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L'Ascension de la Maison Aubépine

Titre VO: The House of Binding Thorns

Tome 2 du cycle : Dominion of the Fallen
ISBN : 978-226511634-4
Catégorie : Aucune
Auteur : Aliette de Bodard

Suite à la chute des Flèches d’Argent, l’équilibre entre les grandes Maisons qui règnent sur Paris est plus que jamais chancelant. Le Seigneur Asmodée, à la tête de la Maison Aubépine depuis sa sanglante insurrection, y voit l’opportunité de renforcer son pouvoir. Une ambition qui réclame des alliés. Une délégation est envoyée au royaume dragon, porteuse d’une proposition d’alliance, mais aussi chargée de découvrir ce qu’il est advenu de la précédente émissaire, mystérieusement disparue.
C’est ainsi que Madeleine, sevrée de l’essence d’ange et désormais rattachée de force à la Maison Aubépine, se retrouve sous les eaux troubles de la Seine, dans ce monde annamite secret où le marin, l’humain et la féerie sont étroitement intriqués.
Au cœur des intrigues, des trahisons et des manœuvres politiques, Madeleine aura à jouer un rôle crucial, bien malgré elle…

Par souci de transparence, nous vous signalons que ce livre a été traduit par Gillossen, contributeur du site.

Critique

Par Erkekjetter, le 05/06/2018

L’Ascension de la Maison Aubépine fait suite aux événements de La Chute de la Maison aux Flèches d’Argent, mais les deux romans peuvent se lire indépendamment.
Dans un Paris malmené par la guerre, la Maison Aubépine s’est dotée d’un nouveau maître, Asmodée, qui cherche à asseoir sa nouvelle position et renforcer son pouvoir. Pour cela, il est prêt à sceller une alliance avec le royaume dragon, situé sous la Seine, et les négociations sont même déjà en cours. À ceci près que l’émissaire qu’Asmodée avait envoyé auprès des Annamites n’a pas donné signe de vie depuis trop longtemps pour que cela ne soit pas inquiétant. Il est donc question d’envoyer une nouvelle délégation pour défendre ses intérêts et ceux de la maison. Divers pouvoirs se manifestent, pour obtenir eux aussi une plus grande influence, et il va falloir démêler l’écheveau de ces intrigues politiques.
L’univers développé par Aliette de Bodard suscite une véritable curiosité. La brutalité de l’exercice du pouvoir par les Déchus, la fascination qu’ils peuvent susciter, la faiblesse humaine, les rapports de force entre les puissances qui se disputent la plus grosse part du gâteau, ce royaume étranger caché par les eaux de la Seine, toutes ces idées donnent vie à un Paris déchiré et fascinant, marqué encore des stigmates de la guerre. Un Paris corrompu, rongé de l’intérieur, où flotte une odeur de rance et de moisi, de poussière et de sang, où la joie de vivre semble avoir été éradiquée, ou peu s’en faut. Le tableau que l’auteure nous dépeint est à la fois complexe et subtil, tout en nuances : s’il se dégage des pôles plus sombres, des personnalités moins fréquentables ou moins embarrassées de scrupules, il n’est toutefois pas question d’une organisation manichéenne des pouvoirs et oppositions. Dans chaque lieu d’importance, diverses influences sont à l’œuvre, parfois à contre-courant, parfois insoupçonnées. Seule la déliquescence semble se prévaloir d’une force supérieure, presque hégémonique, qui aligne humains et non-humains sur un pied d’égalité, au moins sur un point : au fond, nul n’est à l’abri de la chute.
Toutefois, il peut se révéler difficile de s’attacher aux personnages principaux ou de ressentir de l’empathie à leur encontre. Ils apparaissent très froids, trop désespérés pour que quoi que ce soit semble leur importer, hormis survivre – et encore… Ils donnent parfois l’impression d’être quelque petite mouche engluée dans la toile des manigances et manœuvres d’Asmodée, mouche n’ayant d’autre destin que celui de se faire croquer ou emmailloté dans un cocon pour être dévoré plus tard. Chacun semble être un pion dans cette grande lutte de pouvoir, un pion qui a conscience de sa condition et n’essaie pas nécessairement de se débattre. C’est l’impuissance qui domine entre ces pages, l’impuissance et une certaine forme de résignation. Il en découle une atmosphère sombre, presque visqueuse, qui retranscrit aussi cet espoir à bout de souffle : il ne fait pas bon vivre dans ce Paris-là, sous la coupe des Maisons, où le seul choix possible consiste à opter consciemment pour la peste ou le choléra.
L’Ascension de la Maison Aubépine est un roman solide, à l’histoire intéressante et bien construite, mais qui pourra parfois peiner à embarquer son lecteur entièrement, comme ce fut mon cas, peut-être parce que je n’avais pas lu le tome précédent : ce sont finalement les plus inhumains qui ont réussi à remporter mon adhésion, sans que je parvienne à m’attacher aux autres.

7.0/10

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