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N'oublie jamais

Tome 1 du cycle : Nevernight
ISBN : 978-237876090-8
Catégorie : Aucune
Traduction : Sébastien Guillot (Proposer une Biographie)
Auteur/Autrice : Kristoff, Jay

Dans un pays où trois soleils ne se couchent presque jamais, une tueuse débutante rejoint une école d’assassins, cherchant à se venger des forces qui ont détruit sa famille.
Fille d’un traître dont la rébellion a échoué, Mia Corvere parvient de justesse à échapper à l’anéantissement des siens. Livrée à elle-même et sans amis, elle erre dans une ville construite sur les ossements d’un dieu mort, recherchée par le Sénat et les anciens camarades de son père.Elle possède un don pour parler avec les ténèbres et celui-ci va la mener tout droit vers un tueur à la retraite et un futur qu’elle n’a jamais imaginé.À 16 ans, elle va devenir l’une des apprentis du groupe d’assassins le plus dangereux de toute la République : L’Église rouge. La trahison et des épreuves l’attendent dans les murs de cet établissement où l’échec est puni par la mort. Mais si elle survit à cette initiation, Elle fera partie des élus de Notre-Dame du Saint-Meurtre, et elle se rapprochera un peu plus de la seule chose qu’elle désire : la vengeance.

Critique

Par Renardeau, le 25/11/2020

Après la sortie retentissante du Prieuré de l’Oranger de Samantha Shannon l’an dernier et deux mois après la sortie de La Neuvième Maison de Leigh Bardugo, De Saxus frappe de nouveau avec la parution d’un autre titre qui semblait relativement attendu en français : N’oublie jamais, le premier tome des Chroniques de Nevernight de Jay Kristoff, une trilogie qui a fait parler d’elle en bien comme en mal dans le monde anglophone. Et donc, qu’en est-il de ce N’oublie jamais ?
Eh bien, ce qui frappe tout d’abord, à la lecture du roman, c’est l’ambition de son auteur d’en faire une œuvre de dark fantasy mature, à l’image du Trône de Fer dont il semble d’ailleurs être un fervent admirateur si l’on en croit l’intrigue principale qui semble en partie calquée sur le cheminement d’Arya Stark ou les nombreux échos à l’œuvre de Martin qu’on retrouve dans certains noms de lieu, dictons ou même au détour de quelques dialogues. 
Malheureusement pour Jay Kristoff, la comparaison ne tourne pour ainsi dire jamais à son avantage, puisqu’il semble avoir oublié que la maturité d’une œuvre ne se résume pas aux scènes de sexe, à l’humour graveleux et aux hectolitres de sang qui sont versés au cours de l’histoire. On se retrouve donc face à un roman un peu à cheval entre deux tranches d’âge avec d’un côté un contenu réservé à un public averti (les scènes de sexe sus-citées étant plutôt détaillées) et de l’autre, une intrigue et des personnages qui manquent de profondeur, l’auteur ayant recours à des ficelles parfois si grosses qu’elles font passer les personnages adultes, assassins professionnels, pour des idiots dont l’incompétence est incompatible avec l’aura qu’on voudrait leur donner et à toute la galerie de personnages classique des romans qui se déroulent à l’école, à savoir la rivale méchante et hautaine et son sous-fifre, le professeur qui déteste d’emblée le personnage principal ou encore la bonne copine qui sait déjà tout sur tout au sujet de l’école sans qu’ils soient, pour la plupart, développés au-delà de ces archétypes. C’est d’autant plus dommage que le roman n’est pas totalement exempt de qualités.
Si le style de Jay Kristoff, alambiqué et parsemé de notes de bas de pages consacrées à développer son univers, ne convaincra pas tout le monde, on ne peut nier que la lecture est plutôt fluide et que certains chapitres ont même un petit côté page-turner qui pousse à persister jusqu’au bout. De plus, l’auteur propose également quelques réflexions plutôt pertinentes sur certains poncifs de la fantasy (qui ne servent malheureusement que de prétextes à des plaisanteries graveleuses là où il aurait été intéressant de les pousser un peu plus loin) ainsi qu’une amorce de réflexion sur la vengeance, sa nécessité et les sacrifices qu’on est prêt à faire pour l’obtenir, tandis que la fin, si elle n’est pas d’une originalité folle, a au moins le mérite de rebattre suffisamment les cartes pour qu’on s’interroge sur la direction que prendra le récit par la suite.   
Bref, vous l’aurez compris, en dépit de son titre, N’oublie jamais se classe malheureusement dans la catégorie de ces romans vite lus et vite oubliés, de ceux à la lecture desquels on aime bien ronchonner mais qui demeurent finalement peu marquants. Nul doute, toutefois, qu’il saura, malgré ses défauts, trouver son public, de préférence au début d’un parcours de lecteur de fantasy et à condition d’avoir 16 ans ou plus. 

5.5/10

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