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Un entretien avec Stephen Hunt !

Par Thys, le jeudi 17 mai 2007 à 14:59:16

Roman récemment critiqué sur Elbakin.net lors de sa récente parution en VO, The Court of the Air est une sympathique sensation, et comme toujours dans ses cas-là, nous sommes curieux et souhaitons en savoir plus si possible !
Alors, quoi de mieux que de se pencher sur l'auteur, Stephen Hunt ? Au-delà d'une biographie, une interview devrait également nous aider à mieux les cerner, son roman et lui par la même occasion...
Aussi nous proposons-vous en ce jour férié une très intéressante traduction, à découvrir dès maintenant, ci-dessous !

Entretien entre éditeur et écrivain

Il est difficile pour nombre d’écrivains de trouver le temps de combiner écriture et vie professionnelle, comment gérez-vous cette auto-discipline?

Stephen Hunt : Je pense qu’il faut aborder ça de la même manière qu’on devrait tous le faire pour le sport…un petit peu, chaque jour, et sur une longue période. Ecrire est aussi un très bon moyen de se débarrasser des temps morts. Plutôt que rester à regarder par la fenêtre dans un train et rager contre le gars à côté qui met son iPod à fond (comme s’il avait les moyens d’investir dans un matos dernier cri mais ne pouvait pas s’offrir des écouteurs décents), il vaut mieux se plonger dans ce monde fantasy qui vous trotte dans la tête, à la place. L’avantage est que vous ne vous ennuierez plus jamais à attendre votre train pendant une heure et demi à l’avenir ! C’est un bonus non négligeable.

Vous avez des descriptions très vivantes, surtout celles de vos robots à vapeur, les Steammen et un dispositif de transport par le vide incroyablement brillant, connus sous le nom d’« atmosphérique ». Votre chambre est-elle tapissée de croquis pour la technologie de The Court of Air ou est-ce que ça vous est venu comme ça, alors que vous imaginiez le monde de Middlesteel, l’Undercity et Shadowclock ?

SH : Pour être honnête, une grand part de ceci vient de lectures et d’un pillage de l’histoire, autant que possible. Il y avait un système théorique de ce transport atmosphérique à l’époque Victorienne, mais les considérations économiques l’ont fait tomber à l’eau. Ca aurait pu marcher. Ceci dit, j’ai toujours souffert d’une imagination hyperactive ; c’est bien de trouver un dérivatif pour l’exploiter plutôt que d’ennuyer mes collègues de bureau avec ça.

Vos Steammen, à la différence de robots conventionnels, sont plus spirituels et humains que beaucoup de leurs alter-ego humains, pensez-vous que c’est quelque chose d’intéressant à mettre en perspective avec les récents progrès technologiques ?

SH : Je pense que les progrès technologiques vont nous y amener quoi qu’il en soit. Peut-être pas pendant ce siècle, mais en regardant suffisamment en avant, je pense qu’on sera vraiment étonné par ce qui gravite autour de l’humanité. Mais en ce qui nous concerne, c’était juste une manière de s’amuser avec les stéréotypes des robots dans The Court of Air. Des droids qui sont plus humains et spirituels que les hommes ? Quand on voit ce que nous faisons au monde, il me semble qu’on n’en est pas si loin parfois.

A quel point est-ce important d’écrire de la bonne SF en Angleterre ? Pensez-vous qu’il y ait assez de supports pour dégager de véritables talents dans le genre ?

SH : Je ne pense pas qu’il y ait de problème avec le nombre de talents en Angleterre. Ce qui manque, c’est un marché pour la fiction courte de genre et un lectorat pour acheter ce genre de magasines, qui sont traditionnellement les moyens qu’utilisaient les auteurs pour développer leur travail jusqu’à la qualité d’un roman. D’un autre côté, le web a endossé ce rôle, bien qu’il y ait quelques terribles jugements de qualité sur ce qui est publié ou ne l’est pas. Et l’Internet n’est pas vraiment un marché économique. On y travaille uniquement pour l’amour de l’écrit, et cela semble parfois aussi éphémère que les photons qui courent sur la toile.

Avez-vous des conseils pour les jeunes auteurs ?

