai aussi pensé que ça pourrait faire une bonne histoire sur le passage à l'âge adulte de l'écrire comme une libération, puisque beaucoup d'adolescents voient le passage à l'âge adulte comme une libération. Ca s'est fini (sans intention de ma part) comme une méditation sur la nature du pouvoir et de son absence, qui est aussi un thème pertinent pour les enfants qui grandissent, et cela m'a mené à une réflexion sur le leadership et la loyauté.

Donc, non, ça a été écrit bien avant que j'entende parler de Harry Potter. Bien que sans le vouloir, j'ai fait de Branshead l'opposé de Poudlard : une école où des magiciens apprennent à être des moldus. Les étudiants veulent s'échapper de l'école pour retourner à leurs vies et à leurs familles.

« Du point de vue des méchants » : Amélia Windrose et ses quatre camarades élèves sont soumis à un régime injuste, ce qui rend leurs tentatives d'évasions héroïques, mais s'ils se libèrent, est-ce que ce ne serait pas la fin du monde, ce qui justifierait leur emprisonnement ? Vous avez l'air de maintenir un équilibre délicat des sympathies dans la série…

La question que vous posez est : est-ce que la fin justifie les moyens ? Une personne a-t-elle le droit de préserver sa vie et sa liberté même si, bien que ce ne soit pas sa faute, elle représente une menace mortelle pour les autres ? Le conflit de l'histoire se veut réel, et non quelque chose de facilement résolu. La solution offerte à la fin du troisième tome est une solution partielle, un compromis.

Pour aller un peu plus loin, Amélia et ses amis sont simultanément des adolescents humains et des princes du chaos – cette combinaison s'applique-t-elle selon vous à tous les adolescents ?

Non, je pense que les adolescents viennent d'une lointaine planète, envoyés par un tyran sans pitié pour affaiblir notre civilisation. Penser qu'ils sont affiliés au chaos serait absurde. Finalement, le Chaos est un lieu plaisant bien que désordonné. Les adolescents sont bien pires que ça. Avez-vous vu comment ils s'habillent ? Se percent le nez ? Non, se sont décidément des hommes-bêtes venus d'une autre planète.

Désolé, je me suis mis en mode humour et en mode méchant simultanément. Quelle était la question ? Oui, les ados souffrent d'un certain degré de chaos dans leur vie qui, à mon avis, est empiré par diverses pathologies qui affligent notre culture. Je ne pense pas qu'ils en souffrent forcément plus que les adultes, mais ils n'ont pas d'éléments de comparaison et notre culture les a coupés des traditions et de l'expérience accumulée des précédentes générations, qui auraient pu les guider. La génération moderne est orpheline dans un sens.

The chronicles of chaos est un mélange stylistique intéressant – des dialogues d'ados face à une rhétorique recherchée. A-t-il été facile de trouver un équilibre ici ?

Hum, je suis moi-même assez peu satisfait de la manière dont s'enchaînent les dialogues, donc je ne suis pas certain qu'il y ait un équilibre.

Quels sont vos projets, après Null-A Continuum ?

Je travaille actuellement sur l'histoire d'un homme dont la femme s'est envolée pour M3 pour plaider pour la liberté de la race humaine qui devrait être soumise par ce qui succèdera aux humains dans quelques milliers d'années. Elle arrive à revenir dans le passé mais 70.000 ans plus tard. L'homme tente de l'attendre en suspension mais aucune institution de la société, aucune fondation, ou gouvernement ne peut durer le temps qui sépare le présent de l'âge de pierre. Tel un pharaon enterré, il doit éloigner les voleurs de tombes et des archéologues qui viennent déranger son sommeil. Et si elle ne revient pas, il doit la retrouver dans l'espace, mais il doit attendre que la civilisation soit assez avancée pour pouvoir l'envoyer aussi loin. Si cela n'arrive jamais, il doit y remédier lui-même, orientant le cours des choses à travers les siècles et ce avant qu'il découvre ce qui se cache derrière la civilisation alien…Ce sera un mélange entre L'Odyssée d'Homère et Tau Zero de Poul Anderson.

Et puis, je suis également sur une histoire SF épique qui prend doucement forme ; une histoire fantasy à propos d'un manoir hanté, des animaux qui parlent et le Saint Graal ; les sept premiers chapitres de la suite de Everness sont écrits ; et les trois premiers d'une suite de The chronicles of chaos. Je voudrais aussi m'essayer à autre chose que de la fiction, si je trouve un éditeur.

Article originel, par Nick Gevers, le 15 février 2007


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