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Le Cœur de la guerre

Titre VO: Warheart

Tome 15 du cycle : L' Épée de vérité
ISBN : 978-235294878-0
Catégorie : Aucune
Auteur : Terry Goodkind

Un héros vient de mourir et l’horizon s’assombrit pour ceux qu’il laisse derrière lui. 
À Saavedra, dans la citadelle, le bûcher funéraire est sur le point d’être embrasé. Quand ses flammes cesseront de crépiter, tout espoir s’éteindra. Au loin, dans les plaines d’Azrith, les hordes de demi-humains et de morts ranimés se préparent à attaquer le Palais du Peuple. Le dernier rempart avant une victoire totale. Tant d’obscurité et si peu d’espoir… 
Pourtant, une étincelle de vie brille encore dans ces ténèbres.

Critique

Par Gillossen, le 23/12/2015

Cette fois, c’est la fin pour les aventures de Richard ! 
Et une chose est sûre : on l’espère de tout cœur. Vraiment. C’est qu’il devient difficile de se renouveler et de trouver quelque chose à ajouter sur ce cycle à rallonge que l’on ait pas déjà dit. Plusieurs fois. 
C’est encore le cas ici et j’en suis le premier désolé. Mais en même temps, ce cher Terry donne le bâton pour se faire battre et depuis bien longtemps. Comment se présente cet ultime tome de l’Épée de Vérité ? Attention, SPOILERS (enfin… franchement ?) ! Richard n’est pas mort et notre cher sourcier revient finalement au coeur de l’intrigue au bout d’un tiers environ du roman… Mais quel tiers ! On multiplie les longueurs pour rien, alors que le suspense sur le sort de notre héros frise évidemment le néant… Un peu à l’image de cette trilogie s’ajoutant tant bien que mal au cycle initial, il ne se passe pas grand-chose. 
Par la suite, on alterne péripéties sans saveur histoire d’apporter quelques scènes se voulant “épiques” - notamment autour du personnage de Samantha, jeune femme voulant venger sa mère tuée par Richard… - et explications toutes plus alambiquées les unes que les autres, au point de friser la parodie. On a presque l’impression de se retrouver plongé dans l’esprit d’un auteur qui visiblement a bien du mal à retomber sur ses pattes. Il faut voir, arrivé à la moitié du roman, la discussion s’étalant sur plusieurs chapitres entre Kahlan et Richard, concernant le “présent éternel”, le concept de cœur de la guerre et autres joyeusetés abordant les prophéties, le monde des morts, etc, etc… Pour une fois, l’Inquisitrice pose les bonnes questions et Richard/Terry “galère”, je ne vois pas d’autre mot, pour tenter de monter un raisonnement un tant soit peu logique. Autant dire que l’ensemble se révèle pour le moins laborieux. 
Surtout quand, au bout du compte, le conflit final se résout quant à lui de façon on ne peut plus… basique. On n’est parfois pas loin du deus ex machina via des révélations/idées sorties de nulle part mais qui tombent évidemment fort à propos. A ce niveau, l’épilogue de tout le cycle, en dehors des toutes dernières pages, n’est qu’un énième interrogatoire de Richard par son épouse accompagnée de Nicci, histoire que l’auteur puisse, à travers son héros/double, expliquer ce qui se passait depuis cent pages environ. Et on passera pudiquement sur un pseudo happy-end à base de Mord-Sith se jetant dans les bras de Richard… 
Bref, à l’image de votre serviteur, Terry Goodkind lui-même apparaît bien las. Par rapport à certaines chroniques précédentes, j’admets volontiers que celle-ci paraît sans doute fade et se contente de passer en revue l’intrigue principale. Mais c’est un peu tout le problème du roman, en pilotage automatique. Sans compter qu’il est vraiment difficile de se faire emporter par la plume de l’auteur à défaut de son sens de la narration. “Ivre de puissance, il poussa un cri puissant”, “Il devait certainement avoir les yeux prêts à sortir de leurs orbites tant il avait mal” et je paraphrase en grossissant à peine le trait. Terry Goodkind n’a jamais été très doué question style, mais là, on touche le fond. Au bout d’un moment, il y a tout de même de quoi se poser des questions. 
Soyons francs, j’étais le premier à espérer que l’auteur nous livre un véritable feu d’artifice, une fin en apothéose brassant tous ses thèmes de prédilection, une sorte de best-of (ou worst-of). Mais rien de tout cela, même si l’on retrouve bien sûr son mélange caractéristique de mièvrerie crasse et de violence inconséquente. Non. Même plus la place à l’exaspération. Après tout, si on a donné à Goodkind l’occasion d’écrire une trilogie de plus et que les lecteurs répondent présents… Pourquoi se priver ? 
Reste alors la question de la note. Pourquoi pas un −273,15, pour illustrer le zéro absolu ? Ou bien simplement 0, pour conclure l’ensemble de son oeuvre sur une ultime dégringolade ? Mais même pas sûr qu’il “mérite” d’être ainsi mis en avant. Alors, contentons-nous de lui enlever un demi-point par rapport au précédent, pour un roman encore un peu plus banal et sans saveur… 
Décidément, jusqu’au bout, Terry Goodkind aura déçu nos attentes. 

1.0/10

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