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Adapter l’univers de Narnia

Par Guybrush, le samedi 23 avril 2005 à 13:44:20

Co-producteur du film et ayant bien connu feu C.S Lewis, on peut dire que Douglas Gresham tient une place importante dans le petit monde de l'Armoire Magique. Apparemment, impossible ne serait-ce que d'éternuer s'il n'a pas donné sa permission ! Alors, changer quelque chose au roman... Pouvoir découvrir une interview du personnage est donc d'autant plus intéressant.

Interview exclusive de NarniaWeb avec Douglas Gresham

NarniaWeb a eu la chance de poser quelques-unes de nos questions brûlantes à Douglas Gresham concernant le film à venir, L'Armoire Magique. Il a été très courtois, et voici notre interview.

NarniaWeb : Quels étaient vos devoirs en tant que co-producteur pour le film ?
Douglas Gresham : Un jour, un des producteurs sur le plateau me présentait à quelqu'un qui a demandé « Que fait-il sur ce projet ? » Sa réponse a été « C'est le fautif ». (rires) En fait je suis responsable pour la consultation de tous les aspects de la production, comme une sorte d'expert interne de Narnia. Cela s'étend à tous les produits dérivés, comme les jouets, les jeux, les livres et autres. Je travaille avec les gars des jeux venant des sociétés engagées pour Buena Vista, les gars du merchandising venant de Disney, les équipes d'édition chez HarperCollins et je représente la société C.S. Lewis en tant que Directeur Artistique et Exécutif. La création du film a été une ambition et un projet tenu vraiment à coeur pendant environ trente ans (mes enfants se souviennent que je rêvais, complotais, planifiais, et que j'en parlais pendant toutes leurs vies) donc chaque aspect est important pour moi. Je suppose que je représente Jack [C.S. Lewis] lui-même comme une sorte d'ambassadeur créatif. Le but est d'utiliser mes capacités, mon savoir et mon expérience pour rendre ce film aussi bon que possible.
NW : Combien de temps avez-vous passé en Nouvelle Zélande ?
DG : J'ai fait trois ou quatre voyages là-bas l'année passée, en passant environ quatre ou cinq semaines très agréables. C'est un peu difficile de se souvenir précisément vu que le temps semblait passer très rapidement quand j'étais là-bas, mais lorsque je suis rentré à la maison après avoir passé environ une semaine à Narnia, il semblait que j'étais parti pendant des siècles et pourtant le temps ne s'était pas écoulé. Je suppose que j'aurais dû m'y attendre.
NW : En ayant connu C.S. Lewis personnellement, pensez-vous qu'il aurait insisté pour que les livres soient adaptés exactement comme il les a écrits ou qu'il aurait été ouvert aux idées des cinéastes pour autant qu'elles n'obscurcissent pas la signification des histoires ou y changent quoique ce soit d'essentiel ?
DG : C'est une question difficile. Je sais que Jack voudrait protéger l'intégrité de chacun des livres, et préserver très soigneusement les messages que chacun est supposé transmettre. Je sais également que Jack n'était pas passionné de films en tant que média de communication parce qu'il avait le sentiment que trop peu de soin était apporté à ce qui était dit dans les films qu'il avait vus. Aussi, une des choses les plus dures à faire est de préserver l'intégrité littéraire d'un livre en l'adaptant au théâtre ou au cinéma, et c'est probablement bien plus difficile avec un film. Je pense cependant que Jack serait étonné et fasciné par la merveilleuse technologie qui a été développée récemment mais peut-être moins ravi par les utilisations qu'on en fait. J'espère que nous abordons ce défaut dans une certaine mesure avec L'Armoire Magique.
NW : Si vous pouviez poser une question à Jack sur la création des films, quelle serait-elle ?
DG : Une seule, c'est impossible ! Si Jack était là j'aurais des milliers de questions pour lui. (rires)
NW : Si vous pensez qu'il aurait accordé un peu de place pour d'autres idées et qu'il en aurait tenu compte pour transcrire les écrits en images, alors quel sentiment éprouvez-vous en étant dans la position qu'il occuperait en tant que juge de ces questions et comment décidez-vous s'il approuverait ou non une idée ?
DG : C'est plutôt intimidant, c'est le moins qu'on puisse dire. Mes décisions sont prises ainsi ; je rassemble tous mes souvenirs et l'amour de Jack lui-même et également celui de Warnie et de ma mère (de grands fans de Narnia, cela va sans dire), tout ce qu'ils m'ont appris, ma compréhension et mon amour pour le livre, ma compréhension des exigences demandées par le cinéma et les besoins de la société humaine moderne dans le monde, et je prie beaucoup. Une fois que tous ces facteurs se sont rassemblés et ont été complètement examinés dans la lumière d'une décision à prendre, je décide alors ce qu'il y a à dire.
NW : Y a-t-il de grosses différences par rapport au livre auxquelles nous pouvons nous attendre ?
DG : Cela dépend de ce que vous entendez par « grosses différences ». Evidemment, beaucoup de ce que Jack pouvait faire avec la narration, nous avons dû le transcrire en action. Jack pourrait le dire, cela doit arriver. Aussi, pour des raisons de développement des personnages, d'équilibre et de rythme, il y aura des choses dans le film qui n'apparaissent pas dans le livre. Je pense, et j'espère que nous y avons ajouté plus de valeur que nous n'en avons enlevé. Toutefois, en tant que puriste Narnien, j'ai le « sentiment » que n'importe quel changement du livre original est mauvais et je dois ainsi lutter contre mon attachement émotionnel au livre, en guerre avec mes facultés intellectuelles et la compréhension de la création du film. J'ai probablement été un poids quelques fois pour mes collègues lors de la production. (grand sourire)
