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Sébastien Guillot fait le point sur la collection Calmann-Lévy

Par Gillossen, le vendredi 23 mars 2007 à 16:22:33

Pour continuer dans cette veine, et avec une fin de semaine aux couleurs "williamsesques", Sébastien Guillot, le directeur de collection Fantasy chez l'éditeur Calmann-Lévy, a accepté de répondre à nouveau à nos questions !
L'occasion de parler du roman de Tad Williams, et plus généralement de faire le bilan depuis son arrivée sur le marché, sans oublier bien sûr d'évoquer par ailleurs l'avenir de tout ce petit monde !

Entretien avec Sébastien Guillot

Comment se porte votre collection en ce début d'année 2007 ?

Après une première année de mise en place durant laquelle nous avons pris la mesure du marché et de nos concurrents, nous considérons que cette collection s'est d'ores et déjà efficacement insérée dans ledit marché – en gros, nous nous situons peu ou prou au niveau de « Lunes d'encre » chez Denoël ou de « Rendez-vous ailleurs » au Fleuve Noir, avec quand même le désavantage d'être parti ex nihilo, sans fond préalable qui nous offrirait un minimum de garanties sur un terme moyen. Deux bonnes ventes dans le domaine anglo-saxon, Le Chevalier-Mage de Gene Wolfe et Le Livre des Mots de JV Jones, une déception – le magnifique Cycle de Merlin de Mary Stewart, dont j'attendais mieux même s'il se situe peu ou prou au niveau des deux autres. Un gros échec, Le Roi d'Ys de Poul & Karen Anderson, sans doute trop classique. Pour des raisons contractuelles – travailler avec le Japon n'est pas évident –, nous avons pris un peu de retard dans le développement du domaine asiatique, mais son bien-fondé n'est absolument pas remis en cause.

Interstices vous propose-t-elle plus de libertés, plus de souplesse, dans le choix des titres ?

Ma démarche sur les deux collections n'est tout simplement pas comparable, déjà parce qu'effectivement, la logique « cyclique » de la fantasy m'impose des prises de risques supérieures – signer le premier tome d'une décalogie est toujours passablement engageant, éditorialement, commercialement, financièrement parlant. « Interstices », de par sa nature même de lieu d'expérimentation, rend de toute façon ma démarche moins engoncée – mais pas moins structurée. Quoi qu'il en soit, j'ai là aussi des obligations de résultats qui influent sur mes choix.

L'offre Fantasy en France a-t-elle encore changé depuis la rentrée 2005, selon vous ?

Pas trop sur le grand format ; les acteurs historiquement majeurs du segment – Bragelonne & Pygmalion – sont toujours aussi présents, voire davantage, et il n'y a pas eu pour l'instant de nouveaux entrants dans le secteur adulte – ça ne va pas tarder à changer, me suis-je laissé dire. Les vrais changements viennent du poche, avec l'apparition de deux nouvelles collections chez Points Seuil et au Livre de Poche – « les deux collections de trop », comme les précédentes :-) . – avec des identités finalement assez marquées, plus que ce que je ne l'aurais pensé.

Que représente pour vous l'arrivée d'un « poids lourd » tel que Tad Williams ?

Exactement ce qu'il manque aujourd'hui à cette collection pour finir de s'imposer : l'un des rares auteurs de fantasy contemporains bénéficiant d'une renommée suffisante pour attirer sur son seul nom un lectorat d'importance. Une locomotive pour la collection, pour faire bref.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans Château d'Ombre, par rapport à la masse de titres qui vous est proposée ?

Parmi les auteurs de référence en matière de fantasy, ce qui est déjà un argument en soi, Tad Williams est à mon sens l'un de ceux qui peuvent s'enorgueillir d'une fort belle plume, d'un réel talent pour rendre vivants leurs personnages. Ce n'était pas un hasard si, au début de cette collection, je me référais à feue « Rivages fantasy » ; le premier éditeur de Williams en France, en matière de qualité littéraire… Sinon, Château d'ombre en lui-même est vraiment de la belle ouvrage, un vrai bon bouquin de high fantasy que vous ne lâchez une fois que vous l'avez ouvert.

Dans l'interview que l'auteur nous a accordée, Tad Williams fait mention de son passage aux Imaginales d'Epinal en 2008. Peut-on espérer le voir avant sur le sol français ?

Nous travaillons actuellement à sa venue pour les festivals de fin d'année 2007, une période où son actualité demeura forte puisque, outre Château d'ombre, je crois savoir que son one shot The War of the Flowers paraîtra à ce moment là. Rien n'est décidé pour l'instant, mais j'ai bon espoir.

Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs le pourquoi d'un découpage en deux tomes ?

Je ne suis a priori pas favorable au découpage des textes, bien évidemment, mais sur un ouvrage qui filtre en français avec les 2 millions de signes, et considérant que notre politique qualitative en matière de traduction a un coût, nous n'avions, en l'état, guère le choix pour conserver une certaine viabilité financière à cette publication.

Le tome 2 de la trilogie, en version originale, vient de paraître. Avez-vous déjà une idée de sa date de publication française ?

Ledit tome 2 est aussi gros que son prédécesseur, aussi allons-nous également le couper en deux parties. Pour des raisons d'encombrement de programme et de « liaison » avec le tome 3 à venir, nous ne les publierons pas en même temps : la première en janvier ou février prochain, la seconde en septembre-octobre.

Et le choix de la parution en même temps ? Pendant longtemps, les éditeurs ont privilégié l'étalage dans le temps, mais Fleuve Noir par exemple va suivre la même tactique avec le retour de la Roue du Temps.

L'idée, au moins pour l'équivalent du premier tome VO, est de « faire masse » en librairie, de créer l'événement autour d'une publication tout en proposant immédiatement à la lecture une œuvre que l'auteur n'a malgré tout pas pensée comme telle. Pour la suite, comme je le disais plus haut, la date de sortie inconnue pour l'heure du troisième et dernier tome m'incite à ne pas publier le second en une seule fois, histoire d'éviter un intervalle trop important entre certains volumes à un moment ou à un autre.

Auriez-vous quelques titres à nous annoncer pour les mois à venir, voire pour l'année prochaine ?

Au second semestre 2007, nous allons enfin publier – rééditer, puisqu'il a déjà fait l'objet d'une discrète publication chez Buchet-Chastel – Les Jardins de la Lune de Steven Erikson, premier tome du Livre Malazéen des Glorieux Défunt qui en comptera dix au final en VO. Un cycle vraiment impressionnant, l'un des rares poids lourds non encore traduits en France, souvent comparé à La Compagnie noire de Glen Cook pour sa noirceur. Le tome suivant, totalement inédit celui-là, sera publié aux environs de mars 2008. Toujours en fin d'année 2007, je poursuis ma démarche « asiatique » avec la sortie du premier tome de la pentalogie chinoise Tigre & Dragon de Wang Dulu, qui avait été magnifiquement adaptée au cinéma par Ang Lee, et la publication en coédition avec Kaze de Shinobi, un roman de Futaro Yamada situé dans le Japon médiéval et dont l'adaptation sort quant à elle incessamment sur les écrans. Début 2008, poursuite des réjouissances avec Elantris, premier roman de Brandon Sanderson mêlant high fantasy et références aux films de zombies – le pied ! –, et une publication qui me tient particulièrement à cœur, Swordspoint, le roman de capes et d'épées d'Ellen Kushner.


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