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Mathieu Saintout revient sur le retour d’Eclipse

Par Gillossen, le mercredi 11 septembre 2013 à 17:00:08

LogoAprès un entretien début janvier, Mathieu Saintout revient sur la rentrée d'Eclipse, et notamment l'arrivée des inédits après un « tour de chauffe ».
L'éditeur revient sur l'implication de Panini et le redémarrage du tout mais n'oublie pas également de se projeter déjà dans l'avenir, avec 2014 en ligne de mire.
En prime, quelques couvertures, non définitives en revanche, hormis celle d'Osama.

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L'interview

Comment s’est déroulé le retour en librairies d’Eclipse, sous la bannière Panini Books ? Quels sont les premières tendances ?
Le retour de notre catalogue chez Panini Books s’est bien passé, cela fut long, parfois complexe sur des questions juridiques, mais globalement, tout finit bien. Le catalogue a été scindé en trois labels : Crimson, pour la romance paranormale, Scarlett, pour le young adult, et Eclipse qui peut ainsi se recentrer sur le fantastique au sens large. Depuis son retour, nous avons déjà publié 67 romans sur nos trois labels. Le dernier né, Scarlett, a été lancé en juin et démarre de manière satisfaisante, l’artillerie lourde arrivant en fin d’année pour dynamiser le label.
Vous avez largement commencé par des rééditions de titres. Est-ce difficile de donner une deuxième chance à des ouvrages déjà vus en librairie ?
Cela dépend du titre. Étrangement, certains ouvrages qui avaient été insuffisamment travaillés peuvent être remis en place à des niveaux très satisfaisants. Pour d’autres titres, notamment en fantasy, on sent une vraie difficulté. Mais pour le zombie par exemple, notamment Chroniques de l’Armageddon pour n’en citer qu’un, nous l’avons déjà réimprimé deux fois, alors que nous en avions précédemment écoulé 4000 copies. On doit maintenant en être presque à 8000 ventes, ce qui est énorme en ce moment.
Vous avez quelques titres qui commencent à arriver en numérique. Vous êtes encore en phase de « tests » dans ce domaine ?
Notre distributeur Hachette gère la mise en numérique de nos ouvrages, mais il est vrai que les volumes restent faibles. Nos efforts se sont surtout concentrés sur les librairies pour installer les collections. Toutefois, le label Crimson se comporte mieux en numérique, mais cela est dû au lectorat.
Vous avez déjà trois labels et on parle maintenant de l’arrivée de romans historiques. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?
En mars 2014 nous lançons en effet un quatrième label qui me tenait à cœur depuis de nombreuses années : Invicta. Ce label est dédié à la publication de roman historique, des hoplites grecs aux guerres napoléoniennes en passant par Alexandre le Grand, Hannibal, ou la Crimée. C’est un genre que j’apprécie personnellement, et qui fonctionne très bien chez tous nos voisins. Des auteurs comme Bernard Cornwell par exemple, font partit des meilleurs vendeurs, tout thème confondu, avec des niveaux dépassant allègrement les centaines de milliers de copie pour chaque titre. Or, en France, ce genre n’existe pratiquement pas. Les romans de Cornwell ou Conn Iggulden sont relégués en littérature étrangère, un vaste bazar où tout se mélange. J’espère que mes connaissances du milieu français (presse, reconstitutions historiques…) nous aidera à promouvoir ces titres magnifiques.
J’ai toujours trouvé que les similitudes entre la fantasy et le roman historique en faisait des alliés. Pas besoin de lire Le Trône de Fer pour découvrir des batailles mythiques ! Dans l’un de nos premiers titres, La Campagne Afghane de Steven Pressfield, Alexandre le Grand, alors âgé de 24 ans, part envahir les royaumes afghans avec 120 000 hommes. Nous sommes en 327 avant JC, c’est donc un fait d’arme et logistique considérable ! Je trouve que cette campagne permet de se rappeler que la réalité est parfois encore plus forte que certaines fictions.
Nous toucherons aussi à d’autres sujets, comme le siège de Constantinople qui, en dehors d’être un siège incroyable (près de 100 000 combattants engagés), avec artillerie, unités d’élite, trahisons et faits d’armes légendaires, signe aussi la chute de l’empire romain. Dans l’inconscient collectif, l’époque romaine représente l’antiquité, mais c’est oublié que Constantinople chute au XVe siècle ! Xénophon et ses 10-000, Napoléon et Wellington font aussi partit de nos premiers ouvrages. Ce sera un petit label, car nous visons entre 8 et 10 parutions par an.
Sur Elbakin.net, nous sommes impliqués de près avec SciFiNow, qui arrive déjà à son cinquième numéro ! Comment se porte le bébé ?
