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Un soupçon de haine

Titre VO: A Little Hatred

Tome 1 du cycle : L' Âge de la Folie
ISBN : 979-102811834-1
Catégorie : Aucune
Auteur/Autrice : Joe Abercrombie
Traduction : Mallé, Jean-Claude

Dans le ciel d’Adua, les cheminées industrielles crachent leur fumée et le monde nouveau regorge de possibilités. Mais les temps anciens ont la peau dure.
À la frontière du Pays des Angles, dans un bain de sang, Leo dan Brock cherche à se couvrir de gloire… et à écraser les hordes de maraudeurs. Pour vaincre, il a besoin du soutien de la couronne. Hélas, le prince Orso ne vit que pour trahir…
Fondatrice de la Société Solaire, femme d’affaires et fille de l’homme le plus redouté de l’Union, Savine dan Glokta entend bien gravir l’échelle sociale par tous les moyens. Mais chez les miséreux couve une fureur qu’aucun privilège ne saurait contrôler.
Avec l’aide d’une femme des collines réputée pour sa folie, la jeune Rikke lutte pour maîtriser la vue longue, un don précieux… ou une malédiction. Voir l’avenir est une chose, mais lorsque le Premier des Mages le tient entre ses mains, le changer en est une autre.
Si l’ère des machines s’ouvre, celle de la magie refuse de mourir…

Critique

Par Merwin Tonnel, le 14/11/2020

Après trois romans indépendants et un recueil de nouvelles dans l’univers de la Première Loi, Joe Abercrombie revient au format qui l’a fait connaître avec la trilogie The Age of Madness et son premier tome, A Little Hatred.
Et la folie de cet âge, c’est la Révolution Industrielle puisque l’auteur se permet un saut de quelques dizaines d’années dans son univers avec toutes les avancées technologiques et sociales qui vont de pair. Exit (ou presque) également les personnages que l’on connaissait : voici venue la nouvelle génération composée principalement, pour ceux dont on suit le destin, des enfants des protagonistes des tomes précédents. On découvre donc Savina, fille de Glokta, le Prince Orso, fils de Jezal, Rikke, fille du Dogman, ou encore Leo, fils du héros Harod dan Brock.
A noter d’ailleurs que cette forte connexion familiale avec des personnages des autres romans, et notamment de la première trilogie, implique d’avoir un minimum en tête les évènements des tomes précédents. Quelques coups d’œil rapides à des résumés sur internet peuvent s’avérer bénéfiques (ou une relecture complète pour les plus gros fans). Il y a par exemple un élément qu’il faut bien avoir à l’esprit pour saisir la saveur particulière d’une certaine intrigue, même s’il est finalement explicité dans les derniers chapitres et peut faire office de twist pour qui ne s’en souvient pas.
Malgré cette ellipse temporelle, on se retrouve en terrain connu : A Little Hatred concentre tout ce qui a fait le succès d’Abercrombie. On retrouve ainsi les habitudes formelles, scénaristiques et structurelles de l’auteur : les jeux de miroirs et de répétitions stylistiques, les vieux guerriers blasés qui philosophent sur l’inutilité de la guerre alors que les jeunes impétueux cherchent la gloire, l’affrontement Union/Nord avec bataille et duel à la clé, le cynisme ambiant, etc. Pas de surprise de ce côté-là, mais c’est aussi pour cela qu’on retourne dans cet univers, même si le tout commence à être parfois un peu trop balisé.
Heureusement, Joe Abercrombie corrige deux de ses défauts habituels, ce qui permet à A Little Hatred de s’élever au niveau de ses meilleures œuvres, notamment Best Served Cold.
Ce qu’il faut savoir tout d’abord, c’est que l’auteur a pensé et écrit sa trilogie d’un seul tenant, ne publiant le premier tome qu’une fois la structure du troisième finalisée. Premier avantage : les livres sortiront tous à un an d’intervalle seulement. Deuxième effet kiss cool, et non des moindres : le rythme est maîtrisé de bout en bout et l’histoire avance à bonne allure. Le roman est relativement court par rapport à ses autres productions et il n’y a pour une fois pas de ventre mou. Cette structure très travaillée permet d’avoir un roman concis et direct, qui va à l’essentiel sans se perdre en cours de route.
L’autre écueil qu’évite l’auteur est de transformer A Little Hatred en exercice de style. Les lecteurs d’Abercrombie le savent, l’auteur aime reprendre les codes d’un genre pour les détourner à sa sauce : la high fantasy avec La Première Loi, les histoires de vengeance et de casse avec Best Served Cold, les récits de guerre avec The Heroes ou encore le western avec Red Country. Sauf que l’exercice vient fréquemment plomber le déroulement du récit. Ici, à part le fait d’inclure des éléments de la Révolution Industrielle et quelques incontournables (exploitation et condition de travail, pollution, révolte syndicale), Abercrombie n’essaie pas de faire du Dickens et s’en tient à écrire l’histoire qu’il veut nous raconter. 
Enfin, et c’est toujours le risque avec le premier tome d’une trilogie, A Little Hatred est loin d’être une longue introduction à la suite. S’il met bien en place des évènements importants pour les deux prochains romans, ce n’est pas son sujet principal : le livre se tient de lui-même, avec pas mal d’action et des arcs complets pour les personnages. Des pièces d’un puzzle plus grand commencent à s’imbriquer, mais c’est assez en arrière-plan pour qu’on ne sache pas trop où va aller la trilogie.
Joe Abercrombie frappe donc un grand coup avec A Little Hatred, un de ses meilleurs romans. Espérons que le reste de la trilogie soit du même acabit. Par chance, l’attente ne sera pas très longue pour lire la suite des aventures d’Orso, Savine, Leo et Rikke, qui forment un quatuor lié de manière très intéressante.

8.0/10

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