SH : N’abandonnez pas. Ecrivez et progressez. Lisez constamment et dans tous les genres, même ceux qui ne vous attirent pas normalement. Vous devez développer un sens très fin de votre valeur tout en modérant cela par une force d’auto-critique pratiquement schizophrène. Oubliez l’envie de rejoindre un groupe d’écrivains, si ce n’est pour aller boire un verre dans un pub avec des gens qui aiment la même chose que vous. Ecrire est un loisir solitaire – vous devez gravir cette montagne les mains vides ; à part vous enfermer avec un crayon et du papier, tout le reste est une manière d’éviter l’écriture…et ça, mes enfants, sont les armes du démon (avec le fait de passer de bons films le samedi après-midi et les abonnements à SCIFI Channel).

Vous avez dit que vous n’aviez pas vraiment envie d’écrire une trilogie tournant autour des mêmes personnages, pensez-vous que c’est répulsif pour un lecteur de voir marqué « livre 1 » sur la tranche d’un livre de SF ou de Fantasy ?

SH : En tout cas, moi, ça me repousse, désormais. Lorsque j’étais étudiant et disposait de beaucoup de temps, peut-être que c’était un point positif. J’aurai été heureux de voir qu’après avoir fini celui-là, il y en avait une vingtaine d’autres qui m’attendaient. C’est mieux que d’être assis dans une conférence, n’est-ce pas ?

Dans un monde où l’on ne compte plus les clones de Star Wars, Da Vinci Code et J.K.Rowling, un plus grand nombre d’écrivains devraient-ils chercher l’originalité ? Quel genre d’histoire aimeriez-vous lire si elles étaient un jour écrites ?

SH : L’idée d’écrire pour toucher un lectorat démographique me semble très étrange, peut-être parce que j’ai toujours eu une journée de travail pour retomber sur mes pieds, l’écriture que je fais pendant mon temps libre doit donc être ce que j’aime créer plutôt que ce qui se vend. Il vaut mieux créer son propre marché, plutôt que suivre celui des autres. Après tout, il n’y avait pas de « genre Da Vinci Code » avant Dan Brown, et J.K .Rowling n’a fait que suivre une bonne centaine d’histoire d’apprentis magiciens (même si, je lui tire mon chapeau, elle a su augmenter énormément les ventes dans cette catégorie). Il faut prendre des risques en suivant son propre chemin. Les autres routes ne mènent jamais au bonheur.

Vous reste-t-il du temps pour lire, si oui, que lisez-vous ?

SH : Je lis moins que je ne le voudrais pour le moment, mais j’ai toujours quelques livres en route à côté de mon lit. Je suis actuellement dans Thud de Terry Pratchett, Ratcatcher une aventure historique (par un autre écrivain de chez Harper Collins si ma mémoire est bonne), Pushing Ice d’Alastair Reynolds, une histoire illustrée de la marine Napoléonienne, sans parler de toute une pile de magasines, dont je suis complètement accro…Wired, SFX, Spectator, The Economist, .Net, New Scientist etc. Et ne me parlez même pas des BDs et comics qui traînent partout dans la maison !

Quels livres vous inspirent le plus de nostalgie ?

SH : J’ai eu la chance que mon père soit un fan de SF et commence à collectionner les bouquins lors de son enfance, pendant la Seconde Guerre Mondiale. J’ai été élevé avec les classiques, HG Wells, EE « Doc » Smith, Fritz Leiber, AE Van Vogt, Clifford D Simak, Michael Moorcock, Jack Williamson, Robert Heinlein, Clarke…si c’était de la SF publiée avant les années 70, j’y avais sans doute accès.

Pouvez-vous nous parler de votre prochain projet ?

SH : Je suis mon propre conseil, et me suis juste lancé dans mon second roman, pour lequel j’attends un titre définitif, mais les fans du premier seraient contents de savoir que ça se déroule dans le monde de Jackelian avec quelques visages familiers de The Court of Air, et ce n’est pas une trilogie (ni même une « duologie »). Le second tome est plus épique, avec des airs des Mines du roi Salomon et d’Indiana Jones, avec un voyage en bateau pour trouver une cité perdue qui cache le secret du salut de l’humanité, selon la rumeur, mais qui recèle un peu plus que cela en fait. Les fans devraient pouvoir se faire leur propre idée d’ici un an !

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