NW : Il y a eu certaines rumeurs faites par le studio comme quoi les sept films ne seraient pas tous faits ou que certains films pourraient être combinés. Quelle est votre réaction par rapport à cela ?
DG : Je ne savais pas ça. Mais combien de films doivent être faits par Walden et distribués par Disney dépend presque certainement du nombre de personnes qui iront voir chaque film lorsqu'il sortira, donc ça dépend vraiment de vous autres. Ce qu'ils appellent des « Franchises » à Hollywood semble posséder des durées de vie variables, la série James Bond en est à environ 20 films aujourd'hui, je crois. Les gars d'Hollywood semblent s'attacher très facilement à des modèles et ils ont plus de peine à les briser qu'à en profiter. Toutefois, j'aimerais vivre suffisamment longtemps pour voir les sept transcrits en bons films. Je ne voudrais certainement pas voir certains d'entre eux combinés, ou ignorés, d'ailleurs.
NW : S'il y a d'autres films, prévoyez-vous d'y être aussi impliqué que vous l'avez été avec L'Armoire Magique ?
DG : Oui en effet, si ce n'est même plus car j'espère devenir plus utile en apprenant plus sur la création de films.
NW : Comment c'était de travailler avec le Fils d'Adam (Andrew Adamson) et le reste de l'équipe ?
DG : De façon générale cela a été une période très agréable. L'équipe était composée de personnes extrêmement gentilles, tout comme la distribution. Je n'ai jamais rencontré de méchanceté sur le plateau ou n'importe où ailleurs, et c'est plutôt rare dans la création de film. En y réfléchissant, c'est plutôt rare dans n'importe quel travail. Une de mes amies préférées sur le plateau était en colère à cause de quelque chose donc elle est partie et elle est restée assise pendant quelques minutes jusqu'à ce qu'elle ait surmonté sa colère. Elle ne s'est défoulée sur personne, ni n'a infligé ses sentiments à quelqu'un d'autre. J'ai trouvé cela intéressant, étant donné qu'elle est une personne plutôt impressionnante dans son bon droit, cela me semblait être ce que j'attendrais des membres de cette équipe. Une atmosphère d'amitié et de bons sentiments imprégnait le travail ; en fait c'était un peu comme être à Narnia pendant l'Âge d'Or. Andrew est un gars très sympa, et il a une façon d'utiliser un charme discret pour que les choses soient faites à sa manière.
NW : Selon vous, quel personnage correspond le plus à sa description dans les livres ?
DG : Hmm, c'est une question difficile parce que je crois qu'ils correspondent tous - c'est en partie ce que nous avions l'intention d'accomplir. Will est simplement Peter, Anna est exactement Susan, Skandar incarne Edmund à la perfection (nous l'avons taquiné là-dessus lorsqu'il devait jouer la partie où Edmund se transforme soudainement en gentil, nous devions lui apprendre comment jouer, comme il avait simplement été lui-même jusqu'ici) et Georgie est parfaite en tant que Lucy. Tilda incarne superbement la Sorcière Blanche et James est très authentique envers le personnage de Tumnus.
NW : Pouvez-vous nous parler d'expériences amusantes sur le plateau ?
DG : Mon deuxième fils Tim a amené sa famille pour me rejoindre sur le plateau, quand nous étions sur le point de filmer le camp de bataille de la Sorcière Blanche dans une zone très boisée d'Auckland. Lorsque nous sommes arrivés tôt sur les lieux, le plateau était entièrement mis en place, l'équipe était complètement prête mais très peu de monde était arrivé. Les machines à fumée faisaient flotter une sorte de brouillard, une brume au sol au travers du sol forestier, et pleins d'armes effroyables étaient éparpillées n'importe comment. Mon petit-fils de quatre ans, Jack, était sur l'épaule de son père alors que nous nous approchions du plateau. « Papa », a-t-il dit, « Cet endroit est MALEFIQUE » C'était amusant !
Vraiment, c'était aussi amusant qu'une création de film peut l'être. Il y a eu un jour où cinq personnes de l'équipe partageaient le même anniversaire, un jour où je suis arrivé sur le plateau en portant des chaussures au lieu de mes traditionnelles bottes et j'ai été rapidement traîné sous les projecteurs par les quatre enfants pour être montré à tout le monde, et il y a eu un vol mémorable en hélicoptère avec le CEO de Walden (pour lequel ma femme et ma fille aînée étaient invitées à venir). Mais je suppose que le plus amusant de tous était la rencontre avec ces gens supers impliqués dans les différents aspects de la production.
C'est une étrange expérience que de voir un rêve de longue date se réaliser lentement devant vos yeux et de ne pas seulement le voir devenir réel mais de dépasser votre propres attentes. Je me suis fait un devoir d'essayer de remercier autant de personnes impliquées que je pouvais, parce que chacun était, pour sa propre tâche, une partie permettant de réaliser quelque chose que j'ai rêvé de voir pendant une grande partie de ma vie. Les gens oublient, ou ne savent pas, que derrière chaque film il y a une armée de gars dont personne n'a jamais entendu parler - des gens qui cuisinent, nettoient, peignent, construisent, soudent, qui s'occupent des machines et ainsi de suite. Ils jouent tous un rôle vital pour réaliser un film. C'était une vraie joie de se faire des amis avec des gens merveilleux dans le maquillage, l'habillage, la production et ainsi de suite. Après tout, se faire des amis est une des parties les plus amusantes de la vie.

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