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Laurell K. Hamilton - Salon du Livre 2010

Par Aléthia, le mercredi 19 mai 2010 à 12:56:04

HamiltonDans le cadre de nos entretiens menés lors du dernier Salon du Livre de Paris, nous avons également eu l'opportunité d'interviewer la célèbre Laurell K. Hamilton.
Qu'on l'apprécie ou pas, une chose est sûre, on ne la présente plus ! Toujours disponible, elle a en tout cas bien voulu répondre à nos questions après un véritable "bain de foule" par ses lecteurs français, qui s'étaient déplacés en masse pour l'occasion.
Bonne lecture !

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Un entretien avec Laurell K. Hamilton - version française

Vous êtes aujourd’hui invitée au Salon du Livre de Paris. Comment se passe la rencontre avec vos fans français ? Vous attendiez-vous à ça ?
C’est merveilleux d’être au Salon du Livre de Paris. Les fans français on été si gentils. Ils ont été vraiment bienveillants et patients malgré mon français qui faisait défaut. Je l’ai vraiment apprécié. Ils étaient aussi très amicaux.
J’ai eu l’opportunité de discuter avec certains membres de l’équipe Bragelonne. Même s’ils attendaient beaucoup de monde, ils sont quand même surpris par l’importance de la foule venue à votre rencontre.
J’attire de larges foules aux Etats-Unis mais on ne peut jamais savoir. Quand je suis dans un nouveau pays, je ne pars pas du principe qu’il y aura beaucoup de monde pour m’attendre, mais c’est merveilleux. Certains ont fait la queue pendant plus de quatre heures ! Pour moi, c’est incroyable.
En 1993, vous donniez naissance au personnage d’Anita Blake. Est-ce que le personnage d’Anita Blake est construit à partir de quelqu’un que vous connaissez ? Vous-même peut-être ?
Physiquement, elle fait ma taille. Je savais qu’il y aurait beaucoup d’armes à feu et de combats donc si je l’avais créé plus grande, j’aurai eu à emprunter des gens pour voir si les armes lui convenait. En lui donnant ma taille, je pouvais voir si les armes étaient adaptées à mes mains et si je pouvais le faire physiquement, je suis partie du principe qu’elle aussi.
Elle est également tout aussi têtue que moi. Sa voix est proche de la mienne car c’est une narration à la première personne. Il est plus facile d’écrire si la voix de votre personnage ressemble à la vôtre. Je lui ai aussi donné une partie de mon propre passé, comme sa mère décédée tragiquement. C’est un drame que je partage avec elle. C’était une part trop importante de moi-même. A l’époque, quand j’ai commencé à écrire, nous étions plis proches. Le temps passant, je me suis mariée, j’ai déménagé en banlieue, j’ai eu un enfant et adopté un petit chien. De son côté, elle a continué à sortir avec encore plus d’hommes (probablement plus qu’il n’est réellement possible !) et son tableau de chasse est plus conséquent que dans la plupart des romans de guerre, donc nous nous sommes éloignées. Mais nous avons aussi grandi ensemble. Quand j’ai démarré, je pensais que le monde était soit noir soit blanc et donc elle le ressentait aussi ainsi, mais nous avons toutes les deux vieillies et nous sommes plus sages et j’ai réalisé que le monde est vraiment gris parfois.
Avec Charlaine Harris, vous êtes une des figures emblématiques de ce courant littéraire que nous appelons Bit-Lit. Beaucoup de critiques on leur propre définition de ce qu’est la Bit-Lit, mais quelle est la vôtre ?
Je ne sais pas. Je pense que la ‘Bit-Lit’ a juste besoin d’un personnage surnaturel (vampire, loup-garou, un auteur a même écrit sur des gargouilles), le personnage principal doit être féminin avec du cran. Pour moi, Anita est un tueur de vampires et une US Marshal. Elle chasse les vampires, mais elle sort également avec eux, ce qui crée un conflit d’intérêt. Mais la définition semble suffisamment large pour être tendance, moderne, avec des éléments surnaturels et souvent un aspect romance très présent. Mes livres mettent aussi en avant un contexte ouvertement sexuel mais ce n’est pas le cas pour tous. Le personnage principal est généralement humain ou perçu comme plus faible que les monstres. Je crois que c’est tout !
Certains ont plutôt une mauvaise image de la Bit-Lit, lui reprochant notamment d’être trop girly. Que pourriez-vous dire afin de convaincre les sceptiques de l’intérêt de la Bit-Lit ?
