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Interview de Trudi Canavan

Par Nerwen, le jeudi 10 janvier 2008 à 20:46:00

Trudi CanavanAlors que la parution de sa première trilogie poursuit son cours chez nous, Trudi Canavan en a déjà écrit une suivante (disponible en anglais) et planche déjà sur un nouveau roman se déroulant dans le même univers. Elle était interviewée dernièrement sur Sfcrownest, en voici la traduction !

Trudi Canavan, auteur de fantasy s'exprime à propos de l’énergie créative sans limite des enfants, sur le fait de rester bloqué dans les profondeurs d’un manuscrit et sur son travail sur L’Apprenti Magicien. Trudi est interviewée par Karen Miller, écrivain de fantasy, auteur entre autres de Kingmaker et Kingbreaker.

L'interview traduite

Bon, eh bien, je parie que vous avez tous pensé que j'avais oublié ma série sur les Femmes Fantastiques, n'est-ce pas ?
Mais comme vous pouvez le voir, je n'ai pas oublié. Mais cela a été mis de coté pendant un moment tandis que je me battais avec diverses dates butoir d'écriture. A toutes ces femmes qui attendent patiemment d'être mises en avant, je présente mes humbles excuses. Je suis à présent de nouveau sur les rails et j'attends avec impatience de partager vos impressions dans les semaines à venir.
Cette semaine, nous poursuivons la série avec l'auteur de fantasy australienne Trudi Canavan. Trudi est un phénomène de l'édition, et pourtant c'est aussi un auteur qui n'a pas le succès qu'elle mérite dans son pays d'origine pour ses exploits incroyables. Elle est un auteur de best-sellers en Australie, en Angleterre et en Amérique - et ce n'est pas rien. Encore plus incroyable, sa trilogie du Magicien Noir est restée dans les charts pendant plus de 150 semaines. Je ne connais pas d'autres auteurs australiens de n'importe quel genre qui a réussi quelque chose comme ça... donc respect ! Elle est une super star.
La voici selon ses propres termes...

