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L’année 2015 en fantasy : la parole aux éditeurs !

Par Gillossen, le lundi 9 mars 2015 à 19:00:00

Les éditions du Bélial' en 2015 - Olivier Girard

Anderson

Alors que 2014 se termine à peine, quel serait votre premier bilan, à chaud ?
Plutôt bon. En tout cas moins mauvais que 2013. La revue Bifrost s’est bien comportée tant en librairies qu’au niveau de la VPC (il faut dire que nous avions des dossiers plutôt « porteurs », avec Lovecraft en début d’année et Tolkien en toute fin), notre nouvel auteur américain a été extrêmement bien accueilli (Daryl Gregory, et son roman L’Education de Stony Mayhall), Anti-Glace de Stephen Baxter et Les Perséides de Robert Charles Wilson fonctionnent plutôt pas mal en fonds, quant à L’Epée brisée de Poul Anderson, pour l’heure, c’est parti pour être la meilleure vente de tous nos livres parus en 2014. Pour les francophones, ça a été un peu plus compliqué. Hysteresis de Loïc Le Borgne est clairement une déception, quant à Drift de Thierry Di Rollo, c’est plus satisfaisant, mais encore bien en deçà de ce que mériterait cet auteur à mon sens.
S’il me fallait résumer 2014, je dirais que ça a été une année conforme à mes attentes. Pas de gros succès (encore qu’il faudra peut-être reparler de L’Epée brisée dans quelques mois), mais pas de gros plantages non plus, et des réassorts assez réguliers pour des mises en place en librairies qui ont eu tendance à se redresser par rapport à 2013.
Avez-vous un coup de cœur éditorial pour 2015 ? Et quelle place pour la fantasy ?
Concernant la fantasy, nous publierons fin août le nouveau roman de Daryl Gregory, We Are All Completely Fine. Un livre dément, dans tous les sens du terme, un pur bijou de dark fantasy. Imaginez une galerie de personnages… L’un a été partiellement dévoré par un cannibale — enfin, c’est ce qu’il dit… Un autre est persuadé d’avoir des secrets innommables gravés au creux de ses propres os. Un troisième n’enlève jamais ses lunettes de soleil. Jamais. Un autre encore pourrait bien être un tueur de masse… Et tout ce petit monde suit une thérapie de groupe. Avec le Dr Jan Sayer. Qui dit vrai ? Où est le monstre ? Et n’est-on pas tous le monstre de quelqu’un ? Ce livre est vraiment une merveille d’intelligence et d’horreur ! Toujours du côté de la dark fantasy, nous travaillons sur Mémoires des mondes troubles, un beau livre relié, tout en quadri, à mi chemin entre le artbook et le recueil proposant trois récits aux ambiances graphiques diverses mais tous d’inspiration lovecraftiens, illustrés par Nicolas Fructus (l’un des récits étant signé par Thomas Day, les deux autres par Fructus lui-même), avec Franck Achard aux manettes pour la conception graphique. Pareil projet constitue une première pour nous. Une nouvelle aventure… Et puis, en mars, nous publions La Ménagerie de papier, premier recueil de Ken Liu, la nouvelle pépite américaine. Le recueil est représentatif du travail de Liu. On y trouvera donc de la SF, bien sûr, mais aussi des récits de fantasy (dont la nouvelle éponyme au recueil et ayant réalisé le grand chelem : Prix Hugo, Nebula et World fantasy).
Pour le reste, si les livres que nous proposons constituent tous des coups de cœur, sans exception, notre programme recèle deux projets aux enjeux particulièrement cruciaux pour nous : l’un en début d’année, le second sur le deuxième semestre. Pour le premier, il s’agit du Château des millions d’années de Stéphane Przybylski. Un roman reçu par la Poste, et le premier volet d’une tétralogie, Originies. C’est un immense récit de près de trois millions de signes au total, une histoire qui couvre tout le vingtième siècle, ou presque, sous l’angle de l’histoire secrète et de la SF conspirationniste à la X-Files. Przybylski est un auteur d’essais historiques. Le Château… est son premier roman, et c’est un page-turner ahurissant. Les représentants ont craqué sur le bouquin, du coup, ils nous préparent une implantation considérable en librairie pour un premier roman de SF, qui plus est signé par un auteur français. Ça nous oblige à un premier tirage de 5000 exemplaires, ce qui est très inhabituel au Bélial’, et je dois dire que ça nous fout un peu les pétoches. Ça, ça paraît le 12 février… L’autre enjeu de taille pour 2015 (outre notre premier « beau livre » déjà évoqué), c’est le lancement de la collection « Une heure-lumière ». De jolis petits bouquins en format de poche, avec rabats, et graphiquement pilotés par Aurélien Police, qui ne proposeront que des inédits, que des courts romans, et pour l’essentiel des textes primés (nous sortirons quatre livres d’un coup ou presque, deux fin septembre, deux début octobre, avec au programme du Thomas Day, du Nancy Kress, du Vernor Vinge et du Paul J. McAuley, soit deux prix Hugo et un prix Theodore Sturgeon). L’idée, c’est de renouer avec le sens of wonder des littératures de genre, l’émerveillement que seuls la quintessence de la SF et de la fantasy peuvent générer. Bref, ça fait pas mal de traductions à assumer, avec une obligation de prix de vente le plus pas possible (les livres feront entre 150 et 200 pages, et tournerons autour de 7 € à 10 €), d’où une certaine pression, là aussi. Si tout va bien, notre ambition est de proposer chaque année quatre à six titres dans cette collection. Il s’agit d’un nouveau produit, quelque chose d’assez inhabituel, bref, on est totalement dans le flou et là aussi, on flippe pas mal…
Quel sera votre plus grand défi pour cette nouvelle année ?
Parvenir à publier les dix-sept titres prévus à notre programme dans de bonnes conditions. Comme je l’ai dit, on a un premier roman subitement devenu un enjeu majeur du fait de l’engouement de nos commerciaux, un artbook lovecraftien par Fructus, et une nouvelle collection de courts romans inédits en format poche, le tout en proposant un nouveau Bifrost tous les trois mois… Sans parler du best of de Christopher Priest dans la collection « Kvasar », de la réédition de l’immense classique L’Enchâssement, de Ian Watson (même collection), ou encore du nouveau roman de Laurent Genefort au printemps… Bref, j’ai l’impression que l’ensemble de notre programme constitue à lui seul un défi énorme d’engagement et de passion. Va falloir tenir la cadence et s’accrocher à nos claviers…