Eh bien, il n’y a pas grand-chose de girly dans les miens. Je ne peux parler que pour moi-même. Pour le dernier livre publié aux Etats-Unis, je suis allée à Las Vegas où j’ai rencontré le SWAT et où j’ai pu avoir accès à leurs armes. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus féminin ! Sortir pour aller voir de gros calibres ! Je ne me suis jamais sentie aussi petite ! Tous ces types étaient si grands. Vous devez être en forme pour faire partie de l’équipe donc ils s’entrainent tous beaucoup et sont tous très musclés. Je me suis sentie toute petite. Donc j’ai parlé à des officiers de police et j’ai fait des recherches sur de vrais tueurs en série… une nouvelle fois, ce n’est pas ce qu’il y a de plus féminin ! Percevoir mes ouvrages comme de la littérature uniquement destinée aux femmes est une erreur. Je ne peux pas parler au nom des autres mais je sais que j’ai beaucoup de fans masculins. Les hommes aiment l’action, le mystère, les détails sur le fonctionnement de la police et le sexe ! Les femmes aiment la même chose qu’eux, même si certaines préfèrent les histoires d’amour et le sexe. Certains lecteurs masculins m’ont même avoué avoir pensé que j’étais un homme écrit sous un pseudonyme féminin car j’offre une vision bien plus masculine des choses. Tout ce que vous avez à faire, c’est choisir un passage, le lire à haute voix et plus jamais personne ne vous accusera de lire de la littérature pour filles !
Vous avez fait d’Anita une femme déterminée dotée d’un fort caractère. Avez-vous le sentiment qu’un tel personnage puisse donner une certaine force à ses lecteurs ?
Oui, j’ai arrêté de compter le nombre de femmes qui sont venues me dire qu’elles avaient appris à être forte grâce à la lecture des Anita. J’ai vraiment perdu le compte du nombre de femmes qui m’ont dit qu’elles avaient su se sortir de relations abusives car Anita n’aurait jamais accepté d’en vivre une. C’est quelque chose dont je suis très fière. C’était purement fortuit. Je ne pensais pas que mon amie imaginaire deviendrait aussi importante pour d’autres personnes. Certains lecteurs m’ont confié que lorsqu’ils sont dans une situation difficile, ils se demandent ce qu’Anita ferait à leur place. Ils savent qu’elle ne flanche pas et qu’elle est courageuse, donc ils essaient aussi de trouver une façon d’agir avec courage. Le courage ce n’est pas ignorer la peur. Le courage c’est agir même si vous avez peur. C’est ça le vrai courage. Les livres ont aidé certaines personnes à le découvrir. C’était une conséquence inattendue. Quand on me demande pourquoi j’ai fait d’Anita une femme si forte, je réponds que je n’imaginais pas qu’il existât un autre choix. L’on m’a appris que lorsque l’on n’est pas fort, on est une victime donc il ne m’est jamais venu à l’esprit d’être autrement.
Pour la série des Anita Blake, vous avez imaginé un monde solide et bien construit. Vous avez été parmi les premières à introduire les vampires et les métamorphes au sein d’une structure légale et visible. Vous avez aussi créé la puissante Eglise de la vie éternelle de St Louis. Où avez-vous puisé votre inspiration ?
Ce qui m’a toujours intéressé, c’est d’amener le fantastique dans la vie réelle et de voir ce qui se passe. La plupart des auteurs disent prendre le côté quelconque du quotidien et le rendre fantastique. Je prends le fantastique pour le rendre quelconque. Je me dis : et si les loup-garous étaient réels ? Qu’est ce qui se passerait alors ? Je ne sais pas pourquoi personne ne l’avait fait. Pour moi, c’était tellement évident et tellement amusant.
L’Eglise de la Vie Eternelle. Si les vampires existaient réellement. La plupart des gens ne croient plus en l’immortalité de l’âme, les gens sont moins religieux. Si une Eglise de vampires pouvait vous garantir la vie éternelle, une jeunesse qui ne fanerait jamais et si en échange, vous ne deviez que perdre la lumière du jour et adopter un régime liquide … les gens le ferait. En tant qu’Eglise, cela fonctionnerait, car les gens dépensent des milliers de dollars uniquement pour rester jeunes. Je pense que nous serions effrayés par ce que les gens peuvent faire.
