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La Saison de l'ombre

Titre VO: A Shadow in summer

Tome 1 du cycle : Les Cités de lumière
ISBN : 978-226508440-7
Catégorie : Aucune
Auteur : Daniel Abraham

La cité dé Saraykeht rayonne sur le monde grâce à son immense port. Son gouverneur tout-puissant, le Khai, dirige les poètes, disciples d’un ordre quasi religieux formés à un art magique : donner forme à des andats, créatures semblables aux humains dotées de pouvoirs précieux. Heshai, vieil homme tourmenté et alcoolique, est le poète de Saraykeht. Il vit avec Stérile, son andat insolent et cruel, mais indispensable à la bonne marche du commerce : il maîtrise la culture du coton et assure la prospérité de la ville.
À l’Ouest, l’ennemi, le pays de Galt, veut renverser Saraykeht et s’emparer de ses richesses. Pour cela, un seul moyen : détruire le poète et son andat.
Au coeur d’une des grandes Maisons de commerce, un complot est organisé. Heshai, tourmenté par des souvenirs sombres saura-t-il protéger son andat ? Et acceptera-t-il l’aide de son apprenti, venu lui aussi de l’ordre prestigieux de ces poètes magiciens ?

Critique

Par Gillossen, le 24/12/2009

Véritable OLNI surgi au beau milieu de l’automne, le premier tome de la tétralogie de Daniel Abraham est arrivé sans crier gare.
Si vous ne vous y êtes pas intéressés avant cette sortie, si vous n’aviez pas déjà entendu parler de cet auteur, petit « protégé » de George R.R. Martin et de son présent cycle, alors, la surprise pourrait être belle, car le roman se révèle encore bien plus différent de la « norme » que ce que la quatrième de couverture pourrait le laisser croire.
Si l’heroïc fantasy ou la high fantasy la plus classique, avec ses qualités et ses défauts, représentent pour vous la quintessence de vos lectures, vos références, alors, ce roman ne sera peut-être pas pour vous, ou vous déstabilisera à coup sûr dès les premières pages. Il faut un certain temps pour véritablement pénétrer dans cet univers, et l’auteur ne fait rien pour vous faciliter la tâche. Il n’est pas là pour ça.
Daniel Abraham, tout d’abord repéré par le biais de ses nouvelles, est là pour tisser, lentement, un fantastique écheveau d’intrigues et de jeux de pouvoir, sans oublier certains traits d’originalité, notamment dans le domaine de la magie, tels que les andats évidemment, et le tout donne vie à un monde étrange et sans concession, porté par une voix unique, une vraie patte. De quoi laisser de côté l’action et les batailles à tout va… Mais n’allez pas imaginer pour autant que l’auteur n’est là que pour dérouler de jolies phrases, jouer la carte des évocations flamboyantes et images poétiques…
L’atmosphère du roman sait se faire inquiétante, entre ombre et lumière, en sachant s’appuyer sur ses particularités, avec, encore une fois, cette atmosphère à part, qui n’hésite pas à jouer sur le contre-pied des attentes des lecteurs, en évitant notamment nombre de clichés. Pour une fois, les sous-intrigues ont une réelle importance et ne sont pas négligées au bout de quelques pages. L’aspect sans concession évoqué plus haut se retrouve également dans la conclusion du roman, conclusion qui ne joue pas la carte de la pirouette de dernière minute…
Bien sûr, l’originalité et la qualité d’écriture ne font pas tout, et le roman n’est pas parfait : le concept des poses entrecoupant les discussions pourra en irriter plus d’un, et la volonté de l’auteur de concevoir une intrigue emberlificotée donne parfois l’impression que certains rebondissements sont plus calculés que naturels dans leur déroulement. De même, la forte influence orientale qui pèse sur l’univers n’est, pour une fois, pas très originale à l’aune du roman dans son ensemble, et on aurait apprécié pour l’occasion que Daniel Abraham aille encore plus loin sur ce plan, pour se libérer là encore de ses chaînes.

7.5/10



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