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Les Héros meurent aussi

Titre VO: Heroes Die

Tome 1 du cycle : Acts of Caine
ISBN : 978-284172158-0
Catégorie : Aucune
Auteur : Matthew Stover

Dans le monde d’Ankhana, Caine est un assassin mythique ; aucun prince, aucun héros n’a jamais échappé à son poignard s’il s’est mis en chasse.
Sur Terre, Caine n’existe pas. Il n’y a que Hari Michaelson, plus qu’un acteur, une immense star qui s’incarne en Caine et dont les aventures passionnent un public de milliards de fidèles qui vivent en direct, de l’intérieur, chacune d’entre elles. Une star, mais aussi un homme enfermé dans une société de castes autoritaire et rigide. Que lui importe que des hommes meurent réellement sur un monde lointain réel pour le divertissement de sa planète ?
Jusqu’au jour où la femme qu’il aime, elle-même actrice, disparaît dans les troubles violents qui agitent Ankhana. Sa vie est en péril. Pour la sauver, Hari-Caine affrontera le grand défi de sa vie, contre les dirigeants les plus puissants et les plus fourbes de deux mondes à la fois.

Critique

Par Merwin Tonnel, le 17/11/2013

Difficile de parler des Héros meurent aussi sans parler de son concept de départ. Dommage, car sans parler de spoiler, puisque ce concept est présenté dans le synopsis ci-dessus et qu’il est dévoilé dès le prologue, la surprise de le découvrir lors de la lecture, en ayant ouvert le livre sans savoir à quoi s’attendre, comme c’était mon cas, est une très bonne entrée en matière pour préparer aux nombreux autres rebondissements de la suite du récit.
Si vous ne voulez donc pas trop en savoir, n’allez pas plus loin, ne lisez pas de résumé et croyez-moi sur parole : Les Héros meurent aussi est un excellent livre, fun, rythmé et intelligent.
Pour l’argumentaire, il va maintenant falloir rentrer dans le vif du sujet.
Matthew Stover nous plonge donc dans un univers dystopique où les castes sont de rigueur et l’ascension sociale bien difficile et dans lequel les Acteurs sont des stars. Bien loin du microcosme de notre Hollywood, les Acteurs sont des personnes formées et entraînées pour le divertissement que des studios envoient, scénario à la main, interférer dans les affaires d’un univers parallèle peuplé d’elfes, d’ogres, de fées et des habituelles créatures magiques pour le simple plaisir des téléspectateurs de la Terre. Assassiner, voler, piller, rien n’est de trop pour le public avide de violence et de suspense. Hari Michaelson est un de ses Acteurs, et pas des moindres. Dans l’univers fantasy, il incarne Caine, un assassin sans pitié, craint et respecté, qui ne sait régler les problèmes qu’à grands coups de poing.
Cet univers fantasy, nommé Overworld sur Terre, que l’on n’aperçoit pour le moment qu’au travers de la capitale du royaume d’Ankhana, n’est pas criant d’originalité puisqu’on y retrouve les races classiques et de la magie, mais l’écriture de Stover sait le rendre vivant et coloré. Ceci dit, Overworld est loin des contes de fées et les elfes font le trottoir quand les ogres sont videurs d’établissement de jeux. Sans vouloir atteindre le cynisme et la noirceur du monde d’Abercrombie, l’univers de Stover n’est pas non plus naïf.
L’originalité est donc plutôt à chercher dans le concept de départ qui permet une accroche immédiate au style de l’auteur. Mais tout l’intérêt du roman réside dans le fait de ne pas rester enraciné dans cette bonne idée initiale et d’arriver à la sublimer avec une construction réfléchie et un discours intelligent.
En réalité, toutes les idées originales de Stover, qu’elles soient narratives ou stylistiques, sont à chaque fois utilisées de façon assez pertinente et cohérente avec l’œuvre dans son ensemble pour ne pas finir en simple gimmick épuisé quelques pages après son apparition.
Par exemple, le récit alterne entre une narration à la première personne et à la troisième personne, signalant si le spectateur est connecté à l’esprit de Caine ou si Hari est « offline ». On peut croire de prime abord à une simple astuce pour dynamiser le roman, ce que ça réussit à faire à merveille, mais c’est aussi bien plus que cela, puisque c’est en partie sur ce choix que se base le discours des Héros meurent aussi. En nous mettant dans la peau d’un héros d’actioner des années 90 façon John McClane, en nous laissant nous identifier à lui et en nous incitant à jubiler pendant les scènes de combat et lorsque Caine décide de faire couler le sang, Stover arrive à rendre le lecteur aussi coupable que les téléspectateurs de cette Terre futuriste. Le livre se transforme donc discrètement en une critique du divertissement par la violence et à une démystification de la figure du héros à l’américaine. Il conserve ainsi tous les éléments qui font le succès des films et romans d’action (rythme, personnages charismatiques, dialogues enlevés…) tout en se distanciant du côté trop décérébré du genre.
Fun tout en restant intelligent, original, passionnant et bien écrit, Les Héros meurent aussi est tout ce que l’on attend d’un divertissement de qualité. Si le livre peut se suffire à lui-même, difficile de résister à l’appel du second tome en tournant la dernière page du roman. Il faudra cependant être anglophone, puisque la suite n’a pas encore été traduite en français.

 

7.5/10

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