Eh bien, nous sommes très heureux du succès du magazine ! Nous tournons en moyenne entre 8 et 9000 ventes, ce qui est très bon avec le marché actuel. La section Book Club s’étoffe chaque mois, avec des gros plans sur des auteurs, des interviews et des articles de fond. C’est un magazine auquel j’étais déjà abonné depuis quelques années, car j’aime son mélange ciné/tv/comics/romans (en anglais il y aussi une section retro sur les vieux films ou les séries des années 80/90). Les retours des lecteurs nous pousse à continuer car je pense que notre génération aime passer d’un support à l’autre (du ciné au petit écran, puis aux comics par exemple) et nous avons donc fait un magazine à l’image de cette génération de lecteur. En tout cas, en 2014 nous essayerons d’améliorer encore le titre pour qu’il soit le plus proche possible des tendances du moment.
Quels sont les titres que vous souhaitez mettre en avant dans les semaines et même les mois à venir ?
Nous avons de belles parutions, inédites cette fois, et même des parutions exceptionnelles ! Comme je sais que vous voulez des titres, en voici quelques-uns. En octobre, nous allons publier Osama de Lavie Tidhar, World Fantasy Award 2012, un roman incroyable, qui fait immédiatement penser au Maître du Haut Château. Ce roman est un vrai coup de cœur pour nous ! Un vrai roman d’histoire alternative, mélange de pulp, de film noir, de fantastique. Je vous encourage à chercher le teaser vidéo fait par l’éditeur hongrois Ad Astra… Lavie a réalisé avec Osama une œuvre majeure de ces dernières années, un roman prenant et angoissant. Je suis sûr que les lecteurs seront aussi sensibles à la couverture de Pedro Marques, un artiste portugais au talent indéniable. Ensuite, la qualité du texte fera le reste !
En novembre, nous publierons huit titres mais trois retiennent particulièrement mon attention. Nous republions La Folie des Anges de Kate Griffin, un splendide roman d’Urban fantasy situé à Londres, dans la veine d’un Ben Aaronovitch ou de Neverwhere de Gaiman. Je suis particulièrement fan de la manière avec laquelle l’auteur mêle le fantastique au milieu urbain : la magie se cache dans les graffitis, on croise un golem de déchets… En plus, l’écriture de Kate Griffin, Catherine Webb de son vrai nom (publiée chez Gallimard), est tout simplement merveilleuse. Elle manie les mots avec brio et son style porte le lecteur du début à la fin du roman. La traduction de Benoit Domis nous assure de conserver la même qualité en français. Mon deuxième focus serait sur La Comtesse Bathory, de Pat McSpare. Cet auteur français, notre premier sous l’égide de Panini, s’est déjà fait un nom avec la série des Hauts Conteurs, écrite à quatre mains avec Oliver Peru (Druide, Martyrs chez J’ai Lu), publiée chez Scrinéo. Pat nous livre ici son premier roman « adulte » en replongeant dans la légende de la célèbre comtesse, et nous transporte dans un monde inquiétant, sombre et fantastique. Marc Simonetti vient de rejoindre le projet en réalisant une couverture somptueuse que nous avons hâte de vous montrer. Le dernier roman important de novembre est Qui a Peur de la Mort ? de Nnedi Okorafor, le World Fantasy Award 2011 (et oui, cela fait deux World Fantasy en deux mois…). Là, on touche au sublime ! Nnedi est une auteure américano-nigériane qui nous fait voyager dans une Afrique post-apocalyptique au cœur d’un conflit tribal. Le parallèle avec l’histoire du Darfour est évident, mais Nnedi puise dans de nombreux événements pour en faire une fable onirique, poignante et d’une puissance incroyable. Voilà le genre de roman pour lequel on devient éditeur, un livre qui vous prend aux tripes, pour lequel on ressent de puissants sentiments, du dégout, lors de scènes terribles comme le viol de la mère de Onyesonwu ou son excision, à la colère devant les exactions commises par les militaires, au rêve dans les passages d’Onye au pays des esprits. En 400 pages, on voyage comme cela ne m’était que trop rarement arrivé auparavant. La couverture est réalisée par Joey HiFi, l’artiste sud-africain qui avait fait celle de Zoo City. Là encore, le travail de Joey sur ce roman est incroyable. Comme il était en retard, je lui ai envoyé le manuscrit pour qu’il puisse le survoler, mais il l’a lu en quelques jours à peine tellement l’histoire lui a plu ! Au final, nous avons l’une des plus belles couvertures que j’ai vu, car elle illustre parfaitement l’histoire. Chaque détail provient d’une scène ou d’un personnage. A chaque fois que vous refermerez le roman, vous comprendrez de mieux en mieux l’illustration… et pour cela, je dois saluer Joey, quel artiste !
Ensuite, pour 2014, nous vous réservons de belles nouveautés et des auteurs incroyables. En science-fiction et en fantastique, nous allons publier The Best of All Possible World de Karen Lord, Deathless de Catherynne M. Valente, The Drowning Girl de Caitlin Kiernan, Jack Glass de Adam Roberts. Et en fantasy, deux séries sortent du lot : The Powder Mage de Brian McClellan, un carton en Angleterre, et The Shadow Campaign de Django Wexler. Ces deux titres font partie d’un mouvement appelé le Flintlock Fantasy, la fantasy avec de la poudre ! Sous le label Eclipse, nous publierons environ 35 titres l’année prochaine, alors je ne vous cite que la crème de la crème !
  1. L'interview
  2. Les couvertures

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