Propos recueillis et mis en forme par Emmanuel Chastellière

  1. Les Moutons électriques en 2015 - André-François Ruaud
  2. Denoël Lunes d'encre en 2015 - Gilles Dumay
  3. Folio SF en 2015 - Pascal Godbillon
  4. Les éditions Critic en 2015 - Simon Pinel
  5. Les éditions Actusf en 2015 - Jérôme Vincent
  6. Les éditions L'Atalante en 2015 - Mireille Rivalland
  7. J'ai Lu en 2015 - Thibaud Eliroff
  8. Le Livre de Poche en 2015 - Audrey Petit et Manuel Soufflard
  9. Les éditions Mnémos en 2015 - Frédéric Weil
  10. Les éditions Voy’el en 2015 - Corinne Guitteaud
  11. Les éditions du Bélial' en 2015 - Olivier Girard
  12. Gulfstream en 2015 - Paola Grieco
  13. Les éditions le Grimoire en 2015 - Sébastien Boudaud
  14. Les Éditions du Rouergue - Olivier Pillé
  15. Ototo - Guillaume Kapp
  16. La Volte en 2015 - Mathias Echenay
  17. Ofelbe - Guillaume Kapp
  18. L'Homme Sans Nom en 2015 - Dimitri Pawlowski
  19. Les éditions Scrineo en 2015 - Jean-Paul Arif
  20. Panini Books en 2015 - Sébastien Dallain - directeur publishing

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