Donnez nous une brève biographie : Votre Fabuleuse Vie et ses Moments Forts !
Quand j'étais enfant, j'avais une énergie créative illimitée. J'étais tout le temps en train de créer des choses ou d'inventer des histoires. Je changeais aussi tout le temps d'idée sur ce que je voulais faire plus grande. À différents moments, j'ai voulu être une chanteuse, une potière, une réalisatrice de film, une calligraphe, une artiste ou un écrivain. C'est les deux derniers qui ont fait mouche.
Le conseil que j'ai reçu pour devenir un auteur c'est de ne pas être pressé. D'avoir une certaine expérience de la vie et de viser un travail mieux payé, tout en m'entraînant durant mon temps libre.
Je me suis donc dirigée dans la direction de « l'art qui rapporte des sous » : design graphique, publicité visuelle et illustration. J'ai toujours pensé que je serais capable de sortir un livre avant d'avoir vingt-cinq ans - ca ne pouvait pas être aussi dur ? Mais quand j'ai eu vingt-cinq ans et que j'ai réalisé que je n'avais pas encore terminé un livre, j'ai fait une grande introspection de ma vie. Je faisais un métier que je détestais, j'avais récemment trouvé la bonne fin pour un livre que j'aurais aimé écrire et ça me démangeait de m'immerger dedans, et j'étais prête à sauter le pas pour monter ma propre entreprise.
J'ai créé The Telltale Art, un service d'illustration, de design et de cartographie. Entre les missions, j'écrivais Le Livre. Un an et demi plus tard, Le Livre s'était métamorphosé en trois, la Trilogie du Magicien Noir, et je pouvais commencer à chercher un éditeur.
Comme pour beaucoup d'écrivains, ce ne fut pas facile. Mais plutôt qu'un flot continu de rejets, j'avais le problème d'un manuscrit qui se perdait dans les limbes. Tout d'abord avec un éditeur qui ne répondait pas, ensuite avec un autre qui m'a gardé mon manuscrit pendant deux ans, en me promettant des corrections de chapitres.
Finalement, j'ai trouvé un agent génial, et nous avons envoyé le manuscrit à un autre éditeur, qui m'a offert un contrat.
Depuis, ma vie a pris une tournure intéressante. Le timing infortuné et inconsidéré d'une rupture après une relation longue a amené des difficultés financières, le travail pour les illustrateurs s'est tari - peut-être dû à la popularité des images retouchées par ordinateurs - et après que j'ai commencé à écrire ma seconde trilogie, L'Âge des Cinq, j'ai souffert quelques années de fatigue chronique inexplicable, dont j'ai globalement, mais pas complètement, guéri.
Heureusement, à ce moment là, la Trilogie du Magicien Noir avait trouvé des éditeurs et un public enthousiaste en dehors de l'Australie et je n'avais plus à me préoccuper de trouver du travail en tant qu'illustrateur. L'Âge des Cinq a également eu beaucoup de succès et l'on m'a offert une généreuse avance pour écrire la préquelle et la suite de la Trilogie du Magicien Noir.
Qu'est-ce qui vous a amenée à écrire de la fiction spéculative ?
J'ai toujours été attirée par les histoires qui contenaient un aspect surnaturel. Dans mon enfance c'était les contes de fées, les mythes et les histoires de la Bible.Dans mon adolescence, j'étais l'une des premières de ma génération à apprécier des livres écrit pour le marché des « jeunes adultes ». La première trilogie Star Wars est sorti pendant cette période, et plus tard l'émission radio de la BBC sur le Seigneur des Anneaux m'a permis de découvrir les livres de Tolkien. Je me souviens avoir attendu avec impatience la sortie de chaque livre de la Belgariade écrit par Davis Edding, qui étaient tellement légers et amusants comparés à ce qui avait été précédemment, et la révélation que fût Krondor de Feist à cette époque.
Décrivez-nous un journée type d'écriture.
Il n'y a pas de jour d'écriture typique pour moi ces temps-ci! Nous faisons agrandir et rénover notre maison, et cela continue bien que la date de fin des travaux soit dépassée (cela était supposé se terminer en novembre dernier) et je ne serais pas surprise si cela se poursuivait jusqu'à Noël. Pour en revenir au sujet, j'écris selon s'il y a ou non des travaux en cours, selon leur nature et si cela implique qu'il y ait du bruit, la présence de tiers ou s'il faut couper le courant.
Quelle est la meilleure chose quand l'on est écrivain ?
Travailler pour soi, dans sa maison.
Quelle est la pire chose quand l'on est écrivain ?
Beaucoup de personne n'ont aucune idée du travail que cela demande, du peu d'argent et de reconnaissance que la majorité des écrivains ont en retour.
Quels autres genres littéraires vous attirent, et pourquoi ?
Les livres de philosophie et d'horreur m'ont toujours attirée, mais je n'ai aucune idée si je peux le faire assez bien. Cela ne me pose pas de problème de lire un peu de science-fiction, mais dans ce cas là, des nouvelles. De temps à autres je m'essaie à un classique, un policier ou à un roman contemporain. Mais ces derniers temps, si je ne lis pas de la fantasy, c'est certainement pour me diriger vers des livres qui ne sont pas de la fiction.
Sur quoi travaillez vous en ce moment?
The Magician's Apprentice, la préquelle (en un seul tome) de la trilogie du Magicien Noir. Cela se déroule environ six siècles auparavant, donc c'est amusant de ramener la culture et la technologie à un stade moins avancé.
Comment le genre a-t-il changé depuis que vous l'avez rejoint ?
Quand j'en lisais étant jeune, il n' y avait pas de personnages féminins "forts" autres que des prêtresses ou des guerrières, mais maintenant il y en a. Les livres semblent plus gros aussi. Les romans, courts mais forts comme ceux de Tanith Lee me manquent. Il y a eu ce phénomène des méga grosses séries de livres, que je n'aime pas en tant que lecteur. Je préfère attendre que le dernier livre d'une série paraisse, avant de commencer à lire le premier tome, et je dois admettre que mon intérêt dans la saga de Jordan et Martin s'est émoussé du fait d'avoir attendu si longtemps pour les commencer.
Que savez-vous maintenant du jeu de l'édition que vous auriez souhaité savoir quand vous avez tout juste commencé ?
Tout. Non que cela m'ait dégoutée. Mais des petits trucs, - comme avoir une bonne accroche, une biographie, des photo... prêts à partir - auraient un peu aidé. Surtout la photo.
Quel est le meilleur conseil d'écriture que vous ayez reçu ?
Au milieu de mon adolescence, j'ai lu un livre à la bibliothèque qui s'appelait Writing For the Love of It (Ecrire pour le plaisir d'écrire), ou quelque chose comme ça. Il était honnête sur toutes les choses qui pouvaient mal se passer, mais qui disait que si l'on aimait écrire cela valait le coup. Et cela était très drôle.
Quel est le meilleur conseil d'écriture que l'on ne vous a jamais donné ?
Surveille tes arrières.
Quel est le conseil que vous aimeriez donner/ transmettre ?
Pratiquez, pratiquez, pratiquez.
Quel a été l' écrivain le plus influent de votre vie ?
Mon père. Il avait l'habitude de passer des heures à écrire des notes sur des carnets à propos du livre qu'il allait écrire un jour. Je n'étais pas autorisée à les lire. J'ai même essayé un jour de me glisser furtivement derrière le canapé, mais je n'arrivais pas à lire son écriture. Je n'ai jamais lu aucun passage de ce mystérieux livre, que mon père n'a jamais fini, mais le secret, l'intensité qu'implique cette activité m'a fait pensé qu'écrire un livre doit être une chose merveilleuse qui en vaut la peine.
Quels sont vos projets d'écriture pour le futur ?
De ralentir les choses. Je n'ai jamais voulu être l'écrivain qui a écrit la plus grand nombre de livres dans sa vie, et la fatigue chronique a renforcé ce sentiment. Je privilégie la qualité à la quantité. De cette façon, peut-être que j'écrirais toujours quand j'aurai 80 ans !
Quel livre pensez-vous que les aspirants écrivains de fiction spéculative devrait lire ?
Pour la fantasy, je conseillerais Guide to Fantasyland de Diana Wynne Jones Tough. C'est drôle et enrichissant. Peu importe quelle force vous mettez à vouloir les éviter, mais vous verrez que vous réussirez à inclure au moins un cliché dans vos histoires. Et l'explication sur la façon dont les chevaux se reproduisent à Fantasyland est hilarante.
Sinon, lisez beaucoup.

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