A propos de la solidité de l’arrière-plan. Je crois que vous devez vous assurer que le monde que vous créez est en béton armé car quelque part, il y a toujours quelqu’un de spécialisé sur ce que vous écrivez. Il y a toujours un expert et si vous écrivez quelque chose de faux, vous entendrez parler de ces gens. Donc c’est pourquoi j’essaie d’avoir entre les mains toutes les armes qu’Anita utilise et que je parle avec des officiers de police et des militaires. Pour être ancrée dans la réalité.
Le 11ème tome des aventures d’Anita vient de sortir, il s’intitule Péchés Céruléens. A quoi peuvent s’attendre les lecteurs pour ce roman et pour ceux à venir ? Que pouvez-vous nous dire sur le future de votre série ?
J’ai toujours été nulle à ça ! Je vais tenter de ne rien dévoiler ! Vous pouvez vous attendre à plus de mystère, à plus de violence, à plus de morts et aussi à plus d’hommes. Même si c’est difficile à croire, nous n’avons pas fini de collectionner les conquêtes ! Je pense vraiment que nous avons atteint un point où il est difficile de garder tous ces hommes. Ils sont gentils pour la plupart, mais ils méritent du temps et de l’attention et il n’y a qu’une seule Anita ! L’histoire avançant, j’espère que soit les hommes partageront mieux, soit que certains trouveront une petite amie. Je ne sais pas comment cela se passerait. Je ne sais pas si une petite amie accepterait de partager comme ça. Le monde va également continuer à grandir et à se développer. Je continue à trouver de nouvelles choses pour les romans. Je poursuis mes recherches pour que le monde perpétue son expansion. Il y aura plus de métamorphes, plus de politique vampire et plus sur la société. Anita va continuer à grandir en tant que personnage et elle va commencer à être plus heureuse. Elle commence à trouver comment accepter sa vie, ce qu’elle ne peut changer et à admettre ce qu’elle a tout en prenant conscience de sa valeur.
Une autre de vos séries, Meredith Gentry, va bientôt sortir en France. Pourriez-vous présenter cette série à vos lecteurs français ?
Merry Gentry est détective privé à Los Angeles. Elle est aussi une princesse du royaume des fées. La seule jamais née à New York. Elle est la cinquième dans l’ordre de succession dans l’une des branches de la royauté et troisième dans l’autre. Cela ne lui apporte rien de bon ! J’ai fait des recherches et quand vous êtes membre de la royauté, vous avez généralement un titre mais pas beaucoup plus. Je voulais montrer qu’être une princesse du royaume des fées n’est pas chose aisée. Vous avez aussi le monde moderne et je ne peux pas m’en empêcher … les hommes, les histoires d’amour ! C’est aussi un thriller politique mâtiné de policier. Après avoir écrit Anita pendant si longtemps, je voulais quelqu’un qui ne me tiendrait pas autant tête qu’elle et Merry est bien plus facile à vivre.
Quelles sont les différences et les points communs entre Anita et Meredith ?
Meredith fait déjà dix centimètres de moins qu’Anita ! Aucune des deux ne se trouve attirante. Elles pensent que les autres gens sont plus beaux. Ce sont toutes les deux des femmes très fortes. Il semble peu probable que Merry se saisisse d’une arme et tire pour sauver sa vie. Elle se sauvera mais elle est plutôt contente de laisser les gardes du corps et les hommes aider. Son travail consiste à rester en vie suffisamment longtemps pour mettre au monde un héritier et monter sur le trône. Anita est plus partagé face aux évènements qui surgissent dans sa vie, elle les combat alors que Merry accepte plus la vie comme elle vient.
Écrivez-vous en musique ? Quel genre de musique écoutez-vous lorsque vous travaillez ?
J’écoute toujours de la musique quand je travaille. Pour chaque livre, je choisis un album ou un genre de musique et il tourne en boucle. Parfois, quand j’ai du mal à écrire, je choisis une comédie musicale et si je suis vraiment dans un mauvais jour, j’écoute des chants de Noël ! La plupart du temps, j’écoute plutôt des groupes comme Disturbed ou Godsmack.

Propos recueillis et mis en forme par Cyrielle Lebourg.

  1. Un entretien avec Laurell K. Hamilton - version française
  2. An interview with Laurell K. Hamilton - english version

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